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6 mars 2011 7 06 /03 /mars /2011 16:39

Esther à Assuerus

 

" O Dieu, confonds l’audace et l’imposture.

Ces Juifs, dont vous voulez délivrer la nature,

Que vous croyez, Seigneur, le rebut des humains,

D’une riche contrée autrefois souverains,

Pendant qu’ils n’adoraient que le Dieu de leurs pères,

Ont vu bénir le cours de leurs destins prospères.

Ce Dieu, maître absolu de la terre et des cieux,

N’est point tel que l’erreur le figure à vos yeux.

L’Eternel est son nom. Le monde est son ouvrage ;

Il entend les soupirs de l’humble qu’on outrage,

Juge tous les mortels avec d’égales lois,

Et du haut de son trône interroge les rois. "

                                                                                               Jean Racine

 h pourim pourim c est quoi 275x207

La fête de Pourim, le 14 Adar (Dimanche 20 Mars), est la célébration du miracle qui a sauvé le peuple juif en Perse, vers l’an 480 avant l’ère courante. L’histoire de Pourim est racontée dans le livre d’Esther.

Histoire de Pourim

Peu de temps après la construction du Second Temple, il restait une forte population juive en Perse, dont Suse était la capitale. Le roi Assuérus (485 à 465 avant l’ère courante), petit-fils de Cyrus, après avoir répudié son épouse Vashti, choisit pour nouvelle reine la belle Esther. Mais Esther n’avait pas révélé au roi qu’elle était juive, sur les conseils de son oncle Mordékhaï. Ce même Mordékhaï, dans ce temps-là, avait sauvé la vie du roi en ayant déjoué le complot de ses gardes contre le souverain. Le fait fut inscrit dans les annales du royaume.

Haman l’amalécite, un homme orgueilleux et cruel, était le conseiller du roi ; et il haïssait Mordékhaï, car ce dernier avait refusé de se prosterner devant lui, les Juifs ne se prosternant que devant Dieu. Il en conçut une haine pour le peuple juif entier, et complota pour le détruire en un discours malheureusement trop connu : « Il y a dans toutes les provinces de ton royaume un peuple dispersé et à part parmi les peuples, ayant des lois différentes de celles de tous les peuples et n’observant point les lois du roi. Il n’est pas dans l’intérêt du roi de le laisser en repos. » (Est 3,8)

Et le roi lui confia le soin de faire ce que bon lui semblerait. Haman, muni du sceau du roi, envoya dans toutes les provinces l’ordre de massacrer les Juifs le 13 Adar, date qu’il avait tirée au hasard.

Mordékhaï persuada Esther de parler au roi au nom du peuple juif. Pour s’apprêter à risquer sa vie en allant voir le roi sans avoir été convoquée, Esther passa trois jours en prière et en jeûne et avait demandé à tous les Juifs d’en faire autant. Le roi la reçut avec bienveillance, elle demanda à parler lors d’un festin qu’il organiserait le lendemain.

Ne pouvant dormir, le roi se fit lire les annales du royaume, où on lui rappela comment Mordékhaï avait déjoué la conspiration contre lui, et qu’il n’avait été fait aucune récompense à cet homme. Au matin, il demanda à son conseiller Haman quel traitement il se devait de réserver à un homme qu’il souhaitait honorer. Haman donna son avis en croyant que le roi pensait à lui : une parade en ville sur le cheval du roi. Assuérus lui ordonna alors de faire ce qu’il avait dit pour Mordékhaï.

Le soir, lors du festin, le roi demanda à Esther quelle était sa requête, qu’il promettait de lui accorder d’avance. Esther lui demanda la survie ainsi que celle de son peuple, que Haman avait condamnées. C’est ainsi qu’Assuérus publia un nouvel édit pour annuler celui de Haman, qui fut pendu sur la potence qu’il avait lui-même dressée pour Mordékhaï.

Le peuple juif, sauvé, passa du deuil à la réjouissance ; on célébra des fêtes. C’est ainsi que fut instaurée, le 14 Adar, la fête de Pourim.

Pourim dans le judaïsme

La fête de Pourim a une signification fondamentale dans le judaïsme. Le miracle de Pourim stigmatise l’espoir que les Juifs gardent toujours dans ces épreuves.

Le rouleau d’EstherIl est un fait particulièrement marquant au sujet du Livre d’Esther : il s’agit du seul texte de la littérature juive sacrée dans lequel pas une fois il n’est fait mention de Dieu. Plus exactement, Dieu n’est pas cité explicitement, mais par de nombreuses allusions subtiles dans le récit. C’est que, si Pessah est l’histoire de la libération du peuple juif par de grands miracles surnaturels, Pourim est la délivrance invisible, l’action cachée de Dieu à l’intérieur des lois de la nature. Par leur seule prière, les juifs du temps d’Esther furent sauvés ; aujourd’hui seul le croyant qui place toute sa confiance en Dieu, peut reconnaître la vraie grandeur du miracle.

C’est même le sens de nom de la fête. Pourim, la fête des "hasards", exprime l’idée que précisément, rien n’est laissé au hasard par Dieu. Ce qui semble être, à première vue, une conséquence de l’histoire, un enchaînement d’événements fortuits, n’est en fait que le moyen choisi par Dieu pour déployer Son Œuvre de Bien.

 

 

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3 mars 2011 4 03 /03 /mars /2011 10:01

tsedakaNous avons tourné quelques pages de notre calendrier et voilà qu'une nouvelle saison de fête s'annonce bientôt : Pourim puis Pessa'h approchent à grands pas. Ces jours requièrent une préparation. C'est dans ce but que nous entamons, cette semaine, une ascension en quatre étapes afin de nous améliorer. Durant quatre Chabbat, nous lisons une section spécifique de la Torah, en anticipation de la rédemption spirituelle que nous espérons atteindre ce Pourim et ce Pessa'h.

