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7 décembre 2010 2 07 /12 /décembre /2010 10:32

La paix comme vision




Le terme Chalom est employé près de 250 fois dans la Bible et des milliers dans la littérature rabbinique. Il vient ponctuer les plus grands textes bibliques et notamment les grandes visions prophétiques. La guerre est décrite, non comme un jeu de bravoure, mais comme un véritable fléau.

Le terme chalom vient de la racine ChLM désignant l’idée de plénitude. Chalem : entier.
Chlemout : plénitude, LeChalem : payer (c'est-à-dire combler une dette et éviter un conflit).
Dans le judaïsme le mot Chalom est employé dans des contextes divers montrant sa multiplicité de sens : social, politique, spirituel, moral et même cosmique, voire métaphysique.
Le Chalom représente une valeur suprême, un aboutissement ultime.


Citations bibliques


Si je retourne en paix à la maison paternelle, alors le Seigneur aura été un Dieu pour moi (Genèse 28,21)

Je ferai régner la paix dans ce pays, et nul n'y troublera votre repos; je ferai disparaître du pays les animaux nuisibles, et le glaive ne traversera point votre territoire. (Lévitique 26,6)

"Parle ainsi à Aaron et à ses fils: Voici comment vous bénirez les enfants d'Israël; vous leur direz: "Que l'Éternel te bénisse et te protège! Que l'Éternel fasse rayonner sa face sur toi et te soit bienveillant! Que l'Éternel dirige son regard vers toi et t'accorde la paix!" (Nombres 6,23-26)

Quand tu marcheras sur une ville pour l'attaquer, tu l'inviteras d'abord à la paix. (Deutéronome 20,10)

Plus de méfaits, plus de violences sur toute ma sainte montagne; car la terre sera pleine de la connaissance de Dieu, comme l’eau abonde dans le lit des mers… (Isaïe 11,9)

Celui qui a le coeur ferme, tu le préserves; à lui la paix, la paix, car il se confie en toi. (Isaïe 26,3)

Et l'oeuvre de la justice sera la paix, et le fruit de la droiture sera le calme et la sécurité à tout jamais. Mon peuple habitera dans un séjour de paix, dans des demeures bien protégées et dans des retraites tranquilles. (Isaïe 32,17-18)

Point de paix, dit l'Eternel, pour les méchants! (Isaïe 48,22)

Celui qui crée la parole, fruit des lèvres: "Paix, paix, dit-il, pour qui s'est éloigné comme pour le plus proche! Je le guérirai," ainsi parle l'Eternel. (Isaïe 57,19)
Où il y avait de l'airain, je mettrai de l'or; où il y avait du fer, je mettrai de l'argent; je remplacerai le bois par l'airain, les pierres par le fer. Pour toute magistrature, je te donnerai la Paix, pour autorité souveraine la Justice. On n'entendra plus parler de violence en ton pays, de ravages ni de ruine en ton territoire, et tu appelleras tes murs "Salut", et tes portes "Gloire". (Isaïe 60,17-18)

Je contracterai avec eux une alliance de paix, une alliance éternelle leur sera accordée, je les rétablirai. Je les rendrai grands, et je mettrai mon sanctuaire au milieu d'eux pour toujours. (Ezéchiel 37,26)

Voici ce que vous devrez faire: Parlez loyalement l'un à l'autre, rendez des sentences de vérité et de paix dans vos portes! (Zacharie 8,16)

Que l’Eternel donne la force à son peuple! Que l’Eternel bénisse son peuple par la paix! (Psaume 29,11)

Quel est l’homme qui souhaite la vie, qui aime de longs jours pour goûter le bonheur? Préserve ta langue du mal, et tes lèvres des discours perfides; éloigne-toi du mal et fais le bien, recherche la paix et la poursuis. (Psaume 34,13-15)

L’amour et la fidélité se donnent la main, la justice et la paix s’embrassent. (Psaume 85,11)

Présentez vos saluts de paix à Jérusalem: "Qu’ils soient heureux ceux qui t’aiment!" (Psaume 122,6)

Ses voies sont des voies pleines de délices, et tous ses sentiers aboutissent à la paix. (Proverbes 3,17)

Je suis, moi, tout à la paix, et quand je la proclame, eux ne méditent que guerre. (Psaume 120, 7)

II y a un temps pour tout, et chaque chose a son heure sous le ciel. … un temps pour la guerre et un temps pour la paix. (Ecclésiaste 3,1-8)

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6 décembre 2010 1 06 /12 /décembre /2010 15:11

                                          La prière : un dialogue incontournable

Voyant que le Rabbi de Zans se rendait à la synagogue bien avant l’office, ses disciples lui demandèrent :
Maître, que fais-tu avant la prière ?
Je prie, repondit-il, afin de mieux pouvoir prier !
Martin Buber – « récits hassidiques ».

