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14 octobre 2010 4 14 /10 /octobre /2010 14:02

 

cantique

 

Le Cantique des Cantiques

 

SOURCES DU CHANT, UN PEU D'HISTOIRE

 

"Rabbi Yossi commença ainsi: le roi Salomon fut inspiré pour composer le Cantique des Cantiques quand le Saint Temple fut bâti et que toutes les sphères supérieures et inférieures se complétèrent en une seule entité... et le Saint Temple était bâti comme une réplique du Saint Temple d'En Haut. Quand le Saint Temple fut bâti en bas, il n'y avait pas eu d'aussi grande joie devant le Saint béni soit-il depuis le jour où le monde fut créé" (le Zohar).

 

D'après la Tradition, le Cantique des Cantiques serait l'oeuvre poétique de la jeunesse de Salomon, et il aurait été chanté pour la première fois lors de l'inauguration du Temple de Jérusalem. D'après les spécialistes, ce poème aurait été écrit, il y a environ vingt cinq siècles, soit cinq siècles après la construction du Temple. Pour une partie du texte, les mots et les expressions utilisés seraient archaïques et peu usuels et une cinquantaine de mots seraient spécifiques au texte du Cantique. La syntaxe serait également particulière, voire défectueuse par rapport aux règles connues. Ces défauts et l'incertitude sur le sens de certains mots expliquerait en partie le nombre particulièrement important des interprétations. Par contre la répétition de certaines expressions, la forme poétique du texte et son sujet seraient conformes aux écrits du Moyen-Orient à l'époque de l'Exil de Babylone (-5è/6è siècle).

 

D'après la Qabalah, si le sens immédiat est un beau chant d'amour entre un roi et une bergère, le sens allégorique ferait allusion aux rapports entre Israël et l'Eternel, le sens mystique concernerait l'édification future du Troisième Temple, celui des Temps messianiques, le sens secret restant à déchiffrer par chacun de nous. Controversé, le Cantique des Cantiques n'entra dans le canon biblique que sous l'impulsion de Rabi A'qiba (1er- 2ème siècle) qui proclama d'abord que "celui qui module sa voix pour chanter le Cantique des Cantiques dans des banquets et rend ce chant profane, n'a pas de part au monde à venir", puis annonça "l'univers entier n'a pas autant de mérite que le jour où le Cantique des Cantiques fut donné à Israël, car toute l'Ecriture est sainte, mais le Cantique des Cantiques est l'Ecrit le plus saint".

 

Ainsi depuis l'an quatre-vingt-dix et le concile de Yavneh, ce chant fait partie des vingt-quatre livres de la Bible hébraïque. Il est universellement reconnu comme un chant d'une grande poésie. Quoiqu'attribué au roi Salomon, lui-même initié aux mystères célestes, le texte est traditionnellement considéré comme d'inspiration divine.

 

Le chapitre 6 a attiré l'attention des Sages qui ont décelé que le regroupement des premières lettres de tous les mots pouvait constituer d'autres mots ou des expressions ayant un sens caché (procédé connu sous le nom d'acrostiche et appelé notarikon en qabalah).

 

Néanmoins, le Cantique des Cantiques demeure le seul livre de la Bible dont l'interprétation libre est autorisée, et il existe des dizaines sinon des centaines d'approches de croyants et de non-croyants de toutes les religions, tant le texte est beau et riche, dense et difficile à pénétrer au-delà du sens immédiat. Pourquoi tant d'énergie déployée pour un chant qui se suffit à lui-même, un chant d'amour inspiré et écrit avec les images et les métaphores de l'époque et de la région? On peut penser qu'en scrutant le texte, celui qui est en quête se rapprocherait de sa nature merveilleuse et transcendante, ou qu'il veuille l'habiller de religiosité ou de décence s'il le considère trop osé, voire érotique. Mais il semble que la multiplicité des interprétations vienne de la difficulté de restituer dans une langue étrangère un hébreu ancien, autorisant aussi bien les rêveries que les divagations.

 

Les annotations suivantes ont été relevées lors de l'Assemblée des officiers ministériels anglais à Westminster, au dix-septième siècle: "Il n'a pas échappé aux lettrés combien l'obscurité du Cantique des Cantiques a été relatée, et combien la grande variété des interprètes et des interprétations qui ont essayé de l'éclairer, mais avec si peu de succès, qu'ils ont épaissi le nuage au lieu de le chasser" (source: Encyclopedia Judaica).

 

Aujourd'hui, le Cantique des Cantiques est lu ou chanté dans les synagogues le samedi de la Pâque, et dans d'autres, tous les vendredis soir.

Albert SOUED

 

 

 

 

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13 octobre 2010 3 13 /10 /octobre /2010 10:33

scalom

La paix comme idéal :

Le chalom

 

La notion de paix est cardinale pour le judaïsme. Elle est le but ultime de toute existence, celle du monde, de l’humanité et de l’individu.

La paix comme vision

Le terme Chalom est employé près de 250 fois dans la Bible et des milliers dans la littérature rabbinique. Il vient ponctuer les plus grands textes bibliques et notamment les grandes visions prophétiques. La guerre est décrite, non comme un jeu de bravoure, mais comme un véritable fléau.

Le terme chalom vient de la racine ChLM désignant l’idée de plénitude. Chalem : entier.

Chlemout : plénitude, LeChalem : payer (c'est-à-dire combler une dette et éviter un conflit).

Dans le judaïsme le mot Chalom est employé dans des contextes divers montrant sa multiplicité de sens : social, politique, spirituel, moral et même cosmique, voire métaphysique.

Le Chalom représente une valeur suprême, un aboutissement ultime.

Citations bibliques

Si je retourne en paix à la maison paternelle, alors le Seigneur aura été un Dieu pour moi (Genèse 28,21)

Je ferai régner la paix dans ce pays, et nul n'y troublera votre repos; je ferai disparaître du pays les animaux nuisibles, et le glaive ne traversera point votre territoire. (Lévitique 26,6)

"Parle ainsi à Aaron et à ses fils: Voici comment vous bénirez les enfants d'Israël; vous leur direz: "Que l'Éternel te bénisse et te protège! Que l'Éternel fasse rayonner sa face sur toi et te soit bienveillant! Que l'Éternel dirige son regard vers toi et t'accorde la paix!" (Nombres 6,23-26)

Quand tu marcheras sur une ville pour l'attaquer, tu l'inviteras d'abord à la paix. (Deutéronome 20,10)

Plus de méfaits, plus de violences sur toute ma sainte montagne; car la terre sera pleine de la connaissance de Dieu, comme l’eau abonde dans le lit des mers… (Isaïe 11,9)

