Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
27 mars 2013 3 27 /03 /mars /2013 15:08

timthumb

Paracha Shabbat Hol Hamoéd de Pessah

 

Exode 33/12 à 34/26 et Nombres 28/19 à 26

Ce shabbat, situé, plus ou moins, au milieu de la fête de pessah pendant le « Hol Hamoéd » : jours ouvrables de la fête pendant lesquels il est permis de travailler (la règle est de ne travailler que demi journée ; et les écoliers sont en vacances) mais pendant lesquels la fête est omni présente : on continue de manger du pain azyme et des mets de fête et les prières sont celles de la fête. Et on continue, bien évidemment, de célébrer, pendant ces cinq journées, la sortie d’Egypte et le début de la longue route qui mena les Hébreux, anciens esclaves, vers leur destinée nationale à Eretz Israël alias Canaan.

Ainsi, pour bien montrer la spécificité de ce shabbat, on fait une pose dans la lecture systématique du Pentateuque, le livre de Lévitique, pour se pencher sur un épisode, oh combien important, de la rencontre entre YHVH et le peuple qu’il a choisi pour diffuser son message dans ce bas monde, et cela, bien sûr, par l’intermédiaire de celui qui le guida depuis l’Egypte : Moïse.

C’est pendant cette rencontre que furent sculptées, pour la seconde fois, les Tables de la Loi identiques aux premières et que fut proclamée l’Alliance entre YHVH et son peuple.

Nous lisons ce texte pendant cette fête pour nous rappeler que l’Alliance est un engagement entre deux interlocutaires : l’un, tout puissant, promet de mener ces anciens esclaves vers un avenir national radieux en leur permettant de s’installer sur la Terre Promise et de battre tous leurs ennemis, l’autre doit, en retour, lui jurer fidélité absolue et de respecter les règles qui lui sont dictées dont l’observance du shabbat et des trois grandes fête dont Pessah.

Or ce qui est mis en évidence dans les engagements exigés par YHVH ce sont les interdits, les « non » ! Ceux concernant la croyance: « Tu ne te prosterneras point devant un autre dieu, car YHVH vengeur il s’appelle, Dieu vengeur il est » (34/14), mais aussi, et, peut être, surtout, ceux concernant la tiédeur nationale : « Gare à toi de signer alliance avec l’habitant du pays, qui suivra ses dieux et leur portera sacrifices et qui t’appellera et tu goûteras de son sacrifice » (34/15). Bref, et ce qui résume tout : « Un dieu sculpté tu ne te feras point » (34/17). Allusion au Veau d’Or, mais allusion aussi à toutes les fausses croyances importées d’Egypte ou ancrées dans le pays de Canaan.

L’Alliance, que la fête de Pessah met en avant, ne doit pas être comprise comme allant de soi, mais comme un effort de tous les jours de ce peuple errant et, partant, indiscipliné, de rester fidèle à ses engagements pris au pied du mont Sinaï et parmi lesquels les plus importants sont la fidélité au fait national et la fidélité à YHVH : dieu unique, invisible et impalpable mais, et surtout, dieu national.

La leçon de cette paracha est que la vraie nature de la fête de Pessah est d’essence nationale avant d’être religieuse.

 

Repost 0
23 mars 2013 6 23 /03 /mars /2013 15:32

Dimanche 24 Mars 2013

(Heure en fonction du lieu de résidence)

Mauvais penchant

Repost 0
20 mars 2013 3 20 /03 /mars /2013 13:31

TABLE CHABBAT

L’empressement

Le titre de la section de la Thora ‘’Tsav’’ nous invite à prendre conscience de notre aptitude à être les porteurs de la mitsva et à nous exercer à la réalisation du mode de vie prescrit par la Thora.

A propos du terme ‘’Tsav’’, le Talmud rapporte que Rabbi Ichmaël enseignait : ‘’Tout texte de la Thora où il est fait mention du terme ‘’Tsav’’, c’est dans l’intention voulue de souligner le caractère particulier de la prescription ordonnée et du triple message qu’elle comporte.’’

Le premier ‘’zérouz’’  , l’empressement et l’encouragement souhaités en vue de la réalisation de la mitzva.

En deuxième lieu, ‘’miyad’’         l’injonction Tsav réclame la mise en pratique de la mitzva de l’immédiat.

Et enfin, ‘’véladoroth’’          Tsav indique la permanence de la mitzva dans le temps et le devoir impératif d’en assurer la transmission aux générations à venir.

L’auteur du commentaire   , s’appuie sur cet enseignement pour expliquer ces paroles de Rabbi Hanina dans le Talmud :

‘’La personne engagée par la loi a plus de mérite dans l’accomplissement des mitzvoth que celle qui y adhère sans contrainte’’, et pour cause. La personne investie de la mitzva est confrontée à toutes sortes de tentations et d’excuses pour se soustraire aux devoirs qui l’appellent, pour échapper à l’obligation qui la retient. Or n’oublions pas que la pratique de la mitzva exige souvent un moment précis et ne peut souffrir l’attente. Le dicton de nos Sages l’exprime bien : ‘’le temps étant passé, l’offrande n’est plus de mise’’. 

