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26 janvier 2011 3 26 /01 /janvier /2011 15:55

 

Rappelez-vous : 31 mai 2010, assaut de l'armée israélienne contre une flottille de "militants de la paix", armés de poignards et de barres de fer. Le bilan est lourd : 9 ressortissants turcs musulmans tués par "les soldats sionistes".

Les associations pro-palestiniennes se mobilisent et organisent des manifestations à Washington et Londres pour "les martyrs de la cause humanitaire ". En Espagne, d'immenses pancartes exigent "l'arrêt du génocide". A Kuala Lumpur, un manifestant s'ouvre le ventre en signe de solidarité. En Belgique, Hollande, Allemagne, en Suisse, des rassemblements énormes sont organisés contre le "massacre de Musulmans".

En France, 70.000 personnes descendent dans les rues du pays, après l'appel de l'Association France Palestine Solidarité, auquel se joignent, sous les banderoles du Hamas, Besancenot qui parle de "crime ignoble", avec, à l'unisson, les Verts indécrottables et les communistes de service. Martine Aubry "condamne avec la plus grande fermeté l'opération israélienne contre un bateau acheminant de l'aide humanitaire". Le président Sarkozy "condamne l'usage disproportionné de la force et exige toute la lumière sur cette tragédie".

Des "militants" manifestent sur les Champs-Elysées, brûlent des drapeaux à l'étoile de David et se heurtent aux forces de l'ordre en tentant d'investir l'ambassade "sioniste" toute proche.

Les programmes des médias sont chamboulés; flashes spéciaux, Charles Enderlin est sur le qui-vive, débats exceptionnels soumettant l'ambassadeur de "l'Etat tyran", Dany Shek, à la question, avec Dominique de Villepin, oubliant qu'il n'est plus rien, qui s'érige en procureur.

Janvier 2011, émeutes en Tunisie, (à l'heure où j'écris) le gouvernement "admet 21 morts, dont un Français et une Suissesse, un syndicaliste parle d'une cinquantaine de tués. L'armée déploie des blindés dans les rues de Tunis, soumis au couvre-feu. En Algérie, les troubles ont fait trois morts.

Je tends l'oreille, et je n'entends rien ou presque, si ce n'est un murmure du gouvernement français "qui déplore". Le PS "condamne solennellement la répression", le NPA de Besancenot "condamne la répression". Une manifestation à l'appel des "Travailleurs maghrébins en France" rassemble moins de cent personnes.

Stéphane Hessel oublie de s'indigner, mais peut-être est-ce dû à son grand âge.

Aucune modification des programmes de télévision, les journaux titrent sur les soldes…

Un arabe tué à Tunis ou à Alger par d'autres arabes susciterait-il moins d'indignation ou bien sa vie aurait-elle moins de valeur que celle d'un arabe palestinien ou d'un Musulman turc tué par la "soldatesque sioniste"?

Ces deux évènements, mis en parallèle, symbolisent l'indignation sélective de la classe politique surfant dans le sens du vent, travaillée par les mouvements antisionistes prenant prétexte d'un évènement ponctuel qui, parce qu'il implique Israël, donne lieu à des déferlements de haine. Les médias vous répondront qu'ils ne font que relayer ces évènement, mais pour eux, c'est tout de même une aubaine, car Israël et les Juifs, c'est porteur, c'est vendeur, cela fait de l'audimat.

Alors que le conflit du Proche-Orient, si dramatique soit-il, est, statistiquement, le moins meurtrier, c'est celui qui est le plus commenté, attisant toutes les haines. Il y a en Israël plus de mille correspondants de presse, davantage qu'à Washington, Londres, Paris ou Berlin.

Pourquoi Mohamed ne suscite-t-il de l'émotion et des manifestations que s'il s'appelle Al Doura et est palestinien, n'intéressant personne lorsqu'il est tunisien ou algérien?

C'est cette question que devraient se poser également les manifestants, souvent d'origine maghrébine, des défilés anti-israéliens. Ils s'apercevraient alors qu'ils sont une fois de plus les victimes humiliées des réflexes hypocrites de la vieille puissance coloniale et mandataire, pour qui une cinquantaine de "Mohamed" sont d'une valeur bien relative.

Stéphane Hessel, chantre de la pensée indignée, devrait briguer un dernier poste, avant une retraite bien méritée : président de la bourse des indignations sélectives où s'agitent politiciens "traders" et médias "golden boys".

Le capitaine Dreyfus, frappé d'indignité nationale, sous les pamphlets assassins de Maurras et Daudet, inspirait la fierté. Plus Hessel s'indigne contre toi, plus je suis fier de toi, Israël.

Nos pensées, vont ce soir, à Guilad Shalit, détenu depuis 1664 jours par le Hamas. Ses parents sont toujours sans nouvelles. Les visites, même celles de la Croix-Rouge, lui sont interdites.

Hubert ZAKINE

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25 janvier 2011 2 25 /01 /janvier /2011 10:25

Après mûre réflexion, je n’ai plus de problème fondamental avec un boycott économique et culturel d’Israël. Le conflit territorial qui l’oppose au peuple palestinien depuis 1948 conduit ce pays à sortir régulièrement des clous démocratiques et il est raisonnable, pour un citoyen français digne de son héritage, gardien des valeurs des Lumières et de la Révolution, de s’interdire toute relation avec un Etat refusant obstinément de se conformer au droit et à la morale.

 

Il serait pourtant délicat, et même injuste, de provoquer un boycott d’Israël au nom des droits de l’homme sans s’intéresser à la situation d’autres nations en délicatesse avec nos principes fondamentaux. C’est qu’il n’est pas question d’offrir la moindre prise aux adeptes du fameux « deux poids, deux mesures », et encore moins d’être accusé de camoufler son antisémitisme derrière un antisionisme légitime.

On connaît en effet la facilité avec laquelle certains défenseurs inconditionnels d’Israël utilisent cet argument : autant le préempter.

 

Non, bien sûr, si nous exigeons le boycott d’Israël, il est raisonnable d’exiger celui de la Chine. C’est même un minimum. La Chine est une terrible dictature, pratiquant la peine de mort à grande échelle, dont les prisons sont pleines de prisonniers politiques et dont l’attitude à l’égard des peuples tibétain et ouïghour est aussi cruelle que révoltante. Ok, se couper d’un pays d’un milliard et demi d’habitants et dont la croissance est de 10% par an exige du courage, mais le boycott est un acte fort dont il faut accepter les conséquences...

 

Je crois d’ailleurs qu’il serait impensable de boycotter la Chine sans se pencher sur le cas de son grand voisin indien. Un pays médiéval dont la population est organisée en castes, connu pour le traitement inacceptable de ses femmes, de ses enfants des rues et de sa minorité musulmane, abritant derrière le mythe de « plus grande démocratie du monde » l’obsession guerrière d’une annexion du Cachemire et de la destruction du Pakistan. Là encore, la décision de rompre avec une nation d’un milliard d’habitants dont le PIB progresse de 8% par an ne se prend pas à la légère, mais les principes sont les principes.