Celui qui a le coeur ferme, tu le préserves; à lui la paix, la paix, car il se confie en toi. (Isaïe 26,3)

Et l'œuvre de la justice sera la paix, et le fruit de la droiture sera le calme et la sécurité à tout jamais. Mon peuple habitera dans un séjour de paix, dans des demeures bien protégées et dans des retraites tranquilles. (Isaïe 32,17-18)

Point de paix, dit l'Eternel, pour les méchants! (Isaïe 48,22)

Celui qui crée la parole, fruit des lèvres: "Paix, paix, dit-il, pour qui s'est éloigné comme pour le plus proche! Je le guérirai," ainsi parle l'Eternel. (Isaïe 57,19)

Où il y avait de l'airain, je mettrai de l'or; où il y avait du fer, je mettrai de l'argent; je remplacerai le bois par l'airain, les pierres par le fer. Pour toute magistrature, je te donnerai la Paix, pour autorité souveraine la Justice. On n'entendra plus parler de violence en ton pays, de ravages ni de ruine en ton territoire, et tu appelleras tes murs "Salut", et tes portes "Gloire". (Isaïe 60,17-18)

Je contracterai avec eux une alliance de paix, une alliance éternelle leur sera accordée, je les rétablirai. Je les rendrai grands, et je mettrai mon sanctuaire au milieu d'eux pour toujours. (Ezéchiel 37,26)

Voici ce que vous devrez faire: Parlez loyalement l'un à l'autre, rendez des sentences de vérité et de paix dans vos portes! (Zacharie 8,16)

Que l’Eternel donne la force à son peuple! Que l’Eternel bénisse son peuple par la paix! (Psaume 29,11)

Quel est l’homme qui souhaite la vie, qui aime de longs jours pour goûter le bonheur? Préserve ta langue du mal, et tes lèvres des discours perfides; éloigne-toi du mal et fais le bien, recherche la paix et la poursuis. (Psaume 34,13-15)

L’amour et la fidélité se donnent la main, la justice et la paix s’embrassent. (Psaume 85,11)

Présentez vos saluts de paix à Jérusalem: "Qu’ils soient heureux ceux qui t’aiment!" (Psaume 122,6)

Ses voies sont des voies pleines de délices, et tous ses sentiers aboutissent à la paix. (Proverbes 3,17)

Je suis, moi, tout à la paix, et quand je la proclame, eux ne méditent que guerre. (Psaume 120, 7)

II y a un temps pour tout, et chaque chose a son heure sous le ciel. … un temps pour la guerre et un temps pour la paix. (Ecclésiaste 3,1-8)

 

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12 octobre 2010 2 12 /10 /octobre /2010 14:36

tsedaka

Deut. 15:7-8 : S'il y a chez toi quelque indigent d'entre tes frères, dans l'une de tes portes, au pays que l'Éternel, ton Dieu, te donne, tu n'endurciras point ton cœur et tu ne fermeras point ta main devant ton frère indigent. Mais tu lui ouvriras ta main, et tu lui prêteras de quoi pourvoir à ses besoins.

Lev. 19:9-10 : Quand vous ferez la moisson dans votre pays, tu laisseras un coin de ton champ sans le moissonner, et tu ne ramasseras pas ce qui reste à glaner. Tu ne cueilleras pas non plus les grappes restées dans ta vigne, et tu ne ramasseras pas les grains qui en seront tombés. Tu abandonneras cela au pauvre et à l'étranger. Je suis l'Éternel, votre Dieu



A première vue on pourrait croire que cela veut dire charité. On peut également penser qu'une personne est généreuse quand elle possède de l'argent et décide de le donner à plus pauvre qu'elle ou à quelqu'un qui en a moins .
Il ne faut pas se faire d'illusion la charité ne se pratique pas dans le judaïsme ,c'est un concept inexistant chez les juifs .
Mais que pratiquons-nous comme Mitzva (bonne action) quand nous mettons une pièce de monnaie dans une boite de Tzedaka ou bien comme chacun l'a vécu quand quelqu'un frappe à votre porte demandant de l'argent pour une organisation humanitaire ou la Mitzva d'aider des jeunes mariés ou tout simplement remplir une application et envoyer un chèque à une organisation? N'est-ce pas là l'acte de charité que nous accomplissons?
Le mot Tzedaka en hébreu qui se traduit souvent par " CHARITÉ" a en fait son vrai sens dans le mot "JUSTICE".
Quand une personne contribue de son argent , de son temps et de son énergie à des personnes qui
sont dans le besoin ,il ne fait pas un acte charitable , généreux ou bénévole mais il fait seulement ce qui est juste .
L'argent que D-ieu lui donne n'est pas en totalité pour ses besoins personnels . Ne mélangeons pas tout.
On apprend dans la Torah orale et dans la Torah écrite le principe de ne pas tout mélanger .
On peut voir dans le livre de lois "yad hahazaka " du RAMBAM le Maimonide qu'il énumère les lois de "KILAYMES" (mélanges d'espèces) et les MATANOT LAANIYMES" (les cadeaux pour les pauvres) côte à côte .C'est à dire: les lois relatant l'interdiction de transformer la nature ,l'homme doit se comporter avec la nature sans transformer les éléments naturels que D-ieu a créer c'est pour cette raison que l'on n'a pas le droit de mélanger deux espèces quelle soit végétale ou animale ou même porter un habit qui est composé de laine et lin.
De la même façon nous ne pouvons pas mélanger l'argent que D-ieu nous donne pour nos besoins personnels et l'argent que D-ieu nous donne destiné à être redistribuer aux pauvres .

