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27 janvier 2011 4 27 /01 /janvier /2011 09:16

 

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LIBERER L'ESCLAVE

Après la  manifestation grandiose de Dieu (théophanie) au Sinaï qui révéla les Dix Paroles, arrive le temps des michpatim, des lois sociales. Les grands principes vont être suivis d'une jurisprudence détaillée que le juge est appelé à connaître pour pouvoir rendre la justice de la Torah. Le citoyen ne vit pas que de grands principes, mais de petits détails qu'il lui faut appliquer pour être en règle avec la cité.

L'étonnement du lecteur

Le premier grand principe du Décalogue a été l'énonciation de ce commandement fondateur "Je suis l'Eternel ton Dieu qui t'ai fait sortir du pays d'Egypte, de la maison d'esclavage". Dieu était connu que le Créateur, au Sinaï Il présente sa nouvelle carte de visite "Libérateur". Par cette première parole, Dieu rejette tout principe d'asservissement.

Quel étonnement d'entendre comme premier michpath, premier commandement de notre paracha, cette formule "lorsque tu acquerras un esclave...".

La société d'Israël peut-elle se permettre d'être esclavagiste après avoir vécu l'esclavage égyptien ? Or tout le discours de la Torah est fondé sur le refus du modèle égyptien. Le fait de mentionner régulièrement dans le texte "Je sui l'Eternel qui t'ai fait sortir du pays d'Egypte" est signifiant de ce point de vue, de même que cette formule liturgique récurrente "souvenir de la sortie d'Egypte" (zékher litsiath mitsraïm). Comment donc répondre à ce paradoxe ?

Une révolution lente

Parmi les réponses possibles, nous en citerons la suivante :

La Torah est révolutionnaire dans ses idées, mais évolutives dans l'application de ces principes révolutionnaires. L'esclavage, la domination d'un homme par un autre homme est insupportable à la conscience monothéiste, mais il faut amener progressivement les hommes à admettre ce principe de vie. Les grandes révolutions ont toujours été menées au nom d'un idéal  éthique, mais ont toujours basculé dans une dictature pour garantir le projet révolutionnaire. Au nom des valeurs révolutionnaires combien de prisons ont été élevées, combien d'hommes ont été torturés  !

Le projet toraïque est plus lent, car il mise sur une évolution de la conscience morale, qui dépend de l'éducation, c'est-à-dire de bons parents et de bons enseignants.

Dans la société biblique, l'esclavage comme la polygamie ont cours, mais la loi divine vient s'immiscer dans le système pour imposer au propriétaire ou au mari des devoirs vis-à-vis de l'esclave et l'épouse, qui sont reconnus dans leur humanité, et non comme objet de travail.

Dans les faits, l'histoire s'est ainsi construite, depuis la voix du Sinaï jusqu'à la déclaration des droits de l'homme que de guerres, que de violences. Et nous, en tant que peuple juif, savons que rien n'est jamais gagné en matière morale; les grandes civilisations peuvent basculer dans la barbarie. En légiférant la loi de l'esclave, la Torah met en place les conditions de son affranchissement définitif.

Philippe HADDAD

 

 

Les Dix Paroles et la Torah

« Il est coutume de présenter la paracha Yitro comme la paracha des Dix Commandements, grand événement qui se passa devant tout le peuple d’Israël. Mais il faut bien remarquer que cette révélation n’eut lieu qu’une fois, à cette occasion les enfants d’Israël entendirent seulement les Dix paroles.

D’un autre côté à la fin de notre paracha Michpatim, nous lisons : « L'Éternel dit à Moïse: Monte vers moi sur la montagne, et reste là ; Je te donnerai des tables de pierre, la Torah et la mitsva que J'ai écrites pour leur enseigner. » (Ex XXIV, 12).

Il y a cependant lieu de remarquer que ces tables de pierre ne sont pas l’essentiel, nous pouvons même ajouter que nous savons que ces tables seront, plus tard, détruites par Moshé.  Ce ne sont donc pas de ces tables directement que se continue la Torah en Israël, alors que « la Torah et la mitsva » mentionnées juste après les « tables de pierre » constituent le début du judaïsme toujours vivant, tant que « la Torah et la mitsva » continuent d’être des éléments vivants dans la vie juive.

Ajoutons que dans ce verset se trouvent des mots lourds de sens : « … écrites pour leur enseigner », de là la conclusion que ce qui est écrit ne possède aucun caractère exhaustif, mais appelle une étude, c’est-à-dire une étude permanente, ce qui est bien l’expression même de la tradition orale. »

En d’autres termes, ce qui aurait pu constituer une œuvre maîtresse pour l’archéologie a été réduit en poussière. Le judaïsme n’est pas une pièce de musée, il est vivant dans la mesure où nous le rendons vivant, par notre engagement communautaire, culturel, religieux.

Beaucoup de combats politiques doivent être menés à la mémoire d’Ilan zal, mais n’oublions pas celui moins spectaculaire, mais tout aussi important de la lutte pour la transmission de nos valeurs juives.

 

Philippe HADDAD

 

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commentaires

J.D. 29/01/2011 16:24



Je me pose depuis quelque temps une question que j'ose finalement vous soumettre ; veuillez me pardonner de cette "subversion" :


Comment se fait-il (livre des Nombres, chap. 15, vers 32 à 36) que l'Eternel qui a dit :"Tu ne tueras pas", ait ordonné à Moïse et aux Hébreux de lapider et faire mourir l'homme qui avait ramassé
du bois le jour du Shabbat ?


A diverses reprises, dans la Thora, il est question de "punir de mort" des hommes et des femmes ayant commis des fautes. J'avoue être passablement troublée...


Je suppose qu'il est impossible de répondre succintement...


Cordialement.


J.D.


 



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