En bref, voici ce que sont ces quatre étapes:

Parachat Chekalim: le commandement de verser une fois par an un demi chekel destiné à la trésorerie du Temple.

Parachat Za'hor: l'obligation d'annihiler la nation impie d'Amalek.

Parachat Para : la purification rituelle obtenue par l'intermédiaire de la dispersion des cendres de la Vache Rousse.

Parachat Ha'hodech : la Mitsva de sanctifier la nouvelle lune et l'obligation de consommer de la Matsa et des herbes amères au Séder de Pessa'h.

Cette semaine, donc, nous lisons la Parachat Chekalim qui se concentre sur le premier pas qui nous conduira vers la rédemption personnelle : la charité, le processus commence-t-il par l'aide apportée à autrui?

Il ne fait aucun doute que la bonté, la charité et la générosité constituent des ingrédients vitaux pour la quête personnelle de spiritualité. Mais ces qualités en sont-elles le point de départ? Et qu'en est-il du combat contre notre penchant négatif (deuxième étape), de la purification de notre être en acceptant le joug divin (troisième étape) ou de l'humilité et d'un renouveau (quatrième étape)? Ne semble-t-il pas plus important de purifier notre propre intériorité avant de nous occuper d'autrui?

L'homme va travailler tous les jours pour obtenir des revenus convenables. Bien souvent, il s'immerge totalement dans cette poursuite de la richesse. C'est la raison pour laquelle les revenus sont si précieux. Après tout, le sang même de notre vie s'écoule dans chaque centime que nous gagnons. Quand nous en pre­nons une part et la donnons à la Tsédaka (la charité), nous donnons un sens et une signification à tout notre travail hebdomadaire. Nous prouvons que nous sommes désireux de donner à D.ieu notre essence même. Nos Sages insistent énormément sur les qualités de la Tsédaka allant jusqu'à dire qu'elle est équivalente à toutes les autres Mitsvot combinées! Rabbi Chnéor Zalman de Lyadi  explique que là où chaque Mitsva a pour but d'introduire la sainteté dans une partie spécifique de notre être, le membre particulier qui accomplit la Mitsva, la Tsédaka fait exception à cette règle. Les quelques pièces que nous réservons à la boîte de Tsédaka ou le chèque que nous adressons à une œuvre de bienfaisance ont la capacité de sanctifier notre être tout entier. Pour pouvoir commencer un processus de rédemption, il est donc tout d'abord nécessaire d'imprégner la journée entière d'une aura de sainteté. Ce n'est qu'alors que l'on peut affronter avec succès tous les combats que nous ne manquerons pas de rencontrer dans ce voyage plein de défis mais aussi de satisfactions. La charité a l'aptitude d'imprégner l'ac­tivité professionnelle la plus concrète d'un but saint. Et gardons en tête que l'on ne perd jamais rien en donnant de la Tsédaka.

Les fondations en argent

La Paracha Pekoudeï s'ouvre sur l'énumération des différents matériaux offerts par le peuple d'Israël pour l'édification du Michkan, le Sanctuaire portatif qui abritait la Présence Divine dans le camp des Juifs, durant leur voyage dans le désert. Ces dons incluaient de l'or pour les ustensiles du Michkan (la Ménorah, l'Arche etc.) et le placage de ses murs, de l'argent utilisé pour les socles de fondation dans lesquels les panneaux des murs étaient insérés, du cuivre utilisé pour la fabrication de l'Autel et du Bassin d'Ablutions etc., quinze matériaux en tout. Pour quatorze de ces quinze matériaux, chaque Juif donnait ce qu'il choisissait et combien il désirait. Le type et les montants donnés ne dépendaient que des ressources et de la générosité des individus qui faisaient ces dons. L'unique exception était l'argent utilisé pour les fondations du Michkan. Ici, D.ieu avait commandé que chacun donne exactement la moitié d'un chékel d'argent: «le riche ne donnera pas plus et le pauvre ne donnera pas moins» (Chemot 30:15).

Chaque personne est différente de l'autre: nous différons par notre intellect, notre caractère, nos talents et notre sensibilité. Mais nous sommes tous égaux à la base de notre relation avec D.ieu, notre engagement profond pour Lui. Ainsi, alors que nous contribuons chacun à la fabrication des différents composants du Sanctuaire selon nos aptitudes individuelles, nous donnons tous la même quantité d'argent qui permettra de construire les fondations. En ce qui concerne les fondations de la relation entre nous et D.ieu, le riche ne peut donner plus et le pauvre ne peut donner moins puisque nous possé­dons tous de manière égale cet engagement intrinsèque. C est sur ces fondations que nous construisons chacun notre édifice individuel, une résidence pour D.ieu faite de nos talents, nos aptitudes et nos ressources spécifiques. Les fondations constituent la partie la plus basse, la moins visible de l'édifice. Parfois elles sont enfouies, invisibles, dans le sol. Mais ce sont les fondations d'argent d'un engagement absolu et immuable qui sont la base et le support de tout le reste.

D’après un discours du Rav de Loubavitch

 

 

 

Et puis, nous avons une pensée fraternelle et affectueuse pour notre ami Laurent Morde'haï SOTTO

actuellement hospitalisé et pour qui nous adressons à D.ieu nos prières pour un rétablissement.

 

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2 mars 2011 3 02 /03 /mars /2011 10:00

II y a toujours quelque chose de profondément réjouissant lorsque les tyrans, souvent sanguinaires, vacillent. Il est toujours réconfortant de pouvoir se dire que, au-delà des incantations rituelles, les peuples sont vraiment souverains et que, pour peu qu'ils élèvent la voix, tout cède devant leur volonté. Certes, nul ne sait sur quoi déboucheront les mouvements de colère qui agitent une large partie du monde.

