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27 septembre 2011 2 27 /09 /septembre /2011 10:52

  

- Introduction -

Le Shabbath Téchouva est, comme on le sait, le Shabbat situé dans les 10 jours de repentir (assara yémé téchouva). Ces dix jours commencent avec les deux jours de Roch Hachana et s’achèvent avec le jour de Kippour. Le nom « Shabbath Shouva » (Shabbat « Reviens »), découle du premier mot de la haftara de ce samedi (Osée, XIV,2) : « Reviens Israël jusqu’à l’Eternel ton Dieu, car tu as trébuché dans ton iniquité. »

 

Cette haftara n’est pas liée au contenu de la paracha Vayélekh, lue, généralement, durant ce Shabbat (parfois, nous lisons la paracha Aazinou), mais elle s’inscrit dans le thème des « jours redoutables », et traite du repentir. A la fin de sa lecture, nous rajoutons, traditionnellement, trois versets supplémentaires tiré du prophète Michée (VII, 18 à 20) qui annonce que le repentir se réalisera : « Qui est divinité comme Toi, qui pardonnes la faute et passes sur la transgression, en faveur du reste de ton héritage ? Il n'entretient pas sa colère à jamais, car il prend plaisir à la fidélité. Il aura encore compassion de nous, il piétinera nos fautes. Tu jetteras au fond de la mer tous leurs péchés, Tu offriras Ta loyauté à Jacob, Ta fidélité à Abraham, comme Tu l'as juré aux jours de jadis, à nos pères. »

 

Shabbath Shouva est, dans les faits, une préparation au jour de Kippour. On comprend pourquoi, dans  la ferveur populaire, ce jour porte ce nom. Ceci est d’autant plus compréhensible si nous déterminons le repentir comme l’élément spécifique de Kippour par rapport au reste de l’année ; tout en soulignant, cependant, comme nous l’avons dit, qu’en vérité la spécificité de Kippour n’est pas d’être le jour du repentir, mais le jour distingué pour rappeler à l’homme le principe de la téchouva, qui ne dépend ni d’un temps particulier, ni d’un lieu particulier.

 

 « Qui est sage comprendra ceux-ci… »

 

Le prophète Osée fils de Bééri connu comme un grand sermonneur d’Israël, fut aussi un grand amoureux de son peuple. Le dernier chapitre (XIV) de son discours qui sert de support à la haftara de  « Shabbat Téchouva » (à partir du verset 2) explicite le chemin du repentir, en mettant en exergue le nouvel amour qui liera le Saint, béni soit-Il au peuple d’Israël. A la fin du chapitre, un dernier verset, fort célèbre, conclut (XIV, 10) : «  Qui est sage comprendra ceux-là, intelligent et il les saura, oui, droits sont les chemins de l’Eternel (YHWH), les justes marchent en eux, mais les pécheurs trébuchent en eux. »

 

Ce verset, à première vue, réveille en nous une interrogation. Du fait qu’il exprime quelque chose de poignant, et quelque peu effrayante. Le verset commence par une sorte de prière ou une formulation d’espérance, à savoir : «  Qui est sage comprendra ceux-là, intelligent et il les saura. » A priori, il parle des justes et des pécheurs, mais qu’est-ce ce verset vient nous faire entendre ?

  

- Quelle différence entre les justes et les pécheurs ? -

Celui qui lit ce verset naïvement comprend que les pécheurs trébuchent par leurs actes, sans distinguer néanmoins ce qui constitue la nature de cette embûche. Remarquons que le prophète ne dit qu’ils pèchent par leurs fautes ou leurs iniquités, mais il dit « en eux », qui renvoie dans ce contexte aux « chemins de l’Eternel » du début du verset.

 

Il s’agit donc de saisir la profondeur du message d’Osée, qui ne parlent pas des pécheurs qui refusent de marcher dans les voies de Dieu. Au début, il mentionne que les « chemins de l’Eternel sont droits », et sur ces chemins marchent et les justes et les méchants, mais les premiers « marchent en eux » - en référence au verset des Psaumes (I,1) « heureux l’homme qui ne marche point selon le conseil des méchants » - et les seconds « trébuchent en eux », sur ces mêmes chemins empruntés par les justes.

 

Ce qui veut dire qu’un homme peut marcher sur les chemins de Dieu, et être classé parmi les pécheurs. Bien-sûr, demandons-nous comment une telle chose est possible ?

 

La réponse à cette question est liée à l’intention du cœur, et sur ce point nous sommes venus plusieurs fois, cette intention qui distingue ceux qui servent Dieu de façon désintéressée et ceux qui servent Dieu de façon intéressée. Nous pouvons comparer ce verset à cet aphorisme de nos sages, de mémoire bénie : « La Torah de celui qui l’étudie de façon désintéressée, deviendra pour lui un élixir de vie ; la Torah de celui qui l’étudie de façon intéressée, deviendra pour lui un élixir de mort. » Dans les deux cas, il est pourtant fait mention de la même « Torah de Dieu parfaite ».

 

Il ressort de l’observation et de l’expression objective des propos d’Osée, qu’il existe deux types de « serviteurs de l’Eternel » à entendre comme deux démarches différentes et en opposition.

 

 - Les méchants de la Genèse par rapport aux pécheurs du livre d’Osée -

 

La paracha Béréchith s’achève par ces mots (Gn. VI, 5) : « L’Eternel constata que grande était la méchanceté de l’homme sur la terre, et que l’inclination des pensées de son cœur n’exprimait que le mal, tous les jours. » Puis (Gn. VI,11) : « Et la terre fut corrompue devant Dieu, et la terre était emplie de violence. » Dans la paracha Lekh Lékha la population de Sodome est ainsi présentée (Gn. XIII, 13) : « Et les hommes de Sodome, méchants et fauteurs devant l’Eternel. »

 

Les propos d’Osée sont différents. Il ne s’exprime pas du tout par rapport aux méchants (réchaïm, sing. racha), mais par rapport aux pécheurs (pochim, sing. pochéa) qui trébuchent sur  « les chemins de l’Eternel. » Le terme « pécheur » présente un concept radicalement distinct, car il peut s’appliquer à des hommes de Torah qui respectent les mitsvoth. 

 

Le concept « service intéressé »  peut être entendu d’abord dans son acception la plus obvie, en référence à ce que nos sages nomment : « Les enfants, la vie et la subsistance ». Un homme servirait Dieu afin d’obtenir le mérite d’une descendance, d’une longue vie ou d’un bon rémunération. Un autre ne transgresserait pas les interdits, de peur d’obtenir le contraire de ces bénédictions. Cependant, ce concept de « service intéressé » va plus beaucoup plus loin, puisque toute intention, tout but, toute démarche qui ne vise pas exclusivement un pur service de Dieu révèle le  défaut et la béance d’une telle démarche religieuse.

 

Certes les paroles et « les chemins de l’Eternel » sont droits, et leur droiture ne dépend d’aucune condition ou clause, mais au regard de ceux qui les acceptent, existe la possibilité de trébucher en eux, lorsque l’intention de l’acteur n’ambitionne pas la seule volonté du Ciel.

 

La marche sur « les chemins de l’Eternel » ne garantie pas que l’homme avancera droit. Si un individu pense que cette marche répondra à ses attentes, alors cette conduite deviendra un leurre.

Philippe HADDAD D’après le prof. Yéshayahou Leibowitz.

 

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