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27 avril 2011 3 27 /04 /avril /2011 13:48

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La sainteté au quotidien

 La notion de sainteté est essentiellement religieuse. Le bouddhiste parle de sa Sainteté de Dalaï Lama, le catholique du saint Père. On ne dira pas de Zidane que c'est un saint homme pour avoir marquer des buts ; même Einstein qui fut à la fin de sa vie un partisan du pacifisme n'obtint pas ce qualificatif. La Sainteté, notion religieuse donc !

La Torah en fait l'un des thèmes majeurs du Lévitique, selon ce que nous lirons ce Shabbath : « Saints vous serez, car saint, Je suis l'Eternel votre Dieu. »

Deux remarques :

1- Le verset pose un parallélisme entre la sainteté demandé au peuple d’Israël et la sainteté de Dieu. Israël est invité à se sanctifier, car Dieu est saint.

2- Le verset ne demande pas au peuple Israël d'être saint « comme » Dieu est saint, mais « car » Dieu est saint.

Ces deux remarques nous paraissent importantes :

La sainteté de l'homme ne se confond pas avec la sainteté divine. Pour l'homme, la sainteté se situe dans un projet  « vous serez », il s'agit d'un futur permanent. L'homme se met en mouvement de sainteté, alors que Dieu EST saint.

Lorsque Isaïe (§ VI) fait sa première expérience prophétique, il entend les anges proclamer : « Saint, saint, saint, l'Eternel des armées… » / en hébreu, cela signifie le Dieu du cosmos.

Cette sainteté divine signifie la séparation radicale de Dieu par rapport au monde (ce qui s’oppose au panthéisme de Spinoza). Dieu ne s'identifie pas au monde, tel est l'enseignement ultime de la Création des Cieux et de la Terre.

La sainteté induit une séparation, dans le sens d'une élévation, dans le sens d'une rupture d'avec la nature ; à commencer par notre nature, notre instinct.

La première réaction serait celle d'un rejet radical du monde tel qu'il est. Pensons aux Esséniens cette secte juive, de l'époque du second Temple, qui coupa les ponts avec la cité judéenne, le plus souvent avec vœu de célibat. Pour les Esséniens, la sainteté s'entendait dans un sens extrême, radical, sans demi-mesure. Face à eux, il existait les Pharisiens, les Péroushim, littéralement « Séparés ».

Par ailleurs nous lisons dans les Pirkey Avoth, de la bouche de Hillel : Al tifrosh min hatsibour « Ne t'écarte pas de la communauté. »

Le Pharisien vivait dans la communauté, et non loin du monde. Comment ne pas se séparer de la communauté et vivre la séparation ? La réponse se trouve dans notre paracha. La sainteté, dont parle la Torah n'invite pas à une rupture totale, mais à introduire la volonté divine dans le monde, selon ce qu’expriment les versets d’après : respecter ses parents, laisser un coin pour le pauvre, aimer son prochain comme soi-même, aimer l’étranger comme soi-même, etc.

 

Etre saint, c’est vivre sa vie d’homme en se sachant partenaire de Dieu.

Ph. Haddad

 

 

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commentaires

J.D. 27/04/2011 22:10



Cette dernière phrase est bouleversante !... Vivre en partenariat avec D-ieu ! Quelle responsabilité ! Cela nous paraît presque trop... Parce que nous ne nous sentons pas à la hauteur de la tâche
? Erreur ! Il suffit peut-être "seulement" de "marcher avec D-ieu", comme Noé (par exemple...) qui fut digne de la mission de perpétuer le genre humain...


Partenaires : Responsabilité, Amour, Confiance !...


J.D.



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