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26 mai 2011 4 26 /05 /mai /2011 12:35

Je profite du calendrier pour rendre ici un hommage à la mère Juive.

BONNE FÊTE, Mamans !!

 

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25 mai 2011 3 25 /05 /mai /2011 19:30

 Yom Yerouchalaim

Juifs de Diaspora, nous nous imposons sur la politique d'Israël un devoir de réserve. Ce devoir cesse pourtant comme une évidence dès lors que se pose la question de Jérusalem ou du caractère juif de l'Etat d'Israël.

A quelques jours de la célébration de "Yom Yerouchalaïm," il importe plus que jamais de rappeler à tous, l'évidence que constitue Jérusalem pour le peuple juif. Paradoxe ou folie de notre temps, tout est relativisé, remis en question, banalisé, voire oublié ou ignoré et la chose est d'autant plus grave qu'elle touche aussi les plus concernés.

Aux nouvelles générations, qui n'ont pas connu les heures graves où Jérusalem était interdite aux juifs et où nos lieux saints étaient profanés voire transformés, il importe de rappeler l'histoire, toute l'histoire. Celle qui nous relie, par delà le temps et l'espace, à nos pères comme à nos sages, unis par une même Loi et par le destin d'une terre dont la dimension spirituelle est au-delà de toute considération politique ou matérielle.

Aucun peuple n'a chanté Jérusalem comme nous l'avons fait, et aucun peuple ne l'a pleurée comme nous continuons de le faire. Notre attachement à la ville de Sion - que nul autre peuple que nous, n'a jamais revendiquée comme capitale - dépasse les dimensions de l'histoire et de la religion. Jérusalem a inspiré nos sages et nos poètes. Elle est notre source, notre centre de gravité, le cœur de notre identité profonde et de notre mémoire collective. Elle est la réalité tangible d'une autre réalité, intangible, au cœur de notre foi. Jérusalem est l'espérance incarnée d'un peuple libre sur une terre où chaque pas foulé l'a été avant nous par nos pères. Jacob la décrit comme "la Porte du Ciel" qui, selon Rachi, est le lieu par où la prière monte au Ciel. Isaïe et Jonas parlent d'elle comme de la ville de la justice : " Car c'est de Sion que provient la Loi et de Jérusalem la parole de Dieu. "Les textes de notre tradition la désignent comme le point de convergence de la Rédemption d'Israël et notre liturgique la célèbre avec une ferveur, une nostalgie et un amour incomparables car "Dix mesures de paix sont descendues sur le monde : Jérusalem en a pris neuf".

 Ce qui était vrai jadis, le reste aujourd'hui.

Elle est Jérusalem, parce qu'elle seule et toute entière, a été l'écrin du Temple, des tables de la loi, vouée à notre Beit Hamikdach détruit.

Elle n'a cessé depuis, d'être le cœur battant d'un judaïsme bien vivant qui a su traverser les siècles et les modes, les guerres et la paix, pour proposer à l'humanité un message à vocation universelle.

Parce qu'elle incarne le Judaïsme ancré dans une mémoire plusieurs fois millénaire, Jérusalem est au centre de bien des enjeux présents et à venir. Rien n'est aussi ténu -à première vue qu'un lien affectif, religieux ou politique, à une époque où le passé est sacrifié à l'autel du présent, égoïstement oublieux de l'avenir.

"Si je t'oublie Jérusalem, que ma droite m'oublie," autrement dit que je vive dans un monde sans repère, où la gauche ni la droite n'ont de sens, pas davantage que le bien ni le mal. Or voilà que l'opinion publique, les médias ou les instances internationales, sont de plus en plus souvent tentés par des amalgames d'autant plus dangereux qu'ils ne sont pas toujours animés d'intentions mauvaises.

Là, est paradoxalement le vrai danger, dans le révisionnisme "mondain" qui, dans les beaux dîners en ville, parle de ce qu'il ne connaît pas ou mal. Il rejoint sans le vouloir, ceux dont la volonté de négation ou de destruction est réelle. Il fait la joie de ceux qui ne peuvent afficher au grand jour leur volonté de rayer de la carte des vivants ces juifs que l'histoire n'a pas enterrés dans l'oubli des peuples disparus.

L'actualité alimente toutes sortes d'inquiétudes sur l'avenir de Jérusalem. Celles des instances internationales, qui postulent la division de Jérusalem comme l'une des clés du conflit israélo-palestinien, ont oublié qu'avant la guerre des six jours, en 1967, l'accès lui-même à la vieille ville et au Mur Occidental - vestige du Temple de Salomon - nous était totalement interdit sans que le monde ne s'en indigne.

