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4 février 2009 3 04 /02 /février /2009 08:41

QU’EST-CE QUE LA CACHEROUT ?

 

La cacherout, (de la racine cacher = valable) désigne l'ensemble des règles alimentaires juives. Ces règles se trouvent mentionnées dans la Torah (Pentateuque) et sont développées dans la Tradition orale, le Talmud.

 

Les domaines de la cacherout sont :

1. Le choix des animaux.

2. L'interdiction de mélanger le lait et la viande.

3. L'interdiction de consommer le sang

4. L'interdiction de consommer certains fruits ou légumes dans certaines circonstances.

5. Les règles concernant les ustensiles.

 

Les raisons qui justifient ces pratiques ne sont pas à chercher dans l'hygiène alimentaire (bien qu'il soit évident que ce principe est inclus dans la cacherout), mais dans la volonté du fidèle de mettre son corps et sa volonté au service de l'Eternel. C'est pourquoi on peut parler de la kacherout comme d'une « diète éthique ».

 

Attention : il ne suffit donc pas que la viande soit autorisée à la consommation : encore faut-il passer par sa cachérisation, processus qui consiste à retirer le sang d'une viande par procédé de salage ou de grillage. Ainsi, le veau par exemple est cacher, mais on ne le consommera que lorsqu'on l'aura cachérisé.

 

SENS GENERAL DE LA CACHEROUT

 

La Torah ne donne aucune raison spécifique aux règles alimentaires. Pourquoi seuls les mammifères ayant sabots fendus ? Pourquoi le lait ou la viande (provenant d’animaux licites évidemment) sont-ils permis alors que leur mélange devient interdit ? Nous n’aurons jamais la réponse. Il s’agit là d’un hok ou décret divin. Bien sûr, cela ne nous empêche pas d’essayer d’en donner un sens moral, religieux, voire mystique. Au fond, la Torah justifie de manière globale ces règles à la fin de la paracha « Chémini » : « Car Je suis l’Eternel votre Dieu, et vous sanctifierez et vous serez saints, car saint Je suis, et vous ne rendrez point impurs vos âmes (nefech) par tout reptile rampant sur terre. Car Je suis l’Eternel qui vous ait fait monter du pays d’Egypte afin d’être votre Dieu, et vous serez saints, car saint Je suis. Voici l’enseignement concernant l’animal et l’oiseau et toute âme (nefech) vivante qui rampe dans les eaux et toute âme qui pullulent sur la terre. Afin de faire séparation entre l’impur et le pur, entre l’animal mangé et l’animal que tu ne mangeras pas » (Lv. XI, 44 à 47).

 

La raison invoquée est de soumettre l’instinct animal de l’homme, ce que la Bible nomme le nefech, le souffle, à la volonté du Créateur. En d’autres termes, la seule justification est le service désintéressé de l’Eternel. Monter du pays d’ « Egypte », dont le nom signifie en hébreu « double fermeture », implique de sortir du culte des forces de la nature, et de passer au service de D. Cette distinction d’Israël, souvent objet de critique des antisémites, n’a nullement pour fonction de mépriser le reste de l’humanité, mais bien au contraire de rappeler à la communauté d’Israël son rôle de témoin de D. aux yeux des nations.

 

Cela passe aussi par l’assiette.

 

 

OUVRAGES DE REFERENCE

Gilles Bernheim, Un Rabbin dans la cité Ed. Calmann-Levy

Ernest Gugenheïm, Le judaïsme dans la vie quotidienne, Ed. Albin Michel.

Gérard Haddad, Manger le livre, Ed. Grasset

Philippe Haddad, La Kacherout ou la diète éthique, Ed. Biblieurope

Isthak Yossef, Issour veeter (en hébreu), Yéchiva Or vaderekh

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3 février 2009 2 03 /02 /février /2009 11:33
Dimanche 1er février dernier, nous avons eu le grand privilège d'assister, à la Synagogue de la Victoire à Paris, à l'intronisation officielle de Monsieur le Grand Rabbin de France Gilles BERNHEIM.  Une cérémonie de très heute tenue au cours de laquelle, après le discours de Mr Joël MERGUI, Président du Consistoire  Central de France, Monsieur le Grand Rabbin de France a pris la parole.. Voici son discours.


Discours du Grand Rabbin de France Gilles Bernheim
Cérémonie d'Investiture du 1 février 2009


