La vie d'une communauté
II est difficile de dire à quelle époque les Juifs se sont établis pour la première fois à Nîmes. Tout
ce que l'on sait, c'est qu'un certain nombre d'entre eux, chassés d'Espagne en 672, vinrent chercher un refuge dans notre ville, où ils furent favorablement accueillis par Hildéric, Comte de
Nîmes.
A cette époque, les relations les plus cordiales existaient entre Juifs et Chrétiens. Les pratiquants des deux religions vivaient ensemble dans un accord parfait, dans une étroite union. Cette
union, basée sur un esprit de justice, de tolérance et. de fraternité, était si bien cimentée .qu'elle permit aux Israélites de Nîmes de se livrer sans être inquiétés, à leurs opérations
commerciales et industrielles, de fonder une communauté pourvue de toute l'organisation nécessaire à la pratique de leur culte, de s'adonner à leur étude favorite, celle de leurs
livres sacrés et de prendre une large part au mouvement général des esprits.
Aussi, la Communauté ne tarda-t-elle pas à acquérir une grande importance, à devenir même l'une des plus actives du Languedoc. Elle se composait d'une centaine de familles : trois notables
présidaient à son administration. Plusieurs de ses membres s'appliquaient avec succès à l'étude de la médecine et l'un d'eux, tant était grand et large l'esprit de tolérance qui animait les nimois, et l'un d'eux qui portait le
nom de Durant, remplissait, à Nîmes même, à la fin du XII° siècle, les hautes fonctions de sous-viguier. (juge qui rendait la justice au nom du roi).
A Nîmes, les Juifs occupaient, au moyen Age, un quartier spécial. Ce
quartier était situé dans rue du Chapitre.
En 1359, le conseil politique désigna aux Juifs, comme quartier d'habitation, une partie de la rue de la Corrégerie vieille, aujourd'hui rue de l'Étoile. En butte aux mauvais traitements de
leurs voisins chrétiens qui leur jetaient des pierres du haut des remparts, les Juifs demandèrent au conseil de leur assigner un nouveau quartier. Celui-ci fit accepta et leur permit d'habiter
dans la rue Caguensul (aujourd'hui partie de la rue Guizot comprise entre la rue du Mûrier d'Espagne et la Tour de l'horloge
et dans la rue Fresque, autrefois rue de la Juiverie.
En 1367, on trouve des Juifs établis dans le quartier rue Saint Antoine, rue Fresque, rue de la Madeleine. Un document daté de l'an 1089 nous apprend que la Synagogue était située dans la rue du
Chapitre, sur l'emplacement même où s'éleve actuellement l'hotel de la Prévôté.