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28 mars 2012 3 28 /03 /mars /2012 21:22

Tsav

 

les sacrifices

 Le Lévitique consacre de nombreux chapitres aux sacrifices d'animaux. Cette pratique est étonnante lorsqu'on sait combien la Torah est soucieuse de protéger les animaux en interdisant de leur infliger des souffrances inutiles. En quoi tuer un animal peut-il réparer une faute commise par l'homme ? En quoi faire mourir une bête innocente peut-il nous réconcilier avec notre Créateur et notre conscience ?.

Harmonie de la Création

Pour comprendre le monde des sacrifices, il est nécessaire de rappeler l'existence du Créateur. L'Eternel a introduit dans sa création un certain ordre. Respecter cet ordre est source d'harmonie et de bonheur pour toute la création et en particulier pour l'homme, couronnement de cette oeuvre. Perturber cet ordre est source de malheurs et d'épreuves. Une faute est-elle irréversible et irrécupérable ? Lorsque l'ordre du monde est perturbé, existe-t-il une possibilité de retrouver l'harmonie? La Torah donne une réponse claire et sans ambiguïté : toute faute est réparable. Un vase brisé dont on recolle les morceaux demeure un vase, même s’il n’est plus jamais comme auparavant.

Les sacrifices font partie de cette catégorie de lois, désignées sous le nom de 'Houkim, lois irrationnelles inaccessibles à notre compréhension, décrets divins dont D.ieu seul connaît le secret.

Le mot hébraïque qui désigne le sacrifice a une signification très précise éloignée du concept exprimé par ce mot dans d'autres civilisations. En hébreu « Korbane » dérive du verbe Karov « se rapprocher ». La faute, le péché, le délit, le crime, éloignent l'homme de D.ieu en créant entre eux un écran. L'expression « D.ieu se voile la face » traduit cette réalité. Le sacrifice déchire ce voile et laisse passer de nouveau la lumière divine, en direction de l’homme

Le sens des sacrifices

Chez les nations de l'antiquité, le sacrifice humain ou animal avait pour but de « pacifier la divinité », c'est-à-dire d'agir sur la divinité pour « l'amadouer ». Dans la tradition juive, le Korbane est une action qui permet de se rapprocher de D.ieu après s'en être éloigné. Le Korbane n'agit pas sur D.ieu mais sur la personne qui l'offre. La Torah parle « d'odeur agréable à l'Eternel » pour exprimer la joie de D.ieu de voir revenir à lui ses enfants. Les sacrifices d’animaux n’ont plus cours en l’absence du Temple.

Le Sefer Hahinoukh rappelle que le cœur est directement influencé par les actes. L'homme qui a péché ne peut pas retrouver un coeur pur, par de simples paroles de regret. Il lui faut un acte important pour expier ses fautes. En lui demandant de choisir un bélier de son troupeau, de l'amener lui-même au Temple et d’y accomplir tout le rite prescrit pour le sacrifice expiatoire, cet homme réalisera combien sa négligence était grave et il ne récidivera pas de sitôt !

Ramban fait remarquer que les oeuvres de l'homme se trouvent achevées en pensée d'abord, puis en parole et enfin dans un acte. Quand la personne ayant péché, vient offrir un sacrifice expiatoire, elle doit imposer les mains sur l'animal pour réparer la mauvaise action ; elle doit aussi exprimer sa faute à haute voix pour réparer le mauvais usage qu'elle a fait de sa parole, et enfin, elle fera brûler sur l'autel les entrailles et les organes de l’animal qui sont le siège du désir, pour chasser ses mauvaises pensées.

La manière dont la Torah donne l'ordre d'offrir des sacrifices, exprime ce que D.ieu attend de l'homme.

« Adam ki Yaariv mikème - Un homme qui offre un sacrifice de vous ! ». Midrach Rabba souligne que notre offrande doit être semblable à celle d'Adam, c’est-à-dire provenant de notre bien propre et non le produit d'un vol, ni celui de la violence. « de vous » souligne que ce qui est offert est, en réalité une partie de nous même. La véritable finalité du sacrifice, c’est d’offrir à D.ieu ce qu'il y a d'animal en nous, nos inclinations matérielles et bestiales, c’est à dire notre instinct animal. En mettant nos actes, nos pensées, nos aspirations au service de la glorification du Nom de D.ieu, nous déposons notre plus belle offrande au pied du trône céleste. Toutes ces tentatives d’explications n’annulent pas l'acte même du sacrifice. Comme touts les autres Mitsvot, il s’agit avant tout de décrets divins. Nos sages enseignent que le monde repose sur trois fondements: La Torah, la Avoda et la Guemilouth Hassadim : La torah, le culte et l’amour d’autrui. Ces trois forces spirituelles vitales sont indispensables pour assurer l'existence du monde.

En plus de leur aspect intellectuel et culturel, l’étude et la pratique de la Torah constituent l'un de ces piliers. Aujourd'hui, les prières remplacent les sacrifices ; elles représentent le lien entre les mondes supérieurs et inférieurs et permettent à l’homme d’accéder à D.ieu.

Grand Rabbin Jacques Ouaknin

 

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