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30 décembre 2010 4 30 /12 /décembre /2010 10:00

Méditation shabbatique

« Et l'Eternel bénit le septième jour et Il le sanctifia car par lui Il cessa toute Son œuvre créée. »

Genèse / Béréshith II, 3.(Récité au kiddoush)

Le vendredi soir nous entrons dans le Shabbath, et le samedi soir nous sortons du Shabbath. Telle est la terminologie traditionnellement utilisée. Les verbes entrer et sortir sont habituellement employés pour l'espace. On entre dans une maison, on sort d'une boutique. Entrer ou sortir d'un jour, d'un temps particulier, peut paraître plus surprenant. C'est que le Shabbath appartient aux expériences spirituelles.

De l’espace au temps :

Entrer en Shabbath, de ce point de vue, c'est sortir de l'espace fini pour pénétrer dans un temps infini. Les bornes que constituent l'heure d'entrée et l'heure de sortie ne sont que des trompes l'œil. Les mathématiciens nous ont appris que dans l'ensemble des réels (R), entre deux nombres finis, il peut exister l'infini des nombres.

Toute expérience religieuse et spirituelle invite à sortir des cadres habituels, toute expérience religieuse et spirituelle propose de l'étonnement, de la surprise, le renouvellement de notre regard sur le monde, et donc de notre être au monde.

Pendant l'expérience spirituelle rien n'est comme avant, et après l'expérience spirituelle rien n'est plus comme avant.

La semaine dernière, nous avons commencé la lecture du deuxième livre de la Torah, le livre de l'Exode, Shémoth, le livre des Noms. Nous y avons lu l'épisode du buisson ardent, la première expérience spirituelle de Moïse.

L’étonnement de Moïse :

buisson

Moïse fut étonné qu'un buisson recouvert d'une flamme ne se consume pas. Moïse connaissait l'expérience de la force qui dévore, de la force qui brûle, de la force qui décrète l'esclavage des hommes et la noyade des garçons nouveau-nés. Moïse ne connaissait pas l'expérience de la force qui retient sa force, la force de Dieu. Car la force de Dieu brille sans brûler, éclaire sans aveugler, réchauffe sans détruire. 

De ce rapport de Dieu au monde, le midrash enseigne : « Là, où tu trouves la grandeur du Saint, béni soit-il, là tu trouveras son humilité ».

Pour la Bible, la puissance ne se trouve pas dans la capacité d'écraser, mais dans la capacité de se retenir pour que l'autre soi. En ce sens l'humilité n'est pas faiblesse, mais triomphe de soi-même, en ce sens peut-elle être attribué à cet homme puissant, « l'homme Moïse, le plus humble des humains sur la surface de la terre. »

Telle est la texture de l'expérience spirituelle, non pas une expérience où les identités se dissolvent, une expérience où les identités se confondent, mais une expérience où les êtres vivent les uns près des autres, parce que l'un laisse une place à l'autre.

Philippe HADDAD

 

 

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