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2 août 2012 4 02 /08 /août /2012 14:24

Chema-Israel-copie-1.jpg

Moïse raconte au peuple comment il a imploré D.ieu afin qu’il lui soit permis d’entrer sur la terre d’Israël. Mais D.ieu lui a opposé un refus, lui commandant de gravir une montagne pour apercevoir, de son sommet, la Terre Promise.

Continuant sa "répétition de la Torah", Moïse fait le rappel de l’Exode d’Égypte et du Don de la Torah : des événements sans aucun précédent dans l’histoire de l’humanité. Car « un peuple a-t-il jamais entendu la voix de D.ieu parlant au milieu du feu, comme toi tu as entendu... et a survécu ?... A toi, il t’a été montré, pour savoir que l’Éternel est D.ieu... Qu’il n’existe rien d’autre que Lui ».

Moïse prédit cependant qu’au cours des générations futures, le peuple s’éloignera de D.ieu, qu’il servira des idoles et sera exilé de sa terre, dispersé parmi les nations. Mais alors, ils chercheront D.ieu et reviendront au respect de Ses commandements.

La paracha Vaet’hanane contient aussi la répétition des Dix Commandements et les versets du Chéma qui expriment le fondement de la foi juive : l’unité de D.ieu (« Écoute Israël, l’Éternel est notre D.ieu, l’Éternel est Un ») avant de commander l’amour de D.ieu, l’étude de Sa Torah, le port des téfilines (les phylactères) et la pose d’une mézouza aux portes de nos habitations.

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1 août 2012 3 01 /08 /août /2012 10:27

A celles et ceux qui se posent la question sur Israël, voici la réponse.

 

314704

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25 juillet 2012 3 25 /07 /juillet /2012 16:13

devarim-copie-1

Nous commençons cette semaine la lecture du dernier des cinq 'houmachim, des cinq livres qui composent le Sefer Torah, a savoir le sefer "Devarim".

La Guemara nous dit a son sujet que ce livre fut prononcé par Moshe Rabbenou, de lui-même; c'est à dire par esprit prophétique.

Il est dit concernant Moshé Rabbenou :

"Velo kam navi kemoshe beIsrael"

"Il ne s'est pas levé un prophète comme Moshe en Israël".

Concernant l'esprit prophétique, le "Roua'h hakodech", il existe de nombreux niveaux. Et le niveau de prophétie de Moshe Rabbenou était le plus élevé de tous. Un tel niveau signifie que tout ce que dit Moshe de lui-même provient de son esprit prophétique.

Comme il est dit : "Ch'hina medaberet mito'h grono chel Moshé".

"C'est la présence divine qui parle a l'intérieur de la gorge de Moshe". C'est à dire qu'il était totalement uni avec D-ieu.

 

Il en est de même pour les dévoilement qui apparurent plus tard dans la Torah, par le biais des tanaim, dans la Michna et les Braitot, et par le biais des amoraim, dans la Guemara, ainsi que pour ceux qui virent le jour par l'intermediaire des sages de toutes les générations, "Hakol nitan leMoshe miSinai"; "Tout fut donne a Moshe depuis le Sinai".

C'est a dire que ces "'hidouchim" et ces raisonnements ne sont pas les leurs, mais qu'il s'agit de sujets qui furent transmis par D-ieu a Moshe Rabbenou. Simplement, ces sujets nous furent transmis par l'intermédiaire de l'étude et de la perception des sages en question.

 

Le livre de "Devarim" ne présente pas que des sujets nouveaux. Il est également appelé "Michne Torah", "la répétition de la Torah". On y retrouve ainsi des explications sur de nombreux sujets déjà abordes dans les livres précédents, concernant leur mise en application.

 

Dans chaque génération, les sages ont dévoile de nouvelles facettes de la Torah, et ont également fixe des "takanot", c'est a dire de nouvelles règles, d'institution rabbinique.

Ces explications, comme ces règles, nous sont destinées, et nous devons les suivre avec la plus grande attention.

En négligeant ces règles, on ne porte pas seulement atteinte a elles-mêmes, mais a la Torah dans son ensemble. Ces règles nous aident a accomplir la Torah de la manière dont elle doit l'etre, et sans elles nous ne pourrions pas suivre les commandements divins, les mitsvot de la Torah, de la façon appropriée.

