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29 avril 2010 4 29 /04 /avril /2010 10:47

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La fête du champ

                C’est au chapitre 23 du Lévitique que la Torah expose en détail les fêtes juives qui scandent l’année ainsi que les différentes lois s’y appliquant. Entre l’exposé de Pessa’h et de Chavouot et celui de Roch Hachana, Kipour et Soucot, la Torah ouvre comme une parenthèse puisqu’elle consacre un verset à des lois agricoles : « Quand vous ferez la moisson de votre pays, tu laisseras la tienne inachevée au coin du champ et tu ne ramasseras pas les glanes de ta moisson. Abandonne-les au pauvre et à l’étranger » (verset 22). L’irruption du rappel de ces impôts au beau milieu du texte consacré aux célébrations de l’année a de quoi surprendre.

                Un premier point commun apparaît à la réflexion entre ces lois agricoles et les fêtes juives : ce sont là deux catégories de lois qui rappellent que l’homme n’est pas le propriétaire de la terre. En effet, les jours de fête sont des jours chômés où le travail dans les champs est prohibé et où le peuple monte à Jérusalem pour les trois fêtes de pèlerinage. Le renoncement au travail de son territoire n’est pas chose aisée. On n’abandonne pas facilement la source de sa pitance. C’est pourquoi l’injonction du coin non moissonné et celle de la glanure non ramassée nourrissent la conscience de l’idée selon laquelle seul D… est le propriétaire de la terre. Celle-ci est simplement mise en dépôt chez l’homme  et celui-ci doit respecter la volonté du propriétaire. C’est donc que pendant les fêtes, tous les champs acquièrent en quelque sorte le statut du coin et de la glanure.

                Ajoutons que si cette injonction à caractère sociale liée à la moisson est citée après le passage relatif à Chavouot, c’est parce que Chavouot est la fête de la moisson.

                Une autre explication est donnée par le Torah Temima. Il rappelle que la célébration des fêtes qui constituent un grand moment de rencontre avec la divinité est aussi exigence de soutien à ceux qui sont démunis. En effet, à propos des fêtes, la Torah enjoint le juif à se réjouir mais à réjouir aussi le lévi, le prosélyte, la veuve et l’orphelin (Dt 16, 11), c'est-à-dire la population connaissant une certaine instabilité matérielle. Pour ces gens, les fêtes sont une source de réconfort. Mais une fois la fête passée, les malheureux risquent de replonger dans la misère. C’est pourquoi la Torah indique les obligations agricoles à caractère social après l’exposé des fêtes pour qu’elles prennent précisément le relais des fêtes.

                Enfin, un dernier point de la plus haute importance : il s’agit de la dignité du pauvre qu’il faut savoir préserver. La Torah demande à l’agriculteur de céder des épis encore attachés à la terre ou déjà moissonnés à l’indigent. Mais n’aurait-il pas été plus judicieux d’exiger de l’agriculteur d’offrir au pauvre des mets déjà préparés ? Non, répond un maître. Il ne faut pas que le pauvre est l’impression d’être un assisté, un profiteur, quelqu’un qui ne mérite pas ce qu’il mange puisqu’il n’a pas travaillé pour obtenir ce qu’il a reçu. Le pauvre doit pouvoir se regarder dans la glace sans avoir honte de lui. Pour cela, l’agriculteur lui cèdera des épis. Ensuite, c’est le miséreux qui battra le blé, le moudra, le vannera, le cuira. Il aura littéralement mis la main à la pâte. De fait, il pourra ressentir la satisfaction de manger d’un produit pour lequel il aura travaillé (MiChoul’han Gavoa, Vayikra p. 191).

Rabbin J. Milewski

 

Je remercie Monsieur le Rabbin Jacky MILEWSKI qui m'a adressé ce commentaire à l'intention des lecteurs de ce Blog, et je lui adresse un cordial Shalom ainsi qu'à sa famille.

csicsic@aol.com

 

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26 avril 2010 1 26 /04 /avril /2010 09:38

ELIE WIESEL " Jérusalem au coeur "

 

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Elie Wiesel, auteur mondialement célèbre, Prix Nobel de la Paix, survivant de l'Holocauste, a écrit une lettre pour exposer son point de vue sur la ville de Jérusalem. Sa lettre a été publiée en première page de grands journaux américains.

