La vie d'une communauté
Poser des limites à l'enthousiasme religieux
Notre paracha présente deux sujets, à première vue, indépendants :
1. L'inauguration du Temple du désert, le mishkan
2. Les lois alimentaires et celles concernant l'impureté.
Entre ces deux sujets, un événement tragique : la mort des fils d'Aaron qui selon le verset ont "approché un feu étranger devant l'Eternel qui n'avait pas été commandé". En d'autres termes, leur initiative ou leur manque de vigilance a entraîné leur mort.
On peut comprendre que dans la ferveur de l'inauguration, les fils d'Aaron se soient laissés aller à un enthousiasme débordant. La Bible se méfie toujours de la liesse populaire (pensons à la faute du veau d'or, la faute des explorateurs), même quand l'intention semble justifiée par une bonne cause religieuse.
Juste après la mort de Nadav et Avihou, Dieu édicte des règles :
1. Interdiction pour les prêtres d'entrer dans le temple s'ils ont bu,
2. Impératif pour chaque Israël de se soumettre à une législation concernant le choix des animaux à manger,
3. Lois concernant l'impureté.
La Torah ne justifie pas ce règlement, sauf qu'elle précise à la fin de notre paracha :
Ne vous rendez point vous-mêmes abominables par toutes ces créatures rampantes ; ne vous souillez point par elles, vous en contracteriez la souillure. Car je suis l'Éternel, votre Dieu; vous devez donc vous sanctifier et rester saints, parce que je suis saint, et ne point contaminer vos personnes par tous ces reptiles qui se meuvent sur la terre. Car je suis l'Éternel, qui vous ai tirés du pays d'Egypte pour être votre Dieu ; et vous serez saints, parce que je suis saint. Afin qu'on distingue l'impur d'avec le pur, et l'animal qui peut être mangé de celui qu'on ne doit pas manger." afin qu'on distingue l'impur d'avec le pur, et l'animal qui peut être mangé de celui qu'on ne doit pas manger."
La seule raison donnée (qui ne satisfait pas la raison) est l'acceptation de la loi de Dieu qui pose les limites à notre rapport au monde. Ce que l'on nommera plus tard la kasherouth, et les lois de pureté et d'impureté constituent une discipline de vie. Sans aucun doute la Torah se méfie de toutes les ferveurs, mêmes religieuses (surtout !) ; en apprenant à l'homme à mettre un frein à sa manière de manger, elle espère engendrer un être qui saura maîtriser sa nature pour la mettre au service de Dieu et du prochain.
Ph. Haddad