Dans le livre de Vaykra (levitique) paracha Kedochims paragraphe 19 du verset 9 a 19.
Ces versets parlent de l'obligation de laisser une partie de la moisson que l'on récolte pour les pauvres ce qui s'appelle "PEAH" c'est à dire le coin de son champ puis quelques versets plus loin la Torah nous parle de l'interdiction de mélanger les espèces .
Encore une fois l'obligation de ne pas mélanger , ce que D-ieu nous donne pour nos besoins personnels et ce qu'Il nous donne pour distribuer aux pauvres.
La richesse n'est pas un crime dans le judaïsme mais au contraire une qualité et une bénédiction de D-ieu qui fait confiance à une personne et le désigne comme son banquier dans ce monde pour pouvoir distribuer les richesses du créateur aux personnes dans le besoin .
Si la Mitzva de la Tzedaka avait été un acte de charité alors les pauvres n'auraient pas eu l'obligation de faire l'acte de Tzedaka hors nous apprenons dans la Torah :chacun de nous a l'obligation de donner de l'argent ,aider autrui etc...même un pauvre a ce devoir de donner la Tzedaka.
L'acte de Tzedaka permet à chacun d'être un partenaire avec D-ieu et donc d'être son banquier .
Plus il va donner même si il est pauvre plus D-ieu lui fera confiance et donc lui donnera de l'argent à distribuer.
Si l'on croit que l'acte de Tzedaka est le moyen d'être un banquier de D-ieu n'est il pas là le meilleur investissement?
D'un autre point de vue celui qui reçoit de l'argent ou une aide de quelqu'un, en fait, permet à son bienfaiteur d'accomplir l'acte de Tzedaka , donc a une part plus importante que celui qui donne dans cet acte de justice
.
Une fois un Rabbi alla ramasser de l'argent pour les pauvres de sa communauté avant Pessach cela
s'appelle "maot hitim,"(l'argent pour le blé). C'est une coutume de donner de l'argent avant Pessach pour les paniers de Pessach .
Après une semaine il rentra chez lui et sa femme lui demande alors comment la collecte s'était passée.
Il lui répondit : les pauvres de ma communauté ont acceptés de recevoir de l'argent pour Pessach mais maintenant il faut que je persuade les riches de la communauté de donner de l'argent .
En fait ce Rabbi avait accompli la part la plus dure car il est plus facile de donner que de recevoir .
La nature de l'humain est de donner car les êtres humains ont été crées à l'image de D-ieu . Comme D-ieu un homme veut donner, entreprendre , créer etc...
Pour pouvoir recevoir il faudra fournir un effort supplémentaire.C'est plus dur d'être demandeur.

Le Rambam Mamonide définit huit niveaux de Tzedaka

1) Le plus haut niveau de Tzedaka est de redresser une personne financièrement en lui prêtant de
l'argent , s'associant avec lui ou lui donner de l'argent jusqu'à qu'il puisse se remettre sur ses pieds.

2)Le deuxième niveau est de donner en secret . C'est à dire :celui qui donne ne sait pas à qui il donne et celui qui reçoit ne sait pas d'où cela vient .
Il y a des caisses de Tzedaka à qui nous faisons confiance qui s'occupent de donner aux personnes dans le besoin.

3)Le troisième niveau est quand la communauté connaît le bienfaiteur mais celui qui reçoit ne le connaît pas .

4) Le quatrième niveau est quand celui qui reçoit connaît son bienfaiteur mais ce dernier ne sait pas à qui il donne.

5) Le cinquième niveau de Tzedaka est quand une personne donne la Tzedaka dans la main de
quelqu'un avant même qu'il lui ai demandé.

6)Le sixième niveau est quand une personne donne la Tzedaka après que le pauvre lui demande

7) Le septième niveau est quand une personne donne d'une manière insuffisante mais avec un grand
sourire.

8) Le huitième et le plus bas niveau est une personne qui se force à donner .

A chaque ocasion il est important de pouvoir subvenir aux besoins des familles nécessiteuses
pour que chacun puisse passer un bon Pessah cacher et joyeux

Rabbi Mikhael Cohen
Adapte de discours du Rabbi de Loubavitch

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11 octobre 2010 1 11 /10 /octobre /2010 11:10

Talith

"Quand vous aurez ces franges, vous les regarderez et vous vous souviendrez de tous les commandements de l'Éternel, pour les mettre en pratique, Vous vous souviendrez ainsi de Mes commandements, vous les mettrez en pratique et vous serez saints pour votre Dieu " (Nombres, 15:39-40).

Quelle est la signification profonde du Talith ?

L’idée maîtresse de la prière juive est de se connecter à D-ieu. Cependant, l’idée qu’un être humain fini et limité puisse se lier à un D-ieu infini et illimité heurte notre logique. Cela devrait normalement être impossible. Cependant, comme D-ieu souhaite cette relation, Il s’est rendu Lui-même « limité » pour nous être accessible. D-ieu s’est limité en s’exprimant dans la création. En effet, le monde dans lequel nous vivons n’est en fait qu’une expression de D-ieu : de même qu'un morceau de musique est une expression de son compositeur et un tableau est l’expression du peintre qui l’a réalisé, notre univers et tout ce qu’il contient sont une œuvre d’art de D-ieu. Et de même que, par le simple fait de regarder un tableau ou d’écouter une chanson, il nous est donné de ressentir la personnalité de l’artiste, en observant la beauté de ce monde, sa complexité et ses rythmes, nous pouvons apprendre à apprécier D-ieu.

MAIS (et la réserve est de taille) bien que la création exprime D-ieu, elle n’exprime en aucun cas Sa véritable essence. Aussi fascinant soit-il, le monde ne représente qu’une fraction infime et insignifiante de la Sagesse Divine. Et c’est en cela que D-ieu est différent d’un artiste de chair et de sang. Car pour pouvoir véritablement exprimer ce qu’il a en lui, l’artiste doit investir toute sa concentration, ses efforts et sa créativité dans son travail. Par contre, lorsque D-ieu a choisi de s’exprimer, Il a fait exactement l’inverse : Il s’est limité et s’est rabaissé pour créer un monde matériel. Imaginez un instant qu’on ait demandé à Beethoven d’écrire un jingle convenu pour une réclame de yaourt à la radio. Cela aurait-il exprimé son génie ? Pas le moins du monde : cela n’aurait exprimé que sa patience. Il n’a pas été nécessaire à D-ieu d’exprimer du « génie » pour créer ce monde qui nous semble, à nous, si merveilleux. La seule démarche de sa part fut de se limiter pour pouvoir créer une existence « finie ».

Le Talith est composé de deux parties : le vêtement lui-même – le châle, et les Tsitsith – les franges rituelles. Le vêtement nous enveloppe et les Tsitsith pendent à ses coins. Ils représentent les deux aspects de l’existence de D-ieu. Sa véritable essence est totalement hors de portée de notre appréhension intellectuelle, et est représentée par le châle qui nous enveloppe. Ce n’est qu’une mince fraction de son Être, les petites franges qui se balancent aux coins, qu’il nous est donné de percevoir.

Quel que soit le niveau de sainteté que nous atteignons, D-ieu sera toujours infiniment plus saint. Il est le Talith qui nous entoure. Mais, dans l’autre sens, quelle que soit la bassesse que l’on puisse atteindre, D-ieu descend vers nous et nous demande de nous adresser à Lui : Il est ces Tsitsith qui descendent vers nous pour que nous les saisissions et les embrassions.

Nous devons avoir cela présent à l’esprit lorsque nous prions. C’est pour cela que nous portons un Talith.

 

La Miitsva et ses commentaires

Ce vêtement dont nous sommes revêtus tous les jours et que nous avons constamment devant les yeux nous relie à Hakadoch Baroukh Hou. On peut trouver une allusion à ce principe dans le mot ‘Tsitsit’ : 600 (valeur numérique du mot tsitsit) + 8 fils + 5 noeuds = 613, car ils rappellent et attachent celui qui les portent aux 613 commandements d’Hachem.