 Je vous la livre ici, telle que publiée dans l'International Herald Tribune, le Washington Post, et le Wall Street Journal en date du 16 avril 2010 et dans le New York Times le 18 avril 2010. Est-ce que la presse Française en a fait écho? Pas à ma connaissance….

 

 " Jérusalem au coeur "


 

C'était inévitable, Jérusalem est de nouveau au centre des débats politiques et les tempêtes internationales. De nouvelles et d’anciennes tensions remontent à la surface, à un rythme inquiétant. Jérusalem ! Dix-sept fois détruite et dix-sept fois reconstruite, elle est toujours au milieu d’affrontements diplomatiques qui pourraient mener à un conflit armé. Ni Athènes, ni Rome n’ont suscité autant de passion.


Pour moi, le Juif que je suis, Jérusalem est au-dessus de la politique. Il est mentionné plus de six cents fois dans la Torah, et pas une seule fois dans le Coran. Sa présence dans l’histoire juive est écrasante. Il n’y a pas de prière plus émouvante dans l’histoire juive que celle exprimant notre désir de retourner à Jérusalem. Pour beaucoup de théologiens, c’est l’histoire juive, pour de nombreux poètes, c’est une source d’inspiration. Elle appartient au peuple juif et elle est beaucoup plus qu’une ville, c’est ce qui lie un Juif à un autre d’une manière qui reste difficile à expliquer. Quand un Juif visite Jérusalem pour la première fois, ce n’est pas la première fois, c’est un retour aux sources. La première chanson que j’ai entendue était une berceuse chantée par ma mère à propos de Jérusalem. Sa tristesse et sa joie font partie de notre mémoire collective. Depuis que le roi David s’empara de Jérusalem comme sa capitale, les Juifs ont vécu à l’intérieur de ses murs, et, ils ont subi deux brusques changements : lorsque les envahisseurs romains, leur interdirent l’accès à la ville et, de nouveau, sous l’occupation jordanienne, les Juifs, sans distinction de nationalité se sont vus refuser l’entrée du vieux quartier juif, pour méditer et prier au Mur, le dernier vestige du temple de Salomon. Il est important de se rappeler, que si la Jordanie n’avait pas rejoint l’Egypte et la Syrie dans la guerre contre Israël, la vieille ville de Jérusalem serait encore arabe. De toute évidence, tandis que les Juifs étaient prêts à mourir pour Jérusalem, ils ne tueraient pas pour Jérusalem.
Aujourd’hui, pour la première fois dans l’histoire, les Juifs, les Chrétiens et les Musulmans, peuvent, sans entrave, vénérer leurs sanctuaires. Contrairement à certains rapports de médias, Juifs, Chrétiens et Musulmans sont autorisés à construire leurs maisons partout dans la ville. La douleur ressentie pour Jérusalem, ne concerne pas l’immobilier, mais la mémoire.


Quelle est la solution ? La pression n’engendrera pas de solution. Y a-t-il une solution ? Il doit y en avoir une ! Et, il y en aura une ! Pourquoi lutter contre le problème le plus complexe et sensible si prématurément ? Pourquoi, avant toute chose, n’est-il pas pris des mesures qui permettront aux communautés israéliennes et palestiniennes de trouver des modalités pour vivre ensemble dans une atmosphère de sécurité ? Pourquoi, ne pas ranger, pour un temps, le plus embarrassant et délicat des problèmes ?


Jérusalem doit rester la capitale spirituelle juive du monde, Jérusalem ne doit pas être un symbole d’angoisse et d’amertume, Jérusalem doit être un symbole de confiance et d’espoir. Comme le maître hassidique Rabbi Nahman de Bratslav l'a dit : "Tous dans ce monde ont un cœur, et le cœur, a lui-même son propre cœur."


Jérusalem est le cœur de notre cœur, l’âme de notre âme !

 Elie Wiesel.

 

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25 avril 2010 7 25 /04 /avril /2010 16:44

Je ne ferai aucun commentaire sur cette journée, regrettant seulement que beaucoup d'entre nous n'aient pas cru devoir assister à cette commémoration.....(Qui a dit : "Français, vous avez la mémoire courte"?)

 

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Photos C. Sicsic

csicsic@aol.com

 

 

 

 

 

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24 avril 2010 6 24 /04 /avril /2010 16:08

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Lag Ba'omer est une fête célébrée le 33e jour du décompte du Omer, à la date hébraïque du 18 Iyar

 

 

Tout comme les trois semaines, le Omer était à l'origine une période joyeuse, entre la fête de Pessah et celle de Shavouot.

