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18 août 2010 3 18 /08 /août /2010 10:12

« Dieu » ou « Bon Dieu » ?

 

 

Saviez-vous que l’origine du mot « Dieu » est Deus qui est Zeus. Eh oui, quand un rabbin parle de « Dieu », il évoque le grand maître de l’Olympe. C’est pourquoi écrire « Dieu » avec un « D. » ne nous paraît pas justifié.

 

Dans certains cas, Dieu est même mentionné comme « Bon Dieu ». Nous allons voir que cette expression peut poser question selon quelques-uns uns de nos maîtres.

 

Le nid de l’oiseau :

 

Dans la paracha de la semaine, il est fait mention de la mitsva du nid de l’oiseau (kan tsipor)

 

Si tu trouves sur ton chemin un nid d'oiseau, sur un arbre quelconque ou sur la terre, avec des petits ou des oeufs, et la mère couchée sur les petits ou sur les oeufs, tu ne prendras pas la mère avec les petits : tu laisseras s'en aller la mère et tu ne prendras que les petits, afin que tu sois heureux et que tu prolonges tes jours.

Dt XXII, 6 et 7.

 

 A première vue, ce commandement pourrait être justifié par la bonté divine, Sa miséricorde à l’égard de ses créatures. Enlever les enfants devant leur mère paraît horrible, barbare pour une conscience civilisée.

 

 Cependant une mishna enseigne :

 

« Celui qui dit, à propos de Dieu, Ta miséricorde s’étend jusqu’au nid de l’oiseau, […] on le fait taire. »

Bérakhoth – Bénédictions- V, 3.

 

Dans son commentaire sur la Mishna, Rambam (Maïmonide) justifie la raison de « faire taire » un tel discours de la manière suivante :

 

« Voici le sens de cette formule Ta miséricorde s’étend jusqu’au nid de l’oiseau. Il s’agit de quelqu’un qui prie en disant à Dieu : de même que Tu as pitié du nid de l’oiseau, en déclarant : tu ne prendras pas la mère avec les petits, ainsi ait pitié de nous ! Celui-là, on le fera taire. (C’est-à-dire qu’on lui expliquera que du point de vue du judaïsme, il se trouve dans l’erreur. Pourquoi ?) Car il justifie le commandement (taam hamitsva) par la miséricorde du Saint, béni soit-Il, sur un oiseau (référence au « Bon Dieu »). Il n’en est pas ainsi, car s’il s’agissait de miséricorde divine (à l’égard des animaux), l’abattage rituel (chéhita) aurait été interdit. En fait, il s’agit d’un commandement à écouter (à accepter comme décret divin = hok), qui n’est pas justifié par une raison, (humainement perceptible).

 

Cause et conséquences :

 

Nous conclurons cette courte étude, en posant la différence entre la cause qui justifie la mitsva, et les conséquences de la pratique de la mitsva. Car ces deux domaines sont souvent confondus.

 

 

Du point de vue de la justification d’un commandement, elle reste d’abord liée à l’acceptation de la royauté divine et de Ses commandements. En d’autres termes, toute mitsva traduit un acte relationnel, un acte éthique avec Dieu.

 

Conséquemment, la répétition de ces actes religieux aura des répercussions sur ma vie, sur mon rapport avec le monde. L’abattage rituel, par exemple, est licite, comme décret divin, mais la manière d’abattre un animal peut éduquer la conscience humaine à sortir de la barbarie.

 

Philippe Haddad

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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