En édictant, le commandement des tsitsith, la Torah précise : « tu feras des cordons en franges aux quatre coins du vêtement dont tu te couvres » . De cette expression, nous déduisons que les Tsitsith ne sont exigés que sur un vêtement à quatre coins.

A l’époque de la Guemara, les hommes portaient en permanence des vêtements à quatre coins et accomplissaient ainsi la mitsva des Tsitsith en les fixant simplement sur leur vêtement quotidien. Notre style vestimentaire est aujourd’hui différent de ce qu’il était auparavant ce qui implique le port d’un vêtement spécial « le tallith katane » (petit talith).

Rabbi Its’haq Abrabanel dit que c’est là le sens du verset de la Torah qui nous enjoint de faire « des tsitsith pour toutes les générations » : même à une époque où le port des vêtements à quatre coins ne serait plus habituel, il nous faudrait néanmoins continuer l’observance de la prescription des «tsitsith ».

Le Ibn Ezra ajoute que le port du Talith à la synagogue ne remplace pas le fait de revêtir les tsitsith katane. En effet le port des Tsitsit de façon perpétuelle a pour but de nous éloigner de la faute, chose qui n’est pas réellement nécessaire pendant que nous prions.

Ainsi, le tsitsith ne revêt toute son importance que lorsqu’il nous accompagne dans toutes nos activités.

Dans le commandement relatif aux Tsitsith, il est précisé « Vénatenou al tsitsith hakanaf pétil tekhélét - Ils donneront sur le Tsitsith du coin un cordon d’azur » (Bamidbar 15-38). La Guemara explique que la couleur imposée par la Torah

(bleu d’azur) est choisie parce que l’azur ressemble à la mer, la mer au firmament et le firmament au Trône de gloire (Mena’hot 43 b).

Le Rav Moché Feinstein s’étonne de cette explication. En effet, si Hachem a choisi cette teinte parce qu’elle ressemble à la mer, laquelle ressemble au firmament, lequel ressemble au Trône de Gloire, pourquoi n’avoir pas désigné directement la couleur qui ressemble le plus au Trône de gloire ?

Et le Maître de répondre : De là nous apprenons que pour nous élever dans le domaine spirituel, nous devons progresser graduellement; il nous appartient de nous élever étape par étape jusqu’à ce que nous arrivions au Trône de Gloire. Il n’est pas conseillé d’atteindre un « objectif spirituel » d’un coup sans un effort progressif et continu. Ce n’est que progressivement que l’on peut atteindre « le Trône de Gloire ».

 

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7 octobre 2010 4 07 /10 /octobre /2010 09:28

 

Noah

 

Trois vertus, plus une

« Voici les engendrements de Noé,

Noé (était) un homme juste, intègre ;

Noé marchait avec Dieu. »

Notre paracha débute en soulignant les vertus de Noé, un homme (ish) juste (tsadik) et intègre (tamim). Pour la tradition, le verset ne révèle pas deux, mais trois vertus, que nous allons mettre en lumière.

Être un homme :

Nous pourrions penser que les deux vertus mentionnées sont justice et intégrité, mais sous un certain angle nous pouvons considérer que le terme « homme » (ish) représente une qualité en soi, une vertu.

 En hébreu biblique, le terme ish désigne le pouvoir, la capacité de dominer, mais au plan moral, cela signifie la capacité de se maîtriser.

Dans les Pirkey Avoth (II, 5) Raban Gamliel enseigne : « Là où il n'y a point d'homme, efforce-toi d'être un homme. »

Pour montrer la valeur de cette puissance, citons quelques exemples :

     Dieu est, Lui-même, surnommé « homme de guerre » (Exode / Shémoth XV, 3), à entendre dans le sens de « maître de la guerre».

     De même, ce personnage mystérieux qui combat contre Jacob toute la nuit est-il désigné par ish, un homme ou un ange qui possède un pouvoir d'action (Genèse / Béréshith XXXII, 25).

     Enfin Moïse est appelé « homme de Dieu » ish haElohim (Deutéronome / Dévarim XXXII, 1) que l'on peut entendre celui qui reçoit son pouvoir de Dieu.

Sur cette expression, écoutons ce commentaire du kabbaliste, Rabbi Yossef Haïm de Bagdad (fin du XIXe siècle). Il fait remarquer que Moïse est appelé tantôt  Ish haElohim = « homme de Elohim » (l'un des noms pour désigner Dieu) et tantôt Eved Hashem = « Serviteur de YHWH » (Deutéronome / Dévarim XXXIV, 5). Selon la Kabbale, Elohim désigne Dieu dans son attribut de rigueur, de justice, d'ailleurs Elohim désigne parfois les juges dans la Torah (Exode / Shémoth XXII, 8). YHWH (le tétragramme) désigne Dieu dans son attribut de charité, d'amour. Voici donc son commentaire : Quand Dieu exprime son amour vis-à-vis d’Israël, alors Moïse est serviteur de ce Dieu d'amour. Mais quand Dieu révèle sa colère (comme dans l'épisode du veau d'or), alors Moïse devient Ish haElohim, « homme de Dieu », à entendre comme celui qui use de son pouvoir pour s'opposer à la rigueur divine, et la transformer en pardon (après la faute du veau d'or notamment).

En posant Noé, en ish tsadik, homme juste, le verset souligne que notre héros sut exercer son pouvoir sur lui-même pour ne pas imiter les conduites violentes et iniques de ses contemporains.

Résister à la pensée ambiante, aux modes, quand elles remettent en cause l'éthique monothéiste relève d'une grande force d'âme.

Homme de justice, homme de justesse :

On ne peut être juste que par rapport à une loi. Juste dix grammes, cela signifie de se conformer au poids (la loi) énoncé de façon précise. Noé est juste car il connaît la loi de Dieu, et il l'applique dans son existence. Ce n'est pas parce qu'il a reçu la grâce divine, qu'il se considère au-dessus de la loi, bien au contraire, la grâce oblige à s'ajuster à la bénédiction offerte. 

Quelle est le contenu de cette loi divine, puisque nous sommes avant le don de la Torah. La Tradition parle d'une loi universelle,  qui remonte à Adam et qui passe par les grands justes des générations jusqu'à Abraham. Elle parle même de la yéshiva de Shem et Ever où les patriarches étudièrent . Cette loi trouve son origine dans l'impératif posé à Adam : « De tous les arbres du jardin tu mangeras, mais de l'arbre de la connaissance du bien et du mal, tu ne mangeras pas. » La loi se résume à la limitation de son appétit d'être. Pas d'annihilation de son instinct de vie, mais sa gestion pour laisser une place à l'instinct de vie de l'autre. Cette loi peut permettre de sortir de la violence inhérente à la rencontre des vivants. Noé connaît cette loi, il l’applique dans son existence, alors que les hommes de sa génération agissent dans l’excès.