Que les droits de tous les habitants de Jérusalem-Est et de toutes les minorités religieuses soient préservés, c'est l'évidence même et un impératif moral qui ne souffre aucune discussion. Mais pour l'immense majorité du peuple juif, qui aspire à une solution juste et à une coexistence fraternelle pour les peuples de la région, la Paix ne pourra se faire au prix du sacrifice de la souveraineté d'Israël sur sa capitale une et indivisible.

Voilà ce dont témoigne Jérusalem, capitale unique et éternelle de notre peuple. Voilà aussi pourquoi elle est au cœur de maints enjeux. De millénaire en millénaire, Jérusalem veille, bastion de notre mémoire et de la mémoire d'une humanité qui refuse d'oublier que le présent se bâtit grâce au passé, dont la connaissance nous aide à projeter et à construire un avenir meilleur pour tous.

Pour Jérusalem ne nous taisons pas.

Joel MERGUI

Président du Consistoire Central deFrance

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25 mai 2011 3 25 /05 /mai /2011 09:53

parsha-bamidbar-590

Caractère permanent de Jérusalem dans la tradition juive :

Le livre de Bamidbar commence par les commandements (mitsvoth) ordonnés aux enfants d’Israël concernant la tente de rendez-vous (Ohel Moed), ainsi que par les détails concernant la délimitation des tâches et des espaces. Ce thème ne concerna pas uniquement la tente de rendez-vous, à caractère provisoire, mais également le Temple (Beth Hamikdash), qui possédait un caractère permanent (malgré sa destruction).

Maïmonide dans son Michné Torah (lois de Avoda – Culte) enseigne que lorsque les enfants d’Israël pénétrèrent sur la terre d’Israël, ils placèrent le sanctuaire du désert sur le mont Guilgal. Il y demeura 14 ans. De là, il fut transféré à Shilo, sous forme de petit édifice en pierres. Ce temple fut détruit à la mort du grand prêtre Elie. Il fut alors construit à Nob, et fut détruit à la mort du prophète Samuel. Un nouveau sanctuaire fut édifié à Guibon et de là il fut transféré à Jérusalem (époque de Salomon).

Maïmonide précise :

« Dès qu’il fut construit à Jérusalem, tout autre endroit fut interdit pour y recevoir un sanctuaire et y offrir des sacrifices à l’Eternel. »

En ce qui concerne le service de Dieu, la Torah donne des directives extrêmement précises :

Un seul lieu : Jérusalem

Un seul destinataire : Hashem (YHWH)

Un seul agent : le Cohen.

 La raison des sacrifices selon Maïmonide :

« C’était une coutume commune et familière au monde – et nous-mêmes avions été élevés dans ce culte répandu (en Egypte) – d’offrir diverses espèces d’animaux dans les temples où l’on plaçait des idoles, pour les adorer, en brûlant de l’encens devant elles.  Des hommes pieux et des ascètes étaient les seules personnes dévouées au service de ces temples consacrés aux astres, comme nous l’avons exposé. En conséquence, la sagesse divine, dont la prévoyance se manifeste dans toutes Ses créatures, ne jugea pas convenable de nous ordonner le rejet total de ces pratiques cultuelles, leur abandon ou leur suppression. Car cela aurait paru inadmissible à la nature humaine, qui affectionne toujours ce qui est habituel (contre tout changement). »

(Guide des égarés III, 32).

En d’autres termes, l’Eternel aurait pu demander aux enfants d’Israël de rompre avec toute pratique sacrificielle dès le départ. Mais telle n’est pas la conduite de la Torah qui suit la nature du monde, et en particulier la psychologie de l’homme, telle qu’il a été créé. Or cette nature humaine n’accepte pas le changement brutal. L’homme s’accommode de ses habitudes, et tout changement le déstabilise.

 

Dans la prière la El baroukh, récitée avant le Shéma Israël du matin, nous disons de Dieu : « Il fait des choses nouvelles, Il est maître de la guerre », et les rabbins de commenter, avec une pointe d’ironie : tout changement entraîne le conflit. Et cela est connu !

Philippe Haddad

 

 

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22 mai 2011 7 22 /05 /mai /2011 21:41

Jerusalem 1

 

Jérusalem au fil des siècles

La ville de Jérusalem est immuablement liée à l'histoire du peuple juif. La place essentielle qu'elle tient dans les traditions juives plonge ses racines il y a plus de quatre millénaires, avec le sacrifice d'Isaac sur le mont du Temple, le mont Moriah, appelé à devenir le site du Temple.