Se préparer à méditer…

… « En priant, l’homme adopte la seule dignité qui réponde à sa nature créée : celle du pauvre, qui est toujours dehors, devant la porte qu’il ne pourra jamais franchir, et qui privé des ressources plénières de vie et de chaleur, les quémande en position d’accueil. Prier, pour l’homme, c’est mettre des habits d’humilité, dont les seules armes sont l’attente, les mains tendues dans le vide de l’univers ».
    André Neher – « Le puits de l’exil » 

La prière de D.

Il est dit dans le midrach que D. prie aussi.
Sa prière est la suivante :
« Puisse ma volonté être que ma compassion l’emporte sur ma colère, que ma compassion se dévoile au-dessus de mes autres qualités. Puissé-je traiter mes enfants selon mes attributs de bonté (Hessed) et demeurer en leur faveur en-deça de la stricte ligne de justice. »
    Traité talmudique Berakhot 7a.

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2 décembre 2010 4 02 /12 /décembre /2010 10:13

18 dec 2009 998X748

 

‘HANOUKA, les bougies et le recyclage

 

                Il existe un usage très ancien selon lequel on allume des bougies dans les maisons de prière (Choul’han Aroukh, Ora’h ‘Haïm 151, 9). Le chapitre 154 du Choul’han Aroukh, Ora’h ‘Haïm, est consacrée en partie à la législation concernant ces bougies.

                « C’est une mitsva de choix que d’acquérir  de la cire qui a coulé des bougies des maisons de prière pour constituer les bougies de ‘Hanouka. Puisqu’une mitsva a été réalisée avec cette cire, qu’une autre en soit réalisée avec cette même cire » (Michna Beroura 27 sur C.A., O.’H, 673).

                Pour le judaïsme, le recyclage n’est donc pas une nouveauté. La cire utilisée pour que brille la lumière durant la prière doit être réutilisée pour les bougies de ‘Hanouka, fête de l’inauguration et du renouvellement.

                La matière se recycle. Les énergies humaines aussi. Prier est un acte d’une profondeur souvent méconnue. Il ne s’agit pas de formuler des demandes ou de réciter des louanges. Il s’agit pour celui qui prie de se transformer par le biais de la rencontre (ou de la confrontation) avec D.ieu, cette rencontre se réalisant par les demandes et les louanges.

                La prière terminée, c’est un individu renouvelé dans ses aspirations et ses caractères qui surgit, un ‘hanouka existentiel à célébrer à l’issu des trois prières quotidiennes (‘hanouka signifiant inauguration)…

 

Rabbin J. Milewski

 

 

Je remercie trés sincèrement Mr le Rabbin Milewski de me faire parvenir régulièrement un petit commentaire personnel que je me fais un devoir de partager avec vous tous.

Merci, Monsieur le Rabbin 

Claude SICSIC

csicsic@aol.com

 

 

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1 décembre 2010 3 01 /12 /décembre /2010 16:39

Hanouka 1000X660

Distinguer les flammes

 Ce Shabbath sera marqué par les flammes de Hanoukka que nous allumerons vendredi avant les veilleuses shabbatiques, l'occasion de consacrer notre réflexion hebdomadaire à cette solennité d'institution rabbinique.

La fête de Hanoukka, qui est la dernière inscrite dans notre calendrier, rappelle, entre autres, le miracle de la fiole d'huile du Temple. Selon notre tradition, cette fiole d'huile aurait dû permettre la combustion des mèches de la ménorah (chandelier) durant un jour, elles brûlèrent miraculeusement sept jours supplémentaires.

 Rapide rappel des faits :

Au deuxième siècle avant l'ère chrétienne, le roi syro-grec Antiochus IV voulut imposer l'hellénisme comme religion de tout son royaume, dans lequel se trouvait la Judée. Cette idée assimilationniste a toujours caractérisé les civilisations conquérantes, babyloniennes, perses, grecques ou romaines. De nos jours, nous pouvons dire que le modèle économique occidental constitue un projet assimilationniste avec ses normes, ses codes, son langage, ses "idoles".  Ce projet ne s'impose pas par la force militaire, mais par la séduction à travers la publicité, les médias, mais la finalité des "décideurs" reste la même : conquérir un public.