Responsabilité et présence à l'appel
«Louez le Seigneur car il est bon, sa grâce est éternelle». Louons le Seigneur car il est bon et par sa grâce, nous sommes tous réunis aujourd’hui pour nous rassembler et nous recueillir à l’occasion de ma prise de fonctions en tant que Grand Rabbin de France. Nous rassembler, prier afin que le Seigneur nous donne, à Joël Mergui, Président du Consistoire Central et à moi-même la force, le courage de porter haut l’étendard qui nous est confié aujourd’hui.
       De porter haut la responsabilité immense qui est nôtre désormais à l’égard de la communauté juive comme à l’égard de la communauté nationale. Que le Tout-Puissant nous donne le souffle, l’inspiration, la sagesse pour guider, inspirer, réunir. La sagesse juive sait profondément que l’élection, comme l’accession à une haute fonction, n’est pas tant un privilège que d’abord et surtout un surplus de charges, une formidable responsabilité.
       Les plus grands parmi nos prophètes ont cherché à se dérober à la mission sacrée, à la responsabilité qui semblait irrésistiblement les requérir. Moïse, Jérémie, Jonas pour ne citer qu’eux ont reculé, effrayés par l’immensité de la tâche qu’ils sentaient s’imposer à eux, voyant leur vie, leur esprit et leur corps bouleversés définitivement, et arrachés à la tranquillité. Et ce pour être jetés dans l’arène du monde, de ses tourments, de ses souffrances, celles des hommes, nos frères.
       Je ne me prends pas pour un prophète. J’ai d’abord hésité à m’engager, mais porté par le sentiment d’une urgence, d’une responsabilité à laquelle je ne pouvais me soustraire, je me suis porté candidat. Ce n’est pas la conviction qu’on est meilleur qu’un autre, c’est la conviction que ma formation, les responsabilités et expériences qui ont été les miennes jusqu’ici font de moi la personne qui se devait de répondre présent à l’appel. Répondre à l’appel de ceux qui attendaient un tournant, des réponses à l’urgence de situations nouvelles et préoccupantes.
Diversité, source de bénédictions
       La communauté juive m’a confié cette charge en vue de laquelle je suis officiellement investi aujourd’hui. J’ai été porté à cette fonction par une large majorité des suffrages. C’est un immense encouragement. À ceux qui n’ont pas porté leur choix sur moi, à ceux qui n’avaient pas confiance, je dis: on ne travaille pas, on ne réussit pas qu’avec ses amis. Je tends la main pour que nous réussissions à servir D-ieu le mieux possible, ensemble, au-delà des divergences. Les différences sont une richesse, et en ce sens, un gage de réussite.
       À l’image de cette innombrable assemblée réunie aujourd’hui dans cette grande synagogue pour vous honorer également cher Joël Mergui, pour nous honorer, non pas des hommes, mais une certaine idée de l’humanité, du judaïsme que vous Joël et moi-même voulons incarner dans le cadre d’une collaboration confiante et fructueuse.
       Vous êtes tous réunis, assis ensemble, femmes et hommes de tous horizons, juifs et non-juifs, pour témoigner d’un espoir, pour appeler ensemble, que vous soyez croyants ou non, une bénédiction divine qui puisse rendre féconde la lourde tâche qui s’inaugure pour moi, pour nous, mon cher Joël. Cette immense assemblée réunie dans un même souffle est source de bénédiction. De bénédiction et de paix. D’espoir. «Ah, qu’il est bon, qu’il est doux à des frères, d’être assis ensemble, unis». Ce si vaste rassemblement marque pour moi un désir et un espoir partagés de renouvellement, de changement, ensemble. Être assis ensemble, c’est un signe de paix, de Chalom. La paix est le creuset de la bénédiction.
Une orthodoxie ouverte et soucieuse d'autrui
       Le choix qui s’est porté sur moi est source d’espoir pour les uns, d’étonnement pour les autres. Certains peuvent avoir l’impression que je suis une personnalité atypique. Issu d’une famille juive de stricte pratique religieuse, j’ai été formé par l’école laïque et l’école juive, par le Séminaire israélite de France et par les écoles talmudiques en Israël. À côté de cela, j’ai cru devoir acquérir un solide bagage universitaire en philosophie. De plus, je me fais un devoir et une responsabilité de cultiver des relations fécondes avec des hommes et des femmes de tous horizons culturels, politiques, sociaux et religieux au sein de la République. Rabbin des étudiants, des universitaires, puis rabbin de la communauté qui prie et se rassemble ici, dans cette belle synagogue. Il est enfin notoire que j’entretiens depuis longtemps, en particulier au sein de l’Amitié judéo-chrétienne de France, un dialogue fructueux avec de hauts dignitaires de l’Église, mais aussi de l’Islam. Ce dialogue a récemment pris la forme d’un livre à deux voix avec mon ami, le Cardinal Barbarin, dont je salue ici la présence.
       Non, je ne suis pas atypique. Je fais simplement bouger les lignes et voler en éclats les idées préconçues de ceux qui veulent des religions repliées sur elles-mêmes. En cela je ne fais que m’inscrire dans les marques de mes illustres prédécesseurs depuis l’institution du Grand Rabbinat; tous savants notoires dans les sciences religieuses comme dans les sciences dites profanes. Tous pétris d’une solide conscience démocratique et républicaine. Tous portés par un sens égal de leurs responsabilités à l’égard de leurs frères juifs comme à l’égard de la communauté nationale, et vivement engagés dans le dialogue et l’ouverture à autrui, dans le souci aussi bien de trouver un langage commun que d’œuvrer pour le bien commun.
Toucher tous nos frères juifs
       C’est précisément parce que je souhaite m’inscrire au plus près de la vocation du Grand Rabbinat de France telle qu’elle s’est écrite depuis deux siècles que les suffrages se sont portés sur mon nom. La vie qui a été la mienne jusqu’à ce jour avec l’aide et la bénédiction de D-ieu, m’autorise, me donne capacité à répondre autant que possible aux attentes multiformes et aux urgences actuelles de la communauté juive de France. Notre communauté vit aujourd’hui sous l’emprise de deux forces contraires.
       Retour aux sources et à une pratique religieuse plus engagée, plus exigeante pour certains. Assimilation galopante et massive pour d’autres; assimilation qui nous bouleverse parce qu’elle menace la dynamique même du service que D-ieu nous a confié au bénéfice de tous les hommes. Le renoncement à la richesse de leur tradition chez une grande partie de nos frères juifs est source d’angoisse et de tristesse. C’est le risque d’une perte et d’une atteinte irréparable au bien commun de l’humanité, c’est le risque d’un affaiblissement, voire, que D-ieu nous en préserve, du tarissement d’une tradition spirituelle et d’une sagesse qui avaient traversé les siècles jusqu’à nos jours malgré les terribles épreuves et les inlassables persécutions subies par le peuple juif.
       Les défis sont urgents et multiformes. J’ai pu le mesurer dans mes contacts nourris avec mes collègues rabbins, lors de mes visites pastorales des communautés juives de l’Hexagone. Le premier défi est évidemment interne pour le premier des rabbins de France. Former plus que jamais les rabbins à savoir s’adresser à toutes sortes de juifs, à parler un langage qui soit le leur. La sociologie des communautés a largement évolué. Il s’agit de tenir compte de l’attente de nombreux jeunes de tous horizons, soucieux de se rapprocher d’une pratique et d’une étude plus authentiques, plus riches, et qui attendent qu’on leur adresse un discours qui touche au plus près leurs préoccupations dans un monde en perte de repères.
Le sens des rites et la société