En l'an 1004 avant l'ère chrétienne, le roi David s'empara de la petite cité jébusite qu'il transforma en capitale de son royaume. Son héritier, le roi Salomon, y édifia le Premier Temple. La ville resta la capitale du royaume pendant les quatre siècles où régnèrent les souverains de la dynastie davidique, jusqu'à sa conquête et sa destruction par les Babyloniens en 586 avant l'ère chrétienne. Quand la Perse conquit Babylone, les Juifs obtinrent le droit de retourner dans leur patrie, Erets-Israël. 70 ans plus tard, la ville et le Temple furent reconstruits. Pendant les 500 ans qui suivirent le retour d'exil, Jérusalem resta au coeur du culte et de la culture juive.

Ce fut le tour des Grecs séleucides de conquérir Eretz-Israël et de profaner le Temple. La révolte des Maccabées en 167 avant l'ère chrétienne fut dirigée contre l'envahisseur païen et restaura l'indépendance juive sous la direction de la dynastie hasmonéenne.

En -63, Pompée conquiert Jérusalem et rattache la Judée à l'empire romain. La population juive se révolte contre Rome, provoquant en représailles la destruction de Jérusalem et du Temple, le massacre de ses habitants et l'exil des rescapés. Une deuxième révolte juive ­ conduite par Bar-Kochba entre 132 et 135 ­ se solde par un échec d'autant plus cuisant que Jérusalem est rasée et remplacée par une ville romaine païenne : Aelia Capitolina, interdite aux Juifs. Sa population juive se disperse à l'étranger (diaspora) et en Galilée.

Au cours des siècles qui suivront, et qui tous apporteront leurs occupants étrangers à Jérusalem ­ Rome jusqu'en 324, Byzance (324-614), Perse (614-638), Arabes (638-1099), Croisés (1099-1291), Mameluks (1291-1516), Ottomans (1516-1917) et Britanniques (1917-1948) ­ la population juive constitua toujours la principale communauté de la ville.

Jérusalem est évoquée plus de 800 fois dans la Bible. Elle est désignée de 70 noms dans la littérature post-biblique. Sa destruction occupe une place exceptionnelle dans la mémoire collective juive, dans la liturgie, dans les jeûnes (en particulier celui de Tish’a be’Av qui met fin à trois semaines de deuil). Les Juifs du monde entier prient en direction de Jérusalem. La tradition de briser un verre sous le dais nuptial qui conclut la cérémonie du mariage juif est symbolique : la joie ne peut être totale tant que Jérusalem n'est pas reconstruite dans sa splendeur passée. De même, les Juifs orthodoxes laissent dans leurs maisons un endroit non plâtré en souvenir du Temple. La Haggadah de Pessah et les prières de Yom Kippour s'achèvent sur une phrase prononcée avec ferveur : « L'an prochain à Jérusalem ! »

Un jour, Napoléon fit son entrée dans un synagogue un jour de Tish’a be’Av. Il y vit des Juifs assis par terre qui se lamentaient et demanda la raison de leur affliction. On lui répondit que les personnes présentes pleuraient la destruction de Jérusalem et du Temple. « Quand cela advint-il ? », demanda l'empereur. « Il y a deux mille ans », lui répondit-on. Et Napoléon de rétorquer : « Un peuple qui se souvient de sa patrie pendant deux mille ans finira par y retourner. »

 

 

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21 mai 2011 6 21 /05 /mai /2011 20:52

Yom Yerouchalaim

Yom Hashoah, Yom Hazikaron, Yom Haatsamout et dans quelques jours Yom Yeroushalaïm. Quatre jours singuliers, jours de mémoire. Différents, tous sont pourtant liés et marqués d’un même devoir et d’une même conviction : le refus de l’oubli et la nécessité qu’il fonde l’action et l’impératif de continuer, de construire jour après et jour et pour demain le Judaïsme.

Refus de laisser l’oubli emporter jusqu’à la mémoire de 6 millions des nôtres, assassinés parce que juifs. Refus des vivants d’oublier leur dette vis-à-vis des disparus, morts parce qu’ils ont donné leur vie pour que d’autres puissent continuer la leur. Refus d’oublier combien rien n’est dû ni acquis, parce que ni la terre ni le peuple ne se créent sans efforts ni volonté collective. Refus d’oublier le lien qui unit le judaïsme une terre vécue comme une source, un havre de paix parce que bat en son cœur le rythme éternel de Jérusalem, l’unique.

Lorsque l’oubli gagne les consciences nul ne vient plus témoigner aux côtés des oubliés pour exiger le droit. Nul ne se dresse plus contre la haine et la peur, pourtant si peu dissimulées. Nul ne se lève plus pour dire non, ni même oui, parce que vivre debout n’a plus de sens, sauf pour quelques justes. L’oubli est l’amnésie des gens de bien, qui laissent aux persécuteurs le soin d’exercer la mémoire jusqu’à la réviser.