 

Nul ne sait si l'issue finale sera celle d'une paix et d'une liberté nouvelles ou si les lendemains rêvés seront vite confisqués par tous ceux que les beaux rêves effraient et qui, de-ci de-là, laissent déjà poindre leurs hideux visages.

 

Mais il faut sans doute savoir donner sa chance au bonheur. Les peuples se soulèvent et leur expression massive constitue témoignage.

 

 Le peuple juif, tout au long de sa longue histoire, a vu grandir et aussi tomber les monarques orgueilleux et les despotes sûrs de leur destin exceptionnel, de toutes sortes et de tous horizons.

 

 Il a comme une certaine expérience de ces choses ainsi que la compréhension de la vindicte des peuples outragés. Les regarder, c'est aussi vivre en soi un mouvement du même type.

Car l'homme même n'est-il pas, pour reprendre l'expression des Sages, un «petit monde» ?

 

Comme si les événements autour de nous ne pouvaient que soulever de bien forts échos dans la conscience de chacun ?

 

 Comme si la liberté de tous ne pouvait être que la résultante de celle conquise par chacun ?

 Et si tout justement commençait par là…

 

Si tout commençait, dans notre esprit et dans notre âme, par une grande voix qui monte, par l'expression de notre volonté souveraine et absolue, pure expression de ce que nous sommes ?

 

 C'est qu'un tyran spirituel est depuis toujours à l'œuvre pour nous enchaîner. Sans cesse, il entrave les mouvements naturels du cœur et la pensée pour mieux décourager l'action.

 

 Historiquement, il s'est appelé Amalek, Haman etc. En nous, il est ce qui détourne de la voie droite, la «route royale», tracée par D.ieu, qui mène de la création du monde à son aboutissement ultime. Mais rien ne résiste à la volonté. Il est enfin temps que le tyran cède la place. Voici venir le moment vrai de la Liberté.

 

                                                                                              Haim NISENBAUM

 

 

 

           

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28 février 2011 1 28 /02 /février /2011 09:24

Cette semaine encore, l’actualité internationale est occupée par la révolte des peuples dans le monde arabo musulman.

 

Cette semaine, les images  venues de Lybie nous ont montré le vrai visage du « Despote de Tripoli ».

Tous les médias se sont fait l’écho des massacres perpétrés par le dictateur en place, Mouhamar Khadafi, qui n’a pas hésité à faire tirer sur son peuple.

 

Il y aurait près de 2000 morts aujourd’hui !

 

Une fois encore, les experts internationaux paralysés par la prudence et la diplomatie du compromis, n’avaient rien vu venir !

 

Les images du « fou de Tripoli » et des massacres perpétrés ont évidemment entraîné des condamnations mais combien de morts faut-il pour que le prix du sang atteigne celui du baril de pétrole ?

 

Combien de compromis a-t-il fallu pour que celui qui, depuis 42 ans additionne les actes terroristes, reçoit des cadeaux honteux, soit enfin présenté sous son vrai visage ?

Combien de sang a arrosé le désert de Lybie ?

 

 

Nombreux furent ceux qui, comme le dit Guy Sitbon, « ont fait d’un bandit de grand chemin, un héros de la liberté. Aujourd’hui, comme jadis les passagers du Vol UTA et ceux du Boeing PANAM, les libyens paient cher ce silence complice. »

 

Toutes ces images d’horreur, j’en étais persuadé, devaient soulever les peuples démocrates et les combattants pour les Droits de l’Homme.

 

Ces massacres auraient dû provoquer, dans toutes les capitales libres, des manifestations de solidarité avec ce peuple qui cherche à se libérer de la dictature.

 

Ce sang versé aurait dû faire hurler les « Indignés ».

 

Et bien rien !

 

J’ai cherché, j’ai scruté et je n’ai rien trouvé.

 

Les médias ont joué leur rôle mais les bienpensants et « les indignés sélectifs » n’ont pas manifesté.

 

L’extrême gauche n’a pas défilé dans les rues de Paris. Les altermondialistes n’ont pas appelé au boycott et aux sanctions. Les soi-disant militants pour la Paix ne se sont pas mobilisés.

 

Force est de constater que leurs cerveaux programmés, à force de propagande organisée, n’ont pas de neurones disponibles pour toute l’humanité.

 

Leur programme a été bloqué sur Gaza et la Palestine qu’ils appellent « occupée ». Leur héros Stéphane Hessel ne sait plus s’indigner pour le sang qui coule sous le coup des dictateurs arabes. Il n’a d’indignation que pour l’indignation qui le fait exister !

 

Alors, nous, véritables porteurs du désir de liberté des peuples, nous appelons les peuples opprimés à se libérer.

 

Nous serons toujours du côté de la liberté, car notre peuple a toujours été seul et abandonné lorsque les dictateurs étaient installés.

 

Nous continuerons à être fiers d’Israël et de sa démocratie qui, dans une région en pleine mutation, est le seul exemple du vivre ensemble et de la Liberté.

 

Gil TAIEB

 

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25 février 2011 5 25 /02 /février /2011 15:01

Comment cela a-t-il pu arriver ?

Par Philippe Meyer*

  

  Beaucoup a été dit et écrit sur les incertitudes, les risques et cet étrange mélange d’espoirs et de craintes nés de ce « printemps arabe ».

 

Beaucoup de questions, et peu de réponses. Personne ne sait à ce jour où ce triomphe de la rue va mener la Tunisie, l’Egypte, et tous les autres prétendants à cette supposée révolution des peuples. Des régimes militaires vont-ils à nouveau émerger ? Des régimes islamiques vont-ils finalement prendre le pouvoir ? Ou de vraies démocraties peuvent-elles voir le jour ?