       Nous avons un immense défi à relever et je ne pourrais le relever qu’avec vous, mes amis rabbins, dont le dévouement exemplaire et la volonté d’élargir la capacité d’influence et d’attraction de notre tradition, est le gage de notre pérennité. Le judaïsme orthodoxe consistorial qui est représenté par le corps rabbinique ici réuni doit avoir des réponses claires, éclairantes sur les problèmes qui touchent les personnes au plus près de leur vie: conduites morales, rituelles, sociales, économiques…
       Nous devons rappeler inlassablement les fondamentaux de notre vocation énoncés, martelés par nos prophètes, à l’exemple du prophète Michée : «Homme, on t’a dit ce qui est bien, ce que le Seigneur attend de toi, rien que de pratiquer la justice, d’aimer la bonté et de marcher humblement avec ton D-ieu». C’est cela être juif.
       Mais nous avons aussi le défi de faire entendre à l’homme occidental quelque chose qui est souvent source de malentendus et qui, en même temps, nous semble faire gravement défaut à nos contemporains: le sens des rites, la valeur des rites. Non pour convertir, le judaïsme n’a jamais eu de vocation prosélytique. La grandeur d’une religion ne réside pas dans sa puissance de coercition mais dans sa capacité à donner à penser y compris à ceux qui ne croient pas en elle.
       De nos jours, l’idée qu’une identité puisse être portée par des gestes que l’on appelle des rites: manger cacher, respecter le chabbat répugne le plus souvent à l’Occident et ne lui évoque que fanatisme et intégrisme. Tout ce qui est de l’ordre de la contrainte pratique et rituelle apparaît le plus souvent comme antagoniste à une vraie vie spirituelle. Faut-il rappeler que les lois juives sont faites pour aider l’homme à advenir à son humanité et pour favoriser l’humanité d’autrui. Grandir et faire grandir. Être capable de relation et de transmission. Apprendre à parler et à écouter. À donner et à recevoir. Savoir regarder. Être en mesure de réparer un préjudice, toutes sortes de préjudices. Réconcilier. Donner du temps aux choses et aux rencontres.
Former, dialoguer, dialoguer
       Car si pour nous, juifs, le seul bagage est le Livre, notre Torah, le message qu’il nous demande d’assumer ne se situe pas dans un lointain et improbable avenir. Non, ce message s’accomplit maintenant, dans le quotidien de nos vies, dans le souffle des enfants qui étudient la Torah, souffle sur lequel, selon la Tradition, notre monde repose. Pour relever tous ces défis, nous avons besoin de rabbins, de maîtres, toujours plus performants, pétris d’une profonde érudition dans la Loi et la Tradition, mais également d’une culture et d’une pédagogie qui permettent de rendre la loi juive plus proche, intellectuellement et émotionnellement.
       Les défis qui s’imposent à nous concernent aussi la nécessité vitale de l’ouverture et du dialogue. Si l’Église manifeste un intérêt nouveau et croissant pour ses origines, et un désir profond de travailler à réduire la dramatique fracture qui a séparé sur deux millénaires juifs et chrétiens, la société civile est, elle aussi, en attente du peuple juif face aux inquiétudes actuelles. Nous devons répondre à ces demandes. C’est cela, aussi, être citoyen.
       Nous, rabbins, devons répondre présents face au travail nécessaire de dialogue et d’amitié avec l’Islam. Poursuivre les prometteuses rencontres déjà engagées avec les dignitaires et penseurs musulmans à l’image du Recteur Dalil Boubakeur, m’inspirant en cela du comportement des plus illustres figures rabbiniques ayant traversé les siècles : de Maïmonide au Maharal de Prague, de Juda Halevi à S. R. Hirsch. Enjeu vital.
Urgence de l'action en ces temps de crises économiques et morales
       Je suis conscient d’accéder à cette responsabilité à un moment où les sociétés, en France, en Israël et partout dans le monde, sont en proie à de grandes inquiétudes qui réclament, de la part des responsables spirituels, des efforts et une vigilance renforcés. Cette investiture a lieu dans une conjoncture économique difficile. Il est clair que des individus, des entreprises sont ou seront touchés de plein fouet par la crise financière et économique. Que la précarité guette ou a déjà atteint des personnes ou des secteurs de l’activité économique. En ces temps si troublés, accomplir notre devoir vis-à-vis de notre prochain et de la communauté est plus que jamais nécessaire. Devoir de Tsedaka, devoir de soutien financier mais aussi moral et social.
Soutien à Israël et respect interreligieux
       J’ai parlé d’inquiétude. Le Proche Orient vient de vivre un conflit non pas entre deux peuples, mais entre Israël et le Hamas. J’aime Israël, je vibre avec Israël, je pleure avec Israël et mon soutien lui est indéfectible. Mon amour pour Israël est fait de passion et de raison. Pour autant, je répugne à la guerre et je suis sensible à tous ceux et toutes celles qui sont victimes de la guerre, qu’ils soient Israéliens ou Palestiniens, alors qu’ils veulent la paix et la fraternité. En tant que Grand Rabbin de France, je veux inviter les fidèles des différentes religions et les hommes et les femmes de bonne volonté à faire tout ce qui est en leur pouvoir pour construire en France la fraternité entre tous ceux et toutes celles qui y vivent quelles que soient leur religion, leurs convictions politiques et leur opinion sur ce conflit.
       Au-delà de la condamnation vigoureuse des actes racistes, antisémites et antimusulmans qui sont commis dans notre pays, je veux appeler les personnes qui se sentent solidaires en France des Israéliens et des Palestiniens à s’opposer au mépris, à la haine et à la violence. Et je souhaite porter ce message avec les autorités représentant toutes les religions.
       De toutes nos forces, nous devons prier pour que le nom de D-ieu ne soit pas invoqué pour la violence, pour que se lèvent au Proche Orient des artisans de paix et de justice et pour que s’ouvrent des chemins de pardon, de réconciliation et de coexistence.
Juifs fiers de la France, France fière de ses juifs