Néanmoins, le Talmud enseigne qu'au temps de Rabbi Akiva, 24.000 de ses étudiants moururent d'une mystérieuse plaie d'origine divine, « parce qu'ils ne se respectaient pas mutuellement ». Les Juifs célèbrent Lag Ba’omer comme le jour où cessa cette plaie.

Certains estiment que cette plaie était l'armée romaine, et que la première génération d'étudiants de Rabbi Akiva mourut lors de la révolte de Bar Kokhba, dans laquelle Rabbi Akiva fut une figure majeure. Peut-être estima-t-il que la défaite de Bar Kokhba trouve sa source dans l'incompréhension de ses étudiants, « parce qu'ils ne se respectaient pas mutuellement ».

 

Ce jour est également l'anniversaire de la mort (Hiloula) de Rabbi Shimon bar Yohaï, le grand Sage auquel on attribue le Zohar, ou au moins son noyau.

Rabbi Shimon bar Yohaï faisant partie de la seconde génération d'élèves de Rabbi Akiva, et s'étant révolté comme lui contre le pouvoir romain au point de devoir vivre dans la clandestinité.

Cette interprétation rendrait également compte de la coutume d'allumer des feux de joie le soir de Lag Ba’omer, car ces feux étaient utilisés, à l'époque des faits évoqués, comme signaux en temps de guerre

 

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23 avril 2010 5 23 /04 /avril /2010 10:38

D'ores et déjà, réservez cette journée du 2 Mai 2010 pour fêter ensemble LAG BAOMER dans un cadre enchanteur

ENTREE LIBRE

Vous ne le regretterez pas

 

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22 avril 2010 4 22 /04 /avril /2010 10:29

 

 

  

SIDRA DE LA SEMAINE : AHARE MOTH –KEDOCHIM

 

 

 

« Signifie à Aaron, ton frère, ne peut entrer à toute heure dans le sanctuaire, dans l’enceinte du voile »….  Il sera vêtu d’une tunique de lin… » « Au septième mois le dixième jour du mois, vous mortifierez vos personnes… Car en ce jour on fera propitiation sur vous afin de vous purifier….. Vous observerez donc mes lois et mes statuts, que l’homme exécute et vive par eux…  Craignez que cette terre ne vous vomisse et vous la souillez… »

 

Ces versets résument pratiquement toutes les valeurs morales  exposées dans ces deux péricopes : Le Saint des Saint n’est accessible au grand Prêtre que le jour de Kippour où le peuple entier est en recueillement. C’est ce jour que se produit le contact spirituel et moral entre l’assemblée et son délégué.  Le grand prêtre est vêtu d’une simple tunique de lin ; L’habit le plus simple et non point la grande toilette doit être choisie pour l’événement le plus solennel de l’année. Le grand prêtre doit donner l’exemple de la simplicité. Citons encore la valeur du jeûne, la contribution active de la collectivité à l’acte de propitiation, la valeur du pardon pour le relèvement moral du peuple, le respect de la vie humaine, le respect de la terre, le lien entre le pays et ses habitants, l’importance de la sainteté de l’homme créé à l’image de Dieu, le respect des parents, la valeur de l’équité envers le travailleur. Ces deux Sidroth constituent le fondement de toute la morale juive. Tout y passe, la charité, la valeur du serment dont la transgression équivaut à la profanation du nom divin, la justice envers le salarié, l’interdiction d’induire en erreur le faible qui ne sait pas se défendre, la médisance et ses conséquences néfastes, La valeur de la protection accordée aux étrangers : ils bénéficieront non seulement d’une tolérance pleine de bienveillance, mais encore d’un sentiment cordial qui les libérera de tout complexe d’infériorité.

 

Comme on peut le constater la Torah contient tous les principes d’une loi universaliste. Elle ne renonce pas à sa forme nationale qui assure la conservation du peuple d’Israël. Elle nous défend de suivre les mœurs corrompues des nations et règle notre vie dans les moindres de ses détails. La Torah a été donnée pour prolonger la vie de l’homme et non pour l’abréger. Cependant nous observons au cours de l’histoire ce phénomène singulier que des centaines de milliers de Juifs préfèrent mourir plutôt que la transgresser. Pour le comprendre, il convient de bien distinguer la souplesse de la loi à l’égard des exigences intérieures et sa fermeté par aux imposteurs extérieurs. Le but de la Torah est  de former une humanité supérieure, le peuple juif en est l’instrument. Sa sauvegarde est d’une nécessité absolue. Le Judaïsme magnifie la vie, pour sauver la vie le Juif a l’obligation de passer outre les prescriptions ne portant préjudice à aucun membre de la société. Par contre, il a aussi l’obligation, quand il se sent menacer dans le principe vital de son existence religieuse et nationale, il doit se laisser retrancher de la vue que de la trahir. Sa véritable vie est incompatible avec toute fausse conception de l’idéal supérieur.

