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20 mars 2013 3 20 /03 /mars /2013 13:31

TABLE CHABBAT

L’empressement

Le titre de la section de la Thora ‘’Tsav’’ nous invite à prendre conscience de notre aptitude à être les porteurs de la mitsva et à nous exercer à la réalisation du mode de vie prescrit par la Thora.

A propos du terme ‘’Tsav’’, le Talmud rapporte que Rabbi Ichmaël enseignait : ‘’Tout texte de la Thora où il est fait mention du terme ‘’Tsav’’, c’est dans l’intention voulue de souligner le caractère particulier de la prescription ordonnée et du triple message qu’elle comporte.’’

Le premier ‘’zérouz’’  , l’empressement et l’encouragement souhaités en vue de la réalisation de la mitzva.

En deuxième lieu, ‘’miyad’’         l’injonction Tsav réclame la mise en pratique de la mitzva de l’immédiat.

Et enfin, ‘’véladoroth’’          Tsav indique la permanence de la mitzva dans le temps et le devoir impératif d’en assurer la transmission aux générations à venir.

L’auteur du commentaire   , s’appuie sur cet enseignement pour expliquer ces paroles de Rabbi Hanina dans le Talmud :

‘’La personne engagée par la loi a plus de mérite dans l’accomplissement des mitzvoth que celle qui y adhère sans contrainte’’, et pour cause. La personne investie de la mitzva est confrontée à toutes sortes de tentations et d’excuses pour se soustraire aux devoirs qui l’appellent, pour échapper à l’obligation qui la retient. Or n’oublions pas que la pratique de la mitzva exige souvent un moment précis et ne peut souffrir l’attente. Le dicton de nos Sages l’exprime bien : ‘’le temps étant passé, l’offrande n’est plus de mise’’. 

Aussi, l’homme chargé de la mitzva a besoin de soutien et d’encouragement pour raffermir ses pas, pour poursuivre sa marche en avant dans la réalisation de la Thora, et enfin pour assurer à son tour la transmission aux générations à venir. Par contre, la personne non soumise aux devoirs de la mitzva, obéit au gré de sa volonté en toute quiétude et ne se sent pas autant concernée.

L’auteur du commentaire  ‘’Hidouché Harim’’ dit : le titre de ‘’grand’’ accordé au chabbat ha gaddol, de par la tradition, est en rapport avec l’histoire du patriarche Avraham surnommé ‘’le grand homme parmi les géants’’. Avraham avinou aspirait toujours à devenir une grande nation appelée à servir le D… de vérité. Son projet voit le jour lorsque les enfants d’Israël ont accompli la première mitzva, celle d’acquérir en famille l’agneau pascal, dieu choyé des Egyptiens, pour l’immoler en l’honneur de l’Eternel. C’est à travers cette mitzva que les enfants d’Israël ont franchi le pas vers la liberté en ce jour de Chabbat.

La nation d’Israël est née dans l’accomplissement du commandement (de la mitzva), dans l’union de la famille, affranchie de l’esprit d’esclavage et portée vers la promesse de l’avenir. La réception de la Thora au mont Sinaï brise définitivement les chaînes de tout esclavage et permet à tout Israélite de s’engager au cœur du désert et de se battre pour garder son identité, son peuple et sa terre.

