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24 novembre 2010 3 24 /11 /novembre /2010 18:52

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La paracha de Vayéchev présente la suite de la vie de Jacob à travers sa descendance. Un terrible conflit familial va faillir tourner mal en reproduisant le fratricide originel de Caïn et Abel, mais Joseph sera finalement vendu en Egypte. Pour autant, la douleur de Jacob sera sans borne puisque trompé par ses fils, il pensera Joseph dévoré par un fauve. Il ne retrouvera le goût de vivre que lors des retrouvailles avec le fils bien-aimé.

Notre paracha qui présente Joseph comme héros ne rompt pas avec l'histoire de Jacob, au point que nos maîtres trouveront de nombreuses analogies entre la vie du père et la vie du fils (vie de lutte, vie d'épreuves, vie de tromperie, vie de conflit avec les frères).

Pour souligner cette continuité de la vie de Jacob, nous lisons au début de la paracha (Gn 37, 1) : "Jacob s'installa dans le pays où avaient séjourné ses pères, dans le pays de Canaan". Plus tard après les retrouvailles, nous lirons (Gn 47, 27) : "Israël s'installa dans le pays de Goshen, dans le pays d'Egypte". Il est évident que la similitude syntaxique et grammaticale vise à souligner cette continuité, tout en reconnaissant les deux noms du troisième patriarche : Jacob / Israël.

Les 22 années de séparation entre Jacob et Joseph constitueront une véritable épreuve de souffrance, incontestablement plus dure que toutes celles qui précédèrent cette séparation. Si le début de son existence fut marqué par la tromperie (vis-à-vis de son frère et de son père), ses années de douleur ont pu constituer un temps de réparation, de prise de conscience et d'élévation spirituelle authentique.

C'est après cette période d'épreuve que Jacob deviendra à l'instar d'Abraham un "prince de Dieu" et qu'il pourra offrir à ses enfants la bénédiction de l'aïeul.

 

 

La paracha de Vayéchev présente la suite de la vie de Jacob à travers sa descendance. Un terrible conflit familial va faillir tourner mal en reproduisant le fratricide originel de Caïn et Abel, mais Joseph sera finalement vendu en Egypte. Pour autant, la douleur de Jacob sera sans borne puisque trompé par ses fils, il pensera Joseph dévoré par un fauve. Il ne retrouvera le goût de vivre que lors des retrouvailles avec le fils bien-aimé.

Notre paracha qui présente Joseph comme héros ne rompt pas avec l'histoire de Jacob, au point que nos maîtres trouveront de nombreuses analogies entre la vie du père et la vie du fils (vie de lutte, vie d'épreuves, vie de tromperie, vie de conflit avec les frères).

Pour souligner cette continuité de la vie de Jacob, nous lisons au début de la paracha (Gn 37, 1) : "Jacob s'installa dans le pays où avaient séjourné ses pères, dans le pays de Canaan". Plus tard après les retrouvailles, nous lirons (Gn 47, 27) : "Israël s'installa dans le pays de Goshen, dans le pays d'Egypte". Il est évident que la similitude syntaxique et grammaticale vise à souligner cette continuité, tout en reconnaissant les deux noms du troisième patriarche : Jacob / Israël.

Les 22 années de séparation entre Jacob et Joseph constitueront une véritable épreuve de souffrance, incontestablement plus dure que toutes celles qui précédèrent cette séparation. Si le début de son existence fut marqué par la tromperie (vis-à-vis de son frère et de son père), ses années de douleur ont pu constituer un temps de réparation, de prise de conscience et d'élévation spirituelle authentique.

C'est après cette période d'épreuve que Jacob deviendra à l'instar d'Abraham un "prince de Dieu" et qu'il pourra offrir à ses enfants la bénédiction de l'aïeul.

 

 

Courage de femme :

Après la vente de Joseph, Juda s’éloigne de sa famille et épouse une Cananéenne, ce qui était mal vu dans la famille d’Abraham. L’on craint toujours que tout l’effort de la démarche monothéiste soit réduit à néant par l’introduction d’un culte idolâtre.

Cette femme, au nom inconnu, lui donnera trois fils : Er, Onan et Shélah. Juda se charge de trouver une épouse pour l’aîné, une autre Cananéenne répondant au joli nom de Tamar (Madame Palmier).

La Torah va nous enseigner que toutes les Cananéennes ne sont pas à jeter dans le même panier.

Le verset biblique nous révèle l’inconduite de Er. « Er étant mauvais aux yeux de l’Eternel, l’Eternel (YHWH) le fit mourir ».

Quelle est donc cette faute qui oblige le Tétragramme, le Dieu matriciel de la miséricorde à supprimer cette vie ? Er répandait sa semence hors du corps de sa femme, « afin qu’elle ne tombe pas enceinte et ne perde sa beauté » précise Rachi. Selon cette tradition, Er refuse d’assumer une relation maritale et paternelle, il refuse la continuité de sa propre histoire. Sa semence, qui devrait s’épanouir dans le giron féminin, est répandue en pure perte.