 

Ou alors des anarchies généralisées ? Chacun pourra spéculer et disserter, mais à ce stade de l’histoire, nous n’en sommes qu’à devoir faire des paris. Rien de plus. Le flou est trop épais l’instabilité est trop forte, et le processus n’est pas achevé. Prudence et patience.

 

Il semble ainsi préférable dans un premier temps de s’interroger pour savoir ce qui s’est réellement passé plutôt que de ce qui va se passer. Ou plus précisément, comment tout cela a-t-il pu arriver ?

Comment a-t-il été possible que des régimes militaires parmi les plus durs au monde, et en tout cas le régime le plus musclé du Moyen-Orient qui disposait d’une armée ayant bénéficié depuis des décennies d’une aide américaine massive, se soient effondrés comme des châteaux de cartes face à des civils désarmés et sans réellement livrer bataille?

 

Il y a d’abord ce désespoir des populations, et en particulier des jeunes, abandonnés par des régimes aveugles à une situation économique et sociale désastreuse et sans avenir. La misère et la faim ne peuvent être contenues et cachées éternellement dans un monde où internet et les réseaux sociaux font instantanément diffuser l’information, permettent de se sentir moins seuls et de s’organiser à l’abri de la terreur. L’Egypte a un Produit Intérieur Brut par habitant de 5500 dollars avec 55% de sa population qui a moins de 25 ans. Une poudrière, qui a finalement explosé.

 

Il y a ensuite ces autocraties policières, sclérosées et corrompues, en place depuis plusieurs décennies sans réelles oppositions, sans réelles élections et sans réelles libertés. Vingt ans de règne et d’oppressions pour celui-ci, trente ans ou quarante ans pour celui-là. Le moyen-âge est révolu.

 

Il y a enfin le rôle capital joué par les Etats-Unis et leur Président Barack Obama. Comme Carter l’avait fait avant lui en 1979 en lâchant le Shah d’Iran, avec les conséquences que l’on sait, Obama a lâché Ben Ali et Moubarak, des alliés stratégiques et historiques des Etats-Unis, sans le moindre scrupule et dans un esprit d’irresponsabilité totale. Alors qu’il n’avait pas réagi aux premiers soulèvements en Iran il y a quelques mois, il n’a pas hésité à appeler tous les jours au départ de celui qui était pourtant un pilier incontournable de la politique américaine au Proche-Orient. Sans cet acharnement et fort de l’influence américaine sur l’armée égyptienne, les choses ne se seraient évidemment pas déroulées de cette manière. Du lâchage au lynchage il n’y a eu qu’un pas, qui a été franchi par des foules revigorées par un soutien américain inédit. La propagation des tensions vers les autres pays arabes, dont récemment le Yemen, Barhein ou la Libye, n'en a été que plus forte. Il sera encore largement temps de revenir plus tard sur les raisons de cet abandon de Mubarak aux conséquences encore incalculables, mais l’histoire jugera. Si Obama a pu sacrifier un tel allié aujourd’hui, à qui le tour demain ? Sans compter que cette décision de la Maison Blanche s’est faite dans un silence complice de bon nombre de capitales occidentales qui n’avaient pourtant jusque là pas de mots assez forts pour encenser leurs « amis », souvent intimes, désormais déchus. Le suivisme n’est pas une politique.

Quelles leçons tirer de ce cocktail explosif fait de misère économique, de dictature politique et de lâchage américain, et qui a effectivement mis le feu aux poudres ? Et bien qu’Israël peut et doit être fier de son dynamisme économique et de sa démocratie, et qu’il doit dans le même temps conserver une vigilance absolue face aux exigences d’un allié américain devenu aussi imprévisible et donc dangereux. Face à cette instabilité sans précédent dans le monde arabe, les Etats-Unis devraient s’appuyer et appuyer la seule démocratie de la région pour construire l’avenir. Au moment où les régimes voisins vacillent sans savoir encore vers quoi, où l’Iran multiplie les provocations avec des menaces qui se précisent, où les palestiniens semblent également entrer en zone de turbulence à l’approche d’élections à hauts risques, et où le Hamas et le Hezbollah veulent éviter le sort de la révolte populaire en se radicalisant face à cet Etat juif qu’ils veulent détruire, l’encerclement d’Israël se rapproche à vitesse élevée et l’attitude du « grand frère » américain sera capitale. Au vu des évènements récents en Egypte, comment être rassuré ?

 

Les liens forts, indispensables et nourris d’intérêts réciproques depuis plus de soixante ans entre Israël et les Etats-Unis sont et resteront une réalité indiscutable. Il n’en demeure pas moins que ce locataire de la Maison Blanche semble, à cet égard, bien différent de ses prédécesseurs immédiats. Plus qu’un choix, la fermeté des dirigeants israéliens en devient une nécessité. Israël doit d’abord compter sur soi-même et fait désormais face à des défis plus importants que jamais. C’est fort de son armée, de sa démocratie et du soutien des communautés juives dans le monde qu’il saura les relever.

 

* Directeur de la publication Information Juive

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24 février 2011 4 24 /02 /février /2011 09:21

Mishkan1

Parfois la paracha Vayakel est séparée de Pékoudey, parfois elles sont liées, cela dépend de notre calendrier. Cette année 5771 étant une année dite embolismique, c'est-à-dire de 13 mois, (en hébreu on dit méôubéreth "enceinte"), alors les deux sidroth sont séparées. Pour autant elles demeurent liées par le même thème la construction du mishkan, du sanctuaire du désert, et des habits des cohanim des prêtres.