Le risque demeure une uniformisation des comportements, des consciences par un conditionnement des esprits et le basculement vers une « société spectacle » dont a parlé Guy Debord. Reconnaissons, cependant, une différence majeure entre les temps antiques que nous évoquons et notre temps contemporain : aujourd'hui, il nous est toujours possible de prendre ses distances face au système (en sélectionnant ses sources d'informations, en exprimant une critique du système, etc.), à l'époque d'Antiochus IV, la prise des armes est apparue comme la seule solution. Pour Juda Maccabée, qui mena la révolte, sa guerre était justifiée par la légitime défense d'un peuple (Israël) en danger de disparition.

Pérenniser une foi

 Après la victoire et le miracle de la fiole d'huile, les rabbins n'ont pas voulu s'en tenir à la commémoration d'une victoire militaire. Il ne fallait pas sacraliser la guerre, mais bien pérenniser la foi de ceux qui menèrent le combat. Or cette foi trouvait sa source dans la Torah qui enseigne dès ses premiers versets que Dieu créa un monde diversifié, pluriel. Il n'est pas exagéré de dire que le choix politique du Dieu créateur est un choix "démocratique" et non "dictatorial". Le mouvement créationnel va de l'indifférencié vers la différence, de l'impersonnel vers la personne.

Comment les rabbins du Talmud ont-ils ritualisé ce message ? Par l'allumage des bougies / veilleuses de la hanoukkia. Cette hanoukkia ne porte pas une torche, présentant une seule grande flamme, mais bien des mèches distinctes.

Philippe HADDAD

 

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29 novembre 2010 1 29 /11 /novembre /2010 09:46

 

 

Centre Sarah & Aimé Grumbach

5, rue d’Angoulême - 04 66 67 87 76 - acanimes@free.fr

Jeudi 2 décembre

19h00: Les Juifs d’Iran : compréhension de la politique iranienne

La communauté juive en Iran est parmi les plus anciennes du monde ; ses membres descendent des Juifs qui sont restés dans la région après l’exil en Babylone quand les souverains achéménides du premier empire perse ont permis aux Juifs de retourner à Jérusalem. On estime à 20 000 le nombre de Juifs présents aujourd’hui en Iran, alors qu’ils étaient 85 000 en 1978.

Setare Enayatzadeh, docteur en philosophie politique, journaliste et enseignante

Ramin Parham, journaliste et enseignante

livre

csicsic@aol.com  

 

 

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28 novembre 2010 7 28 /11 /novembre /2010 11:14

Hanouka 2011 1500X719

HANOUKA

Nous entrerons cette semaine dans la fête de 'Hanouka, qui durera huit jours.

Cette fête mentionne "les miracles, les délivrances et les prodiges" dont D-ieu nous a gratifié à l'époque des 'Hachmonayim.

La pratique la plus célèbre liée a cette fête est l'allumage des bougies qui a lieu chaque soir de la fête dans chaque foyer, en mémoire de cette fiole d'huile pure, retrouvée prodigieusement après la victoire du peuple juif contre les grecs, et dont l'huile, dont la quantité était tout juste suffisante pour alimenter la ménorah du Beth Hamikdach pendant une journée, a brûlé miraculeusement pendant huit jours, temps nécessaire pour fabriquer une nouvelle huile. L'allumage de la première bougie aura donc  lieu mercredi soir le 1er décembre.

Le Talmud rapporte que les grecs, lors de leur intrusion dans le Beth Hamikdach, avaient souillé intentionnellement et systématiquement l'huile destinée  à l'allumage de la ménorah. Ils ne l'ont ni utilisée, ni détruite. Quelle était donc réellement leur intention ?

Pour comprendre ceci, il faut avant tout saisir la nature du conflit entre les juifs et les grecs. Les grecs ne désiraient pas la destruction physique des peuples conquis, mais voulaient les assimiler à leur culture. Comme on le dit dans la prière (passage AI Hanissim), ils voulaient forcer les juifs à "oublier Ta Torah" et à "violer les décrets de Ta volonté". Pour autant, les grecs n'interdisaient pas la pratique de toute la Torah, dont ils aimaient la sagesse et la beauté, mais ils la refusaient en tant que révélation divine transcendante, et interdisaient la pratique des "décrets".

