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26 avril 2012 4 26 /04 /avril /2012 08:28

tazria

 « L’Eternel parla à MOÏSE en ces termes : « Voici quelle sera la règle imposée au lépreux lorsqu’il redeviendra pur : il sera présenté au pontife. Le pontife se transportera hors du camp...... » (Lévitique XIV, 1-3).

S’il peut paraître que notre paracha se consacre à des questions d’ordre médical, notamment la maladie du METSORA, de ce que l’on appelle le lépreux, en raison des signes qu’il présentait autrefois, et pouvant être considérés comme étant ceux de la lèpre, la TORAH vient surtout nous apporter des enseignements dépassant le simple stade d’une maladie frappant aujourd’hui encore des centaines de milliers de personnes, en particulier dans certains pays d’AFRIQUE, et ce, malgré les progrès scientifiques indéniables pour éradiquer la maladie.

Le texte de notre paracha nous présente les étapes par lesquelles doit passer le lépreux avant d’être à nouveau déclaré pur. Après une période d’isolement à l’extérieur du camp où vivait le peuple durant sa traversée du désert, le lépreux devait être présenté au pontife. Le verset cité en introduction laisse prévoir deux situations apparemment contradictoire. D’une part il est dit « qu’il sera présenté au pontife », d’autre part presque en même temps, il est dit que « le prêtre sortira du camp ». Cela vient nous enseigner que l’initiative doit provenir des deux côtés. En effet, nous savons que cette maladie de la lèpre frappait celui qui s’était lâché à faire de la médisance, d’où nos rabbins, au lieu de lire « METSORA - lépreux, lisent plutôt MOTSI RAH - celui fait sortir le mal ». Calomnier, médire, c’est refuser de reconnaître l’existence de l’autre. En punition, celui qui aura commis la faute du LACHONE HARAH, devra donc être mis à l’écart, et parvenir au terme de ces sept jours d’isolement, à se considérer comme étant insignifiant, sans valeur, jusqu’à ce qu’on le présente au pontife, qui pourra le déclarer guéri.

Par ailleurs, le prêtre, le COHEN a pour obligation d’aller en direction de la personne coupable de calomnie et de médisance, ainsi qu’il est écrit : « Le pontife sortira à l’extérieur du camp. » (Lévitique XIV, 3). Dépassant les limites des trois lieux où résidaient alors les COHANIM, les LEVITES et les enfants d’ISRAEL, le prêtre avait pour obligation de se rendre auprès de celui qui était isolé, tout à fait à l’écart du peuple. Il avait péché par médisance, et voici venu le jour de la réparation, où il devait apporter un sacrifice d’expiation. Malgré tout, il était indispensable que le prêtre vienne vers lui, selon le principe selon lequel, « celui qui veut se purifier, on doit l’aider dans sa voie » (Chabbat 104 a). Dans le cadre de notre étude, on peut comprendre cette expression courante de notre tradition, sachant que celui qui s’était rendu coupable par médisance avait été tenu à l’écart pour expier sa faute. Il a donc eu le temps de réfléchir mais après cela, il était juste que le prêtre vienne lui rendre visite pour lui manifester un sentiment de réhabilitation.

Il faut cependant souligner le fait que si le COHEN (de nos jours le Rabbin, à un moindre degré) était allé en direction de celui qui allait commettre cette faute de la médisance ou une faute d’une autre nature, les choses pourraient changer et n’atteindraient sans doute pas un stade avancé dans le péché. La responsabilité du fidèle et du maître doivent donc en principe être partagée. Nous connaissons des situations analogues dans notre histoire biblique. En effet, certaines de ces situations auraient pu être inversées selon le comportement de l’un ou l’autre des protagonistes. Prenons par exemple le cas du Roi EZECHIAS et du prophète ISAÏE. Lorsque le premier tomba malade, il souhaita la visite du prophète ISAÏE. L’un et l’autre estimaient qu’il n’était pas de leur rang de se déplacer en premier pour se rendre chez l’autre. En définitive, le prophète rendit visite au roi pour lui demander de faire acte de repentance, de sorte qu’EZECHIAS, comprenant qu’il devait se repentir, obtint un sursis de vie de quinze années supplémentaires. (II Rois XX, 6).

Le cas du lépreux dont nous avons parlé au début de notre texte, pour faire comprendre que le prêtre avait le devoir de se rendre chez lui afin de l’inciter à comprendre ses erreurs, nous permet de comprendre qu’il est des moments où l’on doit passer outre à une question de préséance ou de dignité, malgré les fonctions que l’on est amené à occuper. C’est bien ce que veut nous enseigner ce texte des PIRKE ABOTH, chapitre IV, michna 3, où BEN AZAÏ dit : « Ne dédaigne aucun homme, et ne rejette aucune chose ; car il n’y a point d’homme qui n’ai son heure, et il n’y a pas de chose qui ne trouve sa place. »

Aussi bien dans le cas du lépreux que dans n’importe quelle autre situation, nos Maîtres veulent souligner l’importance que devons nous attacher au respect dû à tout être humain, sans exclure ni rejeter qui que ce soit. Tout ce que D.ieu a créé mérite notre respect. Le simple fidèle a tôt ou tard besoin de se rendre chez le prêtre ou le rabbin, tout comme ceux-là aura peut-être un jour besoin de s’appuyer sur lui pour mener à bien leur mission. Le Roi SALOMON dit bien à ce propos : « Il a fait toute chose excellente à son heure. » (Ecclésiaste III, 11). C’est dire combien il est important d’apprécier chacun et chaque chose à leur juste valeur, ce qui nécessite de notre part une très grande attention, ce qui doit avant tout nous inciter à mesurer nos jugements et nos paroles, pour ne pas commettre la grave faute du LACHONE HARA, à laquelle avait succombé le lépreux, objet de notre commentaire sur la paracha

Grand Rabbin Alain Goldmann

 

 

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