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6 septembre 2012 4 06 /09 /septembre /2012 09:12

guide0Tichri

Septembre, la rentrée, les vacances sont bien finies. Qui n’a pas eu sur les lèvres ces paroles traditionnelles. Elles sont d’autant plus vraies pour nous car elles comportent une connotation supplémentaire : Roch Hachana, Kippour … les fêtes solennelles du fameux mois de Tichri, premier mois de l’année Israélite, qui tombent généralement à cette même période.

    N’est-ce pas singulier que la rentrée des classes coïncide pratiquement  avec le nouvel an de notre calendrier ! N’y a-t-il pas ici un message implicite ?

Nous aussi devons retrouver le chemin de la Torah, le chemin du savoir. On a tendance à traduire le précieux mot de Torah par loi. Or certains vont découvrir maintenant son sens étymologique : « enseignement ». En effet sa racine est « horaha » qui signifie « enseigner». Les mots « moré, mora », maître, maîtresse – bien connus des élèves et étudiants – procèdent de la même racine.

    Mais n’oublions pas que ce nouvel an qui se doit être un jour de fête, est aussi un jour de jugement.  De quoi nous surprendre – fête et jugement – deux termes pratiquement contradictoires. Là aussi nous devons apprendre, et saisir la véritable signification de cette nouvelle période qui s’offre à nous. Célébrer le passage à une nouvelle année ne revêt pas qu’un aspect symbolique, en marquant le coup par le biais d’un jour férié savoureusement attendu pour rester plus longtemps au lit.

     La vie avance, ne soyons pas comme des lecteurs crédules qui auraient tendance à tourner furtivement les pages d’un beau livre. Car le beau livre en question est celui qui relate notre propre existence. Connaissez vous un écrivain un peu sérieux qui ne prendrait même pas la peine de se relire, d’améliorer son style, de parfaire sa maîtrise du texte ou de l’expression.  Le jugement céleste ne passe-t-il pas au travers de notre propre jugement ? Nous demander de le célébrer par la consécration d’un temps, voire plusieurs temps, n’est ce pas une invitation des plus nobles dans le dessein de lui donner toute l’importance qu’il doit revêtir ?

     Voici quelques réflexions parmi tant d’autres, toutes intéressantes, profondes… Nous ne doutons pas un instant qu’un seul d’entre nous aurait une maigre appréciation des valeurs de notre Sainte Torah. Mais dans la réalité objective et honnête des choses, à qui parlons nous ? Pour des esprits convaincus, pas besoin de longs discours, ils sont au courant des enjeux.

Pour d’autres, moins engagés, la Torah et ses grands rendez-vous, tiennent certainement une place de toute importance.

Mais en fait, pour nous tous, Roch Hachana, Kippour ces si grands mots ont-ils une si grande signification ? Et comment ! Ou alors : peut-être ! ou plutôt : honnêtement pas tout à fait… chacun choisira la mention qui lui convient, qui lui correspond. Mais direz-vous : « A quoi bon se poser de telles questions ? ». C’est exact, nous ne sommes pas mandatés pour effectuer une enquête, un sondage.

 Pourtant, de grands événements se profilent à l’horizon. Toute personne respectable se prépare à chaque étape de la vie. Certains savent mieux organiser leur existence que d’autres. Comment doit-on appréhender l’événement qui nous concerne ? Et pour reprendre notre réflexion initiale, sommes-nous vraiment comparables, en ce jour de fête et de jugement, à des écoliers qui vont aborder un nouveau cycle d’apprentissage ?

    L’enseignement suivant de nos Sages, va nous aider à répondre à cette interrogation. La Torah nous dit, pardon, nous enseigne :

 « Quel est le grand peuple qui a un D. proche de lui, comme notre D. chaque fois que nous nous adressons à lui ? ».

 Le Midrach – recueil de commentaires profonds sur la Torah – interprète ce texte de la manière suivante : Dans le monde, quelle attitude adopte tout prévenu traduit en justice ? tenue vestimentaire négligée, cheveux ébouriffés, barbe hirsute, visage anxieux…tous les signes de l’inquiétude transparaissent de sa personne. On le conçoit, il ne connaît pas l’issue de son jugement, il craint le pire.

       Qu’en est-il des enfants d’Israël, comment vont-ils se présenter à leur jugement ? Ils s’habillent bien, se coiffent correctement, arborent une mine sereine.

 A se demander s’ils n’agissent pas avec inconscience ou ne célèbrent qu’une tradition. Pourtant les textes sont formels, il s’agit d’un véritable jugement, qui plus est, devant le Juge Suprême !

Et le Midrach d’expliquer : « car ils savent que D. va les gratifier d’un miracle, il va les juger favorablement ». Voilà le pourquoi de cette attitude sereine, de ce jour de jugement qui revêt les mêmes apparats qu’un jour de fête. C’est cette conviction qui anime ce peuple le jour de son jugement. Il sait que le D. plein de miséricorde va lui accorder la vie, va lui octroyer une année de plus, une chance supplémentaire.

     Nous comprenons mieux maintenant le sens de « cette rentrée » du peuple d’Israël. C’est cette idée profonde que D. veut notre bien mais espère notre éveil. Il attend notre retour vers le chemin de la vie tel qu’il l’a conçu pour nous, à travers les enseignements inaltérables de la Torah. Mais plus encore, il nous en donne les moyens, oserait-on dire, les outils pour réussir notre tâche. Ce sont toutes ces Mitsvot – prescriptions – spécifiques dont l’effet secret va nous permettre d’accéder à cette dimension. C’est dans cette optique que nous allons percevoir les bienfaits de ce jugement de clémence. Accorder la vie, c’est offrir le cadeau le plus précieux qui existe. Mais le plus beau présent n’a de valeur que si le bénéficiaire est capable de l’apprécier, d’en retirer tous les bienfaits. A quoi bon une année de plus, si on venait à la gâcher même involontairement, même par ignorance.

    Que le son du choffar (la corne de bélier) à Roch Hachana, les lumineuses prières de Kippour le jour le plus saint de l’année, l’ambiance sereine de la Soucca et de la joie de la Torah, nous transportent dans cette nouvelle année !

    Notre dernière pensée se tourne vers tous ceux qui souffrent autour de nous ou loin de nous, que nous connaissons ou ignorons. Que nous tous soyons inscrits dans le livre de la vie, que nous tous soyons comblés de bonheur et de satisfaction. Que cette année bonne et douce soit une année de progression et d’élévation dans les valeurs éternelles et ineffables de notre sainte Torah.

 

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