 

Le sefer "Devarim", "répétition de la Torah", fut prononce pour la première fois a l'attention de la génération qui allait entrer en Erets Israël. Il servait donc de préparation pour les juifs, qui allaient abandonner leur vie dans le désert. Pendant plus de quarante ans, ils avaient ete coupes des contingences matérielles et ne s'occupaient que du service divin. A leur entrée en terre d'Israël, ils allaient devoir au contraire s'attacher a des occupations matérielles, s'occuper de gagner leur vie, etc...

Et particulièrement par le biais de la matérialité, ils allaient pouvoir accomplir le désir divin, "laassot lHa-chem yitbare'h dira beta'htonim", de réaliser pour D-ieu

une demeure dans les mondes inferieurs.

 

La génération qui a vécu dans le désert avait reçu la Torah directement, sans intermédiaire. Par contre, celle qui a suivi et qui allait entrer en Erets Israël, et qui avait donc un lien avec le concret et devait réaliser un travail matériel, a du écouter les paroles de Torah par l'intermédiaire de Moshe rabbenou. Moshe était l'intermédiaire qui permettait de lier le peuple d'Israel avec D-ieu. Pour cette raison, c'est précisément a cette génération que fut donne le sefer "Devarim", par l'intermédiaire de Moshe, "de lui-même".

 

Il en fut de même par la suite, de génération en génération. Les générations sont devenues d'un niveau spirituel moins élevé, et la parole de D-ieu nous parvient donc a travers des vêtements plus nombreux.

Mais nous devons nous souvenir que, bien que les paroles de Torah nous parviennent de façon différente, et que nous bénéficions aujourd'hui de nouveaux dévoilements, tous sont réellement la parole divine.

Et c'est particulièrement par le biais de ces enseignements et de ces règles destinées a nos générations que nous pourrons atteindre notre destination véritable, jusqu'au dévoilement de Machia'h.

 

Chlomo

 

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18 juillet 2012 3 18 /07 /juillet /2012 14:48

matot

Le mot "matot", employe dans le sens de "tribu", signifie littéralement "batons".

L'autre mot employé pour designer les tribus, "chvatim", a comme sens littéral "branches".

Quelle différence y-a-t-il entre une branche et un bâton ?

La branche est encore reliée a sa nourriture, reçoit de la sève. Ceci lui confère une

Certaine souplesse et une plus grande résistance. Le bâton est par contre séparé de sa nourriture, ne reçoit pas de sève et devient ainsi beaucoup plus sec et cassant.

 D'un point de vue spirituel, ceci peut être compare a l'âme.

Telle qu'elle existe dans les mondes célestes, sa relation avec D-ieu, qui est la source de la vie, est concrète, tangible. Elle peut alors être comparée a la branche, qui se nourrit de la sève. Telle qu'elle existe par contre dans notre monde matériel, elle semble séparée de sa source, et nous rappelle plutôt le bâton qui ne reçoit pas la sève.

 Et pourtant, il s'agit bien de la même âme. De fait, cette rigidité peut se révéler de manière négative ou positive. Elle peut se révéler comme "cassante"; c'est l'insensibilité à l'égard du spirituel, de la divinité qui investit la création et la fait exister.

Et elle peut au contraire se révéler comme une fermeté qui permet d'affronter les épreuves sans fléchir, d'observer la Torah et les mitsvot en dépit des défis que nous lance notre environnement.

Plus encore, celui qui s'implique dans un tel engagement acquiert une fermeté supérieure, car ces efforts le lient a l'essence de son âme, elle-même unie a D-ieu, qui est la source de toute vie.

La Paracha Matot, comme on l'a deja dit, est lue cette semaine, comme c'est d'ailleurs souvent le cas, avec la paracha Massei.

 

Le mot "massei" signifie "voyages". Il fait allusion, dans le même cadre, a la descente de l'âme depuis son niveau élevé jusque dans un corps matériel. Cette descente dévoile également un aspect négatif et un aspect positif.

L'aspect négatif est l'exil que provoque cette descente. En effet, l'âme souffre d'être séparée de sa source, et ne trouve d'apaisement que dans la pratique des mitsvot.

Mais pareillement a ceci se dévoile l'aspect positif lie a cette même descente. Notre monde est appelé "Assia", le monde de l'action. Il est de fait le seul monde dans lequel l'action liee aux mitsvot est possible. Par le biais de ces actions, qui lient l'essence l'âme a l'essence de D-ieu d'une façon parfaite, l'âme s'élève alors a un degré bien supérieur a celui qu'elle avait auparavant.

Ces deux parachiot sont toujours lues pendant la période appelée "bein hametsarim", c'est a dire pendant les trois semaines qui separent le 17 Tamouz du 9 Av, et qui sont donc associées a la destruction du Beth Hamikdach. Celui-ci a été détruit du fait de la haine gratuite, et ceci rappelle l'aspect négatif, cassant, que l'on trouve dans le bâton.