 

Tout comme les poids sont des poids et les mesures sont des mesures.

 

De fait, l’opinion comprendrait mal qu’après avoir rompu avec Israël, la Chine et l’Inde, la France continue d’échanger avec les Etats-Unis. D’accord, il s’agit d’un endroit fabuleux dont nous adorons le cinéma indépendant et les grands espaces (« L’Amérique qu’on aime », quoi), mais comment accepter que nos entreprises investissent dans un pays occupant militairement deux Etats souverains, mentant à la terre entière pour mieux manipuler les Nations unies, autorisant l’exécution de simples d’esprit et abandonnant la moitié de son territoire à des fanatiques agitant des bibles et des fusils mitrailleurs ? Hum, à nouveau, on imagine que l’on ne coupera pas les ponts avec la première puissance mondiale sur un simple coup de tête. Mais l’on ne sauve pas son âme en négociant ce qui n’est pas négociable. Oui, une rupture des relations diplomatiques avec les Etats-Unis est un effort majeur, c’est aussi un impératif moral.

 

Mais j’entends déjà les bien-pensants, ces bonne âmes toujours à l’affût d’un faux-pas pour vous renvoyer vos « indignations sélectives » au visage.

 

— Vous boycottez Israël, la Chine, l’Inde, les Etats-Unis… La belle affaire ! Mais quid de la Russie, qui liquide les journalistes qui dénoncent la mise en coupe réglée de son économie par une poignée d’oligarques issus du KGB ? La Russie qui massacre les Tchétchènes par dizaines de milliers ?

 

― Ben on boycotte ! Qu’est-ce que vous croyez…

 

― Ah, et la Birmanie, qui enferme ses opposants et dont la junte prédatrice fait peser une chape de plomb sur une population misérable ?

 

― Mais on boycotte aussi ! Vous nous prenez pour qui ?

 

― Et l’Iran, qui lapide ses femmes adultères, truque ses élections, bastonne ses manifestants et cuisine sa bombinette dans son coin ?

 

― L’Iran, tss… On ne leur adresse même plus la parole !

 

― Et la Suisse, qui héberge toutes les fortunes mal acquises de la planète ?

 

― On boycotte, avec les îles Cayman, Jersey, Monaco, Andorre et le Liechtenstein en prime !

 

― Et la Turquie, qui oppresse les Kurdes ?

 

― On boycotte !

 

― Et le Mexique, ce pays corrompu jusqu’à la moelle, vendu aux narcotrafiquants ?

 

― On boycotte !

 

― Et l’Italie de Berlusconi ?

 

― On boycotte !

 

― Et les Pays-Bas de Geert Wilders ?

 

― On boycotte !

 

― Le Zimbabwe de Mugabe ?

 

― On boycotte !

 

Oui, boycottons ! Boycottons allègrement quiconque nous semble s’écarter de nos valeurs, mais sans permettre à qui que soit de nous renvoyer à notre prétendue hypocrisie. Tiens, à observer la position de la France dans le dernier rapport de Reporters sans frontières et à écouter Viviane Reding s’inquiéter de notre dérive vichyste sous Sarkozy, je me demande s’il ne va pas falloir nous auto-boycotter un moment, histoire de nous forcer à reprendre nos esprits !

 

― Hum, s’auto-boycotter, c’est un peu gonflé, là, pour le coup…

 

― Les principes, mon vieux, les principes… Mais bon sang, qu’est-ce qu’ils nous pourrissent la vie, ces sionistes…

 

Hugues SERRAF

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25 janvier 2011 2 25 /01 /janvier /2011 09:57

 

 

 

Les médias si prompts à condamner l’Etat juif, plus précisément l’Etat des Juifs, se montrent d’un mutisme total quand ce dernier se voit disculpé dans l’affaire de la flottille pseudo humanitaire, allant soulager d’étranges réfugiés qui depuis plus de soixante années bénéficient d’une aide colossale se chiffrant à plusieurs milliards de dollars par an. Diffamez, diffamez, il en restera toujours quelque chose disait Francis Bacon dans son Essai, sur l’athéisme. Voilà qui est fait.

 

Etrange chose que de constater en tapant sur Google « Commission Turkel » que seuls des sites proches d’Israël reprennent l’information.

 

Les donneurs de leçons, ceux qui aboient si vite contre Israël dès qu’ils trouvent un prétexte à le faire, compris nos braves ONG, oublient leur grands principes moraux dont ils savent pourtant si hardiment se vêtir, quand il s’agit de clouer Israël et les Juifs au pilori.

 

« Indignez-vous » disait l’antisémite de service, quand il s’agit de condamner Israël. Pour le reste dormez tranquilles. Ce préambule après tant de paroles assassines, tant de haines libérées, tant d’hypocrisie criminelle, dont le seul but n’était certainement pas la défense des palestiniens que de délégitimer les juifs pour leur juste aspiration à avoir un petit état, unique pied à terre sur cette planète, paraissait indispensable.

 

mardi 25 janvier 2011,

 par Mavi Marmara

 

 

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24 janvier 2011 1 24 /01 /janvier /2011 17:33

 

 

Marc-Alain Ouaknin, rabbin-philosophe :


" Mes dix commandements "

Véritable “obsédé textuel”, le rabbin philosophe nous offre une lecture très personnelle des tables de la loi. Un exercice de style, traditionnel dans le judaïsme, dans lequel ce n’est pas tant l’interprétation qui compte que l’invitation à la réflexion.

 

 

 

I. “Je suis l’Eternel, ton Dieu qui t’a fait sortir du pays d’Egypte, d’une maison d’esclavage…”

 

D’emblée, le concept de liberté s’impose. " Si je suis à l’image de ce Dieu de libération, commente Ouaknin, je dois moi aussi produire de la liberté. Comment ? Par l’interprétation des textes, qui, loin d’être seulement une opération intellectuelle, permet justement d’inventer son histoire, de sortir de l’enfermement d’un destin, de ce qui est écrit. " Ce commandement est donc une invitation à être novateur dans l’action, à inventer de nouvelles formes de vie, de nouvelles formes de pensée notamment en abolissant les préjugés. " Il faut avoir la liberté d’inventer pour inventer la liberté ", écrit le Chrétien Paul Ricœur.

II. “ Tu n’auras pas d’autres dieux que moi ”

 

Dieu, Elohim dans le texte original, signifie aussi en hébreu " institutions de justice ". " Ce que l’on considère ici comme du divin, note Ouaknin, est en rapport avec la justice. Autrement dit, Dieu ne s’atteint que par la relation juste, la relation éthique, c’est-à-dire la responsabilité et l’amour… Dieu ne s’atteint que par la relation aux autres hommes. Pour reprendre Emmanuel Lévinas, c’est " interdire à la relation métaphysique avec Dieu de s’accomplir dans l’ignorance des hommes et des choses ".