 

La force du repentir

La paracha de la semaine commence par ces mots : « Moïse rassembla toute la communauté de témoignage des enfants d’Israël. »

Nos sages enseignent que toute réparation de faute doit être du même ordre que la faute commise. Si quelqu’un faute en mangeant non kasher, alors il réparera en mangeant dorénavant kasher ; si quelqu’un faute par le non respect du Shabbath, il corrigera en respectant le Shabbath etc. Ici, le rassemblement avait une fonction pédagogique importante, il s’agissait de corriger la faute du veau d’or. En effet, la paracha ki tissa nous avait appris que « tout le peuple se rassembla autour d’Aaron » pour lui demander la fabrication du veau d’or.

Pris de panique par l’absence de Moshé (toujours le danger des charismatiques), le peuple voulut trouver un substitut dans cette idole d’or fondu.

En fait, le peuple avait exprimé son désir d’une divinité en offrant le métal précieux. La réparation (tikoun) devait être du même ordre, à savoir canaliser la ferveur du don vers le service authentique de l’Eternel (avodat Hachem lichma).

C’est pourquoi Moïse demanda au peuple de se rassembler, mais cette fois-ci pour offrir l’or, l’argent, les tissus, pour l’érection du temple portatif (michkan). La Torah est un livre honnête. Elle raconte la grandeur et les faiblesses d’Israël qui sont les faiblesses de tout homme ou de toute société. A aucun moment, la Tradition n’a voulu occulter les fautes des explorateurs, de David, etc. L’homme doit assumer sa mémoire. C’est ainsi que l’on réalise la téchouva, le repentir. Car derrière la faiblesse, se trouve, de nouveau, la grandeur, celle de se ressaisir pour monter plus haut. Comme disent nos sages, les fautes du veau d’or ou celle de David ne furent mentionnées que nous enseigner la valeur de la téchouva. Par ce nouveau rassemblement dans le servir l’Eternel, Israël montrait sa volonté de s’amender.

Le pardon de la faute idolâtre fut accordé le 10 du mois de tichri. Il devint pour les générations futures le jour de l’expiation de l’Eternel pour tous ceux qui reviennent sincèrement vers Lui.

Philippe Haddad

 

 

 

 

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23 février 2011 3 23 /02 /février /2011 08:52

 Guy Millière © Metula News Agency -

 

Les événements qui secouent l’Egypte, et qui sont loin d’être achevés, sont dangereux pour Israël. Ils n’allumeront pas sur une guerre, mais ils impliqueront que la frontière sud de l’Etat hébreu sera à surveiller de beaucoup plus près encore, et que la séparation entre Gaza et l’Egypte sera bien plus poreuse qu’elle ne l’est déjà.
 
Ils devraient impliquer, dans les mois à venir, une remise en cause du traité de paix signé voici trente-deux ans entre le Caire et Jérusalem. Il n’est pas un seul candidat en puissance aux élections présidentielles égyptiennes promises pour septembre qui entende, de fait, laisser le traité tel qu’il est.
Israël sera plus isolé, et pourra sembler dans une situation de péril bien plus grand qu’actuellement. Entre le Hamas au Sud, le Hezbollah, qui tient désormais le Liban, au Nord, le basculement de la Turquie, l’intransigeance de la Syrie appuyée par l’Iran, qui avance vers l’arme nucléaire, et le glissement de l’Egypte vers un changement graduel d’alliances et vers un désordre durable, rien ne paraît prometteur. D’autant plus qu’Obama est à la Maison Blanche, et que, s’il use d’une autre musique depuis qu’il est en situation de cohabitation avec un Congrès qui a basculé largement du côté Républicain, il chante toujours la même chanson.
 
Je pense, cela dit, qu’il n’y a pas motif à désespérer mais plutôt, que les raisons sont réunies de tenir un discours de vérité : celui qu’on tient lorsqu’on n’a pas d’autre choix et qu’il faut regarder le soleil en face, sans cligner des yeux.
 
Le monde musulman est un monde instable, pétri de pathologies, et pas du tout sur le point d’en sortir, contrairement à ce que des rêveurs disent ici ou là. Les traités déjà signés avec lui, pas uniquement celui signé avec l’Egypte, sont de simples morceaux de papier ayant la valeur du papier usagé. Israël n’est aujourd’hui au bénéfice d’aucun traité de paix digne de ce nom, et ne possède aucun « partenaire pour la paix » dans la région. C’est la réalité. Elle est effroyable, mais elle n’en est pas moins la réalité.
 
Israël ne peut pas compter sur l’Europe, qui a, depuis longtemps, sombré corps et biens et qui continue à pourrir par la tête, comme les poissons avariés.

Israël peut encore compter sur le peuple américain, mais pas sur les Juifs américains, et pas sur le parti Démocrate, qui, année après année, s’imbibe de plus en plus d’idées radicales et « pro-palestiniennes ».
C’est le moment ou jamais de comprendre et de clamer que des négociations ne servent à rien, que des concessions servent moins encore que des négociations, et que, quoi que fasse Israël, Israël sera critiqué et diabolisé ; précisément parce que c’est l’Etat du peuple juif, et que l’antisémitisme reste la pathologie mentale la plus répandue sur la planète.
C’est le moment de comprendre ce que dit Daniel Pipes, avec lequel j’ai passé ces trois derniers jours : la situation est une situation de guerre qui n’a pas cessé, et qui ne cessera que lorsqu’il y aura un vainqueur et un vaincu.
 
Daniel ajoute : « ou Israël se donnera les moyens de gagner, ou Israël disparaîtra ». Il pense que la victoire peut être une victoire psychologique et morale. En ce qui me concerne, je nourris des doutes sur cette proposition.
Tout en étant en guerre avec Israël, le monde musulman craint que la guerre ne devienne une guerre ouverte et franche, sachant qu’Israël dispose de la supériorité technologique et militaire ; Israël devrait s’appuyer sur cette supériorité et tenir un discours ferme, clair, net.
 