Mais ceci est donc nécessairement lie également a son aspect positif, car le fait meme de mentionner sa destruction allusionne sa reconstruction, comme le faisait remarquer Rabbi Akiva. C'est ainsi que l'anniversaire de sa destruction est décrit comme "l'anniversaire de Machia'h", que nous attendons de façon imminente. Alors l'essence même de D-ieu sera dévoilée dans notre monde matériel, et l'on cueillera véritablement les fruits de notre fermete, de notre détermination dans l'accomplissement de la Torah et des mitsvot.

PS: Pendant les4 à 5semaines à venir, j'essaierai, autant que possible, de maintenir le rythme de mes envois hebdomadaires. Merci de continuer pendant cette période à visiter le Blog. Ce sont vos visites régulières qui le font vivre et qui l’anime.

J’essaierai de répondre aux messages adressés à  csicsic@aol.com

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15 juillet 2012 7 15 /07 /juillet /2012 10:29

« C’était le 16 juillet 1942….  Une belle journée d’été, déjà ternie par l’occupation, devait demeurer à jamais une journée noire dans l’histoire de notre pays.

 

Les jeunes gens s’apprêtaient à passer leurs examens de fin d’études secondaires, et envisageaient probablement de s’octroyer quelques semaines de repos.

Le peuple lui, vivait écrasé par les rationnements, les privations et la peur.

 rafle du vel dhiv-34a92

Et le pire se produisit : plus de 13000 juifs dont 4115 enfants sont raflés dans le cadre de l’opération baptisée « vent printanier ».

 

 Extraits de leurs domiciles,  ils sont entassés dans des autobus et conduits au vel’d’hiv. Là, ils sont parqués dans des conditions d’hygiène insupportables, sous une  chaleur accablante.  Certains ne résistent déjà pas à ces conditions de vie.

 

Des enfants pleurent dans les bras de leurs parents, désemparés, aucun secours de nulle part.  On relève des crises d’hystérie. Le désespoir gagne ces malheureux, et il ne se trouve aucune âme compatissante pour soulager leur douleur.

 

Le pire des cauchemars voyait le jour au Pays de la Liberté et des Droits de l’Homme.

 

Et nous, leurs descendants, membres de leurs familles, ou citoyens concernés par ce drame orchestré par le régime collaborationniste de Vichy, nous remémorons chaque année ces scènes horribles.

 

Nous nous interrogeons encore et encore sur les mobiles de cet acharnement sur une population paisible, sans défense, seulement coupable d’être de confession ou d’origine juive.

 

La lâcheté des concepteurs et des auteurs de ces crimes odieux demeure, pour tout être doté de raison, une énigme indéchiffrable. Ont-ils vraiment existé ces policiers et miliciens dépourvus de tout sens de l’humain ?   

 

 Devra-t-on longtemps encore supporter ces cerveaux malades qui nient la Shoah ?

Devra-t-on encore supporter cet antisémitisme qui n’ose dire son nom ?

 

Tout homme épris de liberté, de justice et de sens moral commémorera cet horrible anniversaire conformément aux décisions des autorités politiques  de notre pays, sanctionnées par le décret du Président François MITTERRAND le 3 février 1993.

 

La Communauté Juive et tout être normalement constitué, ont été particulièrement sensibles au discours du Président Jacques CHIRAC du 16 juillet 1995, ainsi qu’aux émouvantes paroles par lui prononcées lors de la Cérémonie en l’honneur des « Justes » au Panthéon.

 

Nous devons nous réjouir à la constatation que tout l’échiquier politique de notre Pays se soit associé à de telles magnifiques mais normales prises de position.

 

Mais, si le devoir de mémoire s’avère indispensable, il ne faut en aucun cas occulter ceux grâce à qui de très nombreuses vies ont été sauvées :

 

LES JUSTES PARMI LES NATIONS

 

rafle 267X167Qui, la main tendue, n’ont jamais craint les griffes nazies,

Qui, au péril de leur vie, de celle de leur famille ont toujours réussi dans leur mission  de sauvetage!

Notre beau Pays en compte plus de 16000, Le département du Gard une cinquantaine.

 

Il nous faut également rappeler que pour le bourreau, l’aide aux juifs était un délit majeur !

 

Et pourtant combien de vaillants ont risqué leur vie, leur sécurité, leur liberté personnelle, sans exiger aucune récompense que celle du devoir accompli!