III. “ Tu ne prononceras pas le nom de Dieu en vain”

 

Le verbe hébreu signifiant "prononcer" veut aussi dire "élever". Ce commandement peut ainsi se comprendre : "Tu n’élèveras pas le nom de Dieu si haut qu’il devienne vain. Une occasion de rappeler que Dieu ne doit pas être tenu loin des choses terrestres, consigné dans un Très-Haut inaccessible et perdant toute proximité avec les hommes. "Et ce sont notamment les institutions de justice qui permettent cette proximité, reprend Ouaknin. Nous sommes ramenés ici à la responsabilité, non pas de Dieu, mais des hommes. La question n’est donc pas de savoir où était Dieu pendant la Shoah, mais où étaient les hommes avec leurs institutions de justice et leurs règles morales."

IV. “ Souviens-toi de sanctifier le jour du Sabbat ”

 

Traduction littérale : "Tu seras toujours en train de te souvenir de ce jour à venir." Ce commandement invite à une véritable éthique du futur. "A chaque moment de notre existence, explique Marc-Alain Ouaknin, il y a un espoir. Le Sabbat est ce jour de fin de semaine où l’on peut apprendre à regarder le monde de manière nouvelle, comme s’il apparaissait pour la première fois." Ecole du regard, de l’écoute, cette loi nous pousse à sortir de l’ornière des habitudes. Car "l’habitude nous déshabitue d’habiter l’essentiel".

Autre dimension invoquée : la responsabilité qui consiste à transmettre un monde viable aux générations futures. " Le Sabbat nous apprend à retenir les gestes qui pourraient être destructeurs. Dans le domaine de l’écologie, par exemple, respecter ce commandement revient à connaître les gestes qui protègent la planète où vivront nos enfants. " Pour Ouaknin, tel est d’ailleurs l’amour le plus absolu : " Aimer, ce n’est pas seulement aimer celui qui peut me rendre l’amour. C’est aimer celui qui n’est pas encore là et qui sera là quand j’aurais moi-même disparu. "

V. “ Tu honoreras ton père et ta mère ”

 

Reprenant, après le psychanalyste Daniel Sibony, la traduction littérale – " lourd ton père, lourde ta mère " –, Ouaknin interroge : " Qu’est-ce que “lourder” son père et sa mère ? C’est donner suffisamment de poids à leur histoire pour ne pas avoir à la répéter. " En respectant son parent pour ce qu’il est, en prenant en compte son histoire sans nécessairement vouloir réparer ce qui n’y a pas été accompli. Une proposition commune à la Bible et à la psychanalyse pour échapper à la névrose. En hébreu, ke av, " comme le père ", est le même mot que quéev, la " souffrance ". " A partir du moment où l’on est dans l’imitation du père, on est dans une douleur existentielle. "

S’inspirant de l’Œdipe de Sophocle, Ouaknin développe ce concept : "Au moment où Œdipe tue Laïos, tous deux se croisent au carrefour de trois routes, dans un “Y” qui évoque le sexe de la femme. Le père (par l’acte sexuel) et le fils (lors de sa naissance) empruntent le sexe maternel, explique Ouaknin. Et il y a inceste lorsque l’enfant emprunte le même chemin dans le même sens que le père. […] L’éducation juste d’un enfant, c’est l’aider à trouver son propre chemin, le sens de sa vie."

VI. “ Tu ne tueras pas ”

 

Rachi, le plus grand commentateur de tous les temps, ne dit strictement rien concernant ce commandement, remarque Ouaknin : " Un tel silence est déjà un commentaire en soi. Il nous invite à penser que le silence est le fondement même de la violence qui conduit au meurtre. " L’histoire d’Abel et Caïn le confirme : " Et Caïn se leva vers son frère Abel, ils étaient dans le champ, et il lui dit : “…”, et il le tua. " Un texte biblique où, entre des guillemets, il n’y a rien… ! J’en déduis que le fondement même de la violence, c’est soit l’incapacité de parler, soit le fait de parler en “enfermant” au lieu d’ouvrir au dialogue, au partage… "

VII. “ Tu ne commettras pas d’adultère ”

 

On apprend que l’adultère ne concerne pas seulement le rapport sexuel entre un homme, marié ou pas, et une femme mariée. " Ce qui est condamnable, c’est une forme d’amour vécu sans conscience ni responsabilité pour l’enfant qui pourrait advenir de cette relation. " Un enfant auquel on ne pourrait pas raconter son histoire, un bâtard, c’est-à-dire un mamzer : mam (le défaut) et zer (l’étranger). " Il y a là un défaut lié à l’étrangeté : l’enfant né de l’adultère se retrouve dans le mensonge à chaque fois qu’il prononce le mot “Papa”, explique Ouaknin. Dans la tradition hébraïque, le mensonge est une distorsion du lien généalogique, une maladie, un “mal-dit” de ce lien. […] La psychanalyse ne s’intéresse-t-elle pas aux non-dits captés par l’inconscient du sujet ? Etre, c’est notamment être raconté par la parole de ses géniteurs. Le septième commandement peut donc être entendu ainsi : “Ne fais pas souffrir l’autre en lui rendant impossible d’entendre sa propre histoire.” "

Ouaknin se met alors à raconter une blague juive. " Oui, prévient-il, l’humour fait aussi partie de la pensée... Un jour, monsieur Lévy va voir le rabbin. “Rabbi, je ne retrouve plus ma montre. Quelqu’un de la communauté me l’a volée. Comment puis-je découvrir le voleur ?
— Tu n’as qu’à aller à la synagogue au prochain sabbat et, à la lecture des dix commandements, observe bien le visage des hommes. Quand on prononcera à haute voix le “Tu ne voleras pas”, le coupable aura probablement l’air honteux et ainsi tu le reconnaîtras…”
Quelques jours plus tard, le rabbin rencontre monsieur Lévy : “Alors, as-tu récupéré ta montre ?
— Oui, rabbi.
— Est-ce grâce à la lecture du huitième commandement ? demande le rabbin.
— Non, mais quand on a lu les lois à haute voix, au commandement “Tu ne commettras pas d’adultère”, je me suis soudain souvenu : j’avais oublié ma montre chez madame Cohen !“ "

VIII. “ Tu ne voleras pas ”

 

En hébreu, le " vol ", le " rapt ", shod, est identique au mot shad, le " sein " de la mère. Ce commandement évoque les sevrages mal réalisés. Et Ouaknin d’analyser : " Un voleur, c’est quelqu’un qui veut retrouver le sein de sa mère. Quelqu’un qui n’a pas reçu de parole de séparation. Toute mère devrait dire : “Ceci est mon corps, ceci est mon sein et, bien que nous ayons fusionné pendant neuf mois de grossesse, bien que nous ayons eu un corps à corps symbiotique pendant l’allaitement, tu dois maintenant te séparer du sein.”L’enfant à qui l’on n’a pas donné cette parole sera toujours dans la volonté de retrouver cet objet perdu."