Aussi, l’homme chargé de la mitzva a besoin de soutien et d’encouragement pour raffermir ses pas, pour poursuivre sa marche en avant dans la réalisation de la Thora, et enfin pour assurer à son tour la transmission aux générations à venir. Par contre, la personne non soumise aux devoirs de la mitzva, obéit au gré de sa volonté en toute quiétude et ne se sent pas autant concernée.

L’auteur du commentaire  ‘’Hidouché Harim’’ dit : le titre de ‘’grand’’ accordé au chabbat ha gaddol, de par la tradition, est en rapport avec l’histoire du patriarche Avraham surnommé ‘’le grand homme parmi les géants’’. Avraham avinou aspirait toujours à devenir une grande nation appelée à servir le D… de vérité. Son projet voit le jour lorsque les enfants d’Israël ont accompli la première mitzva, celle d’acquérir en famille l’agneau pascal, dieu choyé des Egyptiens, pour l’immoler en l’honneur de l’Eternel. C’est à travers cette mitzva que les enfants d’Israël ont franchi le pas vers la liberté en ce jour de Chabbat.

La nation d’Israël est née dans l’accomplissement du commandement (de la mitzva), dans l’union de la famille, affranchie de l’esprit d’esclavage et portée vers la promesse de l’avenir. La réception de la Thora au mont Sinaï brise définitivement les chaînes de tout esclavage et permet à tout Israélite de s’engager au cœur du désert et de se battre pour garder son identité, son peuple et sa terre.

Chabbat Hagadol

 Le Chabbat veille de Pessah porte le titre de ‘’Chabbat Hagadol’’, en raison du miracle qui eut lieu ce Chabbat, précédant la libération des enfants d’Israël d’Egypte. En effet, la  tradition nous enseigne que l’ordonnance de la Torah relative à l’acquisition de l’agneau pascal  et tout ce qu’elle comporte, se déroula  le 10 du mois de Nissan, qui fut un samedi. Comme  le décrit la Michna, ‘’chaque famille acquit un agneau et l’attacha au vu et au su de tous les Egyptiens, chez elle au pied du lit ; le garda pendant trois jours, sans que nul n’osât intervenir. Puis, le jour prévu, elle l’égorgea en plein midi, tandis que son sang était répandu sur le linteau et les poteaux  des portes des maisons. Rôti au feu, cet agneau était ensuite consommé en public, tout entier, la tête avec les jarrets et les entrailles, et pour marquer le mépris avec lequel on le traitait, il fallait le manger tout entier jusqu’au matin, et le restant était consumé par le feu’’. Ceci, comme on peut l’imaginer, fut un spectacle déshonorant et sans précédent aux yeux du peuple égyptien. Car il était de notoriété publique, que toucher à un agneau ou à une chèvre, était tout aussi grave que de porter atteinte à l’honneur des dieux égyptiens et entraînait la peine de mort. Le spectacle du traitement infligé à la divinité choyée des Egyptiens, sans crainte de leur réaction, démontre d’une façon éclatante la foi et le courage qui animaient les enfants d’Israël dans leur volonté et leur aspiration  d’être affranchis de l’esclavage et de se mettre à l’écoute des commandements de l’Eternel. Aussi le Chabbat veille de Pessah qui marque cette date historique, est qualifié de ‘’grand’’. Il faut souligner cependant que  le choix du terme ‘’grand’’ de préférence à tout autre qualificatif, s’inspire de l’expression de la Haggadah de Pessah ‘’ouv’mora gadol’’  ‘’dans une grande révélation’’, à savoir la manifestation de la Chékhina, la gloire de l’Eternel. Comme il est dit (Deut. IV, 34), ‘’fut-il jamais une divinité qui essayât de venir tirer à elle un peuple du sein d’un autre, par des épreuves, des signes, des prodiges et des combats ; avec une main puissante et un bras étendu, par de grandes révélations, comme tout ce que l’Eternel, notre D…, a fait pour vous, en Egypte, sous vos yeux ?’’

Ainsi, la manifestation de la Chékhina appelée’’ la grande révélation de l’Eternel’’,  à travers les signes précurseurs de la libération d’Egypte, n’a pas pour unique dessein de soumettre le Pharaon et de le contraindre par la force à obéir à l’injonction de l’Eternel de libérer le peuple , mais a pour but essentiel de répondre à cette déclaration du Pharaon : ‘’je ne connais point l’Eternel et je ne renverrai point Israël’’. En effet, nul n’ignore qu’à la suite des faits miraculeux produits par l’Eternel à la vue du Pharaon, celui-ci n’a pas courbé l’échine et ne s’est pas décidé pour autant à renvoyer le peuple juif d’Egypte. Certes, D… aurait pu le contraindre sur le champ et sans ménagement à obéir à sa volonté. Mais tel n’était pas le but visé, car le Pharaon ne s’obstinait pas dans son refus de libérer les enfants d’Israël pour une raison économique uniquement, à savoir , garder une main-d’œuvre sous son emprise, mais il était mû également par une motivation idéologique, celle de ne pas répondre à l’ordre de l’Eternel, qu’il refuse de reconnaître. C’est pourquoi, D… a multiplié et varié les plaies en Egypte,  pour mettre un terme à toutes les velléités du Pharaon et surtout de lui faire savoir que D… est présent dans sa création. C’est cela qui est désigné par ‘’ouv’mora  gadol’’ ‘’la grande révélation’’, qui se traduit par ‘’la manifestation de la présence divine’’. Et c’est de cela que témoignent les enfants d’Israël ce chabbat 10 Nissan, lorsqu’ils obéissent à l’ordre de l’Eternel, en accomplissant  la mitzva de l’agneau pascal. Cette grandeur manifeste de l’Eternel dans sa révélation, a rejailli sur ce chabbat hagadol, à l’instar du rôle éminent qu’occupe le chabbat dans la conscience juive qui atteste et témoigne de l’Eternel et de la création qu’il gouverne selon sa volonté. 