Refus de l’oubli certes, mais nécessité aussi d’aller de l’avant, de vivre le judaïsme au présent et de le perpétuer, de le transmettre à nos enfants, parce que l’Europe a englouti des millions d’êtres de la génération de nos parents et parce que nous, parents aujourd’hui, refusons que disparaissent des millions de la génération de nos enfants, à cause de l’oubli.

Oubli de nous-mêmes, de nos valeurs et de nos origines comme du souvenir que nos synagogues ont servi d’écurie, que nos pères ont été, enfants, chassés de l’école, et nos livres brûlés en place publique dans la quasi indifférence des nations.

C’est pourquoi les jours du souvenir débutent au mémorial, là où notre mémoire s’exerce comme un devoir pour refuser d’oublier. Mais ils s’achèvent à la synagogue, là où notre mémoire -de prière en prière- perpétue le devoir d’être ce que nous sommes, de vivre et de dire toute la beauté du Judaïsme, fruit de l’amour de sa terre d’origine.

L’oubli, dans la seule dimension de son refus, est un piège, s’il ne s’accompagne de la conscience aiguë et volontaire qu’il faut dépasser ses pleurs et ses deuils pour que naissent et grandissent nos enfants dans le judaïsme, ininterrompu d’hier jusqu’à demain.

J. MERGUI

Président du Consistoire Central

De France

 

 

 

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21 mai 2011 6 21 /05 /mai /2011 14:53

IL_FLAG.gifJe ne suis pas un extraterrestre, comme vous semblez le croire. Je suis un jérusalémite, un homme en chair et en os, comme vous. Je suis un citoyen de ma ville, une partie intégrante de mon peuple.

J'ai certaines choses sur le cœur dont je dois me débarrasser. N'étant pas diplomate de mon état, je n'ai pas à peser mes mots. Je ne vois pas la nécessité ni de vous être agréable, ni de vous persuader.

Je ne vous dois rien. Vous n'avez pas construit cette ville. Vous n'y habitez pas et vous n'étiez pas présent pour la défendre lorsqu'elle était entourée d'ennemis qui voulaient l'anéantir.

Et nous serons perdus si nous vous permettons de nous la reprendre. Longtemps avant que New York existât, Jérusalem fut. Au temps ou Berlin, Moscou, Londres et Paris n'étaient encore que des forêts et régions marécageuses et malsaines, vivait à Jérusalem une communauté juive jeune et florissante.

Cette communauté dota le monde -ce qu'en tant que nations solidement établies sur cette terre vous rejetez - d'un vieux code de morale humaine.

C'est ici que marchèrent les prophètes dont les paroles illuminèrent le pays comme des éclairs. Ici demeurait un peuple qui ne demandait qu'à vivre en paix et qui dut se défendre contre les vagues successives d'attaquants, un peuple qui saigna et mourut sur les champs de bataille, un peuple qui se jeta dans son temple en flammes plutôt que de se rendre; et lorsque finalement, submergé par le nombre, il fut vaincu et emmené en captivité, il jura :" Si je t'oublie, Jérusalem, que ma main droite m'oublie ! que ma langue s'attache à mon palais si je ne me souviens de toi, si je ne fais de Jérusalem le principal sujet de ma joie !" (Psaume 137)

Pendant 2000 ans empreints de souffrances, alors que nous vivions parmi vous comme des hôtes indésirables, nous intercédions journellement pour un retour dans cette ville.

Trois fois par jour, nous présentions cette requête devant le Tout Puissant :"Rassemble-nous des quatre coins de la terre, dirige-nous sur le chemin montant qui conduit dans notre pays, dans ta miséricorde reviens à Jérusalem, dans la ville et habite dans ses murs comme tu l'as promis !".

Chaque année, au jour du grand pardon et à chaque fête de la Pâque, nous avons élevé nos voix dans l'espérance que nous nous retrouverons l'an prochain à Jérusalem.

Vos inquisitions, pogroms, expulsions et ghettos dans lesquels vous nous avez parqués, vos contraintes au baptême, votre système de contingentement, votre subtil antisémitisme et finalement l'inexprimable règne de terreur, l'holocauste -et ce qui est plus terrible encore, votre incroyable indifférence - tout cela ne nous a pas brisé.

Il est possible que ces méfaits vous aient enlevés votre dernière force morale. Quant à nous, ils nous ont forgés comme du fer.

Croyez-vous vraiment qu'après avoir du passer par toutes ces terribles étapes, nous puissions maintenant être brisés ?