Cette loi évoque donc la nécessité d’une parole de maturation, seule capable de transmuer le désir d’avoir, de thésauriser, d’amasser, en désir d’être. "Eduquer quelqu’un, rappelle Ouaknin, c’est l’encourager, grâce à cette parole de séparation, à désirer être lui-même. Sinon, en le maintenant dans le seul désir d’avoir, on commet un vol, et pas n’importe lequel : le vol de l’être."

IX. “ Tu ne commettras pas de faux témoignage”

 

"Ce commandement est l’un des plus difficiles à suivre", prévient Ouaknin. Ce qui est à éviter ici : une parole qui cède aux cancans, qui "parle" sur les autres, qui enferme son prochain dans une catégorie alors que justement le "prochain", rea, se traduit par "celui qui est instable, changeant". "Aimer l’autre, c’est lui laisser la possibilité d’être toujours en évolution, triste un jour, gai un autre jour."
Pour Ouaknin, l’amour doit donner plus qu’il ne prend : " Regardez la différence entre le lac de Tibériade et la mer Morte : le premier reçoit les eaux du Jourdain et les reverse, les redonne. La mer morte, quant à elle, se remplit des eaux du Jourdain mais ne les redonne pas. Je définis le mortifère ainsi : quand je suis capable de recevoir, mais incapable de donner. "

S’impose alors l’histoire de David et Moshe, deux cousins très liés. Au moment de mourir, David appelle son cher cousin à son chevet et lui lègue sa fortune. " Cependant, lui annonce-t-il, je te demande une chose : va voir ma pauvre femme, donne-lui l’argent que tu veux et garde le reste pour toi. " Moshe exécute ses dernières volontés : il garde
3 millions de dollars et donne 30 000 dollars à la veuve. Mais, quelque temps après, celle-ci va voir le rabbin et se plaint du peu d’argent reçu. Le rabbin va parler à Moshe : " Moshe, qu’as-tu fait de la fortune de David ?
— J’ai fait comme il m’a dit, répond Moshe. David m’a dit : “Donne ce que tu veux et garde le reste pour toi.”
— Ce que tu veux ! s’exclame le rabbin. Qu’est-ce que tu veux, Moshe ?
— Eh bien, 3 millions de dollars !
— Alors, “ce que tu veux”, 3 millions de dollars, donne-le à la veuve… et garde “le reste”, 30 000 dollars, pour toi, dit le rabbin. Voilà ce qui est juste. "

X. “Ne convoite pas la femme, la maison, tout ce qui est à ton prochain”

 

La " femme ", la " maison " sont pour Ouaknin des métaphores du lieu originel. Ce commandement n’évoque pas seulement l’envie, la convoitise de biens extérieurs, mais renvoit à un désir existentiel de l’homme : le savoir sur sa propre origine. " Celle-ci nous est en effet toujours cachée : dans le jardin d’Eden, l’homme ne connaît pas l’origine de la femme, la femme ne connaît pas l’origine de l’homme. "

Reprenant les intuitions de la psychanalyste Marie Balmary, dans “le Sacrifice interdit” , Ouaknin évoque cette part d’" inconnaissance " de l’autre, ses zones cachées. " Le fameux arbre qu’on ne peut manger, dans le jardin d’Eden, représente cet autre. Or en préserver le mystère nous empêche de le dévorer. "
Mon prochain a toujours droit à cette part d’inconnaissance, car il n’est pas un objet. Or ce mystère, parfois douloureux, sur notre origine et cette part d’inconnaissance génèrent justement un puissant moteur dans nos vies : le désir… "

 

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20 janvier 2011 4 20 /01 /janvier /2011 09:07

Le don de la Thora

456_vignette.jpgCinquante jours apres l'ouverture de la mer Rouge, D-ieu se dévoile encore plus dans l'évènement du don de la Thora sur le Mont Sinaï.

C'est la seule et l'unique fois, dans l'histoire de l'humanité, ou les hommes ont entendu D-ieu leur parler directement. Ce caractère public de la révélation constitue la preuve la plus irréfutable de son historicité; un homme peut etre trompe par son imagination, mais on ne peut tromper un peuple entier.

NAASSE VENISHMA

(Nous ferons et nous écouterons)

Lorsqu'ils reçurent des mains de Moise la Thora: tout le peuple dit, pour eux mêmes et pour les générations a venir, d'une voix unanime: "nous ferons et nous écouterons"; (Ex.24:7) sous entendu tout ce que D-ieu exigera, d'avance sans même en connaitre le contenu, nous proclamons que nous le ferons; et maintenant nous sommes prêts a écouter quelles sont ces exigences.

Accepter un contrat sans en connaitre les clauses, c'est évidemment un acte de foi; mais surtout cela signifie qu'après avoir globalement accepte la Loi (Naasse); je suis maintenant prêt à en entendre le détail de son contenu point par point (Nishma).

En disant "Naasse" les Hébreux ont adhéré au projet global de D-ieu, en disant "Nishma" ils ont accepte les commandements.

Nous mêmes face a une décision a prendre, nous décidons tantôt par esprit d'analyse, tantôt par esprit de synthèse, ces deux modes de décisions correspondent respectivement: au fonctionnement ordinaire de l'intelligence, et l'autre a celui de l'instinct.

LA SUPERIORITE DE L'INSTINCT

Lorsque nous sommes face a une décision a prendre, c'est parfois après avoir réfléchi et analyse le contenu du problème, et une fois que nous en ayons compris les tenants et les aboutissants, nous agissons.

Et c'est parfois, sans réflexion préalable, nous suivons notre intuition, et dans ce cas c'est notre instinct qui nous éclaire; il y a des choses dont nous comprenons instinctivement la justesse et la nécessité. Au Sinaï, l'instinct a pris le pas sur la raison.

En réalité les fonctions les plus fondamentales de la vie, celle aussi vitales que la respiration ou le battement du cœur sont commandées par l'instinct et non pas par la raison ou la réflexion.

Il est des choses qui s'imposent avec tellement d'évidence que la réflexion est des lors superflue; c'est ce qui s'est passe avec le don de la Thora, celle ci ne s'est pas imposée comme une contrainte extérieure mais comme une évidence première.

Le retour a l'instinct, au primitif, a ce qu'il y a de premier dans l'être, c'est le retour a l'essence même de l'âme, non encore altérée par la création, le temps et l'espace. L'essence d'avant la naissance ou l'âme est entièrement consciente; une fois incarnée elle oublie.