 

Repost 0
16 mars 2013 6 16 /03 /mars /2013 21:18

La valse des gâteaux

 

Quand approchait Pessah, mes parents achetaient
Deux fois plus de galettes qu'ils n'en consommeraient.
Je les revois encor, craquantes et craquelées,
Ces galettes Gourion, aux formes dentelées.

Selon son habitude, ma mère prélevait
La part de nos voisins, puis elle la réservait,
En l'ayant disposée dans de belles assiettes,
Recouvertes aussitôt d'éclatantes serviettes.

Dahan, Alonzo, Grima et Djilali,
Martin, Pinto, Lopez, Cerdan, Ousmani,
Chaque année, autrefois, en recevaient l'offrande,
Car le cœur est altruiste, quand l'amitié est grande.

Au temps du Ramadan, Ousmani, Djilali,
Nous faisaient apporter un grand plateau garni
De pâtisseries fines, plaisamment décorées,
Au parfum de cannelle, aux couleurs mordorées.

Des petits gâteaux secs, nappés de sucre glace,
Chamarrés de bonbons sur toute leur surface,
De blondes zlabillas aux formes bigarrées,
Ruisselantes de miel, quelques dattes fourrées.

Et ces autres merveilles dont ils avaient recette,
Des cornes, des kindlettes ou bien des skandriettes,
Des mekrods mielleux, que chacun redemande,
Des cigares enrobés à la pâte d'amandes

Pour célébrer Pâques, Alonzo et Martin
Pâtissaient la mouna. Pétrie dans son levain,
La brioche onctueuse, à l'arôme léger
Finement parfumée à la fleur d'oranger,


Jaunie par l'apport d'œufs, aux formes redondantes,
Sous sa croûte dorée, savoureuse et fondante,
Chaude encor du fournil, nous était apportée,
Sur un plateau, soigneusement empaquetée.

Car en ces temps heureux de confraternité,
Où l'amitié sincère avait droit de cité,
Où prévalait l'estime et le respect d'autrui,
Car, en ces temps heureux dont nous fûmes instruits,

Par-delà cette valse d'assiettes garnies,
Galettes, mekrods, mounas, aux saveurs infinies,
Qui circulaient alors dans un ballet réglé,
Par-delà cette valse de plats fignolés,

C'étaient trois religions, étroitement unies,
Trois cultes, s'exprimant en parfaite harmonie,
Et qui coexistaient d'un élan fraternel,
Sous l'égide d'un Dieu, Un et universel.

 

 

Repost 0
13 mars 2013 3 13 /03 /mars /2013 19:33

Vayikra

 

l'appel

« Vayiqra èl Moché » « Il appela Moïse ». Le texte ne dit pas qui adresse cet appel, mais il est évident que c'est D.ieu qui appelle Moïse pour lui parler. D.ieu aurait pu lui parler directement comme il le fait habituellement « Vaydabère Hachem el Moché » ! Pourquoi le texte est différent ici ?

La première fois que D.ieu s’adresse à Moïse, c’était du milieu du buisson ardent. D.ieu avait pris la voix d’Amram, pour ne pas effrayer Moïse qui croyait entendre parler son père. Nos sages en déduisent qu’il ne faut jamais adresser la parole à quelqu'un, sans l'avoir interpellé et attiré son attention auparavant. L'idée développée ici est importante. Toute parole doit avoir un auteur et un destinataire. Toute parole devient un lien entre celui qui parle et celui ou ceux qui l'écoutent et ce lien a besoin de préparation, d'entrée en matière. L'interlocuteur saura ainsi que c’est à lui que l'on s'adresse. L’entrée en matière conférera à l’interlocuteur, à la fois existence et importance. Il va devenir le dépositaire de la parole. S'il s'agit d'un message suivi d'un engagement, l'interlocuteur se sentira concerné, impliqué.