Aucune altérité authentique n’est ici construite. La femme n’est qu’un objet de beauté, une poupée qu’il faut maintenir en état de beauté permanente. Er se refuse à féconder la matrice de miséricorde, il n’assume pas l’Alliance avec l’Eternel, qui appelle l’alliance avec le prochain. Le nom Er [ayin - rech] qui signifie « Eveillé » s’inverse en Ra [rech – ayin], le « mal ».

Fidèle à la vieille pratique du lévirat qui consiste pour la veuve sans enfant à épouser le frère, Juda donne Tamar à son deuxième fils afin qu’il assure la survie du nom du défunt. Onan refuse ce devoir de mémoire et de fraternité et détruit lui aussi sa semence, avant l’union. Il disparaîtra à son tour.

Juda qui n’est pas au courant de l’attitude de ses fils, pense que la responsabilité de ces morts obscures en incombe à Tamar. Et si elle portait le malheur avec elle ? Sur le plan exégétique et psychologique, ce paragraphe est fort intéressant. Il montre l’étroitesse de nos jugements, qui nous portent naturellement à chercher un bouc émissaire devant les situations catastrophiques. Tamar sera ce « bouc émissaire. »

Plutôt que de lui donner Shélah, Juda demande à sa bru d’attendre son veuvage. Les années passent, et Tamar ressemble à une Pénélope attristée.

Finalement cette Cananéenne, cette étrangère à l’identité hébraïque, décide de donner une leçon à Juda, non seulement pour prouver son innocence, mais surtout pour affirmer que la fatalité n’existe pas. Des forces aveugles et occultes ne gèrent pas la vie des hommes, le bien peut terrasser le mal. Et pour prouver son propos, elle usera d’un curieux stratagème, elle se déguisera en prostituée. Tout a commencé par une histoire d’alcôve, tout finira par une histoire d’alcôve.

Tamar se revêt du vêtement de la femme publique, qui est curieusement un voile, et se place sur le chemin de Juda. Ce dernier succombe à son instinct. L’ange préposé au fantasme est envoyé depuis le ciel, affirme gentiment le Talmud.

Tamar sait qu’elle peut légalement s’unir à son beau-père, car il est un « libérateur » potentiel, même si Shélah est prioritaire. Par cette union, Tamar tombe enceinte. Cette bru n’incarne donc aucun destin maléfique. Non seulement elle n’est pas responsable de la mort de ses époux, mais elle est porteuse de vie.

En fait, l’Histoire s’écrit dans une logique d’intentionnalité qu’il faut accepter, et remettre en marche. La lutte des prophètes est la lutte contre la fatalité, contre les idoles figées, contre les dieux identifiés à la nature.

Juda comprendra à la fin la leçon : « Elle est plus juste que moi » lance-t-il avec courage à la cantonade, ce courage que l’on retrouvera chez Boaz et chez David après son égarement avec Bat-shéva.

Tamar donnera naissance à deux jumeaux : Pérès et Zérah. Pérès « celui qui bouscule » passera devant Zérah « celui qui brille » tel le soleil à son lever. Deux noms, deux stratégies d’engagement dans l’Histoire : Aller au rythme du temps qui passe, les fruits seront toujours mûrs en leur temps, ou bousculer les évènements pour amorcer la paix plus rapidement.

L’impatience est souvent cause de faute dans la Bible, pourtant le coup de pouce de quelques femmes audacieuses, étrangères de surcroît, n’est pas inutile pour forcer la conscience humaine à se construire.

Philippe HADDAD

 

 

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commentaires

J.D. 24/11/2010 23:34



On a coutume de dire que la vie des hommes est jalonnée d'épreuves. Qui oserait prétendre le contraire ? Sûrement pas la Torah !


La Bible illustre par de multiples récits ce que sont les travers, les souffrances, et les turpitudes parfois, des hommes (et des femmes !), dont les péripéties de la vie de Jacob et de
Joseph.


A travers l'existence de ces premiers "enfants d'Israël", c'est l'histoire de ce qui va être, de ce qui est l'Humanité, qui apparaît. Et nous recevons l'assurance que l'Eternel "a l"oeil" sur nos
vies, Il connaît nos erreurs et nos détresses, et les utilise pour nous affermir, nous faire avancer et nous permettre d'arriver où il faut.


L'homme ne devrait-il connaître la prospérité, qu'après avoir vécu l'adversité ? (Esaïe chap. 45, vers. 7).


Et puis, dirions-nous que l'Eternel a de l'humour ? Il paraît apprécier la "femme de caractère" qu'est Tamar, et son original subterfuge !


"Aide-toi, le Ciel t'aidera" !


Cordial Shalom.


Jacqueline



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