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9 décembre 2010 4 09 /12 /décembre /2010 16:10

Pendant que le président iranien Ahmadinejad répète à qui veut l’entendre son hostilité à l’égard d’Israël, il est un symbole de l’État hébreu qui touche en plein cœur la capitale iranienne, sans provoquer la moindre réaction gouvernementale.

Ainsi, le site internet iranien Parsine révèle qu’une grande étoile de David repose sur le toit du siège de la compagnie aérienne officielle de la République islamique d’Iran, Iran Air, au sein de l’aéroport Mehrabad de Téhéran. Et c’est au logiciel américain Google Earth, qui offre grâce aux satellites une vision aérienne du monde entier, que le site iranien doit son étrange découverte.

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Mais celle-ci ne serait ni le signe d’une frappe israélienne à venir sur les installations nucléaires iraniennes, ni la preuve confirmant les rumeurs selon lesquelles le président iranien aurait des origines juives. Selon le site, repris par Al Arabiya et le Figaro.fr, l’étoile à six branches serait plutôt le fait d’ingénieurs israéliens qui ont construit le bâtiment il y a plus de trente ans, à l’époque du Shah d’Iran, qui entretenait des relations autrement plus amicales avec l’État d’Israël. « Durant le règne du fils Pahlavi, un grand nombre de sociétés israéliennes ont œuvré dans la construction de grandes installations iraniennes », révèle ainsi le site Parsine, qui en profite pour détailler l’étroite relation qui a lié les deux pays avant la Révolution islamique :

« L’historique des relations entre l’Iran et Israël, remonte aux débuts du règne du Shah d’Iran, Mohammad-Reza Pahlavi. Le gouvernement iranien, à l’époque dirigé par le Premier ministre Mohammad Sa’ed Maraghei, a reconnu de facto le Régime sioniste (c’est ainsi que la République islamique nomme l’État d’Israël), un an après sa création (le 14 mai 1948) et a ouvert sur place un Consulat.(…) Mais le 7 juillet 1951, le Premier ministre Mohammad Mossadegh, a annulé la reconnaissance officielle du régime israélien ».

« Si les relations entre l’Iran et le régime israélien durant ces années s’étendaient sur plusieurs domaines, la plupart des échanges concernaient la transaction d’armes et d’équipement militaire. Comme pour les Etats-Unis, le Régime d’Israël vendait des armes à l’Iran en échange de pétrole. L’importance de cette relation est devenue encore plus apparente au moment du boycott des exportations de pétrole de la part de l’OPEC. Le gouvernement iranien achetait chaque année à Israël plus de 500 millions de dollars d’armes qui comprenaient toutes sortes d’équipement militaire ».

« Le Régime israélien, durant l’époque Pahlavi, travaillait en Iran dans les domaines de la modernisation de l’agriculture, de la défense aérienne, du tourisme, ainsi que dans la formation de 1500 spécialistes de la « coopérative de construction ». En ce qui concerne la coopération commerciale, en 1973, Israël exportait pour 33 millions de dollars vers l’Iran. Ce chiffre est passé en 1974 à 63 millions de dollars et en 1977 à 195 millions de dollars. En 1978, le régime israélien a envoyé en Iran 7% de la totalité de ses exportations (soit 225 millions de dollars). La compagnie aérienne israélienne El Al a inauguré en 1960 ses vols entre l’aéroport international de Mehrabad (Téhéran) et l’aéroport international Ben Gourion (Tel Aviv) ».

Parsine rappelle toutefois qu’en 1975, soit toujours pendant le règne du Shah, « l’Iran a voté en faveur de la résolution 3379 des Nations Unies, qui considère le sionisme comme une forme de racisme ». Le site iranien conclut en s’étonnant que « 32 ans après la victoire de la Révolution islamique, la figure de l’étoile de David, le symbole officiel d’Israël, subsiste et n’ait pas été touché ».

L’histoire des juifs en Iran ne se cantonne à des échanges commerciaux ou au travail de quelques ingénieurs israéliens. Bien au contraire, il existe toujours en République islamique près de 30 000 Juifs, qui forment l’une des communautés juives les plus anciennes du monde et de la diaspora. Elle s’étend en effet sur près de 2 700 ans.

Il demeure en Iran une communauté de Juifs mizrahim (orientaux) depuis le VIIIe siècle av. J.-C. Ses membres descendent des Juifs qui sont restés dans la région après l’exil en Babylone, lorsque les rois achéménides de l’Empire perse ont libéré de cette ville de nombreux Juifs et leur ont permis de retourner à Jérusalem. Le Judaïsme est une des plus anciennes religions pratiquées en Iran, près de 1 300 ans avant l’invasion arabe et l’instauration de l’Islam, mais aussi avant la Bible qui relate d’ailleurs l’histoire des Juifs en Perse.

Avant la création d’Israël, l’Iran comptait la plus grande communauté juive du Moyen-Orient avec 150 000 membres. Depuis, 75 000 d’entre eux ont émigré en Israël et 45 000 aux Etats-Unis, notamment en Californie. D’ailleurs, l’actuel maire de Beverly Hills, Jimmy « Jamshid » Delshad, est un Juif iranien né en Iran avant la Révolution. En 1978, 85 000 Juifs vivaient toujours en Iran. Aujourd’hui, le pays compte toujours la plus grande communauté juive de tout pays musulman, ainsi que la seconde au Moyen-Orient, derrière Israël.

Les Juifs d’Iran sont reconnus comme minorité religieuse au même titre que les Chrétiens et les Zoroastriens (mais pas les Bahaïs), et disposent au Parlement iranien d’un siège permanent, occupé par le député Siamak Moresadegh. Ils sont libres d’étudier l’hébreu à l’école, de prier dans les synagogues, d’acheter des produits casher, et ont même le droit de boire de l’alcool chez eux.

Pourtant, même si elle jouit, en théorie, de tous les droits des Iraniens musulmans, la communauté juive se fait très discrète en Iran. Gare à eux en effet de sortir de leur silence, à l’instar de toutes les autres minorités du pays. En 1999, en pleine présidence du réformateur Mohammad Khatami, treize Juifs iraniens des villes de Shiraz et d’Ispahan, dont un rabbin et des enseignants, ont été arrêtés sous prétexte d’espionnage pour Israël et les États-Unis. Ils ont été relâchés en 2003 sous la pression internationale.

S’il est vrai qu’aujourd’hui, la République islamique et Israël n’entretiennent plus aucune relation, il est intéressant de noter que l’ex-président israélien Moshe Katsav, ainsi que l’ex-ministre israélien de la Défense, ancien chef d’État major de l’armée israélienne, et actuel ministre des Transports, Shaul Mofaz, sont tous deux nés en Iran et ont quitté le pays pour Israël alors qu’ils étaient enfants. D’ailleurs, en avril 2005, lors de l’enterrement du pape Jean-Paul II au Vatican, le président israélien de l’époque, Moshe Katsav, a affirmé avoir serré la main de son homologue iranien, le réformateur Mohammad Khatami, et avoir échangé quelques mots en persan avec lui. Une allégation démentie par ce dernier.

 

 

 

 

 

 

 

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