Les aides fournies revêtaient divers visages :

 

L’un hébergeait, l’autre fournissait des faux papiers, celui-ci aidait à gagner un lieu sûr, cet autre aidait à passer une frontière, cet homme de foi délivrait un certificat de baptême, ce dernier allait même jusqu’à adopter des enfants.

 

Un village entier mérita le titre de JUSTE, s’étant mobilisé pour cette cause, LE CHAMBON SUR LIGNON, et la citation décorative reçue n’est nullement usurpée.

 

Par ces différents agissements, plus de 200.000 juifs ont été sauvés.

 

Ces comportements admirables devraient souvent être rappelés. Ils sont un exemple à suivre pour nos générations, ils sont et constituent un critère de moralité, ils prouvent si besoin est, que dans des situations aussi désespérées, que dans des instants d’intense pression physique ou psychologique, le JUSTE reste toujours maître de ses décisions, et les dirige exclusivement vers une issue de bonté, de raison et de justice.

Ces comportements doivent également prouver que l’on peut, que l’on doit s’opposer aux forces du mal. Alors la résistance reste possible voire nécessaire, en tous lieux et à tous moments.

 

Dans le cadre de la "Journée nationale à la mémoire des victimes des crimes racistes et antisémites de l’État français et d’hommage aux Justes de France", une cérémonie à laquelle vous êtes invités aura lieu

Dimanche 22 juillet 2012 à 11 heures précises

 

au monument commémoratif de la rafle du Vél’ d’hiv’ à Nîmes, Avenue Général Leclerc (sortie de la trémie près de la voie SNCF).Cette cérémonie aura lieu en présence de toutes les autorités civiles, militaires et religieuses de la ville.

Elle marquera le 70ème anniversaire de ce qui fut la plus grande rafle de Juifs organisée sur le territoire français durant la guerre.

 

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11 juillet 2012 3 11 /07 /juillet /2012 10:25

PINHAS

La violence et la paix

 Comme la semaine dernière, la paracha de ce shabbath porte le nom d'un personnage : Pinhas. Mais alors que Balak est présenté comme un haineux d'Israël, Pinhas est porteur de bénédiction. « C'est pourquoi Je lui donne, dit l'Eternel, Mon alliance de paix (bérith shalom) ». Ce passage de Pinhas questionne et heurte notre conscience moderne, car il pose le lien entre violence et religion.

Exécuter quelqu'un au nom de Dieu, devenir un zélote de l'Eternel, nous interpelle d'autant plus que des hommes et des femmes sont  prêts aujourd’hui à tuer et à se tuer pour leur vérité religieuse.

La nature de la faute d’Israël :

A la fin de la paracha Balak, nous lisons :

« Israël s’installa à Shittim; le peuple commença à se livrer à la débauche avec les filles de Moab. Elles invitèrent le peuple aux sacrifices de leurs dieux; le peuple mangea et se prosterna devant leurs dieux. Israël s'attacha au Baal Péôr, et l’Éternel se mit en colère contre Israël. …Le fléau avait fait vingt-quatre mille morts. » (Nb XXV, 1 à 3).

Nous assistons ici à une récidive de la faute du veau d’or qui se traduit par un culte idolâtre (Baal Péôr - qui a donné Belphégor – l’une des divinités adorée dans cette région) et par une orgie sexuelle. Il y avait là une incompatibilité avec le culte de l’Éternel et son éthique.

Soulignons qu’il ne s’agissait pas d’une faute individuelle (comme dans l’histoire de David et Bethsabée), mais d’une faute collective ; et qui plus est, menée par des chefs de tribus, sensés montrer l’exemple.

Tout se passe comme si Israël reniait ici tous les principes de la révélation sinaïtique, pour choisir un paganisme fondé sur la seule pulsion érotique. Du sommet du pouvoir à la base du peuple, le corps national (goy) était malade.

Or une société qui fonde son unité sur la jouissance du sujet, oublieuse des devoirs interpersonnels, au nom d’une transcendance, est une société en péril. Athènes, Rome, les grandes civilisations se sont écroulées par le libertinage.

Dès lors la question de la colère divine (que certains auraient voulu miséricorde) souligne-t-elle la gravité de la situation. Cette déviation collective coûta 24 000 morts au peuple d’Israël.

