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18 novembre 2010 4 18 /11 /novembre /2010 09:27

jacob ange

 

 

Conquête éthique :

Selon la Torah, l'homme est appelé à conquérir le monde : « Dieu les (homme et la femme) bénit, et Dieu leur dit : fructifiez et multipliez, remplissez la terre, et conquerrez-la… » (Gn. I, 27).

Cette conquête peut s'entendre d'au moins deux manières différentes.  Tout d'abord dans un sens négatif : conquérir en détruisant, c'est-à-dire de façon irresponsable. Nous connaissons aujourd'hui les conséquences d'un tel état d'esprit : la pollution atmosphérique, la dégradation de la nature, la disparition d'espèces végétales et animales, le percement de la couche d'ozone. En fait, l'homme occidental du XXème a continué sur la lancée de la révolution industrielle du XIXème siècle, entendant « conquerrez-la » comme un impératif de domination aveugle. Seuls le développement et les intérêts économiques ont justifié le mouvement.

Or, selon la tradition juive, « conquête » signifie « gestion », c'est-à-dire utilisation des forces en présence dans le sens d'une amélioration de l'antériorité. Il ressort que l'homme biblique est entendu comme un travailleur de la terre, un jardinier (selon Gn. II, 15). Cela signifie que non seulement le « jardinier » sache faire fructifier au mieux l'espace géographique dont il a la charge, mais également que sa préoccupation reste la terre. S'occuper de l'ici bas plutôt que du ciel, induit un certain comportement religieux : l'action précède la prière.

En fait, la conquête mentionnée dans le verset étant exprimée en bénédiction et impératif divin, le travail prend une dimension spirituelle. A la limite, l'homme biblique travaille, non parce qu'il faut travailler, mais parce que Dieu l'a demandé. Ainsi, avant d’ordonner le respect du Shabbat, Dieu dit : « Six jours tu travailleras » (Ex. XX, 9).

L'exemple de cette attitude nous est offert par les patriarches eux-mêmes, et en particulier le héros de notre paracha : Jacob (Yaakov avinou).

Les préparatifs de Jacob :

Voici le fils d'Isaac et de Rébecca, de retour sur sa terre natale. Vingt ans se sont écoulés. Il n'a pourtant pas oublié la colère d'Esaü qui voulait le tuer, suite à l'affaire de la bénédiction d'aînesse (Gn. XXI, 47). Que fait le patriarche ? Se met-il à implorer le ciel, attend-t-il le miracle ? Non.

La Torah décrit les différentes phases de son comportement. Tout d'abord, il envoie des émissaires, une « délégation diplomatique » dirions-nous aujourd'hui. Le rapport est inquiétant : Esaü vient avec quatre cent hommes armés. Jacob a peur. Confie-t-il, pour autant son âme à Dieu ? Toujours pas. Il prépare le terrain comme un chef militaire : deux camps : « Si Ésaü vient contre l'un des camps et le bat, le camp qui restera pourra se sauver ». Pure stratégie !

Est-ce à dire que toute relation à Dieu soit proscrite, en période de danger ? Non, car Jacob finira par prier. « Sauve-moi de mon frère, d'Esaü ! » Prière brève de quatre versets, comme souvent dans la Bible (hormis le livre des Psaumes), mais surtout prière qui apparaît au bout de l'action humaine. 

La leçon est importante : Dieu a créé le monde en ce que la Bible nomme les « six jours », comprenons qu’un monde nous précède. Toute conscience humaine est seconde, puisqu’elle découvre toujours une antériorité. Ce monde suffisamment achevé, du point de vue divin, nous est confié. Le maintien de ce monde, son aménagement dépendent à présent de l’homme. L’être humain doit aller aussi loin qu'il peut dans son action. C'est lorsque tout a été pensé et réalisé, selon son intelligence et ses possibilités que l'homme peut se tourner humblement vers l'Eternel pour lui demander Son secours et Son aide pour que l'investissement soit béni.

Une pensée actuelle :

Dans notre temps contemporain qui a vu l'assassinat de six millions de nos pères et mères, et où la bête antisémite ne cherche qu'à dévorer « l'agneau dispersé », nous comprenons la valeur de cet enseignement : Aide-toi, le ciel t'aidera !

Philippe HADDAD

 

 

Jacob retourne en Canaan. Avant sa rencontre avec son frère Esaü, il lutte dans la nuit avec un « homme » mystérieux qui n’arrive pas à le vaincre. Au matin Jacob oblige cet agresseur à le bénir, celui-ci nomme Jacob : Israël. Le prix Nobel de littérature Samuel Agnon a vu dans les lettres Y.S.RA.E.L une allusion à toute la vie du patriarche.

 Y - Youd : Initiale de Yithak son père ; Initiale de Yossef, son fils perdu puis retrouvé. Initiale de Yabok, le fleuve près duquel il combattit l’ange. Initiale de Yéhouda son fils qui prit la responsabilité de lui ramener Benjamin.

S - le Sin : Initiale de Sichem, la ville massacrée par ses fils Simon et Lévi.  Initiale de Simon, l’associé de Lévi, dans le massacre de Sichem.

R - Rech : Initiale de Rébecca : sa mère, qui le guida pour recevoir la bénédiction d’Isaac. Initiale de Rachel, sa femme bien-aimée ; Initiale de Réouven le fils qui perturba sa couche.

E - Aleph : Initiale de Edom (Rouquin), surnom de son frère Esaü. Initiale de Ich « homme » mystérieux qui combattit Jacob.

L - Lamed : Initiale de Laban, son beau-père. Initiale de Léa son autre femme. Initiale de Lévi, l’associé de Simon, dans le massacre de Sichem.

Un Nom, c’est une Histoire…

 

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