Ce "nous ferons" prononce au pied du Mont Sinaï est de l'ordre de la mémoire au sens Platonicien du terme: cette exclamation signifie: je le savais, mais je l'avais oublie !

LA "HOKHMA" ET LA "BINA"

"Nous ferons" c'est cette intuition globale; la "Hokhma" en terme cabalistique, qui est la connaissance immédiate et instinctive de la vérité.

"Nous écouterons" c'est l'entendement, la "Binah" ou les choses deviennent intelligibles parce qu'elles se différencient.

La Thora, c'est la "Hokhma"; les 613 commandements, c'est la "Binah".

Ces deux "Sephirot" ces deux catégories sont respectivement figurées et exprimées par les cabalistes par la vision et par l'ouïe.

La "Hokhma c'est la perception première; la "Binah" c'est l'extension intellectuelle et rationnelle de cette perception.

De même la vision est immédiate; je vois la chose telle qu'elle est je découvre son essence.

En revanche lorsque j’entends, je perçois au second degré, a travers un message, que je dois déchiffrer; développer un système intellectuel qui m'en révélera les détails.

VOIR LES VOIX

D'autre part la Thora manifeste de manière éclatante cette unification des deux formes d'intelligence, puisqu'elle dit que les Hébreux "voyaient les voix": "Et tout le peuple voyait les voix, les flammes, le son du chofar..." (Ex.20:15)

Voir ce que j'entends, c'est une situation tout a fait exceptionnelle: la capacité d'appréhender dans leur totalité, et immédiatement les choses que je ne perçois généralement qu'au second degré.

Lorsque D-ieu s'est révèle sur le Mont Sinaï les Hébreux ont subi un choc: Ils ont rencontre l'infini, l'absolu; et cependant, ils sont restes vivants ! Leur âme, chaque fois, s'envolait atteignait les cieux et les cieux des cieux, mais ils restaient hommes face au créateur ! C'est cet extraordinaire mélange de présence divine et infinie et de présence humaine et finie qui explique la grande crainte que les Hébreux ont ressenti "et tout le peuple qui était dans le camp fut saisi d'épouvante." (Ex.19:16)

Il y a un texte qui dit que Moise aurait entendu la voix divine partout, a tous les points cardinaux et qu'il entendait même depuis ses doigts de pieds! Autrement dit les Hébreux sont devenus une sorte de caisse de résonnance de l'infini.

Tout en restant hommes, ils ont cesse d'être séparés. Ils ont entendu la voix non pas de l'extérieur mais de l'intérieur, depuis leur propre intériorité ! C'est la le sens profond de l'expression: "Et tout le peuple voyait les voix."

L'INFINI DANS LE FINI

Le Divin a pénètre dans l'être. D-ieu en descendant sur le Mont Sinaï, c'est l'infini qui envahit le matériel.

L'évènement du Sinaï c'est essentiellement l'irruption de l'infini dans le fini.

La réalité matérielle acquiert ainsi une dimension nouvelle; l'infini est en moi ! Je ne peu même plus me refugier en moi même: je suis envahi par lui.

D-ieu en révélant sa volonté dans l'expression des dix commandements, a en quelque sorte révèle son essence; car le dévoilement de la volonté c'est, dans une certaine mesure, l'essence même de la personne.

En comprenant l'essence de la Thora, je perçois ce qu'est l'essence de D-ieu, en tous cas de son immanence. Car tout ce que je puis connaitre de D-ieu c'est sa volonté; donc connaitre sa volonté, c'est le connaitre. Je ne puis aller au-delà.

Le pouvoir de la Thora émane uniquement du fait que D-ieu y a intègre sa précieuse influence. Ainsi, parler ou s'instruire de la Thora engendre automatiquement l'épanchement de cette influence. Or cette influence de la Thora relève d'une dimension divine, et exprime le niveau suprême parmi tous les niveaux de l'émanation de D-ieu s'épanchant sur les hommes.

Base sur: Le chandelier d'or de Josy Eisenberg et Aldin Steinsaltz

 

 

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Cette semaine nous lisons la paracha Yitro, celle des dix commandements ou "dix paroles". Ce décalogue va constituer la base de la société des Hébreux : La reconnaissance d'un Dieu libérateur, l'interdiction formelle de l'idolâtrie, le respect du Chabat et des parents, et les interdictions de l'assassinat, de l'adultère, du vol, du faux-témoignage et de la convoitise. Chaque parole appellerait un long développement, mais retenons cette idée majeure : la relation à Dieu n'est jamais coupée de la relation au prochain, le religieux et l'éthique doivent toujours se conjuguer.

Si cette législation s'adresse à la collectivité d'Israël, fraîchement libérée, on remarquera que chaque parole divine s'exprime à la deuxième personne du singulier : "Je suis l'Eternel TON Dieu… TU respecteras…, TU n'assassineras pas etc."

Le judaïsme n'opte ni pour un collectivisme absolu dont nous voyons les effets pervers, ni pour l'individualisme à tout crin comme le prône le libéralisme moderne. Il s'agit plutôt d'assumer son rôle unique au sein de la communauté et du peuple en sachant que l'individu peut agir sur le collectif, comme le collectif sur l'individu.

Chabat Chalom

 

 

 

 

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19 janvier 2011 3 19 /01 /janvier /2011 08:33
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18 janvier 2011 2 18 /01 /janvier /2011 10:09

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Quand on traverse une période de difficultés sociales, les problématiques financières ne sont qu'une des parties éprouvantes, et bien souvent le plus dur à supporter, ce sont les épreuves psychologiques qui les accompagnent. Lorsqu'on a des soucis financiers, de santé, ou autres, il est nécessaire de rechercher dans les plus brefs délais les aides auxquelles on peut prétendre et les associations qui sont les plus à même de nous aider à les obtenir. Parcours compliqué que l'on doit découvrir au fur et à mesure lorsqu'on est confronté pour la première fois à de telles situations.

Conscient de ces problématiques, le Fonds social juif unifié a créé le Réseau Ezra afin d'essayer de palier à ces difficultés. Le Réseau Ezra Gard n'est pas un service social, mais une chaîne de solidarité formée par des bénévoles dans le Gard, qui sont présents pour l'accompagnement des personnes dans le besoin afin de les aider à mieux s'orienter dans les différentes associations sociales, leur apporter un soutien psychologique, les aider à remplir des papiers administratifs, rendre visite aux plus isolées, et bien plus.

Aujourd'hui le Réseau Ezra Gard est à un carrefour de son histoire. L'augmentation des besoins et des attentes de la communauté, nous oblige à développer encore plus l'activité du Réseau Ezra en 2011 :

Par la mise à disposition d’un numéro de téléphone, afin de pouvoir écouter et donner des premières réponses quand les associations sociales sont fermées.