       Dans ce climat de crise et d’inquiétude où tous les hommes de bien doivent redoubler d’intelligence du cœur et de l’esprit envers leurs semblables, je m’engage à me consacrer avec plus d’attention encore aux relations avec les pouvoirs publics, les inspirateurs et les informateurs de l’opinion dans notre pays.
       Je sais, Madame le Ministre, toute l’attention que le Président de la République, le Premier Ministre et vous-même portez à la communauté juive de France, et combien vous êtes soucieux que les juifs, qui sont une composante très ancienne et très loyale de notre nation depuis de nombreux siècles, se sentent en sécurité, appréciés et écoutés parmi les nombreuses identités humaines qui font la richesse de notre pays. Soyez assurée que, pour ma part, je ne ménagerai jamais mes efforts pour que la nation France soit fière de ses juifs.
       Comme les juifs ont été fiers de la France! Les juifs français et ceux du monde entier. La France avec ses idéaux des lumières a constitué un phare, un pôle d’espérance quasi messianique. Le patriotisme indéfectible des Français de confession juive a toujours été à la mesure de l’immense valeur accordée à la patrie France porteuse sur ses frontons des principes de liberté, d’égalité et de fraternité. Y compris pour les juifs…
Non à l'abject négationisme
       Jusqu’à la terrible fracture de la Shoah et de Vichy. Personne ne peut mésestimer les conséquences de la Shoah, non seulement pour les juifs mais aussi pour tout l’Occident. La destruction des juifs d’Europe a affecté et affecte de manière irrémédiable toute réflexion éthique, politique ou religieuse. Elle hante et continuera à hanter pour toujours toute conscience. L’injonction du travail de mémoire nous incombe à tous, Français juifs et non-juifs, tous citoyens du monde. Cette injonction nous impose à tous un travail de connaissance des faits. Elle oblige chacun à toujours plus de vigilance, pour que ne se reproduise jamais cette atteinte inouïe et unique à l’humanité de l’homme qu’a constituée la barbarie nazie.
       Nous voyons combien la tâche est difficile et d’une terrible actualité quand nous entendons qu’un évêque de la Fraternité Saint Pie X tient des propos abjects, qu’un autre évêque de cette Fraternité ramène le négationnisme à une opinion personnelle et que de nombreux membres de ladite Fraternité rejettent toujours Vatican II et la déclaration Nostra Aetate sur les relations avec les autres religions. Nous sommes reconnaissants à la République Française pour tous les efforts qu’elle déploie aujourd’hui sur ce terrain ô combien sensible.
Des pouvoirs publics mobilisés
       Comme nous sommes, nous tous Français juifs, très sensibles au souci du Président de la République et du Gouvernement d’entretenir des relations justes, équitables et chaleureuses avec l’État d’Israël. Souci de déployer des efforts importants pour garantir l’existence même de l’État d’Israël qui vit, chaque jour, davantage sous la menace des missiles nucléaires iraniens. Souci, enfin, de traquer dans les critiques faites à Israël la part infiltrée de la bête immonde du racisme et de l’antisémitisme.
Mes remerciements
       Je viens de souligner notre reconnaissance à nos dirigeants, il m’incombe maintenant de dire ma dette envers mes prédécesseurs et envers ceux qui m’ont construit.
       Rendre hommage à tous les Grand Rabbins et Rabbins qui pendant les années noires de l’Occupation ont risqué leur vie pour protéger leur communauté. Leur mémoire est pour nous tous, source de bénédiction. Le Grand Rabbin Jacob Kaplan, qui par son autorité morale hors du commun, reste jusqu’à aujourd’hui une référence pour le judaïsme français. Le Grand Rabbin René Samuel Sirat auquel je veux dire ici ma profonde estime pour la manière dont il a assumé sa fonction de Grand Rabbin de France, et aussi pour avoir œuvré ensuite dans la communauté, et au-delà, avec intelligence et discrétion, toujours disponible pour tant de causes importantes. Le Grand Rabbin Joseph Haïm Sitruk auquel je veux rendre hommage et saluer l’exceptionnel charisme et son courage. Je compte solliciter son concours pour qu’il continue à faire bénéficier la communauté juive de son savoir et de son énergie. Je veux dire aussi ma reconnaissance affectueuse à Moïse Cohen pour son soutien exigeant tout au long des années de sa présidence, et remercier la communauté de la Victoire, ses responsables comme chaque fidèle, pour leur soutien et leur précieuse amitié.
       Je veux rappeler ce que je dois aux responsables du mouvement de jeunesse Yechouroun dont je suis issu, Théo et Edith Klein de mémoire bénie, Liliane Ackermann de mémoire bénie et l’ami qui m’est si proche, Henri Ackermann. Je veux ainsi rendre hommage à ce judaïsme d’Alsace qu’honorent avec l’intelligence du cœur, de l’esprit et de la connaissance, les parents de ma femme et ce, par un amour pour les gens, tous les gens et leur mode de vie. Judaïsme d’Alsace qu’ont honoré les figures érudites et sages de mes maîtres, les Grands Rabbin Henri Schilli et Ernest Gugenheim (z.l.)
       À mon maître des années d’étude à Jérusalem, le Rav Yehiel Landa (z.l.) dont l’enseignement sans pareil m’a ouvert la voie.
       Remercier Barbara Schlanger mon assistante depuis plus de douze ans, dont les qualités rares et la compétence exceptionnelle ne sont jamais prises en défaut.
Ma famille tant aimée
       Je veux rappeler la mémoire bénie de mes parents. Tâche difficile s’il en est. Un homme et une femme de haute noblesse, une droiture dans la posture du corps qui reflétait exactement la droiture de l’âme.Noblesse de l’être, aristocratie de l’âme. Être le plus hautement homme ou femme dans le sens du respect le plus plein du tselem elokim, de l’image de D-ieu qui est en chaque homme.
Un couple curieux de tout et amoureux du savoir. Ils ont donné à leurs deux fils le goût de la vie.
       Mes dernières paroles sont pour Joëlle, ma femme bien aimée, l’exigence et l’espérance de ma raison d’être. Joëlle qui, chaque jour, m’apprend à lire le cours de la vie.
       Au côté de nos chers enfants, Eliya, Orit, Noémie, Léa, qui sont notre futur, notre bonheur, et notre plus haute responsabilité.
Merci à chacun d’entre vous pour votre présence si chaleureuse et nombreuse. Je vous remercie.