Chabbat Hagadol

 Le Chabbat veille de Pessah porte le titre de ‘’Chabbat Hagadol’’, en raison du miracle qui eut lieu ce Chabbat, précédant la libération des enfants d’Israël d’Egypte. En effet, la  tradition nous enseigne que l’ordonnance de la Torah relative à l’acquisition de l’agneau pascal  et tout ce qu’elle comporte, se déroula  le 10 du mois de Nissan, qui fut un samedi. Comme  le décrit la Michna, ‘’chaque famille acquit un agneau et l’attacha au vu et au su de tous les Egyptiens, chez elle au pied du lit ; le garda pendant trois jours, sans que nul n’osât intervenir. Puis, le jour prévu, elle l’égorgea en plein midi, tandis que son sang était répandu sur le linteau et les poteaux  des portes des maisons. Rôti au feu, cet agneau était ensuite consommé en public, tout entier, la tête avec les jarrets et les entrailles, et pour marquer le mépris avec lequel on le traitait, il fallait le manger tout entier jusqu’au matin, et le restant était consumé par le feu’’. Ceci, comme on peut l’imaginer, fut un spectacle déshonorant et sans précédent aux yeux du peuple égyptien. Car il était de notoriété publique, que toucher à un agneau ou à une chèvre, était tout aussi grave que de porter atteinte à l’honneur des dieux égyptiens et entraînait la peine de mort. Le spectacle du traitement infligé à la divinité choyée des Egyptiens, sans crainte de leur réaction, démontre d’une façon éclatante la foi et le courage qui animaient les enfants d’Israël dans leur volonté et leur aspiration  d’être affranchis de l’esclavage et de se mettre à l’écoute des commandements de l’Eternel. Aussi le Chabbat veille de Pessah qui marque cette date historique, est qualifié de ‘’grand’’. Il faut souligner cependant que  le choix du terme ‘’grand’’ de préférence à tout autre qualificatif, s’inspire de l’expression de la Haggadah de Pessah ‘’ouv’mora gadol’’  ‘’dans une grande révélation’’, à savoir la manifestation de la Chékhina, la gloire de l’Eternel. Comme il est dit (Deut. IV, 34), ‘’fut-il jamais une divinité qui essayât de venir tirer à elle un peuple du sein d’un autre, par des épreuves, des signes, des prodiges et des combats ; avec une main puissante et un bras étendu, par de grandes révélations, comme tout ce que l’Eternel, notre D…, a fait pour vous, en Egypte, sous vos yeux ?’’

Ainsi, la manifestation de la Chékhina appelée’’ la grande révélation de l’Eternel’’,  à travers les signes précurseurs de la libération d’Egypte, n’a pas pour unique dessein de soumettre le Pharaon et de le contraindre par la force à obéir à l’injonction de l’Eternel de libérer le peuple , mais a pour but essentiel de répondre à cette déclaration du Pharaon : ‘’je ne connais point l’Eternel et je ne renverrai point Israël’’. En effet, nul n’ignore qu’à la suite des faits miraculeux produits par l’Eternel à la vue du Pharaon, celui-ci n’a pas courbé l’échine et ne s’est pas décidé pour autant à renvoyer le peuple juif d’Egypte. Certes, D… aurait pu le contraindre sur le champ et sans ménagement à obéir à sa volonté. Mais tel n’était pas le but visé, car le Pharaon ne s’obstinait pas dans son refus de libérer les enfants d’Israël pour une raison économique uniquement, à savoir , garder une main-d’œuvre sous son emprise, mais il était mû également par une motivation idéologique, celle de ne pas répondre à l’ordre de l’Eternel, qu’il refuse de reconnaître. C’est pourquoi, D… a multiplié et varié les plaies en Egypte,  pour mettre un terme à toutes les velléités du Pharaon et surtout de lui faire savoir que D… est présent dans sa création. C’est cela qui est désigné par ‘’ouv’mora  gadol’’ ‘’la grande révélation’’, qui se traduit par ‘’la manifestation de la présence divine’’. Et c’est de cela que témoignent les enfants d’Israël ce chabbat 10 Nissan, lorsqu’ils obéissent à l’ordre de l’Eternel, en accomplissant  la mitzva de l’agneau pascal. Cette grandeur manifeste de l’Eternel dans sa révélation, a rejailli sur ce chabbat hagadol, à l’instar du rôle éminent qu’occupe le chabbat dans la conscience juive qui atteste et témoigne de l’Eternel et de la création qu’il gouverne selon sa volonté. 

 

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