Zèle religieux et de la paix :

La grande question qui se pose à un esprit sain (et non endoctriné par la haine de l’autre) est : comment comprendre l’attitude divine qui récompense Pinhas par une alliance de paix alors que celui-ci trucida Zimri fils de Salou, chef de la tribu de Simon. Ce dernier, en effet, avait pris, aux yeux de tous, une prostituée sacrée midianite du nom de  Kozbi fille de Tsour. Et c’est au moment précis de leur copulation que Pinhas exécuta l’homme et la femme.

Quelques siècles plus tard, un autre personnage recevra les honneurs divins : le prophète Elie. Lui aussi mit à mort les prêtres du dieu Baal que la reine Jézabel (femme du roi Achab) avait installé dans le royaume d’Israël.

Le paradoxe est que les deux zélotes de l’Éternel qui agirent contre les fauteurs d’Israël, en versant le sang, reçurent cette alliance de Paix. 

Il est possible de répondre (de façon partielle) qu’il s’agit ici des deux seuls cas de la Bible où le zèle religieux fut reconnu par Ciel, tout en le condamnant pour l’avenir. Cela ressort clairement de la suite de l’épisode du Carmel, lorsque l’Éternel se révèle à Elie, non dans le tumulte mais dans « la voix d’un doux silence » (kol démama daka).

De Noé à Jonas :

La Bible semble présenter en son sein un mouvement évolutif qui va de la violence à la paix, de la rigueur divine à la miséricorde divine. Le basculement s’opère justement au mont Horeb avec « la voix du doux silence ». Pour le dire simplement : la religion ne s’impose plus par le glaive mais elle se propose par la douce parole. Ce qui implique une pédagogie et une propédeutique.

Cette évolution au sein même de l’écriture biblique peut nous être fournie par deux exemples succincts (à toi chère lectrice et cher lecteur d’approfondir le sujet, si ton cœur le réclame) :

1.      Elie, le zélé de l’Éternel, devient dans les deux derniers versets qui clôturent le canon prophétique l’homme de la paix : « il ramènera le cœur des pères vers les fils et le cœur des fils vers les pères. » (Malachie III, 24). C’est par la réconciliation, et non par la violence, que le « jour de l’Éternel » sera possible. Dans le cas contraire, (à Dieu ne plaise !) « le pays risque de subir l’anathème divin ». Et comme le disent nos sages zal : « Elie, le prophète, ne viendra pas pour résoudre les débats rabbiniques, mais pour faire la paix dans le monde ». (Cantique Rabba IV, 29)

2.      Noé est le prophète sauvé des eaux dans son arche, alors que l’humanité, hommes et bêtes, est noyée. La rigueur divine l’emporte ici sur toute miséricorde. A contrario, Yona (Jonas, texte que nous lisons à Kippour) est l’homme qui est jeté à la mer, alors que les matelots (au nombre de 70 selon le Midrash, microcosme d’humanité) sont sauvés, et que Yona est jeté à la mer. Or toujours selon le Midrash (sur Téhélim XXVI, 7), Yona n’est autre que l’enfant ressuscité par le Prophète Elie, le zélé de l’Eternel. Et par quoi s’achève le livre de Yona ? « Et Moi, (dit l’Éternel) Je n'aurais pas pitié de Ninive, la grande ville, où il y a plus de cent vingt mille humains qui ne savent pas distinguer leur droite de leur gauche, et des bêtes en grand nombre ?). Sauver les hommes de leur folie (et les vaches folles aussi) n’est-ce pas l’impératif qui nous concerne, tous, aujourd’hui ?

Philippe HADDAD

 

 

 

 

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6 juillet 2012 5 06 /07 /juillet /2012 14:53

jeune 17tamouzn

 Aspect  historique

5 évènements touchèrent Israël à cette date :

- Moïse brise les Tables de la loi en descendant du Mont Sinaï suite à la faute du veau d’or.

- On arrête d’offrir les sacrifices quotidiens dans le premier Temple durant le siège de Jérusalem, les Cohanim (prêtres) ne pouvant plus se procurer d’animaux.

- Une brèche est faite dans la muraille de Jérusalem avant la destruction du Temple en l’an 70 de l’ère vulgaire.

- Avant la grande révolte, le général romain Apostamos brûle un rouleau de la Torah établissant ainsi un précédent pour les horribles autodafés de livres juifs à travers les siècles.

- Une statue est introduite dans le sanctuaire, acte blasphématoire et de désacralisation par excellence.

Sens général

Le jeûne du 17 Tamouz est lié au traumatisme de la destruction (hourban) des deux Temples et de Jérusalem. Le choc fut terrible, non seulement à cause des nombreuses victimes (Flavius Joseph évalue à près d'un million, le nombre de Judéens massacrés par les légions de Titus), mais parce que cette catastrophe, et l'exil qui en découla, sapèrent toute la vision du messianisme biblique que l'on avait reçue depuis Abraham. En effet, le message spirituel d'Israël devait obligatoirement émaner du peuple ayant reçu la Torah à partir de la terre des promesses.