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2 février 2009 1 02 /02 /février /2009 14:30

Chers visiteurs de ce blog et amis,

Voilà un peu plus d'un mois que ce blog existe. Lorsque je l'ai créé, je me suis posé la question de savoir s'il n'était pas présomptueux de ma part de vouloir intéresser notre communauté par des informations dont nous sommes, les uns et les autres abreuvés par toutes sortes de médias.

Je me suis également rendu compte que l'information circulait mal et qu'il serait peut-être utile que nous ayons un moyen moderne d'échanger nos idées. Je décidais donc de tenter l'expérience, espérant par ce moyen, intéresser des personnes ayant peu de contact avec nos institutions.

La fête de Hanouka , fête des lumières organisée à Nîmes au centre ville par Notre Rabbin Mr Levy BITTON et qui fut un grand succés était pour moi l'occasion idéale pour lancer le blog.

Depuis, régulièrement, j'y ajoute des informations diverses qui semblent convenir aux visiteurs de ces pages. J'ai reçu beaucoup d'encouragement tant verbaux qu'écrits et je suis heureux de vous faire partager les premiers résultats :

- Au 31 janvier, le blog avait reçu 1166 visites uniques,
- 2395 pages différentes avaient été lues,
- L'indice de satisfaction des visiteurs était de 71/100.

Ces chiffres, calculés par Over-Blog m'incitent donc à continuer ce qui, au départ était un pari un peu fou mais qui est devenu, grâce à vous, une réalité.

Merci à vous tous et continuez à faire connaitre autour de vous ce blog, VOTRE blog et rendez-vous dans un mois pour d'autres résultats.

Amical et cordial Chalom,

                                                                                                                                                               Claude SICSIC




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2 février 2009 1 02 /02 /février /2009 09:30


Quel plus beau symbole que cet arbre à qui D.ieu a donné la forme d'une Ménora !



LA FETE DE TOU BICHVAT (Le nouvel an des arbres)



Origine de la fête

Quelle est la fête dont il n’existe aucune mention dans le Choul’hane Aroukh et dont les rites sont variables d'un pays à l'autre et d'une communauté à l'autre ?
Quelle est la fête qui n'a aucun symbole bien spécifique, comme la Matsah à Péssa'h ou l'Étrog à Soukot ?
Il s'agit de Tou Bichevat qui a lieu comme son nom l'indique le 15 du mois de Chevat*.
En hébreu, cette fête prend le nom de Roch Hachanah La Ylanot (le Nouvel An pour les arbres).

Tou Bichevat est, principalement, une fête liée aux offrandes de la dîme des primeurs.
En Israël, du temps du Bét Hamikdach, la date du 15 Chevat est déterminante pour le prélèvement des dîmes sur les primeurs.
Ainsi, tout bourgeon et bien entendu le fruit qui suivra, s'il apparaît après le 15 Chevat appartiendra à l'année (fiscale) suivante.
Tant que le peuple juif vivait d'agriculture sur sa terre, cette fête avait un sens. C'était l'occasion de réjouissances, surtout qu'à cette date l'amandier commence à fleurir, annonçant le printemps proche.

Avec la destruction du Temple et l'exil du peuple juif, la terre fut abandonnée. L'agriculture tomba en déclin et ce qui était un jardin fleuri devint un désert désolé. Malgré l'éloignement, le peuple juif restait cepen dant attaché à sa terre et à ses traditions. Et comme bon nombre de traditions, celles-ci prirent des significations supplémentaires.

L'aspect agricole céda la place au sentiment d'attachement profond à la terre d'Israël. Ne pouvant apporter la dîme à Jérusalem, on s'est mis à consommer des fruits pour rappeler cette dîme des primeurs le coeur du peuple juif battait toujours au même rythme que celui de la terre d'Israël.
Qu'il y ait un mètre de neige, comme en Pologne, ou un froid glacial comme dans la plupart des pays d'Europe en cette période, dans le coeur des juifs c'était le début du printemps.

A défaut d'admirer des amandiers en fleur, on essayait de savourer une coupe avec des fruits et principalement des fruits d'Israël (blé, orge, raisin, figues, grenades, olives, dattes).