Relations humaines

Ce principe est général et s'applique dans bien des domaines de la vie, dès qu'il s'agit de relations humaines. Entre parents et enfants, le discours éducatif peut prendre différentes formes : dictat, indiscuté et indiscutable ou au contraire, interpellation sous forme de concertation et d’élaboration d’un projet commun. L'enfant se sentira impliqué, partie prenante. Il comprendra son intérêt et ressentira la manifestation d’amour à son égard. Même s'il se sait « petit », l'interpellation le grandit, lui confère une certaine stature. Il devient un associé dans l’œuvre commune, dans le projet des parents. Lorsque des parents se donnent la peine d’expliquer un ordre, son exécution se fera dans un tout autre état d'esprit, avec enthousiasme et entrain. L’enfant se sentira soutenu et encouragé dans l'action entreprise. Cette situation psychologique se retrouve dans le domaine du travail, dans les relations entre patrons et ouvriers, entre chef de service et employés, et surtout dans le domaine familial, entre mari et femme. Plus d’une femme se sent frustrée parce que son mari se réserve jalousement un domaine où le plus souvent, il prend tout seul des décisions pour «son travail », c’est son domaine réservé, secret, intime. Même s'il aime sa femme plus que tout au monde, même s'il l'entoure d'attentions affectueuses, cette femme sentira qu'il existe un domaine d'où elle est exclue, entraînant tristesse et sentiment d'abandon. Au contraire lorsque la femme est consultée, elle apprécie l’importance qu’on lui accorde, et elle ressent une fierté certaine.

Donner de l’importance

Le second appel adressé à Moché se situe au moment de la Révélation sur le Mont Sinaï: « Et D.ieu appela Moché au sommet de la montagne » (Ex. 19/20). D.ieu l'appelle pour le distinguer des autres, pour le montrer du doigt à la foule. Dans une manifestation publique, on appelle à monter à la tribune les personnalités, et les personnes à qui on veut manifester un signe d'honneur.

Le troisième appel est différent de ceux qui l'ont précédé du point de vue du déroulement de l'histoire d'Israël. Dans le Livre de l'Exode, le peuple juif se trouve en situation de récepteur, « Il est le peuple qui reçoit les bienfaits de D.ieu », qui bénéficie de l'amour gratuit de D.ieu. Dans le Livre de Vayiqra apparaît une nouvelle dimension au plan historique. Le peuple juif va désormais devenir également « celui qui donne » et « C'est D.ieu qui reçoit ». C'est une forme nouvelle de relation, un face à face où chacun des partenaires est en mesure d'apporter quelque chose à l'autre.

La Loi sur les sacrifices introduit cette nouvelle dimension dans la vie du peuple juif. VAYIQRa s'écrit avec un petit Aleph. Cette lettre en réduction a été interprétée comme un signe d'humilité. Même si l'homme se sent tellement petit et insignifiant par rapport à la grandeur divine, son « sacrifice » est néanmoins le bienvenu et il sera agréé par le Créateur comme une grande chose.

La Tora veut nous montrer que Moïse a pu entendre l'appel de D.ieu, simplement parce qu'il était à son écoute. Ainsi, toute personne à l'écoute peut finir par entendre l’appel de D.ieu. Celui qui est à l'écoute de son devoir, en perçoit continuellement le signal et sait se soumettre à ses exigences. Signalons enfin que l'Eternel appelle Moché par le nom que lui a donné une étrangère, une païenne ; mais du fait que ce nom a été donné avec amour et affection, il apparaît comme le plus beau nom donné au sauveur d'Israël. Langage d'amour et de paix, voilà le seul chemin qui, en vérité, peut changer la face de notre monde.

Grand Rabbin Jacques Ouaknin

 

Repost 0
8 mars 2013 5 08 /03 /mars /2013 16:55

A Shabbat, on arrête de travailler: on cesse toute rentabilité matérielle... mais surtout, on s'enrichit spirituellement !!!
D.ieu s'occupe de notre retour sur investissement à la fois matériel et spirituel... pour qu'il soit encore meilleur !
Shabbat Shalom et à la semaine prochaine si D.ieu le veut

Fermé jusqu a dimanche

Repost 0
6 mars 2013 3 06 /03 /mars /2013 16:19

the-tabernacle

 Le Shabbat qui précède Rosh ‘Hodesh Nissan est surnommé « Shabbat Ha-‘Hodesh ».

On sort 2 Sepharim :

Dans le premier, on lit la Parasha de la semaine (cette semaine 2 Parashiyot Vayakhel et Pekoudé)

Dans le deuxième nous lisons le passage de « …Ha-’Hodesh Hazé… » dans Parasha de Bo. On lira ensuite la Haftara de Shabbat Ha-‘Hodesh (et non celle de Pékoudé)

1.  Vayakhel

  Un don : qualité ou quantité ?

  Les princes amenèrent les pierres de Shoham, ainsi que les pierres à insérer pour le Efod et le Pectoral.(Shemot 35-27)

  Le Choham est une pierre précieuse.

Le Cohen Gadol portait sur sa poitrine, le Pectoral (‘Hoshen) avec le Efod, dans lequel étaient insérées 12 pierres précieuses.

  Les matériaux de grandes valeurs étaient d’une grande nécessité dans le Mishkan.

L’or, l’argent, les précieuses étoffes, ainsi que les pierres précieuses.

Mais ce qui était le plus précieux dans le Mishkan, c’était les fameuses pierres du Efod, que portait le Cohen Gadol sur sa poitrine.  C’est justement ce qui éveille l’étonnement.