Les commandements de la Torah sont divisés en trois catégories : les lois civiles (michpatim), les commémorations (edoth) et les décrets ('houkim).

Ces deux premières catégories permettent la relation à D-ieu par une voie que l'on peut saisir rationnellement. Ceci ne choquait pas les grecs, dont le paganisme acceptait l'idée de puissance supérieure. Ils en permettaient donc l'application.

Ce qu'ils interdisaient sous peine de mort était par contre le respect des décrets, de ces lois qui transcendent l'intellect humain et dont on ne saisit pas l'influence sur le monde de façon rationnelle, mais qui nous lient à la dimension infinie de D-ieu. Ce principe était contraire à leur philosophie.

On comprend ainsi qu'ils désiraient que l'huile soit souillée. Ils signifiaient ainsi leur volonté que la lumière de la ménorah, symbole de la lumière de la Torah, ne relève pas d'une pureté spirituelle mais simplement du domaine humain.

Les juifs, comme on le sait, ont répondu avec un messirout nefech (sacrifice de soi) qui dépasse les limites de la raison, en se révoltant contre la puissance militaire la plus extraordinaire de l'époque, déterminés à combattre au péril de leurs vies pour pouvoir étudier "Ta Torah" et accomplir "les décrets de Ta volonté".

Cet aspect de messirout nefech, de don de soi, est symbolisé  par cette fiole d'huile tamponnée du sceau du Cohen Gadol.

Il était interdit au Cohen Gadol de déménager à l'extérieur de Jérusalem. Ce nom

(Yerouchalaim dans la langue sainte), signifie de par les lettres qui le composent "crainte complète".

Ceci implique le fait que le Cohen Gadol ne se sépare jamais de sa profonde crainte de D-ieu, de chacun de nous.

Ce niveau de nous lier à D-ieu avec la même intensité que le Cohen Gadol est enfoui au fond de nous. Même si dans la vie de tous les jours ce niveau est caché, il se dévoile face à l'épreuve. C'est ce qui s'est passe avec les Maccabim. Ils utilisèrent ce potentiel qui fait appel à des forces de l'âme qui dépassent les limites naturelles, et eurent ainsi une aide de D-ieu qui transcende également la nature, comme il est dit qu'il "livre les forts aux mains des faibles".

 Le miracle de 'Hanouka qui suivit, par le biais de la fiole d'huile, témoigne de ce lien profond à D-ieu.

Aujourd'hui également, les lumières de 'Hanouka viennent nous rappeler que par l'intermédiaire de "Ta Torah" et des "décrets de Ta volonté", nous pouvons nous aussi dévoiler ce lien profond qui nous lie a D-ieu.

Bonnes fêtes de 'Hanouka,

Chlomo

 

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25 novembre 2010 4 25 /11 /novembre /2010 10:22

Communiqué - Paris, 23 novembre 2010

Première rencontre de la Conférence des responsables de culte en France

 

Les responsables religieux des principaux cultes en France se sont réunis pour la première fois, mardi 23 novembre, au siège de la Fédération protestante de France, à Paris.

 

Dans la diversité de leurs traditions et de leurs convictions, ils ont échangé dans un climat d'écoute

attentive et d'amitié, rappelant d'emblée qu'ils adhéraient sans réserve au principe de laïcité qui est

un des fondements de notre République.

 

Ils ont fait leur, les propos du philosophe Paul Ricœur : « ce qu 'on appelle généralement la religion

a à faire avec la bonté. ... aussi radical que soit le mal, il n 'est pas aussi profond que la bonté. Et si la religion, les religions, ont un sens, c'est de libérer le fond de bonté des hommes, d'aller le chercher là où il est complètement enfoui. »

 

Celles et ceux qui prétendraient utiliser l'élan religieux dans un but de domination, ou pire de

légitimation de la violence, le trahissent. Dans notre société, les religions doivent favoriser

activement le dialogue dans le respect mutuel, en s'appuyant sur la liberté et la justice qui sont à la

base du vivre ensemble.

 

Les rencontres que les responsables religieux ont décidé d'avoir régulièrement, chez les uns et les autres à tour de rôle, leur permettront de partager leur réflexion et d'approfondir leur connaissance mutuelle. Par là, ils entendent contribuer, à leur mesure, au développement d'un climat de confiance dans notre pays.