Alors que pour la prière on tourne sa face vers Jérusalem, affirmant la centralité spirituelle de la terre d'Israël, à Tou Bichevat on consomme des fruits pour affirmer la centralité physique de la terre d'Israël, l'attachement viscéral à la terre des ancêtres.
Tou Bichevat est alors redevenue la fête de l'arbre, la fête de la végétation.
Fête écologique par excellence,  le Nouvel An des Arbres, est le symbole du renouveau, de la foi d'Israël en son avenir, ainsi que De l'Avenir de l'Homme,

 Chaque année les enfants des écoles se rendent dans les bois pour planter des arbres.

En France, les enfants des Centres Communautaires et du Talmud Torah en font de même. Une tradition que nous ne devons à aucun prix se laisser perdre.

                                                                                                       C.S.

 

* Cette année, Lundi 9 Février 2009

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2 février 2009 1 02 /02 /février /2009 09:13

Le Talit

 

Le Talit, comme le Talit katan, est un vêtement rectangulaire aux quatre coins duquel sont attachés les tsitsit. On met le Talit pour l'office du matin.

Avant de s'en envelopper, on récite la bénédiction suivante :

Baroukh ata adonaï, élohénou, mélékh aolam,
acher kidéchanou bémitsvotav, vétsivanou
léhitatef betsitsit


Il est préférable d'avoir un Talit en laine afin d'accomplir cette mitsva telle qu'elle est prescrite par la Torah.

Il est possible de faire la bénédiction sur le Talit dès l'aube, à partir du moment où, d'une distance de deux mètres, on peut distinguer une personne vaguement connue de tous.

Les Tefilines

Les Téfilines (ou philactères) sont des objets cubiques en cuir que nous attachons à l'aide de lanières, l'un sur le biceps du bras gauche (sur le bras droit si l'on est gaucher), face au coeur, l'autre à la tête, entre les yeux, à la place de la frontanelle.

La Téfila de la main (chel yad), contient un parchemin sur lequel sont inscrits les quatre passages de la Torah qui mentionnent cette mitsva :

1.      Deutéronome 6, versets

2.      Deutéronome 11, versets 13 à 21

3.      Exode 13, versets 1 à10

4.      Exode 13, versets 11 à 16,

alors que la Téfila de la tête (chel roch) est divisée en 4 compartiments dans chacun desquels on introduit un seul des quatre passages cités ci-dessus.

Tous les jours, à l'exception du Chabbat et des jours de fêtes, à l'office du matin et après s'être enveloppé du Talit, on met les Téfilines.

On pose d'abord la Téfila chel yad sur le biceps, on serre la lanière et, avant de l'enrouler autour du bras, on récite la bénédiction suivante :

Baroukh ata adonaï, élohénou mélékh aolam,
acher kidéchanou bémitsvotav vétsivanou
lehania'h tefiline

Dans la tradition ashkénaze, on ajoute cette bénédiction

Baroukh ata adonaï, élohénou mélékh aolam,
acher kidéchanou bémitsvotav vétsivanou
al mitsvat tefiline

 

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31 janvier 2009 6 31 /01 /janvier /2009 19:29

 

J’ai relu récemment Le Dernier des Justes d’André Schwarz-Bart qui reçut le prix Goncourt en 1959. J’ai relu ce livre parce que je suis tombé dessus par hasard chez mes parents, et aussi parce qu’il traitait de la sempiternelle question de la souffrance du peuple juif dans l’Histoire, notre souffrance ; cette souffrance qui rejaillit encore aujourd’hui sous forme de désespoir, d’inquiétude ou de colère, cette souffrance d’Israël qui va de paire avec sa solitude, notre solitude.

Combien ce verset, prononcé pourtant par un ennemi d’Israël, est vrai. Cet ennemi c’est Bilaam qui voulut maudire Israël mais qui fut contraint pas Dieu de le bénir.

Ce verset qui dit la vérité de notre existence s’exprime ainsi :

 

במדבר פרק כג :הן עם לבדד ישכן ובגוים לא יתחשב:

 

« Certes, c’est un peuple qui demeure seul et qui n’ai pas compté parmi les nations. »

Nb 23, 9.

En 1959, 14 ans après la Shoah, un large public français entendait une voix juive s’exprimer sur un problème juif. L’originalité du Dernier des Justes se trouve à mon sens dans le fait de ne pas avoir isolé la Shoah à la persécution nazie, mais à l’avoir inséré dans la vision globale de l’histoire juive. D’autres intellectuels avaient déjà réalisé ce travail, notamment Jules Isaac et Léon Poliakov, mais c’était en tant qu’historiens, alors que Schwarz-Bart le faisait en tant que romancier, avec cette possibilité d’offrir à ses héros une parole libre.

Le Dernier des Justes est basé sur une légende rabbinique, celle des lamed waw tsadikim nistarim, « les 36 justes cachés » qui maintiennent le monde grâce à leurs mérites, sans qu’ils sachent eux-mêmes qu’ils sont justes et sans savoir qu’ils possèdent un tel mérite.

Schwarz-Bart va modifier cette lecture, soit par ignorance soit volontairement, soit aussi par une certaine influence du christianisme, en posant que ces 36 justes souffrent pour les péchés du monde.

C’est ainsi que la lignée des Lévy, héros du livre, offre à chaque génération un martyr pour l’humanité. Le dernier des justes n’est autre qu’Ernie Lévy, enfant de la Shoah qui finit par mourir. Et il est indéniable qu’au plan littéraire cette dernière partie est d’une beauté poignante et déchirante.

En fait, à travers la saga des Lévy, on peut penser que Schwarz-Bart pose la question de la souffrance du peuple juif, dont la famille Lévy n’est que le paradigme. Israël est-il élu pour la souffrance, pour la haine des nations, du fait même de son élection par Dieu ?

