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8 juillet 2010 4 08 /07 /juillet /2010 09:35

Une histoire qui n’avance plus

            Pour la période de deuil précédant Ticha Beav, la loi prévoit un certain nombre de modalités particulières. Ainsi, le Choul’han Aroukh (Ora’h ‘Haïm 551, 6) énonce que dans la semaine de Ticha Beav, on ne porte pas de nouveaux habits, qu’ils soient blancs ou colorés, de lin ou de laine. Le Réma ajoute pour l’usage achkénaze : « certains sont plus rigoureux et commencent cette restriction dés la néoménie du mois d’Av ». Au paragraphe suivant, le Choul’han Aroukh enseigne qu’il est interdit de réparer de nouveaux vêtements durant la semaine de  Ticha Beav et qu’il convient d’agir ainsi dés la néoménie. Le Réma ajoute qu’il est aussi interdit d’acquérir de nouveaux habits durant cette période.

            Plus loin encore (paragraphe 17), il est rapporté que durant les trois semaines, il convient de ne pas réciter le chéhé’hiyanou sur un nouveau fruit ou un nouvel habit.

            Autrement dit, ces trois semaines sont une période où le ‘hidouch, la nouveauté, le renouvellement n’existe pas. C’est une période que l’on vit dans le présent exactement comme on vivait dans le passé. « Il n’y a rien de nouveau sous le soleil ».

            C’est aussi une manière de dire que ces semaines, qui rappellent l’exil, marquent le fait que celui-ci constitue comme une pause dans l’histoire  d’Israël. Pendant 2000 ans, on ne parle plus de la  nation d’Israël mais de communautés juives dispersées aux quatre coins du globe. L’histoire du peuple juif en tant que tel n’a pas connu de ‘hidouch, il n’a pas accédé  à un niveau de vie plus évolué, plus sublime pour l’ensemble de la nation.

            On comprend alors que l’avant dernier verset des Lamentations s’exclame : « ‘hadech yaménou kékédem, renouvelle nos jours comme aux jours d’antan ». Verset qui peut signifier : « Insuffle dans nos vies un ‘hidouch, cette progression, cette évolution de la vie de notre peuple».  Or c’est précisément ce verset qui conclu le passage récité lorsque les fidèles entre le rouleau de la Torah dans l’arche sainte, à la synagogue. Comme pour dire que si le ‘hidouch est absent provisoirement de la scène de l’histoire, le ‘hidouch, lui, est toujours présent sur le parchemin. Le texte offre à chaque lecture un nouvel enseignement, une nouvelle perspective.

Cette idée est soulignée dans Erouvin (54a) à propos du verset des Proverbes (27) qui affirme : « Celui qui garde le figuier mangera de son fruit », verset où le figuier représente la Torah. Pour expliquer la comparaison entre la Torah et le figuier, le Talmud explique que les figues n’arrivent pas toutes à maturité au même moment. De sorte que chaque jour, le propriétaire peut récolter de nouveaux fruits. L’arbre offre à chaque fois quelque de nouveau. De même pour la Torah qui, à chaque fois que l’homme l’étudie, procure un nouveau goût.

            On comprend alors sous un nouveau jour qu’avant de mentionner le verset « ‘hadech yaménou kékédem, renouvelle nos jours comme aux jours d’antan », on mentionne celui qui affirme de la Torah qu’elle est « un arbre de vie pour ceux qui la soutiennent ». C’est certainement le renouvellement incessant du texte  et l’intériorisation de celui-ci qui permettront de parvenir au renouvellement heureux de l’histoire d’Israël.

Rabbin J. Milewski

Merci et toute ma reconnaissance à Monsieur le Rabbin Milewski pour son commentaire éclairé sur le mois de Av.

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