 

 

Pasteur Claude BATY, président de la Fédération protestante de France

Accompagné du Pasteur Laurent SCHLUMBERGER, membre du Conseil de la Fédération protestante de France, président du Conseil national de l'Église réformée de France

 

Rabbin Gilles BERNHEIM, Grand Rabbin de France

Accompagné du Rabbin Moshé LEWIN, porte-parole du Grand Rabbin de France

 

Métropolite EMMANUEL, président de l'Assemblée des Évêques orthodoxes de France

Accompagné de M. Carol SABA, porte-parole de l'Assemblée des Évêques orthodoxes de France

 

M. Mohammed MOUSSAOUI, président du Conseil français du culte musulman

Accompagné de M. Anouar KBIBECH, secrétaire général du Conseil français du culte musulman

 

Cardinal André VINGT-TROIS, président de la Conférence des Évêques de France

Accompagné de Mgr Laurent ULRICH, vice-président de la Conférence des Évêques de France

 

Révérend Olivier WANG-GENH, président de l'Union bouddhiste de France

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24 novembre 2010 3 24 /11 /novembre /2010 18:52

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La paracha de Vayéchev présente la suite de la vie de Jacob à travers sa descendance. Un terrible conflit familial va faillir tourner mal en reproduisant le fratricide originel de Caïn et Abel, mais Joseph sera finalement vendu en Egypte. Pour autant, la douleur de Jacob sera sans borne puisque trompé par ses fils, il pensera Joseph dévoré par un fauve. Il ne retrouvera le goût de vivre que lors des retrouvailles avec le fils bien-aimé.

Notre paracha qui présente Joseph comme héros ne rompt pas avec l'histoire de Jacob, au point que nos maîtres trouveront de nombreuses analogies entre la vie du père et la vie du fils (vie de lutte, vie d'épreuves, vie de tromperie, vie de conflit avec les frères).

Pour souligner cette continuité de la vie de Jacob, nous lisons au début de la paracha (Gn 37, 1) : "Jacob s'installa dans le pays où avaient séjourné ses pères, dans le pays de Canaan". Plus tard après les retrouvailles, nous lirons (Gn 47, 27) : "Israël s'installa dans le pays de Goshen, dans le pays d'Egypte". Il est évident que la similitude syntaxique et grammaticale vise à souligner cette continuité, tout en reconnaissant les deux noms du troisième patriarche : Jacob / Israël.

Les 22 années de séparation entre Jacob et Joseph constitueront une véritable épreuve de souffrance, incontestablement plus dure que toutes celles qui précédèrent cette séparation. Si le début de son existence fut marqué par la tromperie (vis-à-vis de son frère et de son père), ses années de douleur ont pu constituer un temps de réparation, de prise de conscience et d'élévation spirituelle authentique.

C'est après cette période d'épreuve que Jacob deviendra à l'instar d'Abraham un "prince de Dieu" et qu'il pourra offrir à ses enfants la bénédiction de l'aïeul.

 

 

La paracha de Vayéchev présente la suite de la vie de Jacob à travers sa descendance. Un terrible conflit familial va faillir tourner mal en reproduisant le fratricide originel de Caïn et Abel, mais Joseph sera finalement vendu en Egypte. Pour autant, la douleur de Jacob sera sans borne puisque trompé par ses fils, il pensera Joseph dévoré par un fauve. Il ne retrouvera le goût de vivre que lors des retrouvailles avec le fils bien-aimé.

Notre paracha qui présente Joseph comme héros ne rompt pas avec l'histoire de Jacob, au point que nos maîtres trouveront de nombreuses analogies entre la vie du père et la vie du fils (vie de lutte, vie d'épreuves, vie de tromperie, vie de conflit avec les frères).

Pour souligner cette continuité de la vie de Jacob, nous lisons au début de la paracha (Gn 37, 1) : "Jacob s'installa dans le pays où avaient séjourné ses pères, dans le pays de Canaan". Plus tard après les retrouvailles, nous lirons (Gn 47, 27) : "Israël s'installa dans le pays de Goshen, dans le pays d'Egypte". Il est évident que la similitude syntaxique et grammaticale vise à souligner cette continuité, tout en reconnaissant les deux noms du troisième patriarche : Jacob / Israël.

Les 22 années de séparation entre Jacob et Joseph constitueront une véritable épreuve de souffrance, incontestablement plus dure que toutes celles qui précédèrent cette séparation. Si le début de son existence fut marqué par la tromperie (vis-à-vis de son frère et de son père), ses années de douleur ont pu constituer un temps de réparation, de prise de conscience et d'élévation spirituelle authentique.