  Pourquoi la Torah mentionne t-elle, en dernière position, la contribution la plus importante pour le Mishkan, à savoir ces fameuses pierres du Efod, que les princes des 12 Tribus d’Israël, ont offerts personnellement ? Au contraire, il aurait été plus logique qu’une contribution aussi importante, occupe la première place dans l’ordre de citations des diverses contributions matérielles offertes au Mishkan ?!

  En réalité, cette remarque a déjà été retenue par l’un de nos plus grands commentateurs, l’auteur du OR HA‘HAÏM (Rabbenou ‘Haïm BEN ‘ATAR z.ts.l Israël 18ème siècle).

Il explique cette ambiguïté, au moyen d’un enseignement du Midrash, dans lequel on demande : Comment les Princes des Tribus se sont-ils procurés des pierres aussi précieuses, dans le désert, endroit ou rien ne pousse ? Et le Midrash répond grâce à un verset de Mishlé (chap.25) :

« Des nuages et du vent, mais point de pluie ! Tel est l’homme qui fait grand bruit de ses dons illusoires. »

Or, dans ce verset, le terme qui désigne « les nuages », est « NESSIIM », le même terme que l’on utilise pour désigner « les Princes d’Israël ».

Voici donc le sens du verset de notre Parasha.

Les Nessiim (les princes) amenèrent les pierres … Les « Nessiim » dont il s’agit ici, représentent les nuages protecteurs qui accompagnaient les Béné Israël en permanence.

Ce sont donc ces nuages qui apportèrent – de façon miraculeuse – les pierres précieuses aux portes des tentes des Princes de Tribus, qui les offrirent ensuite au Mishkan.

  Selon cette idée, le Saint OR HA’HAÏM poursuit en disant que c’est justement pour le fait de ne pas s’être investis dans l’effort de la Mitsva de contribuer au Mishkan, que leur contribution n’est citée qu’en dernier, parmi les contributions au Mishkan.

Tout ceci, uniquement parce qu’Hashem n’évalue pas le don selon sa taille, mais uniquement selon l’effort investit par le donateur.

  Les Princes de Tribus ont quand même bénéficiés d’un miracle considérable, puisqu’il n’est pas donné à chacun que l’on fasse parvenir des pierres précieuses jusqu’à sa porte ! Il est évident qu’ils n’ont bénéficiés d’un tel miracle uniquement grâce à leur grande droiture aux yeux d’Hashem.

Malgré tout, dans le domaine de l’importance des donations pour le Mishkan, une telle contribution - sans effort de la part du donateur – est considérée par Hashem comme la moins importante.

  C’est pour cette raison qu’à plusieurs reprises, la Torah a rattaché la générosité à la pensée du cœur, car aux yeux d’Hashem, la générosité est indissociable du cœur.

Nous savons qu’en général, on est toujours plus attaché à une chose qui nous appartient – même si elle est sans prétention particulière – plutôt qu’à une chose d’une plus grande valeur matérielle, mais qui ne nous appartient pas (Rotsé Adam Bekab Shelo, Yoter Mishné Kabim Shel ‘Havero).

Ceci s’explique tout simplement par le fait que la personne a travaillé et qu’elle s’est investit dans ce qui lui appartient.

L’investissement de sa personne, crée un lien sentimental entre l’individu et ce qui lui appartient. Il va en prendre soin, et il lui sera difficile de s’en séparer.

  C’est la raison pour laquelle, les Béné Israël qui s’étaient tellement investis pour donner leurs contributions matérielles au Mishkan, attachaient une importance particulière à leurs donations, et c’est ce qui à fait mériter à leurs contributions d’être citées en tout début, avant même celles des Princes de Tribus.

  Nous en déduisons une règle fondamentale dans l’accomplissement des Mitsvot.

  On ne doit pas dire à son ami : « Voici de l’argent, achète pour moi un Loulav. » ou bien « Voici de l’argent, achète pour moi le nécessaire pour Shabbat. »

Au contraire, il faut s’investir nous même dans ces Mitsvot, en l’honneur d’Hashem, et c’est justement lorsqu’on accompli la Mitsva par nous même, qu’elle se valorise à nos yeux.

A ce moment là, même Hashem prendra en considération l’effort que cette Mitsva nous a coûté.

  Nous avons constaté cette merveilleuse attitude chez nos maîtres qui se sont toujours investis pour les préparatifs de Shabbat, ainsi que pour l’accomplissement des Mitsvot. Cet investissement personnel les couvrait de la bénédiction pour toute la semaine.

  2.  Pekoudé

  Que de Tsaddikim !!!!

  Voici les chiffres de l’édification du Mishkan, le Mishkan du Témoignage, chiffres établis par Moshé… (Shemot 38-21)

  Le Midrash explique que Moshé Rabbenou redoutait les mauvaises langues qui pourraient faire de la diffamation à son égard en prétendant que Moshé Rabbenou aurait détourné une partie des dons matériels offerts par les Béné Israël pour l’édification du Mishkan. C’est pour cette raison qu’il exigea que l’on établisse les chiffres exacts de toutes les quantités des matériaux précieux, offerts par Israël, afin que l’on puisse vérifier que tout avait bien servi à édifier le Mishkan.