 

Rabbin Haim Harboun

 

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20 avril 2010 2 20 /04 /avril /2010 10:54

 

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Claude SICSIC

 

csicsic@aol.com 

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17 avril 2010 6 17 /04 /avril /2010 15:56

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Ce Jeudi 15 avril, en présence de Shimon Peres, Président de l'Etat d'Israël, de Bertrand Delanoë, Maire de Paris, de Rachida Dati, Maire du 7ème Arrondissement, ainsi que de nombeuses personnalités de la Communauté juive, dont Gilles Bernheim, Grand Rabbin de France, Joël Mergui, Président du Consistoire de France, et David Messas, Grand Rabbin de Paris, a eu lieu l'inauguration de l'esplanade Ben Gourion à l'espace vert au droit du quai branly en hommage à une personnalité exceptionnelle : celle de l'homme visionnaire qui proclama voici 62 ans l'indépendance de l'Etat d'Israël. Un des événements majeurs du 20ème siècle

 

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16 avril 2010 5 16 /04 /avril /2010 12:40

Yom Hazikaron

 

Dans le calendrier hébraïque, la journée de lundi prochain porte sans doute une des appellations les plus belles et les plus fortes dans le panorama de nos traditions et de nos rites: Yom Hazikaron, communément traduit par Jour du souvenir. Je préfère personnellement traduire « le jour de la mémoire ».

 

Après la célébration du Yom Hashoah, ce thème de la mémoire est plus que récurrent dans l’ensemble de nos textes. Il est fondateur. Il constitue une des bases et une des racines de nos existences et de notre permanence sur la scène de l’histoire. Il n’est pas de grande solennité juive – depuis le repos hebdomadaire du shabbat jusqu’à la culmination de Yom Kippour en passant par Pessah, le Omer et Chavouot – qui ne soit marquée essentiellement d’abord par la nécessité de se souvenir. Zakhor est conjugué dans nos traditions de mille et une façons et notamment, comme cela est le cas singulièrement à propos du chabbat, sur le mode impératif : souviens-toi !

 

L’exercice de la mémoire passe par l’accomplissement de rites, de pratiques… ou de commémorations pour qu’année après année, de génération en génération, l’évocation de l’événement en perpétue le souvenir. La pratique du seder de Pessah permet de rappeler les événements depuis 3500 ans, et témoigne de la matérialité des faits, n’en déplaise à certains qui n’hésitent pas à en nier l’existence.

 

Garder mémoire ou « faire mémoire » pour nous cela ne signifie pas observer une attitude passive ou statique en se rappelant simplement le passé. Cela veut dire au contraire tirer la leçon pour l’avenir. Apprendre pour enseigner. Raconter à son fils pour qu’il sache. Agir pour que le passé n’en vienne pas à bloquer notre marche. S’engager dans l’avenir pour le construire en n’oubliant pas l’expérience du passé, ses promesses mais aussi ses échecs ou ses lacunes.

 

Un grand nombre de nos maîtres ont insisté sur l’importance de la mémoire dans notre histoire. Un grand maître de la saga hassidique, Nahman de Braslaw, insiste sur le fait que seuls les peuples qui ont une longue mémoire sont sûrs d’avoir un avenir.

 

A Yom Hazikaron, nous sommes appelés à nous souvenir des différentes guerres d’Israël, depuis celle de 1948 de la renaissance de l’Etat d’Israël, et plus particulièrement à tous les héros, quel que soit leur grade se sont sacrifiés pour que Aam Israël hai !

 

Nous pensons à eux tous. C’est à leur intention que nous disons les prières de Yizkor et le kadich. Que leur âme repose aux côtés de celles de tous les justes d’Israël.

 

Toute célébration de mariage s’accompagne toujours par l’acte du marié consistant à briser un verre, pour que ce moment de joie ne conduise pas à oublier la tragédie de la destruction des deux temples, pour ne pas oublier que la joie ne peut être totale, parfaite !