Pensez-vous qu'après Dachau et Auschwitz, vos menaces, vos blocages et autres mesures puissent nous effrayer ? Nous étions en enfer - nous en sommes revenus - un enfer que vous nous aviez préparé.

Que pourriez vous encore trouver dans votre arsenal qui serait susceptible de nous infliger la terreur ? Deux fois, j'ai vu la ville souffrir sous une grêle de bombes propulsées par des nations qui se disent civilisées.

En 1948, alors que vous étiez des spectateurs non concernés, j'ai vu des femmes et des enfants déchiquetés par des éclats d'obus, ceci après que nous avons souscrit à votre désir d'internationaliser" la ville. Ce fut une alliance porteuse de mort : officiers britanniques, canonniers arabes utilisant des canons américains.

Et peu après, le pillage et la destruction sauvage de la vieille ville.

Les massacres sciemment organisés, la cynique dévastation des synagogues et des écoles religieuses, la profanation des cimetières juifs et la vente par le gouvernement des pierres tombales pour la construction de poulaillers et d'entrepôts militaires et même, tenez-vous bien, de lieux d'aisance publics.

Et vous n'avez jamais élevé la voix pour dénoncer ces abominations.

Vous n'avez jamais élevé la moindre protestation lorsque les Jordaniens, au mépris des promesses faites après la guerre, guerre qu'ils firent malgré une décision de l'ONU à ce sujet, verrouillèrent le lieu le plus saint de nos lieux saints, le Mur des Lamentations.

Aucune voix ne se fit entendre parmi vous lorsque les mercenaires coiffés de leur casque à pointe, à l'abri dans leurs positions derrière les murs, ouvrirent le feu sur nos citoyens.

Vos cœurs saignèrent lorsque Berlin fut bloquée.

Vous vous êtes empressés d'organiser un pont aérien pour venir en aide aux courageux berlinois, mais vous n'avez pas envoyé une once de nourriture dans la Jérusalem assiégée et affamée.

Vous avez tempêté lors de la construction par les Allemands de l'est d'un mur au travers de Berlin mais il n'y eut pas le moindre piaillement de votre part à cause de l'autre mur qui divisait le cœur de Jérusalem.

Puis, lorsque vingt ans plus tard, de semblables évènements se reproduisirent, alors que les Arabes, sans aucune provocation, bombardèrent sauvagement la Ville Sainte, lequel d'entre vous a entrepris quelque chose ?

Ce n'est qu'au moment où la ville fut enfin et définitivement unifiée que vous vous êtes réveillés.

Alors, en vous tordant les mains, vous avez prononcé de pompeuses paroles sur le droit et la morale, particulièrement sur le fait de tendre l'autre joue. Préfériez vous voir la ville détruite plutôt que de la savoir entre les mains juives ?

Malgré la tournure toujours très diplomatique de vos phrases, les préjugés établis depuis fort longtemps percent dans chacune de vos paroles. Au cas ou le retour de la ville au peuple juif provoquerait un noyau de difficultés dans votre théologie, il serait temps pour vous de réviser votre catéchisme.

Après tout ce que nous avons souffert, nous ne nous conformerons pas passivement à vos fausses idées selon lesquels nous devons accepter d'être éternellement apatrides.

Pour la première fois depuis l'an 70 après J.C., il y a la liberté religieuse dans tout Jérusalem. Pour la première fois depuis que les romains jetèrent leurs torches incendiaires sur le Temple, il y a, en terre d'Israël, les mêmes droits pour chacun.

Nous avons en horreur l'usage de l'épée mais vous nous avez contraints à la prendre dans les mains. Nous désirons ardemment la Paix mais nous ne reviendrons pas à l'état de paix de 1948, comme vous l'exigez de nous.

Nous sommes enfin chez nous, dans notre pays.

C'est pour nous une merveilleuse certitude en tant que nation, nous qui fûmes contraints par vous de voyager sur toute la surface du globe.

Nous ne partirons pas. Nous avons retiré le gage déposé par nos ancêtres. Jérusalem sera construite. L'an prochain, et l'an prochain et l'an prochain, ceci jusqu'à la fin des temps, "à Jérusalem".

par Eliezer Ben Yisrael

Ce texte, diffusé en Janvier 2003, est toujours d'actualité

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19 mai 2011 4 19 /05 /mai /2011 22:11
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18 mai 2011 3 18 /05 /mai /2011 15:16

abondance

Le philosophe, le théologien et le prophète

 Nous terminerons ce Shabbat le troisième livre de la Torah, le livre de Vayikra « Il appela » (traduit par Lévitique). Ce troisième livre se conclura par ces mots : «Tels sont les commandements que l’Eternel ordonna à Moïse, pour les enfants d’Israël, au mont Sinaï.. »

Sans le désigner es qualité, Moshé est présenté ici comme porte-parole de Dieu, c'est-à-dire en tant que prophète.