En développant le partenariat avec l’ACING,  pour que nous soient communiqués les noms des personnes à qui nous pourrions apporter une aide et pour résoudre certains problèmes ensemble.

En agrandissant notre réseau de bénévoles pour permettre plus de suivi individuel et de visites aux personnes isolées, aux malades.

Le recrutement de bénévoles par compétences professionnelles (Médecins, Avocats etc…) nous permettra d'apporter plus d'aides et de conseils.

Que vous ayez besoin d'un accompagnement de renseignements, d'aides ou que vous souhaitiez participer à ce grand élan de générosité qui est l'aide à l'autre en devenant bénévole ;

L'équipe du Réseau Ezra Gard est à votre disposition, n'hésitez pas à nous contacter !

La Présidente du Réseau EZRA GARD :

Mme Anny SAADOUN

Tel : 04 66 26 19 51

 

 

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17 janvier 2011 1 17 /01 /janvier /2011 14:15

bando toubichvat2011

 

Des arbres pour des hommes

La tradition juive a toujours considéré la plantation d’arbres comme un acte éminemment positif, et ce tant au niveau écologique qu’au niveau éthique.

En effet, à propos du verset « Vous marcherez après l’Eternel, votre D…, …et vous vous y attacherez » (Dt 13, 5), le Midrach (Vayikra Rabba 25,3) explique : « Est-il possible à un être de chair et de sang de monter au ciel et de s’attacher à la Présence divine ? C’est que de la même façon que le Saint béni soit-Il s’est consacré au début de la création du monde à la plantation d’arbre ainsi qu’il est dit : « D… a planté un jardin dans l’Eden », de même, lorsque vous entrerez dans le pays d’Israël, occupez vous avant tout de planter des arbres ainsi qu’il est dit : « Lorsque vous arriverez dans le pays, vous planterez des arbres » (Deut ». Ainsi, marcher sur les voies de D… et S’y attacher signifierait L’imiter, reproduire à échelle humaine Son œuvre.                                                    

Il est tout à fait remarquable que le Talmud (Sota 14a) propose un commentaire parallèle à celui que nous venons de citer : « « Vous marcherez après l’Eternel, votre D… », un homme peut-il suivre la Présence divine ? N’est-il pas dit que D… est un feu dévorant ? Cela veut dire qu’il faut suivre les qualités de D… . De même qu’Il vêt ceux qui sont nus, vêts ceux qui n’ont pas d’habit, de même qu’Il visite les malades, visite les malades, de même qu’Il console les endeuillés, console les endeuillés, de même qu’Il enterre les morts, enterre les défunts ». La Torah raconte bien que le Créateur offrit des vêtements au couple originel, qu’Il visita Abraham qui souffrait à cause de la circoncision, qu’Il consola Isaac après la mort de son père en le bénissant et qu’Il enterra Moïse.

On parvient alors à la conclusion très surprenante que planter un arbre relève du même impératif éthique qui ordonne de procurer des vêtements à qui n’en a pas, de soulager la peine et la souffrance d’autrui !

arbrePlanter un arbre est un acte d’une portée éthique à laquelle on ne réfléchit pas souvent. Le Talmud raconte : « Un jour, ‘Honi, la traceur de cercle, rencontra un homme qui plantait un caroubier. Il lui demande : « Dans combien d’années cet arbre portera-t-il ses fruits ? » L’autre répondit : « dans 70 ans ». ‘Honi l’interrogea alors : « Es-tu certain de vivre encore 70 ans ? » L’autre répondit : « Moi, quand je suis arrivé dans ce monde, j’ai trouvé des caroubiers et à mon tour, j’en plante pour mon fils comme mon père en a planté pour moi » » (Ta’anit 23a).

Planter un arbre est donc un acte de reconnaissance vis-à-vis du passé. On rend ce qui nous a été donné. Et on l’offre aux générations à venir. Il s’agit ici d’assumer la responsabilité intergénérationnelle. On perçoit bien alors le caractère éthique de planter un arbre.

De plus, parfois, semer une graine relève de la bonté gratuite, c'est-à-dire d’un acte dont je ne retirerai aucun profit, aucune jouissance. En cela, la plantation d’un arbre est bien comparable aux œuvres altruistes les plus belles.

Rabbin  Jacky Milewski

 

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12 janvier 2011 3 12 /01 /janvier /2011 17:28

Notre paracha présente le grand moment de la traversée de la mer des Joncs (yam souf). Moment miraculeux incontestablement. Selon les maîtres de la Mishna (cf. la Haggada de Pessah) il y eut même beaucoup plus de miracles à la mer des Joncs qu’en Egypte. Le midrash s’attache à donner les détails de cette traversée : l’eau devint limpide à droite et à gauche, le fond de la mer se durcit pour que les enfants d’Israël ne s’enfoncent pas dans la boue, etc. Pourtant il semblerait que le miracle de Dieu ait été limité…

 

Le début de la paracha commence ainsi :

 

« Lorsque le pharaon laissa partir le peuple, Dieu ne le conduisit pas par le chemin du pays des Philistins, qui était pourtant le plus proche. Car Dieu se dit : de peur que le peuple ne se ravise en voyant la guerre et ne s’en retourne en Egypte. » (Ex. XIII, 17)

 

Changement de programme :

 

Si Dieu avait dû guider le peuple d’Israël par le chemin le plus court pour arriver au pays de Canaan, il aurait suffit de suivre la bande côtière de l’Egypte en passant par la Philistie qui est la bande de Gaza aujourd’hui.

Or une raison empêche Dieu de suivre ce plan « de peur que le peuple ne ravise en voyant la guerre ». Eh oui Dieu a un empêchement ! Il ne peut agir sur la peur des hommes, Il ne peut faire qu’un peureux devienne miraculeusement un homme courageux ; de même Il ne peut faire qu’un haineux devienne un amoureux. Ainsi il ne peut faire qu’un antisémite devienne un philosémite, prêt à tout pour défendre Israël.

Par contre en donnant du temps aux hommes, ils peuvent acquérir certaines vertus, pour peu qu’ils le veuillent et qu’ils reçoivent l’éducation dans ce sens. Ce fut le but de la traversée du désert, les enfants d’Israël avaient été esclaves pendant des siècles. Un esclave n’est pas libre quand on lui retire ses chaînes, mais quand dans sa tête il devient libre.

La Torah révélera plus tard (paracha Chélakh lékha) que cette génération n’était pas prête à entrer en Israël.

 

Assumer notre destinée

Au XXe, un événement tragique allait montrer que le peuple juif ne voulait plus se laisser dominer par les nations : la révolte du Ghetto de Varsovie. Les résistants moururent tous, mais ils insufflèrent un courage au peuple juif de se battre pour survivre. Depuis la révolte de Bar Kokhba (133 – 135) il n’y eut pareille insurrection.