Intègre, pas intégriste :

Derrière qualité tamim, traduit par « intègre », dans le sens de sans défaut Pour Abraham ibn Ezra, tamim est la forme complète de tam, et non son pluriel. Ce terme tamim sera utilisé plus tard lorsque le verset dira : « Tu seras intègre avec l’Eternel ton Dieu » (Deutéronome / Dévarim XVIII, 13). Dans le contexte du Deutéronome, cela signifie de ne pas consulter les magiciens, les augures et les cartomanciennes.

Nous nous permettrons d’ajouter que l’intégrité signifie autant de respecter son entièreté (sa probité) que celle des autres. Dans un temps où les attentats au nom de Dieu (mais en vérité au nom de la haine) font littéralement éclater les corps des victimes, nous pouvons avancer que l’intégrité n’est pas l’intégrisme. Noé est non seulement un homme qui assume son présent, face à Dieu, sans chercher à deviner l’avenir, puisque l’avenir dépend des choix présents, mais qui respecte la totalité des êtres face à lui.

Comment faire l’éloge du prochain :

Terminons par cet enseignement du Talmud à méditer ce Shabbath :

« Il est ici que Noé était un homme juste et intègre, mais plus loin [lorsque Dieu s’adresse à Noé pour lui demander de construire l’arche] il est dit : Car Je t’ai vu juste devant moi [Dieu ne mentionne pas la vertu d’intégrité]. Rabbi Yirmiya ben Eléazar enseigne : cela t’apprend que l’on dit la moitié de l’éloge de quelqu’un en sa présence, et tout son éloge en son absence. » (Talmud Erouvin 18 b).

 

Le commentaire Torah Témima explique que si l’on dit tout le bien de quelqu’un en sa présence, cela peut être pris pour de l’hypocrisie. Et bien que cet argument ne sied pas à Dieu, il nous faut retenir que tout ce qui est dit sur Dieu ne sert que de modèle pour la conduite des hommes.

Philippe HADDAD

 

 

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5 octobre 2010 2 05 /10 /octobre /2010 21:19

Le centre Communautaire Sarah et Aimé GRUMBACH

5, rue d’Angoulême à Nîmes

Vous propose :

 

JEUDI 7 OCTOBRE 2010 à 19 heures :

Diner – Conférence avec

Maître Guy LAICK Bâtonnier

Sur un thème bien d’actualité :

« LA GARDE A VUE »

PAF : 18 €uros 

 

Une soirée à ne pas manquer.

Nous vous attendons très nombreux.

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5 octobre 2010 2 05 /10 /octobre /2010 09:27

DIASPORA ET JUDAISME D’AFRIQUE DU NORD

Le colonialisme a vécu. Le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes a tiré un trait sur un monde en voie de disparition. Le XXIème siècle ouvre les bras à la modernité. De grandes transhumances ont modifié l'équilibre de la planète tel que l'ont connu nos parents, nos grands-parents, nos anciens. Les exodes temporaires, les exils définitifs, l'indépendance des pays colonisés, la fuite des civils face à toutes les violences, la recherche d'une vie meilleure ont façonné un monde différent où toutes les races, toutes les citoyennetés, toutes les religions se côtoient. Ce melting-pot souhaité par certains, imposé par d'autres, refusé par des tiers se trouve aux antipodes des partisans d'une appartenance identitaire à un continent, à un pays, à une région, à une ville, à une religion.

La conséquence de cette turbulence qui charrie d'amont en aval et de bâbord à tribord des populations homogènes ou hétérogènes vers des terres d'asile où il fait meilleur vivre est figée dans les préceptes évoqués par les tenants de l'antiracisme: les mariages mixtes.

La diaspora du peuple juif a suivi cette évolution que d'aucuns jugeront fâcheuse. La survie du judaïsme est toujours passée par ce vieil adage empreint de sagesse : " Si tu veux être heureux, maries toi dans ta rue!"

Tout était résumé dans ce conseil avisé offert à la réflexion de la jeunesse par les anciens. L'expérience parlait par la bouche de ces parents, oncles, tantes, voisins qui vivaient dans une ville, dans un quartier où tout le monde se connaissait, voyait naître et grandir les enfants, appréciait une "famille bien comme il faut", partageait les petites misères, les grandes joies ou les terribles malheurs qui jalonnaient l'existence du faubourg. De cette osmose entre les gens, les générations, les communautés, s'était instauré une identité de vue et de pensée cimentée par l'identification à une religion et une foi inébranlable en Dieu. Les catholiques épousaient des filles de Marie, les juives unissaient leur destin à celui des fils de Moïse, les enfants de Mahomet convolaient en justes noces aux bras de belles musulmanes. Ainsi, chacun s'ancrait dans sa religion avec le sentiment d'œuvrer pour sa Maison sans l'ombre d'une pensée mauvaise à l'égard des autres fois. Les ventres s'arrondissaient, les baptêmes succédaient aux circoncisions et la vie s'écoulait au rythme des mariages intra-communautaires.

Dans les pays arabes, le judaïsme et l'islam s'émancipèrent à travers leur apport culturel. Les casbahs, lieux de vie et de coexistence pacifique, résonnèrent souvent d'une musique andalouse qui s'épanouissait grâce aux virtuoses issus des deux communautés jumelles. La cuisine aux mille saveurs embauma les ruelles parfois nauséabondes de la vieille ville. On parla, alors, de casbah, de cuisine, de musique judéo-arabe. L'Afrique du Nord porte en elle les traces visibles de "cette haine qui ressemble à l'amour" à laquelle on se doit d'associer les "Pieds Noirs" de confession catholique. Ce fut une grande et belle aventure d'un melting-pot d'avant-garde, à une époque où les bonnes consciences métropolitaines s'effarouchaient du "paternalisme" des européens envers les "indigènes". La superbe terre africaine fut un merveilleux laboratoire d'une Europe tant désirée de nos jours. Les pauvres bougres du bassin méditerranéen, italiens, espagnols, maltais, mahonnais, siciliens, grecs s'associèrent à la France pour ne faire qu'une seule et même entité: les " européens d'Algérie, du Maroc et de Tunisie". Les juifs s'y intégrèrent, au delà du décret Crémieux, tout en conservant leur particularisme.

