La vie d'une communauté
QU’EST-CE QUE LA CACHEROUT ?
La cacherout, (de la racine cacher = valable) désigne l'ensemble des règles alimentaires juives. Ces règles se trouvent mentionnées dans la Torah (Pentateuque) et sont développées dans la Tradition orale, le Talmud.
Les domaines de la cacherout sont :
1. Le choix des animaux.
2. L'interdiction de mélanger le lait et la viande.
3. L'interdiction de consommer le sang
4. L'interdiction de consommer certains fruits ou légumes dans certaines circonstances.
5. Les règles concernant les ustensiles.
Les raisons qui justifient ces pratiques ne sont pas à chercher dans l'hygiène alimentaire (bien qu'il soit évident que ce principe est inclus dans la cacherout), mais dans la volonté du fidèle de mettre son corps et sa volonté au service de l'Eternel. C'est pourquoi on peut parler de la kacherout comme d'une « diète éthique ».
Attention : il ne suffit donc pas que la viande soit autorisée à la consommation : encore faut-il passer par sa cachérisation, processus qui consiste à retirer le sang d'une viande par procédé de salage ou de grillage. Ainsi, le veau par exemple est cacher, mais on ne le consommera que lorsqu'on l'aura cachérisé.
SENS GENERAL DE LA CACHEROUT
La Torah ne donne aucune raison spécifique aux règles alimentaires. Pourquoi seuls les mammifères ayant sabots fendus ? Pourquoi le lait ou la viande (provenant d’animaux licites évidemment) sont-ils permis alors que leur mélange devient interdit ? Nous n’aurons jamais la réponse. Il s’agit là d’un hok ou décret divin. Bien sûr, cela ne nous empêche pas d’essayer d’en donner un sens moral, religieux, voire mystique. Au fond, la Torah justifie de manière globale ces règles à la fin de la paracha « Chémini » : « Car Je suis l’Eternel votre Dieu, et vous sanctifierez et vous serez saints, car saint Je suis, et vous ne rendrez point impurs vos âmes (nefech) par tout reptile rampant sur terre. Car Je suis l’Eternel qui vous ait fait monter du pays d’Egypte afin d’être votre Dieu, et vous serez saints, car saint Je suis. Voici l’enseignement concernant l’animal et l’oiseau et toute âme (nefech) vivante qui rampe dans les eaux et toute âme qui pullulent sur la terre. Afin de faire séparation entre l’impur et le pur, entre l’animal mangé et l’animal que tu ne mangeras pas » (Lv. XI, 44 à 47).
La raison invoquée est de soumettre l’instinct animal de l’homme, ce que la Bible nomme le nefech, le souffle, à la volonté du Créateur. En d’autres termes, la seule justification est le service désintéressé de l’Eternel. Monter du pays d’ « Egypte », dont le nom signifie en hébreu « double fermeture », implique de sortir du culte des forces de la nature, et de passer au service de D. Cette distinction d’Israël, souvent objet de critique des antisémites, n’a nullement pour fonction de mépriser le reste de l’humanité, mais bien au contraire de rappeler à la communauté d’Israël son rôle de témoin de D. aux yeux des nations.
Cela passe aussi par l’assiette.
OUVRAGES DE REFERENCE
Gilles Bernheim, Un Rabbin dans la cité Ed. Calmann-Levy
Ernest Gugenheïm, Le judaïsme dans la vie quotidienne, Ed. Albin Michel.
Gérard Haddad, Manger le livre, Ed. Grasset
Philippe Haddad, La Kacherout ou la diète éthique, Ed. Biblieurope
Isthak Yossef, Issour veeter (en hébreu), Yéchiva Or vaderekh