La vie d'une communauté
Quelle sainteté pour un peuple ? Yitro
Cette sidra est connue pour contenir les dix paroles prononcées sur le Mont Sinaï. Le personnage de Ytro, beau père de Moché, a eu le mérite de voir son nom associé à la plus grande participation divine de tous les temps. En effet, D. « descend » sur le Mont Sinaï et annonce le décalogue au peuple hébreu à peine libre de son asservissement égyptien.
Entre ces deux événements : la sortie d’Egypte et la donation de la Thora il s’est passé seulement cinquante jours. D. offre donc la Thora au peuple élu dans un décor exceptionnel, le désert du Sinaï. Il fait entendre les tonnerres. Les éclairs sillonnent le ciel. C’est un spectacle unique et depuis, il ne s’est plus renouvelé au monde. Il faut attendre la venue du Machiah pour que D., réalise une autre manifestation de cette haute tenue. Les rabbins enseignent que le prophète Ezéchiel, auteur de la description du char céleste, n’a pas vu ce que la servante des hébreux a pu contempler ce jour du Matan Thora. Nous atteignons ici une dimension sans pareil. Les sages ajoutent que toutes les âmes à naître ont assistées à l’annonce divine de l’offre de la Thora à son peuple. Vous et moi et les enfants à venir avons ainsi été présents comme spectateurs privilégiés et acteurs potentiels. Il ne peut exister de contestation future de la véracité de la Thora d’obédience divine. La recherche admise est la compréhension des textes souvent difficiles d’accès. Nous avons pour cela un outil indispensable c’est la Thora orale. Les siècles passés se sont enrichis de bibliothèques gigantesques renfermant des livres pour mieux appréhender chaque mot, chaque syllabe, chaque signe de ce trésor longtemps gardé dans les sphères célestes. Rabbi Aquiva a quant à lui obtenu une place d’honneur dans nos cœurs parce qu’il a expliqué certaines prépositions hébraïques ne justifiant apparemment pas leur utilité dans les textes sacrés. Moché a dû convenir, selon un midrash, de l’importance du pont qu’il a construit entre le divin et l’humain. Il est allé au Ciel pour ramener sur cette Terre,la Thora écrite. Depuis cette date les savants humains ne cessent d’argumenter par la Thora orale cette manne. Les nuits et les jours passés à la recherche du sens caché de l’écrit optimisent les lettres figées et réactualisent à souhait les mots gravés dans le parchemin.
Le Talmud est un océan. L’encre est comparée à l’eau qu’il draine et les pages noircies ressemblent à l’espace qu’il occupe dans le monde.
Nous avons une obligation parmi tant d’autres mais celle là est la base de toutes. Nous ne pouvons délaisser l’étude de nos textes même pour un temps restreint.
Chaque instant de notre existence terrestre doit être mis à profit pour se délecter de cet apport humain : l’omniscience et la satisfaction du devoir accompli. La Thora écrite est notre sève nourricière et la Thora orale est notre mémoire. L’une et l’autre ne se sépareront pas parce que l’une vit par l’autre. Le peuple juif a emmené avec lui dans les jours les plus sombres de son histoire les deux phares qui l’ont préservé et qui l’ont éclairé dans les chemins dangereux qu’il a traversés. Aujourd’hui où il retrouve son honneur bafoué, il continue à remercier D. de lui avoir offert la Thora. Tous les matins, chacun parmi nous commence la journée par cette évidente réalité.
Rabbin Salomon MALKA
csicsic@aol.com
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Ce Shabbat est dédié à La mémoire de
Moïse hwm BENGUIGUI |