Le chemin de l'émancipation passe par le filtre de l'intégration ou de la conversion. Selon les pays d'accueil, la mansuétude ou la corruption des seigneurs en place, le juif se voit autorisé à travailler, à prier, à exercer le métier de son plaisir ou spolié de ses biens, contraint de verser une taxe d'immigration dans les pays européens, une dîme dans les pays arabes pour droit de vie.

En ces temps là, le seul repère de ces perpétuels déracinés s'écrivait en lettres hébraïques, se lisait dans la douceur du soir, à la lumière bleuâtre d'une flamme dansante, au cours d'un éphémère dialogue avec l'Eternel, se chantait lors d'une "nouba" arabo-andalouse ou d'un concert de louanges venu de la nuit des temps.

Elevé jusqu'à Dieu par son apprentissage de la vie religieuse de sa communauté, l'enfant juif reçoit en héritage le devoir divin de prêcher la bonne parole auprès de son entourage familier. L'absolu devient son univers, sa quête. L'armée de ses convictions enracinera sa destinée jusqu'à la prochaine errance, la prochaine permission, la prochaine illusion.

 

 

En effet, le père juif est débouté de ses droits les plus élémentaires de procréation car il est inscrit que la paternité de l'homme n'est jamais prouvée. La parole de la mère est également bafouée par la suspicion qui plane sur son comportement sexuel envers cet autrui soupçonné. Intolérable, ce voile qui ternit l'amour d'un couple condamné d'avance, sans preuve, irrémédiablement. Présumés innocents en toute autre affaire, l'homme comme la femme ne bénéficient nullement de procès équitable. La défense n'a pas droit à la parole. L'accusation est sans pitié. Ils sont coupables tous deux : le mari, de n'être pas le seul homme à honorer son épouse puisque le risque de non paternité est patent ; l'épouse, d'être libertine puisque le mari ne peut prouver sa paternité.

La science universelle balaie, pourtant, cette affreuse suspicion par test A.D.N. interposé en permettant la savante et irréfutable preuve de la paternité de l'époux par prélèvement sanguin.

A la lumière de cette découverte, on serait tenté de penser que le judaïsme verse dans l'obscurantisme en s'enfermant dans un refus absolu de reconsidérer la question de l'enfance née de mariages mixtes et de préférer l'inertie à toute avancée scientifique. Bien évidemment, il n'en est rien. Pour s'en convaincre, il suffit de plonger au cœur de l'histoire juive pour s'instruire du rôle éminemment précurseur du peuple d'ISRAEL. Alors, pourquoi le statut-quo? Pourquoi cet immobilisme qui entrave l'entrée dans le monde hébraïque de ces enfants sacrifiés sur l'autel d'une loi rétrograde? Pourquoi le judaïsme prend t-il ses distances avec la modernité?

J'avoue me perdre en conjectures. Certains me jugeront naïf au point de croire qu'une institution religieuse, installée dans ses certitudes séculaires, appuyée sur la conviction profonde que cette méthode millénaire a survécu à toutes les tentatives d'extermination, puisse être sujette à caution. Devant le regard de mes semblables, fier de ma judéité et de mes ascendances, je revendique cette naïveté enfantine qui me pousse à croire que le nom d'une dynastie religieuse ne peut s'éteindre parce que l'amour aurait frappé à la mauvaise porte. Il n'est point question, ici, de révolution, encore moins de révolte. Mais, le patronyme juif se doit d'être porté par un juif car, si jamais, ce qu'à Dieu ne plaise, les barbares redescendaient dans la rue, entre les juifs-juifs et juifs-non juifs, le sabre trancherait les têtes sans distinction, sans enquête préalable sur l'origine du nom de la mère. Un BENICHOU passera de vie à trépas que sa mère soit catholique, juive, musulmane, protestante ou bouddhiste. L'enfant au nom hébraïque encourra le même risque quelle que soit son origine. Cela ne fait pas l'ombre d'un doute.

A contrario, il me semble paradoxal que l'enfant né d'une union entre un homme catholique et une femme juive soit reconnu par le judaïsme comme enfant d'ISRAEL. Ainsi, le petit BENICHOU, né de père juif, reste un "goy" aux yeux du judaïsme qui ouvre ses bras au petit DUPONT né de mère juive. C'est à ne plus s'y reconnaître. La perte identitaire devient flagrante dès que l'on touche au patronyme. En introduisant l'absurde dans la réflexion, on peut imaginer, quelques générations plus tard, le fameux melting-pot tant redouté par le judaïsme, envahir le XXIème siècle et détourner la loi divine de ses fondements. Qui sera juif et qui ne le sera point. Comment reconnaîtra t-on le juif si DUPONT est juif et COHEN ne l'est pas. Comment perpétuer le judaïsme si le seul repère, autre que la religion, le nom en l'occurrence, perd toute signification et crédibilité hébraïques.

 

Il existera toujours les sceptiques de la religion, les athées sincères et ceux qui par dérision ou par conviction nient l’existence de D….donc de la religion, les contestataires de tous poils, les perfectionnistes de la pensée et de la réflexion, les professionnels de la controverse, les objecteurs de conscience politique ou religieuse.

Tous ont un dénominateur commun qui trouve sa source dans le doute. Si Dieu existe pourquoi toute cette souffrance? Pourquoi n’intervient-il pas dans les conflits, les catastrophes naturelles ou provoquées par les humains? Pourquoi se meurt l’enfance dans les bras de sa mère ? Pourquoi tant de questions ne trouvent-elles pas de réponses ? Douter de soi et des autres est l’apanage de l’homme. L’intelligence est à ce prix. Sinon, la vie ne serait plus ce champ d’investigation extraordinaire, ce jeu d’échec permanent, cette confrontation délicate mais nécessaire entre le passé et le présent, entre ce qui demeure et ce qui évolue, entre l’immobilisme et la modernité. Suivre la trace de nos aînés sans se poser la moindre question, ne pas prendre en compte les avancées technologiques ou simplement les enseignements de l’histoire de l’humanité, est-ce réellement le désir de ceux qui nous gouvernent ?

 

Le judaïsme retrouverait de la vigueur tout en apportant la preuve que ses dirigeants vivent avec leur temps contrairement à d’autres qui entrent dans le siècle des ténèbres. Les réformes introduiraient un processus d’ouverture à l’enfance ignorée des tables de la loi. Elles ne briseraient point les chaînes qui unissent un peuple à l’étoile de David mais au contraire encourageraient l’enfance à emprunter les chemin du judaïsme.

De plus, le patronyme juif transmis à l’enfant né de mariage mixte désignera, enfin et sans aucune ambiguïté, un enfant d’Israël.

