La vie d'une communauté
Boycotter Durban II
Pour avoir gardé un souvenir terrifiant du spectacle donné, en septembre 2001, par la première Conférence des
Nations unies contre le racisme à Durban , en Afrique du sud, nous sommes inquiets de ce qui s’annonce une fois de plus à la Conférence qui doit se tenir à Genève du 20 au 24 avril prochain et
que l’on désigne déjà sous le nom de Durban II. En 1981, des ONG avaient fait littéralement main basse sur les débats tous consacrés à une mise en cause exclusive d’Israël et à un déchaînement
insolent et impudique de l’antisémitisme.
Que peut-on attendre de la Conférence de Genève, si elle a lieu, sinon une réédition pure et simple de la
rencontre sud-africaine ? Pourquoi ? Parce que la déclaration finale de cette conférence est déjà, paraît-il, rédigée et que le seul pays dont la politique soit fustigée, et dans quels termes,
est naturellement une fois de plus Israël. Il faut rappeler que le bureau du comité préparatoire est présidé par la Libye et que les vice-présidents qui sont aussi les rédacteurs de la
déclaration finale sont pakistanais, cubain et iranien. On a le droit de sourire tant ces pays sont tous réputés pour être exigeants en matière de démocratie et de respect des droits de
l’homme.
La bonne nouvelle est que la Conférence de Genève est aujourd’hui décidément mal partie. Après Israël, le Canada et les Etats-Unis, l’Italie a annoncé son intention d’en boycotter les travaux. Quant à la France, si elle continue, pour l’heure, à y participer, son Premier ministre, M. François Fillon, a prévenu qu’elle « n’acceptera pas qu’Israël soit stigmatisé, sa politique calomniée et que la communauté juive dans son ensemble soit flétrie ». On ne saurait mieux dire…
Qui ne voit que la réponse la plus appropriée aujourd’hui à ce qui s’annonce comme une nouvelle rencontre de la
haine est celle de la chaise vide.
Il faut boycotter Durban II.
Joël MERGU
Président du Consistoire Central
csicsic@aol.com