Bien que dans la tradition orale, Moshé demeure « notre maître » rabbénou (pour des raisons que nous avons traitées  par ailleurs), dans la Torah il reste le prophète de Dieu.

Nous voudrions réfléchir cette semaine à cette vocation prophétique, afin de montrer qu'elle sort du cadre classique et superficiel de la divination (le prophète qui devine ou prévoit l'avenir). Le prophète ne vient pas prédire ou prévoir, il voit et il dit une parole.

Pour mettre en exergue la valeur de cette vocation, nous la comparerons à la démarche du philosophe et celle du théologien. Une telle étude pourrait être traitée par des érudits universitaires qui commettraient un livre, nous resterons bien plus modeste, en essayant de dégager ce qui nous paraît spécifique à chacun des personnages.

Le philosophe tout d'abord se caractérise par une démarche solitaire. Le philosophe est seul. Il doit être seul puisqu'il doit faire table rase de tout préjugé, de toute idée préconçue. Même lorsque Socrate dialogue avec un jeune Athénien, il ne fait que stimuler l'esprit de jugement de son interlocuteur. Il fait accoucher d'un savoir (la maïeutique), que le jeune homme pourrait trouver de lui-même s'il s'adonnait à la discipline de penser. La démarche philosophique implique la solitude, et l'effacement de toute antériorité. L'existence même du monde, et bien sûr celle de Dieu, sera donc remise en question, c'est-à-dire en absence. Le Je se posera alors souverain cherchant à partir des règles de la raison à poser les fondements d'un système de pensée.

Certes, le philosophe peut arriver à l'existence de Dieu, mais ce Dieu qui vient à l'esprit sera créé d'une certaine manière à l'image de l'homme, puisqu'il permettra à Dieu d'élire domicile dans l'esprit humain. Bref, dans la philosophie, l'homme est au centre, Dieu à la périphérie.

Passons au théologien, celui-ci cherche à connaître Dieu. Dieu serait objet de connaissance puisqu'une parole, un discours, un logos peut être dit sur Lui. Discours humain, limité certes, mais suffisamment solide et audacieux pour tenter l'aventure. Qu'il pense Dieu par lui-même ou à travers l'étude d'un texte révélé, l'esprit restera identique : Connaître un tant soi peu la nature divine. Tout se passe comme si le théologien tentait de comprendre la rapport de Dieu à l'homme, à partir de Dieu Lui-même, avec les yeux de Dieu. Audace avons-nous dit, qui se justifiera par le fait que Dieu s'est révélé, qu'Il a quitté Sa transcendance pour jaillir dans l'immanence du réel. Puisque Dieu laisse la trace de son passage, le théologien peut tenter d'en saisir un tant soit peu l'origine, comme le rayon de lumière permet d'approcher l'étoile qui l'a fait naître.

Comment le judaïsme peut-il se situer par rapport à ces deux démarches ? En d'autres termes, existe-t-il une philosophie juive ou une théologie juive ?

Les choses doivent être claires, par judaïsme, nous entendrons la tradition religieuse d'Israël, qui se fonde sur une révélation divine. Judaïsme, dans son acception exclusivement religieuse donc !

La réponse semble alors évidente : une philosophie qui pose la suprématie du sujet individuel, coupé de toute antériorité n'est pas pensable du point de vue de ce judaïsme-là. Car l'antériorité de tout sujet, de tout être, est l'être absolu, c'est-à-dire Dieu, désigné par le tétragramme, et rendu en français par YHWH. YHWH contraction de « Il était, Il est, Il sera ». Mon être découle de Celui qui donne l'être.

Quid alors de la philosophie juive ? Tout d'abord il faudrait distinguer cette "philosophie juive" du "philosophe juif". Car par une sorte de sentiment protectionniste, qui frôle parfois le chauvinisme, certains penseurs ou philosophes sont revendiqués de facto "juifs" par la communauté (terme vague j'en conviens), à l'instar de comédiens ou de scientifiques. Cela signifie, avouons-le, que le personnage est d'origine juive, ce qui ne veut pas dire que son œuvre puise aux sources de la Torah, puisque que philosophiquement parlant, il marche seul. (Un acteur juif joue-t-il juif ? E= MC2 est-ce une formule juive, parce que Einstein l'était ?)

Il faut cependant convenir que parfois la pensée philosophique rencontre la Révélation ou la tradition juive (pensons aux Lectures talmudiques Emmanuel Lévinas). Là encore, il faudrait s'interroger : la Torah est-elle prise comme objet universitaire, une source qui alimente la réflexion, ou comme parole du Dieu vivant ?