 

De la même façon, nous devons aussi célébrer le Yom Hazikaron, avant de fêter le Yom Haatsmaout. Nous vous invitons à venir nous rejoindre nombreux à la

 

Dov ZERAH

Synagogue de Nîmes, 40 rue Roussy

Lundi 19 Avril 2010 à 19 heures

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15 avril 2010 4 15 /04 /avril /2010 09:53

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HISTOIRE DE YOM HAATZMAOUT

 

 

 

Yom Haatsmaout signe l'anniversaire de la déclaration d'indépendance de l'Etat d'Israël le 5 Iyar 5708.

 

Ce jour est fêté dans de très nombreuses communautés Juives internationnales ainsi qu'en Israël. La veille de Yom Haatsmaout, nous célébrons Yom Hazikaron (le jour du souvenir) à la mémoire des soldats tombés au champ d'honneur afin d'arriver à l'indépendance. ERETZ ISRAEL est le lieu où naquit le peuple juif. C'est là que se forma son caractère spirituel, religieux et national. C'est là qu'il réalisa son indépendance, créa une culture d'une portée à la fois nationale et universelle et fit don de la Bible au monde entier.

 

 Contraint à l'exil, le peuple juif demeura fidèle au pays d'Israël à travers toutes les dispersions, priant sans cesse pour y revenir, toujours avec l'espoir d'y restaurer sa liberté nationale. Motivés par cet attachement historique, les juifs s'efforcèrent, au cours des siècles, de retourner au pays de leurs ancêtres pour y reconstituer leur Etat. Tout au long des dernières décennies, ils s'y rendirent en masse : pionniers, maapilim et défenseurs. Ils y défrichèrent le désert, firent renaître leur langue, bâtirent cités et villages et établirent une communauté en pleine croissance, ayant sa propre vie économique et culturelle. Ils n'aspiraient qu'à la paix encore qu'ils aient toujours été prêts à se défendre. Ils apportèrent les bienfaits du progrès à tous les habitants du pays. Ils nourrirent toujours l'espoir de réaliser leur indépendance nationale. En 1897, inspiré par la vision de l'Etat juif qu'avait eue Théodore Herzl, le premier congrès sioniste proclama le droit du peuple juif à la renaissance nationale dans son propre pays. Ce droit fut reconnu par la Déclaration Balfour du 2 novembre 1917 et réaffirmé par le mandat de la Société des nations qui accordait une reconnaissance internationale formelle des liens du peuple juif avec la terre d'Israël, ainsi que de son droit d'y reconstituer son foyer national. La Shoah qui anéantit des millions de juifs en Europe, démontra à nouveau l'urgence de remédier à l'absence d'une patrie juive par le rétablissement de l'Etat juif dans le pays d'Israël, qui ouvrirait ses portes à tous les juifs et conférerait au peuple juif l'égalité des droits au sein de la famille des nations.

 

 Les survivants de la Shoah en Europe, ainsi que des juifs d'autres pays, revendiquant leur droit à une vie de dignité, de liberté et de travail dans la patrie de leurs ancêtres, et sans se laisser effrayer par les obstacles et la difficulté, cherchèrent sans relâche à rentrer au pays d'Israël. Au cours de la Seconde Guerre mondiale, le peuple juif dans le pays d'Israël contribua pleinement à la lutte menée par les nations éprises de liberté contre le fléau nazi. Les sacrifices de ses soldats et l'effort de guerre de ses travailleurs le qualifiaient pour prendre place à rang d'égalité parmi les peuples qui fondèrent l'Organisation des Nations unies. Le 29 novembre 1947, l'Assemblée générale des Nations unies adopta une résolution prévoyant la création d'un Etat juif indépendant dans le pays d'Israël et invita les habitants du pays à prendre les mesures nécessaires pour appliquer ce plan. La reconnaissance par les Nations unies du droit du peuple juif à établir son Etat indépendant ne saurait être révoquée. C'est de plus, le droit naturel du peuple juif d'être une nation comme les autres nations et de devenir maître de son destin dans son propre Etat souverain.

