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31 août 2010 2 31 /08 /août /2010 09:45

 

 

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    Le théâtre de la vie

                               Ou comment le théâtre nous aide à mieux comprendre la vie ?

 

1)      Imaginons une scène de théâtre. Nous assistons à une superbe représentation. Les acteurs jouent à merveille. Les textes sont magnifiques. Quant au décor, il est d’une réalité palpable. Le décor est à ce point bien fait qu’il offre la sensation du réel, plus vrai que vrai. Dans l’absolu, il n’existe pas. Il est faux et à la fin de la pièce, il retournera dans des cartons alors que le public retrouvera, lui, le vent frais de la rue. Durant la représentation, il aura existé à nos yeux.

Il en est exactement de même pour notre vie terrestre. La vie matérielle, qui nous compose en partie et qui nous entoure, nous offre une certitude de réel au point même qu’elle peut laisser penser qu’elle constitue l’unique réalité et que rien d’autre n’existe. Pourtant, la matière est aussi un décor, une illusion dans l’absolu, une réalité dans le présent mais une « irréalité » au niveau de l’être. Lorsqu’on change de vie et que l’on meurt, on comprend  que ce que nous percevions comme la fin de toutes choses n’était qu’un décor.

Afin de ne pas mélanger fiction et réalité, il est bien indispensable d’avoir conscience de cette dichotomie. Avoir consacré sa vie à un décor en oubliant l’essentiel, c’est avoir tout gâché, gâché la soirée au théâtre mais lorsque la vie se limite à une soirée…

2)      L’une des questions théologiques les plus considérables est de concilier la connaissance que D… a du temps, de l’avenir avec la liberté humaine.

Mais si nous lisons la pièce de théâtre et assistons plus tard à sa représentation, nous connaîtrons parfaitement le rôle de chacun, les répliques, la chute… Mais notre connaissance des faits a-t-elle une implication quelconque sur les acteurs qui ne nous connaissent même pas ?

Pour D…, un élément diffère : l’histoire humaine n’est pas écrite avant de s’être réalisée. Sinon la liberté humaine serait un leurre. La tradition rabbinique fait bien la différence entre ce que D… connait (et cette connaissance ne détermine pas l’homme) et ce que le texte sacré dit (et l’Ecrit contraint l’homme). Par exemple, dit Maïmonide, la Torah a promis qu’un jour, le peuple juif ferai techouva, qu’il se repentirait et reviendrait à D… . Il ne peut en être autrement.

3)      Dans la pièce, chaque acteur a son rôle et personne ne joue le rôle de l’autre. Chacun s’assume. De même, chaque être a sa mission propre sur terre. En avoir conscience est la première étape de sa réalisation. La concrétisation est la seconde étape. Aucun juif ne peut compter sur son frère pour prier ou étudier ou pratiquer… Aucun être humain ne peut compter sur son semblable pour faire vivre l’humanité.

Bien sûr, l’erreur est humaine. Un acteur fatigué ou stressé peut oublier son texte. D’où la présence du souffleur. Le souffleur joue le rôle de conscience, il remet sur la bonne route. Il est discret, invisible mais ô combien utile en cas d’égarement. Comme l’acteur qui ne sait plus et qui regarde vers le souffleur avec impatience, l’homme doit se tourner vers sa conscience. L’improvisation est très risquée. Elle perturbe les autres acteurs.

4)      Enfin, il arrive que le spectateur s’endorme. Dommage, il aura perdu son argent, sa soirée et sera incapable de formuler son avis sur la pièce. L’homme ne doit pas s’endormir et se laisser bercer par la séduction provisoire de rêves qui s’envoleront comme des oiseaux effrayés. La conscience sera constamment en alerte.

1)      A Roch Hachana, jour de jugement, nous réfléchissons sur l’absolu que contient notre existence  et sur ce qu’elle offre comme illusions mensongères.

2)      A Roch Hachana, jour de jugement, nous réfléchissons sur ce que nous avons fait de notre liberté.

3)       A Roch Hachana, le juif écoute souffler le chofar.

4)      A Roch Hachana, on ne fait pas la sieste.

 

Les petits coups saccadés, puis les trois coups espacés qui annoncent le début de la représentation, font écho aux sons saccadés, semi-saccadés et continus du chofar qui annonce, au cours du mois d’Elloul, l’arrivée prochaine de Roch Hachana.

Enfin, le rideau s’ouvre et se ferme sur la scène, aux entractes et à la fin de la pièce. Durant la répétition des  amidot de Roch Hachana, le rideau de l’arche sainte est régulièrement ouvert pour que la Torah qui y repose puisse passer au travers de notre cœur.

Rabbin Jacky Milewski

 

 

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