Israël devrait dire, sans circonlocutions, pourquoi les négociations sont une imposture, et pourquoi les concessions sont suicidaires.
 
Israël devrait rappeler ce qu’était le Mandat palestinien confié à la Grande-Bretagne par la Société des Nations, refuser les falsifications de l’histoire, dire que les accords d’Oslo sont caducs, en expliquant les raisons pour lesquelles ils sont caducs, et c’est à dessein que j’emploie un mot arafatien.
Israël pourrait ignorer l’Autorité palestinienne, en expliquant les raisons pour lesquelles il ignore l’Autorité palestinienne : l’Autorité palestinienne ne représente personne, et si des élections vraiment libres avaient lieu dans les territoires qu’elle prétend contrôler, le Hamas les gagnerait, or la charte du Hamas ne prévoit pas la moindre transaction avec Israël.
 
Israël devrait dire, à nouveau, qu’il existe déjà un Etat palestinien, le royaume palestinien de Jordanie, qu’il y a déjà vingt-et-un Etats arabes et cinquante-sept Etats musulmans.
 
Israël devrait, en somme, s’affirmer. Et, le cas échéant, saisir la moindre opportunité d’agression pour infliger à ses ennemis une défaite absolue, irrémédiable, indiscutable.
 
Comme le dit Daniel Pipes, l’Allemagne n’a, en Europe, pas considéré avoir été vaincue en 1918. La suite a été le nazisme, la Shoah et la Deuxième Guerre Mondiale. En 1945, l’Allemagne a dû constater qu’elle était vaincue, dans les décombres de ses villes, et on y a organisé le procès de Nuremberg.
 
Le monde musulman doit, à mes yeux, constater, à un moment donné, qu’il est vaincu.
 
Je ne sais s’il faudra pour cela des décombres. C’est possible. Il faut, en tout cas, aboutir, ici ou là, à une reddition sans conditions.
 
Il faudra aussi organiser une forme de procès de Nuremberg pour l’islam radical, le palestinisme, le nationalisme arabe teinté de national-socialisme. Un procès symbolique pourrait d’ores et déjà être organisé.
 
Si Israël parle et agit, ce sera avec la réprobation unanime des ennemis d’Israël et des faux amis d’Israël, mais cela n’est pas grave : le peuple juif a l’habitude d’avoir des ennemis et des faux amis.
 
Israël n’est pas seulement une puissance militaire, c’est aussi une puissance technologique, c’est un pays qui compte économiquement et financièrement. C’est un pays indispensable à l’humanité, sans lequel le monde se détraquerait et perdrait une part cruciale de son capital intellectuel.
 
Les ennemis musulmans d’Israël, pour la plupart, ne savent pas ce que je viens de dire. Les dirigeants occidentaux, Obama en tête, font comme s’ils ignoraient ce que je viens de dire, mais ils le savent en fait fort bien.
Israël a bien plus de moyens de faire front que cela ne se dit ou ne s’écrit. Ces moyens doivent être utilisés. Impérativement. Ou le vainqueur ne sera pas Israël. Et dès lors qu’il faut un vainqueur et un vaincu pour que la guerre cesse…
 
Un monde sans Israël serait un monde irrémédiablement mutilé. Et ce serait un monde dans lequel Israël aurait disparu. Je ne veux pas cette disparition.
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23 février 2011 3 23 /02 /février /2011 08:41

Projet non enregistré 319X327

La Ligue arabe a suspendu l'adhésion de la Libye, alors que les manifestations auraient fait plus de 400 morts. L'ONU a, mardi soir, demandé une enquête internationale, évoquant de "possibles crimes contre l'Humanité.

Mais le "Machin", jamais en retard d'une contradiction, maintient la Libye comme membre de sa commission des droits de l'Homme.

Les ressortissants étrangers cherchent à fuir par tous les pays, alors qu'on apprenait que les voies d'accès à l'aéroport de Tripoli seraient maintenant difficiles d'accès.

Près de 400 français étaient attendus à Roissy mardi soir.

Un peu partout dans le monde, les ambassadeurs libyens font défection et abandonnent leur poste ; cela a été le cas mardi de l'ambassadeur aux USA.

De même, le représentant libyen en Indonésie a démissionné, dénonçant " les soldats qui tuent les manifestants sans merci avec des moyens disproportionnés, des armes lourdes, des avions de chasse et des mercenaires ".

Dans la journée, on apprenait également le départ de diplomates en poste au Bengladesh ou en Chine. La délégation libyenne à l'ONU a appelé Kadhafi à démissionner.

Barack Obama n'a pas encore appelé au départ de Kadhafi. Pourquoi ??

 Gerard Fredj

 

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21 février 2011 1 21 /02 /février /2011 13:41

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Les foules qui ont précipité le départ du président Moubarak n'exigeaient pas uniquement la fin d'un régime inique, corrompu, oppressant et autoritaire. Elles ne protestaient pas seulement contre les privations, le chômage ou même le mépris avec lequel les traitaient leurs élites. Cela fait bien longtemps qu'elles souffrent de tels affronts, privées de nourriture et de parole. Ce pourquoi elles se sont battues est différent, à la fois plus abstrait et plus viscéral.

Le monde arabe est décédé. Les manifestants du Caire cherchent à le ressusciter.

Durant la période qui suivit la fin des années 1950, les Arabes pouvaient au moins se sentir fiers de leur lutte anticoloniale et se satisfaire du prestige de leurs dirigeants. Fiers de savoir que le monde arabe avait un sens et une mission : bâtir des nations indépendantes et résister à la domination étrangère.