 

EN CONSEQUENCE, NOUS, MEMBRES DU CONSEIL NATIONAL REPRESENTANT LE PEUPLE JUIF DU PAYS D'ISRAEL ET LE MOUVEMENT SIONISTE MONDIAL, REUNIS AUJOURD'HUI, JOUR DE L'EXPIRATION DU MANDAT BRITANNIQUE, EN ASSEMBLEE SOLENNELLE, ET EN VERTU DES DROITS NATURELS ET HISTORIQUES DU PEUPLE JUIF, AINSI QUE DE LA RESOLUTION DE L'ASSEMBLEE GENERALE DES NATIONS UNIES, PROCLAMONS LA FONDATION DE L'ETAT JUIF DANS LE PAYS D'ISRAEL, QUI PORTERA LE NOM D'ETAT D'ISRAEL. NOUS DECLARONS qu'à compter de la fin du mandat, à minuit, dans la nuit du 14 au 15 mai 1948, et jusqu'à ce que des organismes constitutionnels régulièrement élus entrent en fonction, conformément à une Constitution qui devra être adoptée par une Assemblée constituante d'ici le 1er octobre 1948, le présent Conseil agira en tant qu'Assemblée provisoire de l'Etat et que son propre organe exécutif, l'administration nationale, constituera le gouvernement provisoire de l'Etat d'Israël. L'ETAT D'ISRAEL sera ouvert à l'immigration des juifs de tous les pays où ils sont dispersés. il développera le pays au bénéfice de tous ses habitants, il sera fondé sur les principes de liberté, de justice et de paix enseignés par les prophètes d'Israël. il assurera une complète égalité de droits sociaux et politiques à tous ses citoyens, sans distinction de croyance, de race ou de sexe. il garantira la pleine liberté de conscience, de culte, d'éducation et de culture. il assurera la sauvegarde et l'inviolabilité des Lieux saints et des sanctuaires de toutes les religions et respectera les principes de la Charte des Nations unies.

 

 L'ETAT D'ISRAEL est prêt à coopérer avec les organismes et représentants des Nations unies pour l'application de la résolution adoptée par l'Assemblée le 29 novembre 1947 et à prendre toutes les mesures pour réaliser l'union économique de toutes les parties du pays. NOUS FAISONS APPEL aux Nations unies afin qu'elles aident le peuple juif à édifier son Etat et qu'elles admettent Israël dans la famille des nations. Aux prises avec une brutale agression, NOUS INVITONS cependant les habitants arabes du pays à préserver les voies de la paix et à jouer leur rôle dans le développement de l'Etat sur la base d'une citoyenneté égale et complète et d'une juste représentation dans tous les organismes et les institutions de l'Etat, qu'ils soient provisoires ou permanents. NOUS TENDONS la main de l'amitié, de la paix et du bon voisinage à tous les Etats qui nous entourent et à leurs peuples. Nous les invitons à coopérer avec la nation juive indépendante pour le bien commun de tous. L'Etat d'Israël est prêt à contribuer au progrès de l'ensemble du Moyen Orient. NOUS LANÇONS UN APPEL au peuple juif de par le monde à se rallier à nous dans la tâche d'immigration et de mise en valeur, et à nous assister dans le grand combat que nous livrons pour réaliser le rêve poursuivi de génération en génération : la rédemption d'Israël. CONFIANTS EN L'ETERNEL TOUT-PUISSANT, NOUS SIGNONS CETTE DECLARATION SUR LE SOL DE LA PATRIE, DANS LA VILLE DE TEL AVIV, EN CETTE SEANCE DE L'ASSEMBLEE PROVISOIRE DE L'ETAT, TENUE LA VEILLE DU CHABBATH, 5 IYAR 5708, QUATORZE MAI MILLE NEUF CENT QUARANTE-HUIT.

 

David Ben-Gurion

Daniel Auster

Mordekhai Bentov

Yitzchak Ben Zvi

Eliyahu Berligne

Fritz Bernstein

Rabbi Wolf Gold

Meir Grabovsky

Yitzchak Gruenbaum

Dr. Abraham Granovsky

Eliyahu Dobkin

Meir Wilner-Kovner

Zerach Wahrhaftig

Herzl Vardi

Rachel Cohen

Rabbi Kalman Kahana

Saadia Kobashi

Rabbi Yitzchak Meir Levin

Meir David Loewenstein

Zvi Luria

Golda Myerson

Nachum Nir

Zvi Segal

Rabbi Yehuda Leib Hacohen Fishman

David Zvi Pinkas

Aharon Zisling

Moshe Kolodny

Eliezer Kaplan

Abraham Katznelson

Felix Rosenblueth

David Remez

Berl Repetur

Mordekhai Shattner

Ben Zion Sternberg

Bekhor Shitreet

Moshe Shapira

Moshe Shertok

 

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