C'est après cette période d'épreuve que Jacob deviendra à l'instar d'Abraham un "prince de Dieu" et qu'il pourra offrir à ses enfants la bénédiction de l'aïeul.

 

 

Courage de femme :

Après la vente de Joseph, Juda s’éloigne de sa famille et épouse une Cananéenne, ce qui était mal vu dans la famille d’Abraham. L’on craint toujours que tout l’effort de la démarche monothéiste soit réduit à néant par l’introduction d’un culte idolâtre.

Cette femme, au nom inconnu, lui donnera trois fils : Er, Onan et Shélah. Juda se charge de trouver une épouse pour l’aîné, une autre Cananéenne répondant au joli nom de Tamar (Madame Palmier).

La Torah va nous enseigner que toutes les Cananéennes ne sont pas à jeter dans le même panier.

Le verset biblique nous révèle l’inconduite de Er. « Er étant mauvais aux yeux de l’Eternel, l’Eternel (YHWH) le fit mourir ».

Quelle est donc cette faute qui oblige le Tétragramme, le Dieu matriciel de la miséricorde à supprimer cette vie ? Er répandait sa semence hors du corps de sa femme, « afin qu’elle ne tombe pas enceinte et ne perde sa beauté » précise Rachi. Selon cette tradition, Er refuse d’assumer une relation maritale et paternelle, il refuse la continuité de sa propre histoire. Sa semence, qui devrait s’épanouir dans le giron féminin, est répandue en pure perte.

Aucune altérité authentique n’est ici construite. La femme n’est qu’un objet de beauté, une poupée qu’il faut maintenir en état de beauté permanente. Er se refuse à féconder la matrice de miséricorde, il n’assume pas l’Alliance avec l’Eternel, qui appelle l’alliance avec le prochain. Le nom Er [ayin - rech] qui signifie « Eveillé » s’inverse en Ra [rech – ayin], le « mal ».

Fidèle à la vieille pratique du lévirat qui consiste pour la veuve sans enfant à épouser le frère, Juda donne Tamar à son deuxième fils afin qu’il assure la survie du nom du défunt. Onan refuse ce devoir de mémoire et de fraternité et détruit lui aussi sa semence, avant l’union. Il disparaîtra à son tour.

Juda qui n’est pas au courant de l’attitude de ses fils, pense que la responsabilité de ces morts obscures en incombe à Tamar. Et si elle portait le malheur avec elle ? Sur le plan exégétique et psychologique, ce paragraphe est fort intéressant. Il montre l’étroitesse de nos jugements, qui nous portent naturellement à chercher un bouc émissaire devant les situations catastrophiques. Tamar sera ce « bouc émissaire. »

Plutôt que de lui donner Shélah, Juda demande à sa bru d’attendre son veuvage. Les années passent, et Tamar ressemble à une Pénélope attristée.

Finalement cette Cananéenne, cette étrangère à l’identité hébraïque, décide de donner une leçon à Juda, non seulement pour prouver son innocence, mais surtout pour affirmer que la fatalité n’existe pas. Des forces aveugles et occultes ne gèrent pas la vie des hommes, le bien peut terrasser le mal. Et pour prouver son propos, elle usera d’un curieux stratagème, elle se déguisera en prostituée. Tout a commencé par une histoire d’alcôve, tout finira par une histoire d’alcôve.

Tamar se revêt du vêtement de la femme publique, qui est curieusement un voile, et se place sur le chemin de Juda. Ce dernier succombe à son instinct. L’ange préposé au fantasme est envoyé depuis le ciel, affirme gentiment le Talmud.

Tamar sait qu’elle peut légalement s’unir à son beau-père, car il est un « libérateur » potentiel, même si Shélah est prioritaire. Par cette union, Tamar tombe enceinte. Cette bru n’incarne donc aucun destin maléfique. Non seulement elle n’est pas responsable de la mort de ses époux, mais elle est porteuse de vie.

En fait, l’Histoire s’écrit dans une logique d’intentionnalité qu’il faut accepter, et remettre en marche. La lutte des prophètes est la lutte contre la fatalité, contre les idoles figées, contre les dieux identifiés à la nature.

Juda comprendra à la fin la leçon : « Elle est plus juste que moi » lance-t-il avec courage à la cantonade, ce courage que l’on retrouvera chez Boaz et chez David après son égarement avec Bat-shéva.