Sous la houlette de Gamal Abdel Nasser, l'Egypte connut une économie délabrée et, en 1967, subit une défaite humiliante face à Israël. Néanmoins, Le Caire demeurait le cœur de la nation arabe. Le public arabe pouvait écouter Nasser railler contre l'Occident, le voir nationaliser le canal de Suez et narguer Israël. A la même époque, l'Algérie regagnait son indépendance et devenait le refuge des révolutionnaires du monde entier. L'Arabie saoudite imposait un embargo pétrolier qui secoua l'économie internationale. Yasser Arafat offrait aux Palestiniens une voix et projetait leur cause sur la scène mondiale. Le monde arabe subissant d'ignominieux revers politiques et militaires. Mais il résistait. L'Occident n'appréciait guère les sons émanant du Caire, d'Alger, de Bagdad et de Tripoli. Mais il prêtait attention.

Ce monde a vécu. La politique arabe est devenue muette. Mis à part le fait d'attendre de voir ce que fera le monde extérieur, les régimes arabes n'ont quasiment aucune stratégie vis-à-vis des problèmes qu'ils estiment vitaux pour leur avenir politique. La plupart se sont, au mieux, résignés à l'invasion de l'Irak ; au pire, ils l'ont facilitée. Depuis la guerre, l'influence du monde arabe sur le devenir de cette nation-clé a été négligeable. Sa seule contribution à la cause palestinienne aura été de soutenir un processus de paix auquel il ne croit guère.

Lorsque Israël entra en guerre contre le Hezbollah en 2006 et contre le Hamas deux ans plus tard, la plupart des dirigeants arabes encourageaient discrètement l'Etat juif et misaient sur sa victoire. Leur position vis-à-vis de l'Iran est inintelligible ; ils ont délégué la décision fatidique aux Etats-Unis, les poussant à une attitude agressive tout en les avertissant des conséquences dangereuses de cette approche.

L'Egypte et l'Arabie saoudite, piliers de l'ordre arabe, sont épuisées, dépourvues de toute cause autre que celle de freiner leur propre déclin. Pour l'Egypte, dont l'influence fut longtemps à son apogée, la chute n'en fut que plus brutale. Bien avant les images de la place Tahrir, le régime avait cédé toute prétention de leadership arabe. L'Egypte est absente de l'Irak ; sa politique envers Téhéran se résume à de vagues accusations et insultes. Elle n'a pu remporter son bras de fer avec la Syrie et, au Liban, sa politique s'est soldée par un cuisant échec. Elle ne pèse pas réellement sur le processus de paix israélo-arabe, n'a pas su réunifier le mouvement national palestinien et se voit accusée de complicité dans le siège de Gaza.

Riyad pour sa part n'a pu qu'observer l'ascension graduelle de l'influence iranienne dans la région. Au Yémen, elle fut humiliée en 2009 lorsqu'elle ne put venir à bout de rebelles huthis en dépit de ses innombrables avantages militaires et financiers. Ses tentatives de médiations régionales - entre Palestiniens et Libanais - furent balayées d'un revers de main par des entités locales sur lesquelles il n'y a guère longtemps elle exerçait une forte influence.

Le monde arabe est devenu passif ou, lorsque actif, impuissant. Alors qu'il se faisait auparavant le champion de causes perdues - unité arabe, résistance face à Israël -, désormais il ne combat plus pour rien. La population arabe éprouvait davantage de fierté pour les revers de naguère que pour le renoncement d'aujourd'hui.

Cette population met en cause non seulement les décisions de ses dirigeants mais aussi la manière dont ils les prennent. Là où les Etats-Unis et l'Europe saluent modération et coopération arabe, l'opinion publique perçoit surtout perte de dignité et d'autonomie. A l'indépendance, on a substitué un soutien militaire, financier et diplomatique occidental. Ces relations intimes ont eu des effets dévastateurs. Les Etats arabes souffrent désormais d'un mal plus sinistre que la pauvreté ou l'autoritarisme. Ils sont devenus contrefaits, perçus par les leurs comme inauthentiques.

Les révoltes égyptiennes, tunisiennes ou autres ne peuvent se comprendre sans tenir compte de cette puissante sensation de ne pouvoir être soi-même, de se voir dépossédé de son identité, contraint et forcé d'accepter des politiques aux antipodes de ce que l'on est. En ce sens, manifester dans la rue n'est pas un simple geste de protestation. C'est une déclaration d'autodétermination.

Ceux qui ne se reconnaissent plus dans leurs Etats ont dû chercher ailleurs. Certains sont attirés par des mouvements tels le Hamas, le Hezbollah ou les Frères musulmans, qui résistent et contestent l'ordre dominant. D'autres lorgnent du côté d'Etats non arabes, tels la Turquie - dont le gouvernement islamiste a pu mettre en œuvre une diplomatie dynamique et indépendante - ou l'Iran - qui ignore menaces et injonctions provenant de l'Occident.

L'effondrement de l'ordre arabe bouleverse les rapports de forces. Les pouvoirs traditionnels se voient bousculés par d'autres, émergents, tel le Qatar. Al-Jazira s'est transformée en acteur politique à part entière, précisément parce qu'elle reflète plus fidèlement que d'autres la conscience populaire. Al-Jazira est devenue le nouveau Nasser. Le leader du monde arabe est désormais une station de télévision.

Les soulèvements populaires représentent une autre étape dans ce processus. Ils ont été facilités par un sentiment de confiance accru dans la capacité à tenir tête aux gouvernements, lui-même issu en partie des déboires américains en Irak et en Afghanistan ainsi que de la résistance du Hamas et du Hezbollah face à Israël.

Pour les Etats-Unis et l'Europe, ces révoltes mettent à nu la méprise d'une approche qui aura privilégié ceux des dirigeants arabes qui imitent faits et gestes occidentaux. Ces dirigeants auront été discrédités sans que l'Occident ne puisse en profiter. Plus l'Occident aura aidé Moubarak, plus il aura perdu l'Egypte. Les leaders régionaux sont prévenus : des relations fortes avec Washington ou l'Europe et un accord de paix avec Israël seront d'un piètre secours lorsque aura sonné l'heure de vérité.