Moshé eu raison puisque effectivement, les Bené Israël le soupçonnèrent d’avoir détourné une partie des dons, mais quand Moshé Rabbenbou leur montra les chiffres exacts de tout ce qui avait été offert et qu’il leur fit constater que tout avait été utilisé, les Bené Israël crurent Moshé Rabbenou.

  Question

  Le Gaon Rabbi Shelomo de RADOMSK demanda :

Comment les Bené Israël purent-ils soupçonner Moshé Rabenou d’une telle chose ? N’ont-ils pas vu Moshé Rabbenou renoncer à l’or et à l’argent lors de la sortie d’Egypte, quand tout le monde ne pensait qu’à prendre possession des richesses d’Egypte alors que Moshé Rabbenou s’occupait de trouver les ossements de Yossef Ha-Tsaddik ensevelis dans le Nil et sans lesquels les Béné Israël ne pouvaient pas quitté l’Egypte ?!!

  Réponse

  En réalité, tous les Béné Israël avaient tous conscience que chaque don offert pour l’édification du Mishkan doit émaner d’un cœur pur et d’une pensée sincère pour l’unique gloire d’Hashem. Le moindre don qui ne provenait pas d’une telle pureté d’esprit, n’avait pas sa place au sein du Mishkan. De ce fait, chacun se dénigrait à ses propres yeux en disant : « Ma contribution matérielle ne méritera certaine pas d’être acceptée dans l’édification du Mishkan ! Comment pourrais-je mériter un tel honneur ?! » Tout le monde allait trouver Moshé Rabbenou en lui demandant quels étaient les dons qui n’avaient pas été acceptés et qui n’avaient donc pas été ajoutés au Mishkan. Ils ne s’apaisèrent que lorsque Moshé Rabbenou leur démontra que tous les dons avaient été acceptés dans le Mishkan, comme une personne qui leur dit : « Vous êtes tous des Tsaddikim, vous avez tous le mérite que l’on accepte votre don pour l’édification du Mishkan ! »

  Rav David A. PITOUN

 

Repost 0
5 mars 2013 2 05 /03 /mars /2013 17:37

73984

Que faut-il ? Quand ? Comment ?

 - La 1ère coupe

- Bénédictions sur les aliments

 - Récit de la sortie d'Egypte et questions

 - Réponses

 - Bénédictions avant le repas -Repas - Après le repas

 1) Que faut-il pour mener le Seder chez soi ?

Une Haggada pour raconter l'histoire de la sortie d'Egypte et suivre le déroulement de la cérémonie.

Un grand plateau avec les aliments suivant dessus :

seder-plate-40005

• Trois Matsot

• Un verre d'eau salée

• Un ceuf dur et noirci sur un côté

• Des herbes amères

• Du persil

• Un os d'agneau avec un peu de viande dessus

• Le " Harosset ", c'est-à-dire un mélange de pommes écrasées, de vin et de cannelle. (les recettes sont variées)

• Une coupe de vin

 Durant tout le Seder on se tient accoudé sur le côté gauche afin d'imiter la coutume des Romains qui, à l'époque de la rédaction de la Haggada, étaient le symbole même d'un peuple libre.

2) La première coupe de vin.

 La cérémonie du Seder débute par la bénédiction sur le vin qui symbolise la joie de la fête. Il y a quatre coupes de vin durant le Seder. On lève la première coupe et on dit la bénédiction suivante:

 «  Baroukh Ata Adonaï Elohénou Mélékh Haolam Boré Peri Hagafen ».

3) Les bénédictions sur les différents aliments du plateau.

Après le vin, nous continuons le Seder par un certain nombre de rites dont l'objectif est double. Tout d'abord, ils nous rappellent, par l'utilisation de certains symboles, les conditions de nos ancêtres durant l'esclavage et au moment de la sortie d'Egypte. De plus, ces mêmes symboles sont supposés éveiller les questions des enfants de façon à ce qu'ils prennent conscience que cette journée est effectivement différente des autres.

 a) On mange le persil trempé dans de l'eau salée (nous rappelant les larmes de la servitude) en faisant la bénédiction suivante:

« Baroukh Ata Adonaï Elohénou Mélékh Haolam Boré Peri Haadama »

 sederb) On brise la matsa du milieu en deux, et on cache l'une des moitiés, que le plus jeune enfant devra retrouver à la fin du Seder. Ce sera l' Afikoman.

 4) Le récit de la sortie d'Egypte. Les questions des enfants et les réponses.

 Après ces préliminaires, commence le récit de la sortie d'Egypte. Ce récit s'articule autour de deux textes dans lesquels les enfants posent des questions sur le sens de cette fête et sur le sens de la liberté, et où les adultes apportent des réponses en relatant le récit de la sortie d'Egypte.

 a) Le Ma Nichtana. Pourquoi cette nuit est-elle différente de toutes les autres nuits? Pourquoi ne mangeons-nous que du pain azyme? Pourquoi les herbes amères ce soir, alors que nous n'en consommons pas les autres soirs? Pourquoi trempons-nous les herbes deux fois (une fois dans l'eau salée et une fois dans le Harosset)? Pourquoi mangeons-nous accoudés?

  b) Les quatre enfants. La Haggada décrit, par la suite, quatre types d'enfants: un sage, un méchant, un naïf et un qui ne sait même pas poser de question. Ces enfants posent des questions relatives au pourquoi de cette cérémonie. Quel est le sens de toutes ces coutumes, demande le sage? Quelle est la raison de toutes ces traditions que vous accomplissez, demande le méchant? Qu'est-ce que cela, demande le naïf? Quant à celui qui ne sait pas poser de questions, c'est aux adultes de lui expliquer pourquoi Dieu nous a fait sortir d'Egypte.

