La vie d'une communauté

Son premier livre. Maux d'esprit (2004), oscillait entre roman et nouvelles. Son second, Mots dits, opte pour la poésie, « domaine où l'on peut donner libre cours à son imagination et trouver une musicalité avec la rime, la versification ». Bref, une plage d'évasion dans un quotidien administratif : Laurent Sotto, Biterrois d'origine, "émigré" à Nîmes voilà dix-huit ans, travaille dans les services du conseil général. Et si, un temps, il songea à embrasser une carrière de professeur, il ne put se résoudre à se glisser dans le carcan de l'Education nationale.
«J'aime l'idée qu'il n'y a pas de vérité absolue. Dans mon recueil de poésie, je me suis beaucoup inspiré du mouvement de "La pataphysique". Et le titre de mon ouvrage fait référence aux poètes maudits. » Clins d'œil à des férus de littérature.
Laurent Sotto l'avoue sans peine : «Je n'ai besoin d'être reconnu que par des gens que j'apprécie. Amélie Nothomb, par exemple, à qui j'ai envoyé un livre : elle m'a répondu dès le lendemain. J'attends, en revanche, la réponse de Régis Debray. » Il a choisi de publier Mots dits à compte d'auteur, ne le déposant que chez les libraires Teissier et Goyard. Prélude, peut-être, à une prochaine étape : deux manuscrits attendent d'être achevés. L'un, une pièce de théâtre, s'attache à Che Guevarra et sa philosophie politicienne. « L'autre, Le héron cendré a, pourpoint de départ, un détail d'un tableau de Balthus. » Un peintre assoiffé d'absolu... •
M.-L. G. I "Mots dits", 25 pages. 5 euros.