Certes, il existe dans la Bible, le Talmud, la Midrash, la Kabbale des textes qui pourraient justifier une telle approche. Selon un midrash, qui comme d’habitude joue sur les mots, Sinaï s’apparenterait à Sinha = la haine : en donnant la Torah à Israël au mont Sinaï, Dieu attise du même coup la jalousie des nations. Mais avant le Midrash, le livre de Job pose déjà la question de la souffrance du juste, et ce n’est pas par hasard si à l’entrée de Yad Vashem on trouve la statue de Job souffrant.

Mais c’est sans aucun doute le célèbre chapitre 53 d’Isaïe sur le juste souffrant, dont on sait comment il sera repris par l’Eglise, qui irait dans le sens de la thèse de Schwarz-Bart :

« Méprisé et abandonné des hommes, être de douleur et habitué à la souffrance… Cependant ce sont nos souffrances qu’il a portées, c’est de nos douleurs qu’il s’est chargé, et nous l’avons considéré comme puni, frappé de Dieu et humilié. Le châtiment qui nous donne la paix est tombé sur lui, et c’est par ses blessures que nous sommes guéris. »

Bien sûr pour la lecture juive, ce serviteur souffrant ne peut être qu’Israël lui-même, car quel peuple dans l’histoire a porté autant de souffrances ? Cette lecture n’annule pas l’idée que tel ou tel homme vertueux ait pu souffrir dans son existence. Ainsi la vie de Jérémie pourrait être la vie d’un serviteur souffrant. Chez Ezéchiel, nous trouvons une idée approchante, lui qui va perdre sa femme « la joie de ses yeux » afin qu’il éprouve dans son âme le malheur de son peuple qui perdra un jour son Temple « le délice de ses yeux ».

Mais chez Ezéchiel la souffrance d’Israël est aussi considérée comme un hilloul Hashem, une profanation du nom de Dieu, car à cause de son sombre destin, les nations en viennent à penser que Dieu a abandonné définitivement son peuple.

En vérité, il n’y a pas contradiction entre ses deux pôles de la pensée juive, les deux aspects de l’élection sont même indissolubles. C’est pourquoi il ne suffit pas d’assumer la souffrance juive, il faut aussi assumer l’élection, c’est-à-dire s’investir dans l’identité d’Israël selon le triptyque du am israël, Torat Israël, érets Israël.

Car il n’y a rien de plus étranger au judaïsme que la nostalgie du martyre pour le martyre, l’allégresse d’offrir son corps à Dieu, cette euphorie du nihilisme le plus abject, ce don de soi pour obtenir une bonne place auprès de Dieu.

C’est ici qu’apparaît le point noir de ce beau roman. L’histoire juive ne se réduit pas à la somme de nos malheurs, elle ne se confond pas avec la fatalité aveugle d’un destin insupportable. A force de poser que le destin juif est un destin de souffrance, on en arriverait presque à déresponsabiliser les bourreaux, voire à en rajouter.

C’est pourquoi à la théorie du juste souffrant d’Isaïe, il nous faut citer son contre point en Ezéchiel :

« Parce que vous portez le mépris des nations, ainsi parle l’Eternel Dieu, Je lève Ma main (pour jurer) ! Ce sont les nations qui vous entourent qui porteront elles-mêmes leur ignominie… Je sanctifierai Mon grand nom qui a été profané parmi les nations… Et les nations sauront que Je suis l’Eternel quand Je serai sanctifié par vous sous leurs yeux. »

Le reproche que l’on peut formuler envers Le Dernier des Justes c’est donc de n’avoir mis en relief que le côté négatif de l’histoire juive. Les justes souffrent, mais qui sont-ils ? Quelle est leur doctrine ? Leur mode de vie au quotidien ? Hormis l’aïeul Mardochée, tous les Lévy souffrent, Ernie souffre, il n’arrête pas de souffrir c’est un ectoplasme souffrant, au point qu’il devient sa souffrance.

Pourtant une autre piste nous est suggérée par l’auteur, même s’il ne la suit pas, c’est justement la piste de l’aïeul Mardochée. Il est sommé par les soldats de jeter son Sefer Torah dans le bûcher. Il refuse en s’écriant : «  Depuis mille ans, les chrétiens essayent de nous tuer et tous les jours nous essayons de vivre, et tous les jours nous y arrivons. Savez-vous pourquoi ? Parce que nous ne rendons jamais les livres, jamais, jamais ».

Nous pourrions conclure on disant que non seulement nous ne rendons jamais les livres, mais nous les étudions pour offrir une pensée au monde, et c’est là notre plus beau combat et c’est là notre plus belle victoire.

                                                                                                          Ph. Haddad

 

 

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30 janvier 2009 5 30 /01 /janvier /2009 10:30
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30 janvier 2009 5 30 /01 /janvier /2009 09:48
 

La paracha de la semaine nous relate l'épisode de la sortie d'Egypte. Celle-ci fut précédée par les 10 plaies qui révélèrent la toute puissance de Dieu sur les forces de la nature.

Le mot Ness possède plusieurs sens en hébreu : il désigne le miracle, mais aussi l'étendard et l'épreuve. Si la langue hébraïque est pauvre en vocabulaire, elle est riche par les sens qu'elle véhicule. Quel lien peut-il donc exister entre tous ses termes ?

L'épreuve, quelle soit morale, spirituelle, intellectuelle ou physique, représente le dépassement de ses propres limites. L'épreuve ne consiste pas tant à réaliser l'impossible qu'à accomplir l'extraordinaire. Un examen réussi signifie que nous avions plus de force que nous l'imaginions. Cette victoire sur nous-mêmes deviendra notre étendard.

C'est là le miracle que l'homme peut réaliser. De la même manière que Dieu dépasse sa transcendance pour agir dans le monde immanent, ainsi l'individu est-il capable de quitter sa propre nature limitée pour réaliser l'exploit moral, intellectuel ou physique.