L'exil de 70 obligea le judaïsme à se reconstituer en une foi ardente sans terre. La conquête du Livre remplaça la conquête de l'espace, et le juif devenait « Bâtisseur du temps. » Cependant, en orientant ses synagogues vers son pays ancestral, en jeûnant le 3 tichri, le 10 tévet, le 17 tamouz et le 9 av et aux trois autres dates, Israël affirmait dans le drame de sa diaspora, son unité religieuse et nationale. L'on peut comprendre pourquoi paradoxalement le 9 av est appelé moed, jour de fête, « rendez-vous »… avec sa propre identité.

 

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4 juillet 2012 3 04 /07 /juillet /2012 15:39

Balak Blog

Viens avec moi, vers un autre lieu d'où je pourrai le voir.

« Balak, dit : viens avec moi, vers un autre lieu d'où je pourrai le voir.

Tu ne verras cependant qu'une partie du peuple. Tu ne le verras pas dans sa totalité. Maudit- le de ce lieu... » En quoi, ce changement de lieu pouvait-il infléchir la position de Bil'am ?

Si vraiment, il ne pouvait pas le maudire dans sa totalité , en quoi, le fait de le voir partiellement changerait-il les choses et lui permettrait de les maudire ?

Quand on regarde seulement les derniers rangs du peuple d'Israël, on peut y apercevoir comme partout des éléments peu recommandables, vivant en marge de la société. En les voyant, on n'a certainement pas envie de bénir ni de féliciter le peuple.

Balak a dit donc à Bil'am: ton jugement a été favorable parce que tu as pris en considération l'ensemble du peuple d'Israël, mais si tu voulais bien regarder seulement la partie de ce peuple qui se trouve aux extrémités du camp, tu trouveras certainement en eux beaucoup de tares qui t'aideront à les maudire.

Cet exemple de Balak et de Bil'am nous permet de tirer un enseignement qui peut nous aider dans notre vie quotidienne aussi bien au niveau général qu'au niveau particulier.

Pour nous faire une idée sur n'importe quel groupement humain, il est indispensable de ne pas raisonner comme Balak et Bil'am et de toujours considérer l'ensemble et non une partie des composantes. Il en est de même à l'échelon de l'individu. Là, non plus, il ne faut pas émettre un jugement sur la base d'une seule de ses actions mais bien sûr, sur l'ensemble de son comportement.

De plus, en mettant côte à côte, ce qu'il y'a de beau et de lumineux en chaque être humain, on peut en additionnant tous les côtés positifs arriver à un jugement favorable et à s'écrier comme l'a fait le roi Salomon: " tu es merveilleuse dans ta totalité ma bien-aimée ".

Une autre leçon à déduire de cette façon d'agir: ne jamais prendre en considération que les extrémistes, les intégristes, les ultras comme certains ont tendance à le faire. Si l'on juge la Torah, seulement à travers le comportement violent et intolérant de certains extrémistes, on peut arriver très vite à la conclusion que le message divin demande à sacrifier l'homme sur l'autel d'autres valeurs. Or, il n'en est absolument rien. L'être humain, ne doit en aucun cas être offert en sacrifice à la loi divine.

Aussi, il y'a lieu de considérer non pas ces extrémistes, mais l'ensemble des éléments religieux de la population. Alors et alors seulement, nous arriverons à acquérir une perspective plus authentique de la Torah.

Enfin, un dernier enseignement:

Ne jamais rendre en bloc tout le peuple responsable des manquements et de l'inconduite d'une partie du peuple. Si une partie a un comportement négatif, c'est elle, et elle seule qui devrait être condamnée.

De ce fait, nous devons être très prudents et agir de façon positive pour ne pas que d'autres personnes soient critiquées à cause de nous.

Au cours des siècles de notre exil, les antisémites ont souvent agi comme Balak. Ils ne se sont pas attaqués directement au peuple juif dans son entièreté. Ils ont commencé par prendre des mesures partielles à son égard.

Le numerus clausus dans les universités, des mesures économiques discriminatoires, et ainsi, ils ont réussi à exterminer le tiers de notre peuple au vu et au su du monde entier, sans que personne ne lève le petit doigt..