Contrairement à ce que prétendent les conservateurs selon lesquels la mater linéarité serait le seul facteur de la préservation du judaïsme au cours des siècles, il semble à une certaine frange de penseurs juifs que la transmission orale et surtout écrite de la religion du livre est en fait le véritable vecteur de la pérennisation de la pensée juive. La résistance à l’émiettement puis à la dislocation par assimilation devant passer obligatoirement par la connaissance de l’histoire juive.

Dans le passé, la colère, la rage et la douleur laissèrent place à la révolte, puis à la fierté d’appartenir à cette nation. L’ancien Testament devint le livre du peuple avant que les israélites ne devinrent le peuple du livre.

La volonté de transmettre la vie juive, ses coutumes, ses traditions, ses fêtes obligea les anciens à se souvenir et les jeunes à apprendre afin de transmettre à leur tour la Mémoire. Nul peuple ne peut survivre à une mémoire défaillante. A plus forte raison à une mémoire inexistante. La perte des repères rend alors inévitable la dispersion et quelques générations plus loin, la tempête du désert aura recouvert les traces de pas dans le sable. Plus de traces, plus de mémoire, plus de vie.

L’errance du peuple juif est un autre facteur de la pérennité de la « race ». Chacun emporta dans ses valises d’exil l’histoire de son village, de sa ville, de son voisinage, de son Temple. Sans s’en rendre compte, la mémoire entra en fusion avec l’éternité. Afin de sentir battre le cœur de ses origines, chacun s’employa à raconter le passé. Si les tombes se recouvrirent des mauvaises herbes de l’errance, nul n’oublia les ancêtres abandonnés sous d’autres cieux. Le jour de Rosh Hoddesh, à Paris comme à Constantinople, à Kairouan comme à Alexandrie, au sein des pays arabes comme dans les grands espaces du Nouveau Monde, la voix du judaïsme s’éleva jusqu’à l’Eternel. Et la voix des hommes enseigna le souvenir aux enfants. La transmission s’effectua dans des espaces restreints, au sein de quartiers-ghettos où la parole constituait le seul luxe. Denrées prioritaires d’un peuple opprimé, l’échange et le partage devinrent obligatoires. L’oppression renforçant la croyance du peuple de Dieu, ces enfants de nulle part dressèrent une forteresse parfois inexpugnable contre l’ignorance et l’inculture. Tout au long de son histoire, la parole et le livre furent les tuteurs de la nation israélite dispersée.

Avant que les temps modernes…..

Cette analyse de la préservation de la race cimentée par le savoir me parait infiniment plus crédible que la mater linéarité. A vous de juger !

Hubert ZAKINE.

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4 octobre 2010 1 04 /10 /octobre /2010 15:40

 

   

 Capturer

 

La Mezouzah est la protection de la maison juive ; elle est aussi sa sanctification, car elle y incarne et réalise la Présence de D.ieu. Au-delà même du sens de cette Mitsvah, il passe ici comme un souffle. La Mezouzah, un morceau de parchemin manuscrit et rien d'autre, et pourtant...

 

 

 Capturer 1

 

 

Pourtant, par elle, le foyer juif a changé d'envergure. De simple abri contre les intempéries, du trivial lieu de résidence, différent de la tanière des animaux, d'un point de vue seulement quantitatif, la maison dépasse, par la Mezouzah, les limites de maison qui la constituent. Elle n'est plus l'assemblage de pierre et de briques, elle est édifice. Elle n'est plus 1'humble demeure des hommes, elle est sanctuaire de D.ieu… (La Mezouza, édition connexions)

 

 

 

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4 octobre 2010 1 04 /10 /octobre /2010 15:14

 

 

 Bizzare, vous avez dit Bizzare ?? 

 

JUGEZ PAR VOUS-MEME c’est SURPRENANT, NON ? 

 

DATES LES PLUS IMPORTANTES DE NOTRE HISTOIRE (dates HEBRAIQUES)

1/ NAISSANCE de CHEM (d’ ou nous DESCENDONS les SEMITES)…………………………………………= 1558

2/ NAISSANCE de TÉRAH (père d’ ABRAHAM) = 1878

3/ NAISSANCE d’ ABRAHAM (premier patriarche) = 1948

4/ NAISSANCE de SARAH (premiere matriarche) = 1958

5/ ALLIANCE BERIT BEN HABÉTARIM (promesse d’HACHEM a ABRAHAM de LA TERRE D’ISRAEL) = 2018

6/ NAISSANCE D’ ITSHAK (second patriarche) = 2048

7/ ITSHAK épouse RIVKA (seconde matriarche) = 2088

8/ NAISSANCE DE YAACOV (troisiéme patriarche) et ESSAV = 2108

9/ ESSAV épouse YÉHOUDIT (construction des NATIONS que l’on nomme aussi EDOM) = 2148

10/ MORT de CHEM (a 600 ans) = 2158

11/ VENTE de JOSEPH = 2208

12/ YAACOV descent en ÉGYPTE (aves ses enfants 70 AMES) = 2238

13/ NAISSANCE DE MOCHÉ RABÉNOU = 2368

14/ SORTIE d’ ÉGYPTE = 2448

15/ DON de la TORAH = 2448

16/ MORT DE MOCHE RABÉNOU (à 120 ans) = 2488

17/ LA RENTRÉE DANS LE PAYS DE CANNAN (ISRAËL) = 2488

18/ CONSTRUCTION DU PREMIER TEMPLE = 2928

19/ DESTRUCTION DU PREMIER TEMPLE = 3338

20/ PREMIER ÉXIL BABYLONIEN = 3338

21/ FIN de l’ ÉXIL BABYLONIEN (exil qui a duré 70ans) = 3408

22/ CONSTRUCTION DU DEUXIEME TEMPLE = 3408

23/ ETABLISSEMENT DE LA GRANDE ASSEMBLÉE (70 SAGES) = 3448

24/ DEBUT de L’ÉPOQUE DES TANAÏM = 3788

25/ FIN de L’ÉPOQUE DES TANAÏM = 3948

26/ DESTRUCTION DU DEUXIEME TEMPLE = 3828

27/ QUATRIEME ÉXIL (exil D’EDOM dans lequel nous sommes encore) = 3828

Et a partir de la date de l’ exil nous avons du mal à trouver des dates consécutives qui se terminent par 8 jusqu’à la….

CRÉATION DE L’ ETAT D’ ISRAEL.

CRÉATION DE L’ ETAT D’ ISRAEL = 5708

QUI COINCIDE AVEC L’ année vulgaire 1948 (naissance d’ ABRAHAM Le père du peuple JUIF)

LORSQUE NOUS SAVONS QUE LA VALEUR NUMERIQUE complète du nom d’ ACHEM = 26

Et que la plus petite valeur numerique du nom d’ HACHEM = 2 + 6 = 8

Cela interpelle non ???