A toutes ces questions, nous répondons en retraçant les grandes lignes de l'esclavage d'Egypte ainsi que l'intervention miraculeuse de Dieu qui, en frappant l'Egypte des dix plaies, a forcé le Pharaon et son peuple à libérer nos ancêtres. Mais ce que nous enseignent aussi ces quatre enfants, c'est qu'il est de notre devoir de répondre à chacun en fonction de son propre niveau de compréhension. A des enfants différents, des réponses différentes.

c) Les dix plaies d'Egypte. Alors que nous relatons les épisodes de notre délivrance, la tradition nous enseigne que lorsque nous lisons la liste des dix plaies, il convient, avec son doigt, de retirer une goutte de vin de notre verre, et cela pour chacune des plaies. En ce faisant, nous indiquons qu'il nous est interdit de nous réjouir de la mort de nos ennemis:

Le sang 

Les grenouilles

La vermine

Les bêtes sauvages

La peste

Les ulcères

La grêle 

Les sauterelles

Les ténèbres

La mort des premiers-nés

5) Le cadre minimum de la réponse.

 Afin d'apporter des éléments de réponse aux questions des enfants, la Haggada nous enseigne que le soir du Seder il faut au moins avoir parlé des trois choses suivantes:

PESSACH (l'agneau), qui symbolise l'animal que nos ancêtres avaient sacrifié au moment de la sortie d'Egypte et dont le sang devait être répandu sur les portes des maisons des Hébreux, afm que Dieu puisse " passer par-dessus " ces maisons lors de la frappe de la derrière plaie.

MATSA (les pains azymes), nous rappelant que nos ancêtres n'avaient pas eu le temps de faire lever la pâte lorsqu'ils quittèrent précipitamment le pays.

MAROR (les herbes amères) qui nous font prendre conscience de l'amertume de la vie d'esclave.

6) Avant le repas.

 Après avoir terminé le récit de la sortie d'Egypte, on fait les quelques bénédictions suivantes:

 a) Seconde coupe de vin:

« Baroukh Ata Adonaï Elohénou Mélékh Haolam Boré Peri Hagafen »

b) Deux bénédictions avant de manger la Matsa:

« Baroukh Ata Adohaï Elohénou Mélékh Haolam Hamotsi Lekhem Min Haarets. »

 « Baroukh Ata Adonaï Elohéhou Mélékh Haolam Acher Kidechanou Al Akhilat Matsa »

   c) Bénédiction sur les herbes amères:

«  Baroukh Ata Adonaï Elohénou Mélékh Haolam Acher Kidechanou Al Akhilat Maror »

  d) On mange la Matsa et les herbes amères comme un sandwich .

7) Le repas.

 Pessach est une fête de joie, et le repas doit refléter cet esprit. Toutes sortes de traditions existent quant à l'aspect culinaire de Pessach.

8) Après le repas

 - la fin du Seder.

 a) Le Seder se termine assez rapidement après le repas. Tout d'abord, le plus jeune enfant doit aller rechercher l'Afikoman (partie de la Matsa cachée au début du Seder), afin que ce morceau de Matsa soit distribué à chacun comme dessert.

b) Comme pour tout autre repas, on récite le Birkat Hamazon .

c) Les bénédictions après le repas, se terminent par la troisième coupe de vin:

 « Baroukh Ata Adonaï Elohénou Mélékh Haolam Boré Peri Hagafen »

d) Le Seder se termine par la récitation du Hallel, la bénédiction sur la quatrième et dernière coupe de vin, et quelques chants traditionnels comme le `Echad Mi Yodéa' et le `Had gadyia'.

 

 2013-03-0511.18.40

Repost 0
1 mars 2013 5 01 /03 /mars /2013 10:02

Projet non enregistré 1000X759

Ceux qui vont en enfer

28 février 2013

Etant agnostique, je ne sais pas où ira Stéphane Hessel désormais, mais je doute qu’il emporte vers un quelconque paradis ses ignominies diverses.

Je ne sais pas non plus ce qu’il a pu faire dans son passé avant de devenir sur ses vieux jours ce qu’il est devenu : ce que je sais, comme toute personne un tant soit peu informée, est qu’il a menti sur ses origines puisqu’il n’était pas juif, sur ses activités pendant la guerre, puisqu’il a été, selon l’excellente expression de Pierre André Taguieff, un « résistant de bureau », à Londres, ainsi que sur ses activités immédiatement après la guerre, puisqu’il n’a observé que de loin, en position de porte-coton très subalterne, la rédaction de la Déclaration Universelle des droits de l’homme.