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27 juin 2012 3 27 /06 /juin /2012 21:40

Crispation extrême, hier à Bethlehem. Vladimir Poutine a eu du mal à avaler la pilule que lui a réservé Mahmoud Abbas.

Tout est symbole, dans le monde arabe, et Abbas a très mal vécu le triple affront de Vladimir Poutine.

1- il a visité Israël AVANT de lui rendre visite à lui, Mahmoud Abbas, en Judée.

2- Poutine a déclaré, au Kotel  : « on peut voir comment le passé Juif est gravé dans la pierre de Jérusalem », ruinant d’une phrase les efforts palestiniens déployés pour rayer l’histoire et les liens du peuple Juif avec sa terre et avec Jérusalem.

3- Poutine a rappelé, lors de sa visite en Israël, que plus d’un million de Russes vivent en Israël, et qu’il ne laissera aucune entité ou organisation les mettre en danger.

Ainsi donc le chef de l’Autorité Palestinienne a surpris et choqué Poutine en baptisant une rue de Bethlehem de son nom. En Russie, c’est aux morts que l’on réserve cet honneur.

Poutine, après sa visite chez les palestiniens, et depuis la Jordanie, a reconnu qu’il s’est senti « un peu perdu » quand Abbas a publiquement annoncé le nom de la rue.

« J’aimerai bien vivre un peu plus vieux » a déclaré Poutine mi figue mi raisin. « En général, je suis informé à l’avance, et ce qui s’est passé était tout à fait inattendu. Pour être honnête, j’ai été un peu perdu, mais il n’y avait rien à faire, car je n’ai pas voulu insulter Abbas en protestant ».

Selon une source proche de l’Autorité Palestinienne, Mahmoud Abbas a interprété la visite de Vladimir Poutine au Kotel (mur des lamentations) de Jérusalem comme une reconnaissance tacite de la souveraineté d’Israël sur le lieu saint.

Quelle que soit l’idée que l’on se fait des objectifs, pensées et arrière pensées, froids calculs et buts stratégiques poursuivis par Vladimir Poutine dans la région, il sera bien difficile de soutenir que le président Russe ne gardera pas un goût très amer de sa visite chez ceux dont il soutient la création d’un Etat dans toutes les instances internationales, ni qu’il restera insensible à la comparaison des accueils respectifs en Israël et par les Palestiniens. Vladimir Poutine a un amour propre « bien » proportionné.

Par ailleurs, et il serait bien entendu déplacé de voir le moindre rapport entre la visite de Poutine et ce fait, Israël a effectué ce matin sa première livraison de gaz issu de l’immense gisement découvert en mer Méditerranée.

 Jean-Patrick Grumberg

 

Reproduction autorisée et vivement encouragée, avec la mention suivante et le lien ci dessous :

© Jean-Patrick Grumberg pour http://www.dreuz.info/

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27 juin 2012 3 27 /06 /juin /2012 16:00

hokat

La paracha de Houkat est connue comme son nom l’indique, pour l’ordonnance difficilement accessible à l’entendement humain, relative à la vache rousse, et visant les impuretés contractées lors de contacts avec un mort.

Mais elle revêt aussi une autre importance capitale dans l’histoire du peuple juif : La mort de Moshe et Aaron son frère, avant l’entrée en Israël.

Rappelons brièvement les faits : Les enfants d’ Israël sont sortis d’Egypte et sous la conduite de Moshe, errent depuis 40 ans dans le désert. Durant cette période, ils ont disposé grâce au mérite de Myriam, la sœur de Moshe, d’une source d’eau.  Après la mort de cette dernière, l’eau vint à manquer dans le désert de Kadesh. C’est l’épisode relaté par cette paracha.

A ce moment de détresse, ils se rebellent, remettent en question leur départ d’Egypte , et se tournent vers Moshe, pour lui demander de faire le nécessaire pour faire sortir l’eau du rocher, comme il l’avait fait 40 ans auparavant. A cette époque, l’eau était venue à manquer, et Moshe avait frappé  sur un rocher pour en faire sortir de l’eau.)

Moshe sera terriblement choqué par ce comportement, les traitera de rebelles, mais en fin de compte se tournera vers D. pour lui demander d’intervenir.

D. dit à Moshe : "Parle au rocher, et l’eau sortira."

Or Moshe n’a pas parlé, mais a frappé le rocher. L’eau est sortie, mais D.  a pris à l’encontre de Moshe, une sanction terrible : Celle de le faire mourir dans le désert, et de lui interdire l’entrée en Israël pour y conduire son peuple.

Pour justifier cette sanction la thora précise que Moshe avait fauté, en ne sanctifiant pas D. devant le peuple.

