Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
2 mai 2011 1 02 /05 /mai /2011 09:04

A l'appel de la communauté Juive de Nîmes, les nimois, Juifs et non-juifs étaiient réunis à la synagogue pour la commémoration de Yom Hashoah.

Après l'allumage de six bougies - une par million de victimes - par six parents de déportés, un jeune garçon préparant sa Bar-Mitzvah a donné lecture avec beaucoup d'émotion dans la voix, des noms des enfants gardois assassinés à Auschwitz.

moment émouvant où l'on a vu ce jeune garçon, au bord des larmes, prononcer les prénoms, les noms et l'âge de jeunes garçons et filles de son âge dans les années 40.

 

Puis Mr Jacques Decalo, dont la mère fut déportée, a pris la parole pour nous faire part de son sentiment.

 

Un homme l'a écouté, silencieux, digne, le regard perdu dans d'horribles souvenirs. C'est Monsieur ISAAC BORNE "Isi" dernier survivant à Nîmes de la Shoah.

 

Voici en totalité, les paroles de Jacques DECALO que je remercie pour sa collaboration.

 

YOM A SHOA JOURNEE DES MARTYRS ET DES HEROS

 

 Je suis particulièrement ému ce soir par cette commémoration du yom a shoa.

En effet, les témoins directs, anciens déportés de notre communauté juive de Nîmes nous ont pratiquement tous quittés. La dernière femme était ma mère.

Il n’en reste plus qu’un aujourd’hui, et je suis heureux de saluer avec tout le respect que nous lui devons notre ami Isaac Borne, Isi.

Regardez le bien, car ce n’est pas un brontosaure qui est avec nous, mais un homme qui ne peut ressembler à aucun d’entre nous.

Un homme qui a subi les pires outrances que l’on peut infliger à un humain.

Marqué dans sa chair, et non seulement par le matricule tatoué sur son bras, il a aussi subi les pires humiliations que nous ne pouvons imaginer. Comme pour tous ses frères déportés, rescapés des camps de la mort, nous ne pourrons sans doute jamais comprendre pleinement ce qui dans les pires des cauchemars se passe dans leur tête. Mais nous imaginons, et notre imagination ne peut supporter les affres des tortures les plus monstrueuses qu’ils ont endurées de leurs bourreaux nazis.

Pardon  Isi de ne pouvoir parler de vous sans que des sanglots n’étouffent ma voix, et merci d’être avec nous, et de continuer à témoigner contre vents et marées.

Je souhaite très sincèrement que vous soyez avec nous pendant encore de très longues années.

 

Mais, je reviens à ce yom a shoa.

 

Le terme Shoah désigne l'extermination par l'Allemagne nazie des trois quarts des Juifs de l'Europe occupée, soit les deux tiers de la population juive européenne totale et environ 40 % des Juifs du monde, pendant la Seconde Guerre mondiale — ce qui représente environ six millions de victimes selon les estimations des historiens. Ce génocide des Juifs constituait pour les nazis « la Solution finale à la question juive »Le terme français d’Holocauste est également utilisé et l’a précédé. Ce dernier se réfère aussi, mais de façon générique, à un génocide ou extermination physique de groupes de population. Le terme «judéocide» est également utilisé par certains pour qualifier la Shoah.

 

L'extermination des Juifs, cible principale des nazis, fut perpétrée par la faim dans les ghettos de Pologne et d'URSS occupées, par les fusillades massives des unités mobiles de tuerie des Einsatzgruppen sur le front de l'Est, au moyen de l'extermination par le travail forcé dans les camps de concentration et dans les chambres à gaz des camps de la mort.

 

L'extermination du peuple juif durant la Seconde Guerre mondiale se distingue toutefois par son caractère industriel, bureaucratique et systématique, qui la fait rester à l'heure actuelle unique dans l'histoire de l'humanité. Paroxysme d'un antisémitisme européen à la très longue histoire, ce génocide a voulu éliminer radicalement la totalité d'une population qui ne représentait aucune menace militaire ou politique pour les bourreaux. Les femmes, les bébés ou les vieillards furent tout aussi systématiquement traqués et voués à la mort de masse que les hommes adultes.

En particulier, 1 500 000 enfants furent victimes de l'anéantissement.

 

Le terme « Shoah », néanmoins, se réfère plus particulièrement au génocide des Juifs.

 

Shoah est un mot hébreu qui signifie « anéantissement », « cataclysme », « catastrophe », « ruine », « désolation ». Il n’apparaît pas dans la Torah, la référence de l’histoire antique du peuple juif, mais trois fois dans les Prophètes (Isaïe, 10, 3 [7] et 47, 11 Sophonie 1, 15) et trois fois dans les Autres Ecrits (Psaumes 35, 8 et 63, 10, Job, 30, 3).

 

Il est désormais préféré en France à « Holocauste », connoté religieusement et signifiant « sacrifice ne laissant subsister aucune trace de la victime ». Mais les pays anglo-saxons et leurs historiens continuent d'employer de préférence le terme d'Holocauste, ainsi que l'Organisation des Nations Unies.

 

C'est dans le quotidien Haaretz que le mot hébreu « Shoah » a été employé pour la première fois pour désigner les crimes nazis.

 

Aujourd’hui, dans cette synagogue, nous commémorons le souvenir de nos frères juifs assassinés en déportation ou ailleurs par le régime nazi avec la complicité de certains gouvernements.

Pour autant, nous ne saurions oublier nos autres frères humains, chrétiens, musulmans, hâtés, tziganes, homosexuels, résistants et autres, qui ont subi le joug de la barbarie nazie.

 

Pour nous, il s’agit de lutter contre l’oubli, le négationnisme, l’antisémitisme, le racisme, et toutes les formes de ségrégation.