Si l'identité juive, reconnue comme telle, ne garantit pas un discours obligatoirement juif, la philosophie juive serait-elle plus possible ? Dans notre approche, la philosophie juive signifierait l'application de la pensée rationnelle (koah' hasikhli) à la parole divine. Quand un Maïmonide, dans son Guide des égarés veut démontrer l'existence d'une cause première, il joue le jeu philosophique, pour éviter les pièges d'un imaginaire anarchique, mais son arrière-pensée, car il n'existe pas de pensée sans arrière-pensée (comme aucune conscience sans inconscience), est l'acceptation au préalable de l'être absolu de Dieu.

La théologie juive ? L'expression est souvent avancée par parler des penseurs d'Israël surtout ceux du Moyen-âge (Maïmonide restant le plus connu). Une pensée positive sur Dieu trouve-t-elle sa place dans le judaïsme ? Nous pourrions répondre la parole de Dieu à Moïse : « L'homme ne peut me voir et vivre ! » Aucune contemplation, aucun discours positif ne trouve sa place ici. Telle est la teneur de la troisième bénédiction de la Amida (la prière par excellence) : Dieu est saint. Or la sainteté divine n'offre aucune connaissance. Dire que Dieu est saint revient justement à dire que l'on ne peut rien dire de Dieu. Dieu est « au-dessus de toute bénédiction, de tout chant, de toute louange » selon le Kaddish.

Maïmonide, encore une fois, que l'on présente aussi comme le théologien juif a justement mis en évidence le fait que la seule chose que l'on pouvait exprimer sur Dieu, c'est ce que Dieu n'est pas. (La Kabbale pourrait-être une tentative théologique au sein du judaïsme, mais le colloque ad oc s'impose ici).

Concluons (n'oublions pas que ces petites méditations naissent dans le RER) ! Le judaïsme est le prolongement du discours prophétique. Et les prophètes n'étaient ni des philosophes, ni des théologiens. Ils ne faisaient pas table rase de l'antériorité de leur être, ils ne pensaient pas Dieu. Par contre, les prophètes ont posé le primat d'une rencontre entre l'homme et Dieu, entre Dieu et l'homme. L'éthique est première. Cela implique que le regard juif ne peut être tourné ni vers soi, ni l'au-delà du réel. Certes, sans conscience de soi, ni rencontre avec le Dieu transcendant, l'humain dans sa dimension juive ne pourrait s'exprimer, pour autant ce sera toujours dans la responsabilité d'une parole à prolonger, d'un monde à bonifier, d'un prochain à soutenir, d'une paix à construire.

Le prophétisme commence par la lettre inaugurale de la Torah, la lettre Beth, dont la valeur numérique est 2, et l'initiale du mot bérakha = bénédiction. Il appela occupe la place centrale de la Torah, parce qu'il faut être deux pour un appel.

Philippe HADDAD

Et puis, n'oublions pas LAG BA OMER Dimanche 22 Mai à la Synagogue de Nîmes

 

LagBaomer2011 affiche rectifiée

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16 mai 2011 1 16 /05 /mai /2011 14:45

Israel

1948 : les juifs ont officiellement récupéré leur bien. Ils déclarent l'indépendance et la reconstitution de leur Etat. Chez eux. Sur les terres qui leur appartiennent. Leurs terres ancestrales.

C'est le seul cas au monde ou un peuple, résident depuis plusieurs millénaires sur ses propres terres sans discontinuité, malgré les invasions, les destructions et les nettoyages ethniques, retrouve sa légitimité. On notera que c'est aussi le seul cas au monde ou la disparition d'un Etat est demandée à des instances internationales.

Tous les autres peuples du monde ont acquis ou agrandi leurs territoires par des conquêtes militaires, y compris surtout, la totalité des pays musulmans.

Le lendemain de cette déclaration de 1948 donc, que les arabes voient comme une immense injustice, une Nakba, cinq pays arabes voisins déclenchent la guerre contre Israël, et tentent de l'envahir pour jeter les juifs à la mer (déjà).

Mais ils se prennent une déculottée royale, une défaite d'autant plus cuisante et humiliante que les juifs étaient une petite poignée peu structurée, tandis qu'eux étaient nombreux, puissants, agresseurs et agressifs.

Quoi qu'il en soit, les musulmans (égyptiens et jordaniens) réussissent à envahir et occuper Gaza et la Cisjordanie, que les Nations Unies avaient promis aux palestiniens. Curieusement, les palestiniens l'ont oublié.

