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25 mai 2011 3 25 /05 /mai /2011 19:30

 Yom Yerouchalaim

Juifs de Diaspora, nous nous imposons sur la politique d'Israël un devoir de réserve. Ce devoir cesse pourtant comme une évidence dès lors que se pose la question de Jérusalem ou du caractère juif de l'Etat d'Israël.

A quelques jours de la célébration de "Yom Yerouchalaïm," il importe plus que jamais de rappeler à tous, l'évidence que constitue Jérusalem pour le peuple juif. Paradoxe ou folie de notre temps, tout est relativisé, remis en question, banalisé, voire oublié ou ignoré et la chose est d'autant plus grave qu'elle touche aussi les plus concernés.

Aux nouvelles générations, qui n'ont pas connu les heures graves où Jérusalem était interdite aux juifs et où nos lieux saints étaient profanés voire transformés, il importe de rappeler l'histoire, toute l'histoire. Celle qui nous relie, par delà le temps et l'espace, à nos pères comme à nos sages, unis par une même Loi et par le destin d'une terre dont la dimension spirituelle est au-delà de toute considération politique ou matérielle.

Aucun peuple n'a chanté Jérusalem comme nous l'avons fait, et aucun peuple ne l'a pleurée comme nous continuons de le faire. Notre attachement à la ville de Sion - que nul autre peuple que nous, n'a jamais revendiquée comme capitale - dépasse les dimensions de l'histoire et de la religion. Jérusalem a inspiré nos sages et nos poètes. Elle est notre source, notre centre de gravité, le cœur de notre identité profonde et de notre mémoire collective. Elle est la réalité tangible d'une autre réalité, intangible, au cœur de notre foi. Jérusalem est l'espérance incarnée d'un peuple libre sur une terre où chaque pas foulé l'a été avant nous par nos pères. Jacob la décrit comme "la Porte du Ciel" qui, selon Rachi, est le lieu par où la prière monte au Ciel. Isaïe et Jonas parlent d'elle comme de la ville de la justice : " Car c'est de Sion que provient la Loi et de Jérusalem la parole de Dieu. "Les textes de notre tradition la désignent comme le point de convergence de la Rédemption d'Israël et notre liturgique la célèbre avec une ferveur, une nostalgie et un amour incomparables car "Dix mesures de paix sont descendues sur le monde : Jérusalem en a pris neuf".

 Ce qui était vrai jadis, le reste aujourd'hui.

Elle est Jérusalem, parce qu'elle seule et toute entière, a été l'écrin du Temple, des tables de la loi, vouée à notre Beit Hamikdach détruit.

Elle n'a cessé depuis, d'être le cœur battant d'un judaïsme bien vivant qui a su traverser les siècles et les modes, les guerres et la paix, pour proposer à l'humanité un message à vocation universelle.

Parce qu'elle incarne le Judaïsme ancré dans une mémoire plusieurs fois millénaire, Jérusalem est au centre de bien des enjeux présents et à venir. Rien n'est aussi ténu -à première vue qu'un lien affectif, religieux ou politique, à une époque où le passé est sacrifié à l'autel du présent, égoïstement oublieux de l'avenir.

"Si je t'oublie Jérusalem, que ma droite m'oublie," autrement dit que je vive dans un monde sans repère, où la gauche ni la droite n'ont de sens, pas davantage que le bien ni le mal. Or voilà que l'opinion publique, les médias ou les instances internationales, sont de plus en plus souvent tentés par des amalgames d'autant plus dangereux qu'ils ne sont pas toujours animés d'intentions mauvaises.

Là, est paradoxalement le vrai danger, dans le révisionnisme "mondain" qui, dans les beaux dîners en ville, parle de ce qu'il ne connaît pas ou mal. Il rejoint sans le vouloir, ceux dont la volonté de négation ou de destruction est réelle. Il fait la joie de ceux qui ne peuvent afficher au grand jour leur volonté de rayer de la carte des vivants ces juifs que l'histoire n'a pas enterrés dans l'oubli des peuples disparus.

L'actualité alimente toutes sortes d'inquiétudes sur l'avenir de Jérusalem. Celles des instances internationales, qui postulent la division de Jérusalem comme l'une des clés du conflit israélo-palestinien, ont oublié qu'avant la guerre des six jours, en 1967, l'accès lui-même à la vieille ville et au Mur Occidental - vestige du Temple de Salomon - nous était totalement interdit sans que le monde ne s'en indigne.

Que les droits de tous les habitants de Jérusalem-Est et de toutes les minorités religieuses soient préservés, c'est l'évidence même et un impératif moral qui ne souffre aucune discussion. Mais pour l'immense majorité du peuple juif, qui aspire à une solution juste et à une coexistence fraternelle pour les peuples de la région, la Paix ne pourra se faire au prix du sacrifice de la souveraineté d'Israël sur sa capitale une et indivisible.

Voilà ce dont témoigne Jérusalem, capitale unique et éternelle de notre peuple. Voilà aussi pourquoi elle est au cœur de maints enjeux. De millénaire en millénaire, Jérusalem veille, bastion de notre mémoire et de la mémoire d'une humanité qui refuse d'oublier que le présent se bâtit grâce au passé, dont la connaissance nous aide à projeter et à construire un avenir meilleur pour tous.

Pour Jérusalem ne nous taisons pas.

Joel MERGUI

Président du Consistoire Central deFrance

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