Chaque fois que Dieu fait des miracles c'est pour rappeler que l'homme peut lui aussi réaliser l'acte surnaturel par excellence : le respect et l'amour du prochain. Mais le pharaon resta sourd à la leçon.

                                                                                            P.H.
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30 janvier 2009 5 30 /01 /janvier /2009 09:46

Le Pardon

 

 

Dans une île imaginaire, vivent tous les sentiments et toutes les valeurs humaines : la Bonne Humeur, la Tristesse, la Sagesse... ainsi que tous les autres, y compris le Pardon.

 

Un jour, on annonça sur l'unique chaîne de télévision que l'île allait être submergée.

 Tous commencèrent à préparer leurs embarcations pour s'enfuir.

Seul le Pardon resta, attendant jusqu'au dernier moment.

Quand l'île fut sur le point de disparaître, le Pardon décida de demander de l'aide.

 

La Richesse passa dans un bateau luxueux et le Pardon lui dit : "Richesse, peux-tu m'emmener ?"

"Je ne le peux pas car j'ai beaucoup d'or et d'argent dans mon bateau et il n'y a pas de place pour toi".

 

Alors le Pardon décida de demander à l'Orgueil qui passait dans un magnifique bateau : "Orgueil, je t'en prie, emmène-moi".

"Je ne peux pas t'emmener, Pardon, tu pourrais détruire la perfection qui règne dans mon bateau".

 

Ensuite, le Pardon demanda à la Tristesse qui passait par là :

"Tristesse, je t'en prie, emmène-moi."

"Oh ! Pardon", répondit la Tristesse, "je suis si triste que j'ai besoin de rester seule".

 

Ensuite la Bonne Humeur passa devant le Pardon, mais elle était si heureuse qu'elle n'entendit pas qu'on l'appelait.

 

Soudain, une voix dit : "Viens ici, Pardon je t'emmène avec moi".

C'était un vieillard qui l'avait appelé.

Le Pardon était si heureux et si rempli de joie qu'il en oublia de lui demander son nom.

Arrivés sur la terre ferme, le vieillard s'en alla.

Le Pardon se rendit compte combien il lui était redevable et demanda au Savoir : "Savoir, peux-tu me dire qui est celui qui m'a aidé ?"

"C'est le Temps", répondit le Savoir".

"Le Temps ?", demanda le Pardon. "Pourquoi le Temps m'aurait-t-il aidé ?"

 

Le Savoir, plein de sagesse, répondit : "Parce que seul le Temps est capable de comprendre combien le Pardon est important dans la vie".

Depuis, le Pardon pardonne mais n'oublie pas...

 

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29 janvier 2009 4 29 /01 /janvier /2009 12:38




Cher Ouriel,

En France tu vois, j'aime le style mai 68, les barricades ...

Alors laisse-moi te dire que I' armée c'est pas ce que je préfère dans la vie.

Attends, ne t'énerve pas ...

Quand je suis allée en Israël pour la première fois, choc !

Tout m'a plu, tout m'a émue, et quand je dis tout c'est tout.

Tiens-toi bien, je crois que ce que j'ai préféré, c'est I' armée.

Dans les rues de Jérusalem, ces jeunes gens aux cheveux pas vraiment courts,

Fiers comme des hommes aux sourires d’enfants, l'armée ?

À regarder l'uniforme, même s'il n’y en a pas deux exactement les mêmes,

C’est l’armée d'Israël. La chemise sort un peu du pantalon, d’un côté le fusil, de

L’autre un bébé, le petit dernier ou l'avant-dernier ...bref, le fils ou la fille.

Choc ! Israël m'a réconciliée même avec l'armée.

Ecoute Ouriel pendant cette guerre, j'ai drôlement pensé à toi.

Rien qu'à t'imaginer je me disais que pour toi, une guerre c’est pas la fête.

Pendant que j’écoutais des CD,

Les soldats aux bébés dans les bras étaient devenus hyper sérieux,

Il faut être sérieux pour tuer même un ennemi qui veut vous détruire.

J'en pleurerais de tous ces jeunes qui prennent un air de vrai soldat...

De toutes façons, je les aime encore, quelque chose me dit qu'ils ont très mal au coeur.

Et pourtant quel courage ! Il n’y a que I’amour qui donne du courage.

À mon avis, c'est le secret de la force des soldats d’Israël.

Ils aiment leur pays, ils aiment leurs parents, ils aiment leurs enfants, ils aiment la vie,

Bref ils aiment tout ce qu’on a voulu leur prendre.

Alors moi, quand ils gagnent, j’ai envie d'applaudir j'applaudis, je t'applaudis Ouriel et

Je remercie Dieu de t'avoir gardé.

Si la guerre est finie, ne te gène pas pour pleurer, en douce,

C'est normal de pleurer, c'est dégueulasse la guerre pour des cœurs normaux .

Et je te souhaite d'écouter des belles musiques, ça répare le cœur,

De te laisser toucher, embrasser par ceux que tu aimes,

Moi je ne suis ni juive ni Israélienne, mais je soutiens ton armée Ouriel,

Je lui fais confiance Je n'ai jamais dit ça à une armée, tu peux me croire.

D’ailleurs, quand la télé raconte des mensonges à ton sujet,

Je te jure que je j’éteins, c’est pas une télé qui va faire la loi chez moi !

T inquiète, si tu as encore mal au coeur comme nous en pensant à toi en ce moment, c'est que tu I'as complètement gagnée ta guerre, Shalom à tous les soldats de Tsahai ! Shalom à Israël ! Shalom à toi Ouriel!

 

Simone Charrier

Une citoyenne française

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