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7 septembre 2011 3 07 /09 /septembre /2011 10:07

 

Le vrai combat de l’homme

La paracha de la semaine commence par : « Lorsque tu sortiras en guerre contre ton ennemi ». Déjà dans la paracha précédente, Shoftim, il était question de guerre. La Torah ne parle pas que de l’idéal. La Torah n’est pas pour les anges, mais pour les hommes. L’histoire des hommes peut se ramener aussi à l’histoire des conflits. Depuis que l’homme est homme, la violence, la rivalité demeure permanente. Pensons à Caïn et Abel, Romulus et Remus. Les hommes et les peuples se sont fait la guerre, et toujours pour de bonnes raisons : un territoire, la nourriture, « la belle Hélène », la religion, etc. Même Freud dans « Totem et Tabou » fonde toute la psyché humaine autour du meurtre du père.

La guerre est sans doute liée à notre fonction animale. A défaut d’avoir des griffes et une carapace solide, nous avons inventé les armes pour tuer. Mais quelque chose d’animal réapparaît dans la guerre : l’abus de sa force. Et encore ? Lorsque l’animal a montré sa puissance, il cesse d’agresser ; quand l’homme se sent le plus fort, il use (et jouit souvent) de sa domination. Des femmes sont violées, des biens enlevés. Des lois modernes tentent d’empêcher ses abus, mais ces abus sont toujours là.

 La Torah connaît l’homme. Elle connaît ses faiblesses. Elle demande que même en période de conflit, le soldat reste un homme, un être humain, un « mensh » dit-on en yiddish. Elle annonce au soldat de ne pas abuser de la belle captive, mais de canaliser en quelque sorte sa pulsion. « La Torah parle contre le mauvais penchant » enseigne Rachi. La Torah parle de la vie, elle est « enseignement de vie », même au moment de la guerre, dans ce temps de la mort.

Pourtant, les maîtres n’ont pu se contenter de cette lecture par trop réaliste. L’Eternel s’est révélé à l’homme non pour lui donner des consignes de guerre extérieure (même si cela est parfois nécessaire) mais surtout pour que l’homme parachève Sa création en passant du stade de « Adam » (terrien, terreux) au stade de « Ich », d’homme réalisé. Et pour que cette métamorphose morale et spirituelle puisse s’opérer, il n’y a d’autre voie que le combat : le combat contre soi-même.

 Ecoutons ces adages rabbiniques ! « Quel est le héros ? Celui qui dompte ses passions. » Ou bien « Quel est le héros ? Celui qui fait de son ennemi, un ami. »

 « Lorsque tu sortiras en guerre contre ton ennemi », cet ennemi, aux yeux du Midrash, est le yétser ara, le mauvais penchant.

 Il faut bien comprendre cette idée. Dieu nous a créés avec ce mauvais penchant, qui est au fond la conscience de soi, l’énergie du vivre, le Moi de chacun. Ce combat ne signifie donc pas destruction de cette conscience de soi, mais gestion de ce « désir de recevoir la vie »

 

Cette paracha est lue au mois d’éloul, au mois qui précède tichri.

Elle invite à ce combat permanent pour passer de l’égoïsme à l’altruisme, de l’avoir à l’être. Elle propose un autre bonheur qui n’est plus dans la domination des êtres et des choses, mais dans la capacité de sortir grandi de nos passions destructives.

C’est ce combat, long et parsemé de miroirs aux alouettes, qui ouvre sans aucun doute à la véritable rencontre avec Dieu.

Philippe HADDAD

 

 

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