 

 

Ma sensibilité personnelle me fait toujours penser aux enfants lâchement exterminés, ceux que nous qualifions d’innocents.

Nous devons entretenir leur mémoire, et dire en évoquant les enfants déportés, ce que fut l’inimaginable horreur de ce génocide pour ces innocents « coupables d’être nés juifs ». Nous devons rappeler que les idées du fascisme n’ont pas disparu, et répéter que devons rester vigilants, toujours.

 

Il n'y avait qu'une raison aux déportations d'enfants juifs : ils n'avaient pas commis de délit ou de crime, ils n'avaient pas attaqué l'armée allemande. Leur seul crime était d'être nés, d'être Juifs !

 

Surtout n’oublions jamais, car « les oublier, c’est comme si on les tuait une seconde fois ! ».

 

La froideur comptable des chiffres ne dira jamais tout.

 

Derrière elle se trouve la réalité du sort spécifique des enfants livrés à la destruction sous le signifiant maître mot du nazisme : la Selektion. Toutes les atrocités commises à l’égard des enfants. Non seulement parce que pour eux il n’y avait sur les rampes de tri d’Auschwitz qu’une et unique sélection, la première : pour les chambres à gaz, les fours crématoires. Mais encore parce que sur eux furent essayées et pratiquées toutes les formes d’assassinats, les euthanasies, les pratiques médicales sadiques d’ « expérimentation », l’esclavage sexuel, etc.

 

Quatorze mille enfants juifs de France ont été exterminés pendant la seconde guerre mondiale par les nazis et leurs collaborateurs français.

A Nîmes et dans le Gard ce nombre s’élève à une quarantaine.

N’oublions jamais !

 

Je voudrai terminer mon propos, en citant le rabbin Deutsch qui le soir de Yom Kippour 1946 s’adressait à sa communauté en ces termes :

 

Ne faisons pas parler les morts !

Ne faisons pas parler nos coreligionnaires déportés et qui ne sont pas revenus.

N'essayons pas d'interpréter quelle eût été leur pensée, leur conception de la vie, leurs désirs, s'ils étaient revenus.

Nous ne pouvons, croyez le bien, nous livrer honnêtement à ces spéculations.

Inconsciemment, nous leur faisons dire ce que nous aimerions entendre, ce que nous pensons nous-mêmes.

Mais il est une manière sûre d'honorer leur mémoire, de perpétuer leur souvenir, d'éviter que leur sacrifice n'ait été en vain : c'est de nous inspirer de la grande leçon qui se dégage de leur aventure.

 

Comme en toute chose, il y a dans ce domaine un juste milieu à tenir entre l'affliction stérile et l'oubli outrageux.

Considérons-nous tous, à tout moment, et partout, non pas comme les victimes de persécutions futures, mais comme les rescapés des persécutions d'hier.

Employons au mieux cette vie qui nous a été miraculeusement laissée, donnons-lui un but élevé, désintéressé, et surtout soyons humbles, d'une humilité consciente et voulue, sans rien abdiquer pourtant de nos droits".

C'est aussi ce que nous rappelle l'Ecriture : "Les Choses cachées, le mystère insondable de ces temps, appartiennent à l'Eternel, mais ce qui s'est produit au grand jour relève de nous et de nos enfants à jamais (Deutéronome 29,28)."

 

 

 

    A la mémoire des enfants juifs déportés de Gard

 

 


ALFANDARI Suzanne 17 ans

ALFANDARI Vital 14 ans

ARNSTEINIraml8ans

ARNSTEIN Marion 16 ans

ATHIAS François 4 ans

BAROUCH Eliane 3 ans

BAROUCH Maurice 7 ans

BAROUCH Robert 9 ans

BEER Claude 2 ans

BEER Michel 5 ans

BENICHOU Albert 16ans

BLOCH Jean Pierre 7 ans

BLOCH Jeanine 10 ans

BLUMENFELD Henri 2 ans

BLUMENFELD Jany 4 ans

BLUMENFELD Mireille 4 ans

CAZES Jacques 12 ans

GAZES Maurice 14 ans

DAVID Jeanne 16 ans

DAVID Maurice 18 ans


GUGENHEIM René 16 ans

 GUGENHEIM Bernard 17 ans

 GUGENHEIM Marcel 8 ans

KAHN Jean 14 ans

KAMINSKI Daniel 3 ans

KAMINSKI Noémie 7 ans

KLAIM Alfred 11 ans

KOHEN Liliane 16 ans

KUNE Ginette 15 ans

LEWENCON André 10 ans

MOSCOWIZC Myriam 4 ans

MOSCOWICZ Michel 7ans

SCHLESINGER Renée 13 ans

SPIEGELJeanlSans

SPIRA Jean 7 ans

TCHAPKA André 13 ans

TEHENOLE Pauline 10 ans

VIGDERHAUS Jacques 10 ans

VIGDERHAUS Daniel 13 ans

ZECKENDORF Elisabeth 17 ans


Victimes des nazis et de leurs collaborateurs de Vichy

assassinés à Auschwitz 1942-1944

 

 

 

 

Partager cet article

Repost 0

commentaires

Présentation

  • : Le blog de Claude SICSIC
  • Le blog de Claude SICSIC
  • : La vie d'une communauté
  • Contact

Profil

  • Claude SICSIC
  • Responsable communautaire, j'ai souhaité créer, avec ce blog, le lien humain et amical qui nous fait tant défaut dans ce monde égoïste
  • Responsable communautaire, j'ai souhaité créer, avec ce blog, le lien humain et amical qui nous fait tant défaut dans ce monde égoïste

Recherche

Archives