Est-ce une carrière de diplomate médiocre et frustré qui l’a poussé, une fois devenu octogénaire, à ces constants jets de bile ?

A t-il pensé toute sa vie ce qu’il a semblé penser ces dernières années ? Lui seul connaissait la réponse. Les questions ne lui ont pas été posées. Et même si elles lui avaient été posées, il était doté, semble-t-il, de ce trait rare et infect qui faisait que pas une parole qu’il prononçait ne pouvait être prise autrement que comme une déjection, enrobée, bien sûr, dans une posture de contentement de soi intense.

La spécialité de Stéphane Hessel, celle qui lui a valu une célébrité tardive et les flots d’adulation de tous les adeptes de l’imbécilité contemporaine et de la pensée torve, a été « l’indignation » : un mot vide qui permet à celui qui l’emploie de trépigner sur place et d’être, comme disait Pierre Dac, contre tout ce qui est pour et pour tout ce qui est contre et de séduire à tous vents.

Mais il était un pays qui l’indignait particulièrement, Israël, et il n’est quasiment pas une saloperie traînant dans un caniveau antisémite, presque pas une obscénité ramassée dans l’esprit malade d’un islamiste qu’il n’ait reprise à son compte : comme ses énoncés étaient formulés sur un ton calme et pondéré, il rendait acceptable ce qui, sorti de la bouche d’un barbu excité aurait paru vil et cloacal.

L’homme qui a osé comparer le Hamas à la résistance française

Il restera, à mes yeux, l’homme qui a osé comparer le Hamas à la résistance française et Israël au régime nazi: aucun Français, à ma connaissance, n’avait osé avant lui, ou alors, peut-être un gauchiste traînant dans la vague cafétéria d’une vague université un peu crasseuse.

Il restera aussi, à mes yeux, l’homme qui a osé dire, en une phrase que n’aurait pas désavoué Jean-Marie Le Pen, que l’occupation allemande en France avait été « relativement inoffensive » et que les occupants avaient voulu « agir positivement » : si on lui avait demandé s’il pensait que l’occupation avait été inoffensive pour les Juifs et si l’action positive avait été les convois envoyés vers Auschwitz, il aurait pu utiliser l’une de ses plus belles formules: « Les Juifs pensent qu’ils ne peuvent pas être véritablement aimés par les autres ». Et sans doute les Juifs pensaient, à tort, qu’ils n’étaient pas véritablement aimés en France à l’époque.

Stéphane Hessel avait concernant les Juifs des idées qui, tout bien pesé, n’étaient pas si éloignées de celles d’hommes tels que Robert Brasillach et Lucien Rebatet. L’un et l’autre n’ont pas parlé d’Israël : le premier parce qu’il a été fusillé en 1945, le deuxième parce qu’il a été condamné à mort en 1946, gracié et maintenu sous surveillance ensuite.

Qu’un tel homme ait pu écrire un texte (je ne peux parler d’un livre pour quelques centaines de lignes indigentes) vendu à des millions d’exemplaires pourrait être suffisant pour définir cette triste époque. Gilles-William Goldnadel dans son livre Le vieillard m’indigne a dit, de manière brillante, tout ce qu’il fallait en dire.

Que des hommages unanimes lui soient rendus aujourd’hui montre que nous avons vraiment touché le fond.

Qu’il soit qualifié d’ »humaniste » dans quelques journaux révèle à quel point les mots ont perdu leur sens. Si l’ami de terroristes tueurs de Juifs est un humaniste, c’est qu’Ismaïl Haniyeh est un philanthrope, sans doute. Des députés socialistes ont évoqué l’idée de funérailles nationales : qu’attendre d’autre de socialistes, direz-vous. François Hollande a parlé d’un inlassable « défenseur des droits de la personne humaine » : qu’attendre d’autre d’un Président socialiste ? Les dirigeants de l’UMP n’ont pas usé de termes très différents, hélas.

Une pétition est en ligne qui demande l’entrée d’Hessel au Panthéon : si le ridicule tuait, les rédacteurs et les signataires de la pétition ne seraient plus de ce monde. Mais si le ridicule tuait, la France perdrait d’un seul coup l’essentiel de ses prétendues élites. Seul Richard Prasquier, pour l’heure, a osé énoncer quelques critiques, et je rends hommage à son courage.

J’ai lu dans Le Monde que la mort était un grand projet pour Stéphane Hessel. S’il avait réalisé ce projet plus tôt, il m’arrive de penser en cet instant qu’il aurait au moins fait quelque chose de bien dans sa vie.

Reproduction autorisée avec la mention suivante : © Guy Millière

 

Repost 0
28 février 2013 4 28 /02 /février /2013 15:02

Flyerdreyfuss

Repost 0

Présentation

  • : Le blog de Claude SICSIC
  • Le blog de Claude SICSIC
  • : La vie d'une communauté
  • Contact

Profil

  • Claude SICSIC
  • Responsable communautaire, j'ai souhaité créer, avec ce blog, le lien humain et amical qui nous fait tant défaut dans ce monde égoïste
  • Responsable communautaire, j'ai souhaité créer, avec ce blog, le lien humain et amical qui nous fait tant défaut dans ce monde égoïste

Recherche

Archives