N’est ce pas disproportionné ? Comment comprendre cette sévérité ?

De nombreux sages se sont prononcés sur les raisons possibles de cette sanction. Mais chacun semble avoir privilégié un aspect de ce que la thora a appelé faute.

Le RAMBAM ( Maimonide), précise que la faute de Moshe a été de s’être emporté envers le peuple, en le traitant de rebelle.

Le RAMBAN ( Nahmanide), comme la plupart des commentateurs, estime que la faute de Moshe a été d’avoir frappé le rocher au lieu de lui parler comme le lui avait demandé D.

Il serait possible d’approcher le problème d’une façon globale, les différentes sources de la faute pouvant en fait être liées entre elles : en effet deux idées sous tendent cette réflexion:

1ère idée : Le monde repose sur l’intervention sous-jacente permanente de D. Comme le précise un commentaire du Keli Kessef, la confiance en D. repose justement sur la capacité de l’homme à croire que D peut à tout moment modifier le cours naturel des choses. Et c’est par la prière que l’homme demande à D. d’intervenir dans ce monde pour en modifier le cours par des miracles.

Ces derniers peuvent revêtir, deux formes :

- Les premiers sont des manifestations exceptionnelles de la nature, et qui pour se réaliser nécessitent l’intervention de l’homme. Frapper le rocher, avancer et frapper la mer pour qu’elle s’ouvre, fabriquer un serpent pour guérir les morsures des Bné Israël comme le conte la suite de cette paracha. Ce rôle de l'homme dans le miracle caractérise en réalité, l’aspect éducatif de ces miracles. D prend la main de l’homme et lui montre de quoi il peut être capable, par sa prière, par un comportement conforme au dessein divin.

- Les seconds sont totalement contre nature et D. intervient sans intermédiaire, par le seul mérite de l’homme, par sa seule prière. Il change la nature et montre la puissance divine. ( Retarder le coucher du soleil). L’homme est parfaitement conscient de cette puissance, il est adulte son éducation est révolue.

2ème idée :  Il y deux façons de réagir face à un peuple où un homme se détournant du droit chemin. (Quedouchat Levi)

Soit multiplier les reproches, les punitions, de telle sorte que sa honte, ou sa peur le poussera à faire Téchouva, soit au contraire l’encourager, et lui communiquer une telle confiance, qu’il reviendra vers D. de lui même sans contrainte aucune.

A partir de ces deux idées, il est une façon de comprendre ainsi la faute de Moshé, et en conséquence la "sanction" qui a suivi. Que s’est il passé en fait ?

Le peuple a constaté que leur source d’eau était tarie. Dans leur détresse, ils se sont tournés vers Moshe. Bien sûr, ils ont durant 40 ans assisté aux miracles, bien sûr, ils avaient foi en D, mais ils étaient affolés, et comme cela peut arriver, dans ces cas là, leurs paroles ont dépassé leur pensée.

Face à cette rébellion, Moshe se devait de communiquer au peuple, sa propre confiance en D., se devait par l’apaisement de les conduire à faire Téchouva, et prier pour demander l’intervention divine.

Or, il ne s’est pas contrôlé, car il n’a pas compris qu’il ne s’agissait plus là d’un simple épisode de la traversée du désert, mais de son aboutissement .

Une étape était franchie. Le peuple avait mûri, il avait besoin d’un guide et non d’un maître. Sa révolte n’était qu’un signe de détresse, non d’ingratitude. Le bâton n’avait plus lieu d’être pour provoquer le miracle réclamé. La prière seule devait l’inspirer, et face à cette rébellion Moshe était persuadé que D ne pardonnerait pas.

Il n’a pas eu lui même confiance en la miséricorde divine vis à vis des enfants d’Israël.

C’est parce que Moshe a manqué de confiance et de discernement, qu’il s’est emporté contre le peuple, et qu’il a frappé le rocher. Chaque faute est cause de la suivante.

En fait, la vraie sanctification que D attendait du peuple ne devait pas avoir lieu par l’obéissance mais par son libre consentement. La Téchouva devait être décidée, et par conséquent le miracle devait faire ressortir la seule puissance divine, sans intervention humaine, sans geste directif.

Peut être est il possible de transposer cette leçon aux différentes étapes de la formation de l’homme.

Il y a un temps pour l’apprentissage par la sanction, un temps pour l’éducation par le modèle, et enfin un temps où l’homme devenu mature doit prendre son destin en mains, et appliquer à nouveau ces étapes sans cesse renouvelées.

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