Tamar donnera naissance à deux jumeaux : Pérès et Zérah. Pérès « celui qui bouscule » passera devant Zérah « celui qui brille » tel le soleil à son lever. Deux noms, deux stratégies d’engagement dans l’Histoire : Aller au rythme du temps qui passe, les fruits seront toujours mûrs en leur temps, ou bousculer les évènements pour amorcer la paix plus rapidement.

L’impatience est souvent cause de faute dans la Bible, pourtant le coup de pouce de quelques femmes audacieuses, étrangères de surcroît, n’est pas inutile pour forcer la conscience humaine à se construire.

Philippe HADDAD

 

 

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22 novembre 2010 1 22 /11 /novembre /2010 15:53

Hanouka 548X361

Si un non-juif passe devant une maison juive et voit par la fenêtre les lumières de Hanoukka, alors que la maison est illuminée, il se posera sûrement la question sur l'importance et la raison de ces petites flammes.
Tous ceux qui connaissent l'histoire juive savent (ou devraient savoir) la raison de cette fête : c'est l'histoire du roi grec de Syrie, Antiochus Epiphanes qui a occupé la Palestine (Judée) et, aidé par la complaisance de Juifs héllénisants, a voulu hélléniser la vie du peuple juif.

Pour la première fois dans l'histoire, le peuple d'Israël a dû se mesurer à une culture étrangère qui a voulu l'absorber, le réduire et l'assimiler. Ce n'est pas la première fois que le peuple juif a dû affronter des ennemis beaucoup plus importants et plus puissants, mais la lutte n'a jamais eu un tel caractère.

800 ans avant l'ère commune, les armées de Chalmanassar sont entrées dans le territoire du Royaume de Chomron et ont déporté les dix tribus d'Israël qui le composaient. Comme la majeure partie du peuple juif en opposition au Royaume de Judée, était à moitié idôlatre, assimilée parmi les ennemis vainqueurs, il disparut facilement..

130 ans plus tard, les armées de Nabuchodonosor, roi de Babylone, occupèrent la Judée. Après des guerres particulièrement violentes entre les soldats d'Israël et les Babyloniens, Jérusalem fut détruite, le Beith Hamikdach du roi Salomon fut brûlé et le peuple déporté à Babylone. Là en exil, on leur a imposé la domination politique, mais les autorités babyloniennes ne sont pas intervenues dans le mode de vie religieuse des fils d'Israël.

Aux Babyloniens ont succédé les Perses. Cyrus, roi de Perse s'est montré très bon avec les Juifs. Il les a encouragés et leur accorda la liberté de retourner dans leur patrie, de la reconstruire et de rebâtir le Temple, de s'y organiser à leur manière, étant donné qu'ils n'avaient pas été contaminés par le paganisme.

Ce ne fut pas la même chose avec les Grecs de Syrie. Sûrs de la supériorité de leur haute culture, ils traitaient les autres peuples dominés de barbares et d'arriérés. Ils ont voulu imposer leur civilisation et leur religion. C'était une obligation d'adhérer à leur manière de vivre. Si une personne était contraire ou résistait à leur culture et à leur religion, elle était tuée.

Et c'est cette situation qui sévissait en Israël en l'an 165 avant l'ère commune. Les familles qui formaient l'élite de la population juive, les Saducéens hellénisants, n'avaient pas attendus d' y être forcés, ils trouvaient cette culture très séduisante. Ils soutinrent Antiochus Epiphane dans ses projets.

A son retour d'une guerre perdue en Egypte, Antiochus Epiphanes favorisé par cette situation et par les intrigues qui séparaient les Hassidim des héllénisants, entra un jour de shabbat dans le temple de Jérusalem, tua tous les Juifs fidèles à leur D. Il mit à sac tous les objets sacrés ainsi que trésor qui contenait les dons du peuple. Peu de jours après, il introduisit la statue de Zeus dans le Temple obligeant les Juifs à prendre part avec les prêtres paiens, aux sacrifices qui étaient immolés en l'honneur de l'idole de Zeus.

Cette provocation a suffit, pour que le drapeau de la révolte soit hissé par Mathatias, de la famille des Hasmonéens, du Cohen Gadol, accompagné de ses 5 fils, avec le cri : " Mi l'Amonai elai " (Tous ceux qui sont pour D., me suivent). Dès ce moment, la guerre du Judaïsme contre le paganisme fut engagée.

