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4 août 2010 3 04 /08 /août /2010 17:15

Reeh

 

 

PARACA REEH

Rav Yitshak Jessurun

Tout père souhaite l'obéissance de la part de ses enfants. L'obéissance est bien une vertu de taille ! Il est probable qu'un père voudra récompenser un enfant lorsque celui-ci se montrera d'une obéissance exemplaire. Cela aussi fait partie de la mitsva de 'hinoukh, d'éduquer les enfants.

 

Cependant, que pensez-vous d'un père qui sanctionne la désobéissance par une malédiction ? Un père, une mère, peuvent-ils maudire leurs enfants n'obéissent pas aux règles du foyer ?

 

Un tel comportement semble improbable, car l'amour parentale a généralement tendance à prendre le dessus dans la relation avec les enfants, même lorsque les enfants agissent mal.

 

Or, à première vue, c'est bien cela que Moché semble nous dire dans les premiers versets de cette paracha : Regardez, je pose aujourd'hui devant vous la berakha et la kelala (bénédiction et malédiction). La berakha si vous écoutez les mitsvoth d'Hachem, votre D. que je vous ordonne aujourd'hui, et la malédiction si vous n'écoutez pas les préceptes d'Hachem et que vous déviez du chemin que je vous ordonne aujourd'hui...

 

C'est Moché qui parle mais au nom de D. Comment D. peut-il envisager de maudire Ses enfants, même si ceux-ci n'écoutent pas ?

 

Le texte original, en langue hébreu, nous fournit la clef de la réponse.

 

Le verset promet la berakha "si" vous écoutez, en utilisant le terme acher tichme'oun pour la préposition "si". (habituellement ce mot acher signifie plutôt "que".) Pour la malédiction la Torah dit im lo tichme'oun, avec ici le terme im pour la même proposition "si".

 

C'est que la bénédiction et la malédiction ne doivent pas être comprises comme "récompense et sanction". L'homme ne doit point s'attendre à des récompenses dans ce monde ici bas. Toute rémunération de mitsvah est réservée pour le monde futur. Pareillement la malédiction du verset n'est pas une simple sanction.

 

L'expression la berakha acher tichme'oun, se traduit plus correctement par la bénédiction que vous écoutez... C'est que l'écoute même de la mitsvah est en soi déjà la plus grande berakha qui puisse exister dans la vie ! L'écoute attentive et le respect sincère de la mitsvah procure en soi déjà la sérénité à l'homme. L'écoute attentif des mitsvoth contient en elle la plus grande berakha du monde, la berakha est réellement constituée directement par la mitsvah ! En fait il s'agit ici d'une équation : mitsvah égal berakha, d'une certaine manière ces deux termes sont synonymes.

Mais si l'homme ne respecte pas les mitsvoth ; et ceci n'est qu'un "si", dans le conditionnel, il attire sur lui les malédictions. De la même manière qu'une personne qui ne nourrit pas son corps s'attire des graves ennuis de santé, ainsi celui qui néglige sa nechama, son âme, abîme lui même sa propre vie intérieure et ainsi il sera confronté à la malédiction ; le sentiment de vivre pour rien et que rien n'a de sens réel, ce sont la dépression et la frustration qui règnent alors. Ce n'est certes pas le père qui envoie ces malédictions ; c'est que les actes des mitsvoth sont infiniment plus chargés de puissance et de pouvoir de ce que l'on s'imagine.


Et qu'en est-il du libre arbitre ? Ce premier verset de notre paracha, qui assure bénédiction et malédiction, est parfois (mal) compris comme contradictoire au principe du libre arbitre. Après les "menaces" de la calamité de la malédiction dispose-t-on encore de la liberté de rejeter la mitsvah ?

 

C'est, comme nous avons vu plus haut, que ce verset ne parle point d'une menace mais plutôt d'une "technique".

Il convient de prendre conscience du sens du mot kelala, malédiction. Le radical de ce mot est kal, qui signifie "léger". Et c'est là la confrontation au choix bénédiction/malédiction, car justement la malédiction, la kelala, se présente comme une vie légère dans le sens "non pesante". Elle fait miroiter une vie douce et agréable, de permissivité et de loisirs, une vie facile sans contraint et sans comptes. C'est là que la Torah nous "informe" que cette apparence n'est qu'une façade, derière laquelle se découvrira (mais alors "trop tard") incontournablement la malédiciton...

 

La Torah nous invite également à découvrir toute la richesse et tout le bonheur qui se trouvent "cachés" dans la l'accomplissement des mitsvoth.

 

Le premier mot de cette paracha est re'eh, regarde ; sois vraiment lucide, avec un regard très attentif pour pouvoir discerner barrahka de kelala.


Rav Yitshak Jessurun

Centre d'Etudes Juives Ohel Torah



 

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