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30 septembre 2010 4 30 /09 /septembre /2010 10:15

B de Berechit

Le début est bénédiction, la fin est bénédiction

 

Nous recommençons notre cycle de lecture hebdomadaire avec Béréshit. Sur ce simple mot beaucoup d'encre a coulé. Nous nous référerons à un midrash qui se demande pourquoi la Torah commence par la lettre Beth, qui est la deuxième lettre de l'alphabet hébraïque, et non par le aleph qui est la consomme inaugurale ? Attitude typiquement rabbinique qui ne se contente pas de lire le texte, mais de l'interpréter. C'est pourquoi le regretté André Chouraqui zal remplaçait "peuple du Livre" par "peuple de l'interprétation du Livre".

 

Contre la vision tragique :

 

Voici la réponse proposée : car beth est l'initiale de bérakha "bénédiction", alors que le aleph est l'initiale de arira "malédiction".

L'hébraïsant pourra objecter que le beth est aussi l'initiale de bizayon "mépris" et le aleph l'initiale de or "lumière". Certes les rabbins n'étaient pas dupes, mais ils voulaient transmettre un enseignement important concernant la foi hébraïque : Le monde est inaugurée par la bénédiction. Par là, ils voulaient s'opposer à cette conception pessimiste que le monde serait le produit d'un démiurge ou que le monde ait été totalement abandonné par le Créateur.

Le début de la Torah porterait donc les signes de la bénédiction, c'est-à-dire les possibilités offertes à l'homme de réussir son Histoire, au plan moral. D'ailleurs à la fin de son action créatrice et organisatrice, Dieu va bénir le septième jour (le Shabbath), qui est le jour offert à l'humanité, soit notre temps historique.

Certes, nous lirons dans les premiers chapitres les chutes de l'homme, depuis la consommation du fruit interdit jusqu'au déluge, mais l'espérance ne meurt jamais, car il y a toujours un reste qui portera l'espoir de Dieu.

Si le début est marqué de la bénédiction, c'est que l'homme de la Bible croit intimement à la réalisation des promesses pour la fin des temps. Bien entendu, comme nous l'avons souvent dit, il ne s'agit pas d'une espérance béate et passive, mais d'un engagement responsable pour être à la hauteur du partenariat avec Dieu.

 

 

 UN PLURIEL, BIEN SINGULIER

 

18234103« Dieu dit : Faisons homme, à notre image, comme notre ressemblance, et ils domineront sur le poisson de la mer, l'oiseau du ciel, les animaux et sur toute la terre et sur les rampants qui rampent sur la terre. »

Béréshith / Genèse I, 26

 

 

Ce verset a posé beaucoup de questions à nos commentateurs, nous retiendrons celle du pluriel « faisons ». S'agit-il d'un pluriel de majesté, Dieu dirait « nous » pour parler de Lui, comme dans le Coran. Mais en général dans la Bible Dieu dit « Je », Anokhi, le « Je » absolu, comme au début des dix paroles. Dieu s’adresse-t-Il à d’autres êtres, Il ne serait donc pas seul ?

Nous citerons trois commentateurs : Rachi, Nahmanide et Obadia Sforno, qui offrent trois éclairages intéressants :

 

Un Dieu moral :

Rachi justifie ainsi ce pluriel en posant que Dieu a consulté les anges, créés selon le Midrash, le deuxième jour du monde. « Cela t'apprend l'humilité du Saint, béni soit-Il » écrit le rabbin de Troyes.

Voilà donc un Dieu tout puissant, qui consulte Ses subalternes !

Retenons la leçon, le Dieu de la Bible est un Dieu moral. Pour la Torah, la morale n'est pas fondée par la morale elle-même, mais par l'attitude de Dieu. « Comme Dieu habille ceux qui sont nus (Adam et Eve), toi aussi habille ceux qui sont nus ; comme Dieu rend visite aux malades (Abraham après l’alliance de la circoncision), toi aussi rends visite aux malades, etc.. Dieu est moral, cela signifie qu’Il n'est pas au-dessus d’elle, alors l'homme aussi, dans l'imitation de Dieu, doit rechercher l'humilité, la générosité, etc.,

 

Ciel et terre, partenaires :

Pour Ramban, Nahmanide, Dieu s'adresse à la terre en lui disant : faisons ensemble l'homme. Toi tu fourniras la terre, Moi le souffle (comme cela sera mentionné au chapitre II, de notre paracha). L'homme est ici le produit d’un contrat entre le ciel et la terre.

Le judaïsme est toujours fidèle à cette vision : pas de reniement du corps au profit d’une spiritualité désincarné, et pas d’excès de l’instinct qui déséquilibrerait les aspirations vers le Ciel. Un corps sans âme est un cadavre, une âme sans corps est un fantôme. L’homme, corps et âme, face à Dieu.

 

Racines du bien et fleurs du mal :

 

Rabbi Obadia Sforno développe l’idée suivante : Dieu a donné au monde d’en haut l’ordre de répandre l’énergie vitale sur cette créature terrestre particulière qui est l’homme. De ce point de vue, l’homme ressemble par un certain côté aux anges, à savoir sa capacité à faire le bien (l’acte moral), qui découle du bien d’en haut. Mais alors que l’ange, selon la tradition, est programmé pour ne faire que le bien, l’homme peut choisir le mal.

C’est là une grande question théologique pour le monothéisme qui affirme l’existence d’un Dieu bon, c’est-à-dire qui offre la vie en pure grâce. Comment le mal est-il possible, et pour nous le mal absolu aujourd’hui, c’est le fascisme, sous toutes ses formes, une salle de torture (que Dieu nous en préserve).

La question peut ainsi se poser : Si Dieu n’existe pas, alors la question est comment le bien est possible ? Mais si Dieu existe comment le mal est possible ?

Si nous ne sommes que le produit d’un chaos originel qui s’ordonne selon sa propre logique, alors dans le jeu de forces aveugles, comment expliquer l’amour (de l’autre ; pas de soi, bien sûr). Si nous sommes produits de l’amour de Dieu, comment expliquer la haine qui sommeille ou se réveille de notre cœur ?

Le Talmud (Haguiga 14 b) rapporte que quatre rabbins sont entrés dans le jardin de la connaissance), Elisha ben Abouya devint renégat, car « il arracha les plantations ». Tant que les racines de l’homme restent attachées à la source de la vie, il offre la vie autour de lui. Mais s’il se coupe de ses racines de vie, il devient une conscience indépendante, qui définira lui-même le bien et le mal. Emporté par ses propres jouissances mortifères, il produira les fleurs du Mal.

 

Philippe HADDAD

 

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