Une injection massive d'aide économique visant à stabiliser des régimes chancelants a peu de chance de réussir. Les griefs ne sont pas essentiellement d'ordre matériel et l'un des principaux reproches vise justement la dépendance excessive envers l'étranger. Les appels à la réforme n'auront guère plus de succès. Un messager qui a soutenu le statu quo pendant des décennies ne peut être qu'un piètre apôtre du changement ; qui plus est, l'opinion arabe ne milite pas pour des changements dans la forme mais plutôt pour des transformations sur le fond. Mettre la pression sur les régimes arabes peut produire le contraire de l'effet escompté, permettant aux dirigeants d'accuser les manifestants de faire le jeu de l'étranger et de profiter d'un réflexe nationaliste.

 

En Europe comme aux Etats-Unis, il est coutumier de croire qu'une relance du processus de paix israélo-palestinien pourrait satisfaire l'opinion publique. C'est là à la fois se leurrer et se voiler la face. L'opinion n'a plus foi dans les efforts de paix courants qu'ils estiment plutôt être l'expression d'un agenda étranger. De plus, rien ne dit qu'un accord de paix accepté par l'Occident et les dirigeants arabes le serait également par les Arabes eux-mêmes. Vu les soupçons qui pèsent sur Washington et le discrédit dont souffrent les dirigeants arabes, un tel accord a plus de chances d'être perçu comme inique.

De cette transition inachevée entre monde arabe ancien et neuf, on sait peu de chose. Ce dont on peut être certain, c'est qu'elle donnera voix à un fort désir d'indépendance et de dignité nationale. Les gouvernements se verront contraints de se réinventer ; leurs populations exigeront qu'ils ressemblent davantage à la Turquie d'aujourd'hui qu'à l'Egypte d'hier. Pendant des décennies, le monde arabe aura été systématiquement vidé de tout sentiment de souveraineté, de liberté ou d'honneur. Il aura été vidé de tout sentiment politique. Cette époque est révolue. Aujourd'hui sonne la revanche du politique.

Hussein Agha

 

© Hussein Agha et Robert Malley

 

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17 février 2011 4 17 /02 /février /2011 09:38

Veau d'Or

KI TISSA : Kippour en filigrane

 La paracha de Ki Tissa est connue pour être la paracha de la faute du veau d'or. Croyant Moïse mort, le peuple se rassemble autour d'Aaron pour que celui-ci fabrique une idole. Lorsque Moïse descend du mont Sinaï il constate l'idolâtrie, brise les Tables de la Loi, et fait exécuter, par la tribu de Lévi, quelques trois milles hommes. L'histoire aurait pu en rester là, une grande catastrophe comme il y en eut dans le livre de la Genèse, mais Moïse va surprendre Dieu.

Le temps de la colère

 A la colère de Moïse s'ajoute la colère de Dieu, à cause de l'idolâtrie. Dans la Bible, l'idolâtrie constitue l'un des péchés capitaux. C'est pour la faute d'idolâtrie qu'Esaü, le frère aîné de Jacob, sera disqualifié au profit de son cadet. C'est parce que Salomon épousa des femmes idolâtres qu'au final son royaume éclata à sa mort. Si Israël faute alors qu'il vient de recevoir la Torah, c'est le signe qu'il ne pourra pas jouer son rôle de témoin de Dieu au sein de l'humanité. Pour autant tout le peuple n'a pas fauté, Moïse et la tribu de Lévi sont restés fidèles. Dieu annonce à Moïse qu'une sélection va s'opérer : Israël sera issu de ceux qui sont restés fidèles. La démarche n'est pas nouvelle, Dieu opère souvent par sélection de mérite : Abel contre Caïn, Noé contre la génération du déluge, Abraham contre Sodome, Jacob contre Esaü. Dieu agit en justice.

Quand Moïse change la donne !

L'attitude de Moïse va remettre en cause ce comportement divin. Transcendant sa propre colère, le prophète déclare dans un élan d'amour pour le peuple : "Soit, Tu pardonnes, sinon efface-moi du livre que Tu as écris". C'est la première fois que nous constatons un sentiment de solidarité humaine. Ni Noé, ni même Abraham ne franchirent (ou n'osèrent franchire) le pas. Le dilemme est renvoyé à Dieu.

Et Dieu va pardonner !

1007847Et Dieu révèle un nouvel attribut : la miséricorde. Rahamim, de la racine rehem "matrice, utérus", la miséricorde s'entend comme donner une nouvelle vie, c'est-à-dire une nouvelle chance à celui qui a fauté, qui a connu une certaine "mort" spirituelle.

Dieu révèle à Moïse ce que la tradition nomme les 13 attributs de miséricorde  et qui commence par : « Le SEIGNEUR passa devant lui en proclamant : Éternel, Éternel (YHWH, YHWH), Dieu compatissant et clément, patient et grand par la fidélité et la loyauté,… » (Exode 34, 6). Ce verset presque tous les juifs l’ont entendu ne serait-ce qu‘à Kippour (vayavor ado-naï âl panav vayikra…), car ce verset constitue le cœur des supplications de ce jour de jeûne.

Selon un calcul précis de nos maîtres, Moïse descendit du mont Sinaï avec les secondes tables, le dixième jour du septième mois (de la sortie d’Egypte). On comprend que cette date soit devenue pour les générations futures : la date de Kippour.

Grâce à l’intervention de Moïse, nous avons mérité de recevoir ce grand jour pour effacer nos fautes et mieux assumer notre vocation spirituelle de peuple d’Israël.

Philippe Haddad

 

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