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13 septembre 2012 4 13 /09 /septembre /2012 08:40

32028

Tichri est un mois bien particulier. N’est-il pas le premier mois de l’année ? Celui du jour J, Yom Kippour. L’unique occasion pour de nombreuses personnes de renouer avec le judaïsme. Mais il est surtout une succession de fêtes, un mois où l’on retrouve tous les aspects de la vie religieuse : du sérieux de Roch Hachana à la joie de Simh’at Torah.

Tout ceci n’est pas le fait d’une simple coïncidence. Tichri est en effet un nouveau départ, et toutes ces journées solennelles doivent nous permettre de « faire le plein » et nous servir d’enseignement pour le reste de l’année.

Tout d’abord Roch Hachana : il ne s’agit pas là d’un simple « premier janvier » marqué par une nuit de réveillon, mais bien – et c’est d’ailleurs la traduction littérale du terme Roch Hachana – de la tête de l’année. La tête est ce qu’il y a de plus élevé. C’est le centre nerveux du corps tout entier. À son niveau le moindre accident a des effets désastreux sur le reste de l’organisme. Roch Hachana donne donc vraiment le ton. Contrairement à ce que l’on pense communément, cette fête n’est pas l’anniversaire de la création du monde, mais de celle de la création du premier être humain. Ceci vient nous enseigner que c’est l’être humain qui donne à l’ensemble de l’univers son sens ultime, sa finalité.

Tandis que les autres religions fixent le début de leurs calendriers à partir d’un événement important de leur histoire (une naissance, l’Hégire…), le judaïsme voit dans Roch Hachana un événement plus universel. Les Sages relèvent le fait qu’Adam fut créé seul afin qu’il ne puisse pas dire « mon sang est plus noble que le tien », et aussi parce qu’un individu, seul, peut changer le cours de l’histoire. Le mois de Tichri est d’ailleurs placé sous le signe de la balance. Maïmonide souligne que chaque être humain doit se considérer comme étant à moitié coupable, et à moitié innocent. De quoi donner matière à réflexion avant d’entreprendre une action. À chaque instant et particulièrement au seuil de la nouvelle année, nous sommes à la croisée des chemins. Nous pouvons continuer de végéter, de stagner ou au contraire progresser. Chana, année, vient de la racine répéter, mais Chana c’est aussi Chinoui, le changement, le progrès. Pour y parvenir encore faut-il prendre conscience, comme le dit l’antique prière que « nous sommes Ton peuple et que tu es notre Roi».

Le son si troublant du chofar nous invite à la réflexion. Il vient sortir l’homme de sa torpeur, de son aliénation quotidienne. La forme courbée de cette corne de bélier suggère l’humilité et l’attitude qui consiste à se plier devant la volonté du Créateur, du Maître de l’Univers. La Torah ne nous prescrit pas l’utilisation d’un ensemble d’instruments, mais uniquement d’un seul, et qui ne peut guère produire de compositions musicales sophistiquées. C’est en effet la simplicité, le retour vers la nature, sa propre nature, qu’il nous faut chercher pour faire le bilan en ce jour du jugement. L’accent est ainsi mis sur la nécessité primordiale de s’orienter, dans un premier temps sur l’individualité, puis seulement après sur la collectivité.

 

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