Il n’y eut pas de miracle ni au moment de la destruction du Temple, ni pendant la Shoah, sauf que le peuple d’Israël décida d’assumer dignement sa destinée face aux nations.

 

Philippe Haddad

 

 

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LA SIDRA DE BECHALAH

Ce Chabbath est plus connu sous le nom de « Chabbath Chira » C’est dans la sidra de Béchalah que l’Eternel  gratifie Israël de la promesse la plus importante en ces termes : « Toute les maladies que j’ai données  à l’Egypte je ne te les donnerai pas  car je suis l’Eternel ton médecin. »  Cette fin de verset pose problème. Car s’il n’y a pas de maladie, le médecin devient inutile. Comment comprendre dans ce cas la phrase « car je suis l’Eternel ton médecin »

Nous apprenons par cette précision, ce qui en notre temps est très répandu,à savoir : que pour garder sa santé physique et mentale il est nécessaire de ne point attendre la maladie pour consulter un médecin mais en étant en bonne santé. La prévention dans le domaine de la santé est capitale. Par conséquent, la médecine préventive a été prévue par le Judaïsme il y a de cela des milliers d’années.

Maïmonide, un des plus grands penseurs du Moyen Âge, a développé ce verset en ces termes : « L’homme est responsable de la plupart des maladies qui l’affectent. La maladie est la conséquence de l’ignorance. L’homme ne sait pas comment  conserver sa bonne santé. Il est comme un aveugle qui butte sur des obstacles et tombe souvent parce qu’il ne voit pas  ce qu’il y a devant lui » Maïmonide conclut ( Hilkhoth Déoth chap.4 halakha 20) « Toute personne qui se conduira selon ce que je lui ai prescrit, je me porte garant de sa santé, il ne tombera jamais malade et  jusqu’à sa vieillesse il n’aura pas besoin d’un médecin. »

En précisant : «  C’est Moi  qui suis ton médecin » L’Eternel, fait  allusion au don de  la Torah, C’est ainsi qu’Il prescrit à Israël la médecine préventive. Le respect de la Torah et des Mitsvoth, constitue le rempart contre la maladie. Pour illustrer sa théorie Maïmonide donne son exemple personnel. Il raconte qu’il était le médecin privé du Sultan Saladin. Le Palais royal comptait déjà de nombreux médecins qui s’étaient plaint au Sultan en lui disant que le médecin juif ne  servait à rien. Saladin appela Maïmonide et lui dit : «  On dit de toi que tu es un grand médecin et c’est la raison pour laquelle je t’ai engagé ; Mais les autres médecins disent que tu ne fais rien dans ce palais. Quelle preuve ai-je que tu es vraiment un grand médecin puisque je ne suis jamais malade ? Comment savoir dans ce cas que tu es un grand médecin ?  Maïmonide lui répondit simplement et avec humilité : «  La preuve que je suis un grand médecin réside dans le fait que depuis que je suis entré dans ce palais  tu n’es jamais tombé malade. Un grand médecin est celui qui sait comment éviter la maladie à une personne, et pas celui qui ne fait que soigner ! Et la plus grande preuve nous a été donné par le Saint béni soit-Il  qui est le plus grand médecin de tout l’univers. C’est Lui qui a dit : «  Toutes les maladies que j’ai données à l’Egypte je ne te les donnerai pas car Moi Eternel je suis ton médecin » Mais pour cela il  y a une condition préalable: « Si tu obéis à la parole de l’Eternel ton D. »

En effet, l’application des Mitsvoth, est en soi une véritable thérapie. Elle permet au fidèle de

conserver sa santé par le fait qu’en développant sa volonté en ne succombant pas à la moindre tentation, en cultivant le pouvoir de se dire « non » à soi même, il ne consommera que les produits qui l’aideront à conserver sa santé. La Torah  fait évoluer l’homme dans un état mental saint. Elle préserve l’homme de la jalousie de la haine, du stress,  de l’avarice, de l’inquiétude, de l’insécurité. Tous ces défauts contribuent à ruiner la santé de l’homme et abrège sa vie. Quiconque observe honnêtement la torah dans son véritable esprit, résiste sans difficulté à la nourriture qui détraque la santé. La cachrouth est fondée sur la sainteté du corps. L’observance du repos du chabbath contribue aussi à ressourcer le Juif et lui donner les forces pour affronter une nouvelle semaine. Celui qui vit selon les mitsvoth sait exactement ce qu’est la joie de vivre, la joie de l’application de la mitsva,  Tout dans la Torah contribue à préserver la santé de l’homme c’est dans ce sens qu’elle constitue une véritable médecine préventive.   

  

Le Rav Harboun

 

 

 

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10 janvier 2011 1 10 /01 /janvier /2011 09:37

 
 
"La civilisation a, envers le judaïsme, une dette qu’elle ne pourra jamais rembourser"

Je voudrais m’adresser à vous aujourd’hui en tant qu’historien, car il me semble que l’État d’Israël a cumulé plus d’histoire au cours de ses 62 années que de nombreux autres pays de la planète n’ont eu en six cents. Il y a beaucoup de choses surprenantes à propos de cette minuscule, héroïque, courageuse nation de la taille du Pays de Galles, mais le plus étonnant, c’est qu’elle a survécu à tout. Le lendemain même quand l’ONU a déclaré l’Etat d’Israël en 1948, cinq pays arabes ont attaqué, et depuis ce temps il ne cesse de lutter pour son droit à l’existence. Et c’est pourquoi nous sommes ici aujourd’hui, à réaffirmer le droit d’Israël à la légitime défense, inhérent à tous les pays légitimes.

Du Maroc à l’Afghanistan, de la Mer Caspienne à Aden, 5.25 millions de miles carrés de territoire appartenant aux membres de la Ligue des pays arabes abritent plus de 330 millions de personnes, tandis qu’Israël couvre seulement huit mille miles carrés et abrite sept millions de citoyens, un cinquantième de ce que sont les Arabes.

Bien que les Juifs de la Terre Sainte soient ainsi entourés par des Etats hostiles 650 fois la taille de leur territoire et cinquante fois celle de leur population, et que leur tout dernier et grand espoir est de mettre fin à deux millénaires de persécution internationale, l’État d’Israël a d’une manière ou d’une autre survécu. Lorsqu'au cours de la Seconde Guerre mondiale, l’île de Malte a passé trois années terribles de bombardement et de destruction, elle a reçu à juste titre, la médaille George pour sa bravoure, et aujourd’hui, on devrait décerner une décoration similaire à Israël pour défendre la démocratie, la tolérance et les valeurs occidentales contre un meurtrier assaut qui a duré vingt fois plus longtemps.

