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La vie d'une communauté

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La Sidra de la semaine : Korah


KORAH

 

L'aveuglement d'un homme

 

La paracha de la semaine nous présente la contestation de Korah contre l'autorité de Moïse et d'Aaron. Ce cousin des deux frères rassembla autour de lui toute une assemblée de militants, qui espérait chacun devenir Grand Prêtre (Cohen Gadol) à la place d'Aaron.

 

L'étonnement de Rachi :

 

Rachi s'interroge sur l’aveuglement de Korah et de ses hommes à vouloir être « vizir à la place du vizir ». Moïse les mit pourtant en garde, un seul homme sera choisi par Dieu, les autres risquant la mort.

 

Le rabbin de Troyes répond en deux temps. Les activistes furent aveuglés par leur orgueil, chacun se disant « c'est moi qui survivrai ». Cette attitude nous rappelle celle d'Haman qui, lorsque le roi Assuérus lui demanda comment honorer un homme (en fait Mardochée) pensa immédiatement à lui. La vanité les rendit aveugle sur leur fin.

 

Quant à Korah, ce n'était pas un simple contestataire, il possédait l'esprit prophétique dit Rachi, et il avait vu que l'un de ses descendants serait le grand prophète Samuel. « Si un tel homme est attaché à ma descendance, c'est que je vivrai, assurément », pensa Korah. Et pourtant, il mourut, englouti dans un tremblement de terre, lui et toute son assemblée.

 

La soif du pouvoir :

 

En fait, comme l'enseigne le verset « les fils de Korah ne moururent pas » (car ils firent téchouva au dernier moment, précise le Midrash), et c'est par eux que la descendance de Korah se perpétua.

 

Ce Rachi nous dit quelque chose d'essentiel de la vie des hommes, à savoir que l'orgueil, la vanité sont des forces puissantes qui peuvent conduire un individu et tout un groupe à leur propre perte. Cela fut vérifier avec Hitler et toute son assemblée, et cela pourra encore être vérifié.

 

"Les fils de Korah ne sont pas morts" :

 

Un verset ne se limite pas à une seule interprétation et le sens littéral laisse une porte ouverte à d'autres lectures, d'autres paroles. L'expression "autre parole" (davar aher) est fréquente dans le Midrash. Ainsi le verset « les fils de Korah ne sont pas morts » peut s'entendre au sens premier, à savoir que ses enfants survécurent à leur père. Mais, les fils de Korah symbolisent aussi l'esprit de querelle et de discorde, et ces « fils »-là, nous le savons, ne sont pas morts.

 

Ph. Haddad

 

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