Des combats terribles eurent lieu avec différentes armées dirrigées par différents généraux grecs, comme Nikanor et Gorgias. Grâce à l'appui de D., qui s'est dressé dans toute Sa miséricorde, la petite armée des Maccabés a soutenu différents combats. Ils arrivèrent avec .l'aide de D., à repousser l'ennemi de Jérusalem. Ils entrèrent dans le temple, le nettoyèrent de toutes les graisses des sacrifices faits en l'honneur de Zeus. Ils enlevèrent la statue de Zeus, pour la réduire en poussière. Ensuite, ils purifièrent le sanctuaire et allumèrent les lumières ainsi qu'il est écrit : " Veidlikou nerot behatzrot kodcheha ". Ainsi cet événement fut célébré avec une grande allégresse durant 8 jours et la fête de Hanoukka, consacrée.

Sans l'assistance divine, puisque c'est une petite armée que les Maccabés ont portée à la victoire du judaïsme sur le paganisme, on n'aurait plus parlé de la religion juive et du peuple d'Israël. Ainsi la première crise de l'assimilation fut annihilée par la victoire et la liberté des Maccabés.

C'est pour cela qu' à Hanoukka, on lit le Hallel : chant de joie et d'hommage à D. pour les merveilles qu' Il fait en faveur de Son peuple.

Il faut célébrer la fête de Hanoukka tous les ans. Les docteurs de la Loi ont dit : «  Si toutes les fêtes sont supprimées un jour, la fête de Hanoukka continuera à être célébrée avec joie dans nos maisons et nos cœurs seront illuminés par ses lumières ».

Les flammes de Hanoukka évoquent la valeur morale, les sentiments nobles et constants de l'âme juive.

 

Mr le Grand Rabbin Moshe LEVY




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21 novembre 2010 7 21 /11 /novembre /2010 15:02

Cet écrit est  de Leon Tolstoi et date de 1891!!

 

"Cette question n’est pas aussi étrange que cela puisse paraître à première vue.

Examinons cette créature libre qui a été isolée et opprimée, foulée aux pieds et poursuivie, brûlée et noyée par tous les dirigeants et les nations, mais qui n’en est pas moins vivante et prospère en dépit de tout le monde.

 

Qu’est-ce qu’un Juif qui n’a pas succombé à toutes les tentations mondaines offertes par ses oppresseurs et persécuteurs de sorte qu’il aurait renoncé à sa religion et qu’il aurait abandonné la foi de ses pères?

 

Un Juif est un être sacré qui s’est procuré un feu éternel du ciel et, avec lui il éclaire la terre et ceux qui y vivent.

 

Il est le printemps et la source d’où le reste des nations ont puisé leurs religions et leurs croyances.

 

Un Juif est un pionnier de la culture.

 

Depuis des temps immémoriaux, l’ignorance était impossible en Terre Sainte, de même que de nos jours dans l’Europe civilisée. En outre, au moment où la vie et la mort d’un être humain ne valaient rien, Rabbi Akiva s’est prononcé contre la peine de mort qui est maintenant considérée comme une peine acceptable dans la plupart des pays civilisés.

 

Un Juif est un pionnier de la liberté.

 

Retour dans les temps primitifs, quand la nation a été divisée en deux classes, les maîtres et les esclaves, l’enseignement de Moïse interdit la tenue d’une personne comme esclave pendant plus de six ans.

 

Un Juif est un symbole de la tolérance civile et religieuse,

 

«Donc montrez votre amour pour l’étranger, car vous avez été étrangers dans le pays d’Égypte.” Ces paroles ont été prononcées au cours de lointains, et barbares temps où il était communément acceptable entre les nations d’asservir les autres.

En termes de tolérance, la religion juive est loin de recruter des adhérents. Bien au contraire, le Talmud stipule que si un non-Juif veut se convertir à la foi juive, il faut lui expliquer combien il est difficile d’être Juif et que les justes des autres religions aussi héritent le royaume céleste.

 

Un Juif est un symbole de l’éternité.

 

La nation qui n’abat, ni ne torture pourrait exterminer, la nation que ni le feu ni l’épée des civilisations ont été en mesure d’effacer de la surface de la terre, la nation qui la première annonce la Parole de Dieu, la nation qui a préservé la prophétie depuis si longtemps et qui l’a passé au reste de l’humanité, une telle nation ne peut pas disparaître.

 

Un Juif est éternel, il est une incarnation de l’éternité."

 

Léon Tolstoï, 1891

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