Car ils célèbrent chaque année leur défaite (quand on n'a pas de succès à célébrer, on célèbre ce qu'on peut), et l'occupation en 1948 de "leurs terres", sans l'imputer à ceux qui les occupent, mais à des étrangers à l'histoire, en l'occurrence les israéliens.

Pause. Je reprends. Mais cette fois vu par les amnésiques – pardon, par les palestiniens.

Tout commence par leur déformation de ce qui s'est vraiment passé en 1948, et que pourtant les documents historiques arabes et occidentaux, attestent sans équivoque possible.

Les palestiniens croient, comme le journaliste israélien Adi Scwhartz l'a expérimenté en live (j'y reviendrai) que "les juifs ont massacré tous les arabes, qu'il y a eu une conspiration mondiale, et que le monde entier était contre eux."

Les jeunes palestiniens s'entendent raconter qu'"aucun palestinien n'a jamais combattu durant la guerre de 1948, et qu'ils sont simplement des victimes qui n'ont jamais rien fait de mal. Ils étaient juste assis là, à ne rien faire, et les juifs sont arrivés et les ont expulsé", témoigne encore Schwartz.

Il n'est pas facile de trouver un palestinien qui remette en cause ce paradigme, qui questionne l'histoire que lui racontent ceux qui publient des cartes ou l'Etat d'Israël n'existe pas. Peu d'arabes se disent que "peut être était-ce autre chose, une guerre que nous les arabes avons déclenché, et que nous avons fini par perdre".

Au passage, on peut se demander pourquoi la version des juifs est examinée par beaucoup d'européens comme fondamentalement suspecte voire mensongère à priori, tandis que celle des palestiniens est tenue pour vraie et n'est pas remise en question.

On pourra également se demander pourquoi les palestiniens, entre 1948 et 1967, n'ont jamais mis leur Nakba sur le dos de l'Egypte et de la Jordanie, et qu'ils n'ont désigné ces territoires comme "occupés" que lorsqu'Israël les prendra des mains de l'Egypte et de la Jordanie en 67.

Mais je m'éloigne.

Cette Nakba n'est pas la catastrophe DES palestiniens mais la catastrophe POUR les palestiniens.

La célébration, par de nombreux médias dans le monde, d'une version de l'histoire présentée comme une immense injustice historique pour les palestiniens, sans correspondance avec la réalité, est porteuse de grande frustration et d'une envie de revanche éternelle.

C'est comme vouloir les empêcher de trouver l'apaisement. C'est comme vouloir tout faire pour les empêcher de reconnaître l'Etat Juif.

Reproduction autorisée avec la mention suivante et le lien vers cet article :

© Jean-Patrick Grumberg pour Drzz.fr

 

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16 mai 2011 1 16 /05 /mai /2011 14:19

 

LagBaomer2011 affiche rectifiée

 

Lag BaOmer, le 33ème jour du compte du Omer – cette année le dimanche 22 mai 2011 – est un jour de fête dans le calendrier juif, traditionnellement célébré par des sorties (lors desquelles les enfants jouent à tirer à l'arc), des feux de joie, et d'autres réjouissances. Des milliers de Juifs se rendent à Mérone, dans le Nord d'Israël) auprès du tombeau du grand sage et mystique Rabbi Chimon bar Yo'haï dont ce jour est la Hiloula (l'anniversaire de son décès).

Rabbi Chimon bar Yo'haï, qui vécut au 2ème siècle de l'ère commune, fut le premier à enseigner publiquement la dimension mystique de la Torah connue sous le nom de "Kabbalah". Il fut l'auteur de l'oeuvre de base de la Kabbala, le Zohar. Le jour de son départ de ce monde, Rabbi Chimon demanda à ses disciples de considérer cette date comme "le jour de ma joie".

Les maîtres 'hassidiques expliquent que le dernier jour de la vie terrestre d'un Juste, "toutes ses actions, ses enseignement et son service de D.ieu" atteignent leur point culminant et le zénith de leur impact sur nos vies. Ainsi, nous célébrons à chaque Lag BaOmer la vie de Rabbi Chimon et la révélation de l'âme ésotérique de la Torah.

Lag BaOmer commémore un autre joyeux événement : le Talmud relate que, dans les semaines entre Pessa'h et Chavouot, une épidémie frappa les disciples du grand sage Rabbi Akiva "parce qu'ils ne se comportaient pas avec respect les uns envers les autres" ; Ces semaines sont donc considérées comme une période de deuil, ce qui implique que certaines formes de réjouissances y sont interdites par la loi et la tradition. Le jour de Lag BaOmer, l'épidémie cessa. Ainsi, ce jour porte également le thème de Ahavat Israël, le devoir d'aimer et de respecter son prochain.

 

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