Jérusalem est le site du Temple de Salomon et d’Hérode. Les pierres d’un palais érigé par le roi David lui-même sont encore actuellement déterrées juste à l’extérieur des murs de Jérusalem. Tout ce qui rend un État-nation légitime, l’effusion de sang, le sol labouré, deux millénaires de résidence continue, les accords internationaux, plaide pour le droit d’Israël à exister, mais qui est toujours refusé par la Ligue arabe. Pour beaucoup de leurs gouvernements, qui sont assez riches et auraient pu résoudre sur le plan économique depuis des décennies le problème des réfugiés palestiniens, il est utile de disposer d’Israël comme bouc émissaire pour détourner l’attention de la tyrannie, l’échec et la corruption de leurs propres régimes.

La vérité tragique est que cela convient très bien aux Etats arabes d’avoir les Palestiniens qui endurent le statut de réfugiés permanents, et chaque fois qu’Israël a mis en avant des solutions réalistes, elles ont été contrecarrées par ceux dont les intérêts visent la destruction d’Israël avant le véritable bien-être des Palestiniens. Tant le roi Abdallah Ier de Jordanie et Anouar el-Sadate d’Egypte ont été assassinés alors qu’ils tentaient de parvenir à une forme de compromis avec un pays que la plupart des gens sains d’esprit acceptent maintenant qu’il ne devra pas disparaître.

Winston Churchill en 1920, a écrit:

"Nous devons aux Juifs, un système d’éthique qui, même s’il était entièrement séparé du surnaturel, serait incomparablement le bien le plus précieux de l’humanité, valant en fait le fruit de la sagesse et de l’expérience réunies. La contribution juive à la finance, la science, dans les arts, les universités, le commerce et l’industrie, la littérature, la philanthropie et la politique a été étonnante relativement à leur nombre infime. Bien qu’ils constituent moins de la moitié de un pour cent de la population mondiale, entre 1901 et 1950 les juifs ont remporté 14% de tous les Prix Nobel de littérature et des sciences, et entre 1951 et 2000 les juifs ont remporté 32% des Prix Nobel de médecine, 32% de physique, 39% de l’économie et 29% pour la science. Ce, en dépit de tant de leurs plus grands esprits qui sont morts dans les chambres à gaz".

La civilisation doit au judaïsme une dette qu’elle ne pourra jamais rembourser, et soutenir le droit a l’existence d’une patrie juive est le strict minimum que nous puissions fournir. Pourtant, nous avons tendance à traiter Israël comme un lépreux sur la scène internationale, en le menaçant de boycott universitaire, alors que s’il a construit un mur de séparation uniquement pour se défendre, ce qui a jusqu’ici réduit les attentats-suicides de 95% depuis trois ans.

C’est une honte qu’aucun haut membre de la Famille Royale n’ait jamais entrepris une visite officielle en Israël, comme si le pays était encore en quarantaine après six décennies. Sa Majesté la Reine est sur le trône depuis 57 ans et aux cours de toutes ces années, elle a effectué 250 visites officielles dans 129 pays, alors qu’elle n’a pas encore mis les pieds en Israël. Elle a visité 14 pays arabes, de sorte qu’il ne peut pas être dit qu’elle n’a pas été dans la région. Bien que la mère du prince Philip, la Princesse Alice, soit enterrée sur le mont des Oliviers en raison de son statut de Juste parmi les Nations, le Foreign Office a ordonné que la visite sur la tombe de sa mère en 1994, doive être faite uniquement à titre privé. Les visites royales sont l’un des moyens pour conférer la légitimité des nations, et le Gouvernement de coalition devrait avec le Ministère des Affaires y mettre fin – de facto boycotter.

Après l’Holocauste, le peuple juif a reconnu qu’il devait avoir son propre État, une patrie où il pourrait toujours être à l’abri d’une répétition de telles horreurs. Le fait de faire confiance à la Civilisation occidentale de nouveau, n’allait pas suffire. Depuis, Israël a dû se battre pas moins de cinq guerres pour sa propre existence.

Il a été sur la ligne de front dans la guerre contre le terrorisme en luttant pour l’Occident, des décennies avant que le 9/11 ou le 7/7 ne se produisent. L’Islam radical n’acceptera jamais l’idée d’un État israélien, de sorte que la lutte est susceptible de continuer pour encore soixante ans, mais les Juifs savent que cela est moins dangereux que de confier leur sécurité à quelqu’un d’autre.

Très souvent, en Grande-Bretagne, en particulier lorsqu’ils sont confrontés à une écrasante majorité anti-israélienne qui est endémique dans nos médias libéraux et à la BBC, nous n’arrivons pas à nous demander ce que nous aurions fait à leur place ? La population du Royaume-Uni constituée de 63 millions de personnes, est neuf fois supérieure à celle d’Israël. En juillet 2006, pour prendre un exemple au hasard, le Hezbollah a franchi la frontière du Liban, pénétrant en Israël, tuant huit patrouilleurs et en enlevant deux autres, et cet été là, il a tiré quatre mille roquettes Katioucha sur Israël, tuant quarante trois civils de plus.

Maintenant, si nous multiplions ces chiffres par neuf pour obtenir l’équivalent britannique, imaginez ce que nous ferions si une organisation terroriste basée au plus près de Calais faisait feu avec six mille roquettes sur le Sussex ou le Kent, tuant 87 civils britanniques, après avoir tué soixante-douze militaires britanniques lors d’une embuscade et après en avoir capturé dix-huit. , notre gouvernement ne reculerait devant rien, pour protéger les sujets britanniques dans de telles circonstances, et il aurait tout à fait raison. Pourquoi devrait-on s’attendre à ce que Israël se comporte différemment ?

Au cours de recherches pour mon dernier livre sur la Seconde Guerre mondiale, j’ai récemment visité Auschwitz – Birkenau. En marchant le long d’une rangée de cabane et le long de la voie de garage du chemin de fer où leurs aïeuls avaient été obligés de travailler, où ils avaient été affamés, battus, gelés et gazés à mort, il y avait un groupe d’écoliers juifs, dont l’un portait sur son épaule le drapeau israélien, une étoile de David sur fond blanc. C’était un spectacle très émouvant, car c’était l’indépendance souveraine qui était représentée par ce drapeau garantissant que l’obscénité de génocide qui avait tué six millions de personnes dans Auschwitz et d’autres camps – n’arriverait jamais plus au peuple juif, auquel le reste de la civilisation doit tellement.

J’ai dit au début que je vous parlais comme un historien et donc je déclare :

Aucun peuple dans l’Histoire n’a eu besoin autant du droit à l’autodéfense et à la légitimité plus que le peuple juif et Israël et c’est ce que nous demandons, ici et aujourd’hui.

Andrew Roberts, historien et écrivain, membre du Parlement britannique. Discours à la Chambre des Communes du Royaume Uni.

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