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22 novembre 2009 7 22 /11 /novembre /2009 09:46


LE KADDISH

 

J’arrive à l'âge où l’on commence à regarder davantage son passé que son avenir et où, bien souvent, nous accompagnons nos amis sur le douloureux chemin d'une séparation qui n'est que provisoire.. La marche du temps étant inexorable.

 

Il y eut le temps où nos amis se mariaient. Puis vinrent les naissances, les miloth, les bar et bat-mitsva. Enfin, nos enfants et ceux de nos amis se marièrent à leur tour, et apparurent des petits- enfants... Aujourd'hui, et c'est la vie,... Si les fêtes familiales continuent, s'y ajoutent malheureusement les deuils. Si la période de deuil est un moment particulièrement triste, c'est aussi l'occasion de compter ses amis, de ressentir leur présence, leur proximité, leur chaleur. Pour ces amis, c'est aussi le temps de témoigner de leurs sentiments, ce que l'on a parfois de la peine à faire dans la vie quotidienne.

 

La tradition qui veut que l'on participe aux offices au domicile du défunt ou que l'on rende visite aux endeuillés permet de pénétrer dans leur intimité, de se rapprocher d'eux, souvent de mieux les connaître en ces moments d'épreuves. Les souvenirs sur la vie du défunt, les récits des proches donnent une autre dimension à ces amis que l'on croyait pourtant bien connaître, que l'on a côtoyés des années durant à la Syna :

 

Ce fidèle que l'on voyait un peu guindé, apparaît soudain proche et convivial.

 

Cet autre fidèle, joyeux et à l'air superficiel, se montre d'une grande profondeur religieuse et intellectuelle.

 

 Ce juif, moins fidèle, que l'on voyait occasionnellement dans la communauté, vit intensément son judaïsme et se rattache avec force à ses ancêtres.

 

Le deuil est un moment de vérité. C'est à cela que j'ai pensé, à plusieurs reprises ces dernières années, lorsque j'ai pris conscience, lors des offices de chiva (semaine de deuil), de certains décalages entre la réalité et l'image que nos avons parfois de nos amis.

 

Nos grands-parents, pour la plupart, parfois nos arrière- grands-parents, non seulement connaissaient le kaddish et le récitaient par cœur lors des deuils et des anniversaires de deuil, mais étaient à l'aise, pour faire l'office que la tradition impose pour l'occasion.

 

 Si la génération suivante connaissait encore le kaddi­sh, il n'était pas évident qu'elle récite les prières, et dans certaines Synagogues pour ne gêner personne ou pour ne pas troubler la dignité des offices, on ne laissait tout simplement plus les simples fidèles conduire la prière, mission dévolue à un 'hazan professionnel.

 

 

La «génération de mai 1968», si elle s'était fait reconnaître par ses diplômes universitaires, n'était plus en mesure ni de dire kaddish, ni de faire la prière. Heureusement, à cette époque les parents étaient encore jeunes. C'est cette génération qui est aujourd'hui en âge d'accompagner ses parents à leur dernière demeure.

 

 Grâce à D., un fort mouvement de techouva a ramené à notre communauté de très nombreux juifs, devenus conscients, engagés, curieux de l'étude et de la pratique des mitsvoth. Pourtant, il y a des choses que, lorsque, si on ne les a pas apprises dans sa jeunesse, on rattrape difficilement. La lecture hébraïque, la récitation des prières en public posent souvent problème à cette génération. Et lors des offices de 7 jours, nous remarquons tout d'un coup que cet ami, qui ne manque à aucun office, n'est pas en mesure de faire la prière, et que parfois même, il lit avec effort le kaddish. J'imagine combien, en ce moment si difficile, où il souhaite se consacrer totalement à l'élévation de l'âme de son parent, il doit souffrir de ne pas savoir prononcer les mots dans leur pureté et leur précision.

 

Mais j'ai fait un constat qui me met du baume au cœur, comme il doit certainement réconforter ces endeuillés et à travers eux toute la communauté. C'est à cette occasion que l'on voit un fils, voire un petit-fils, occupant à la Synagogue la place qu’occupait son père, son   grand-père et prier avec la force et la conviction d’une jeunesse engagée. Et je sais que le père, le grand-père   n'en éprouvent de là haut, que de la fierté.

 

Plais à D.ieu que ce mouvement de retour vers nos valeurs, encore faible, se poursuive et s’amplifie dans les années à venir….

 

                                                                                                          C.S.

 

 

 

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