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28 octobre 2010 4 28 /10 /octobre /2010 15:01

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Abraham et Nemrod

 

Quand Dieu se révèle à Abram (il ne s’appelle encore Abraham) au chapitre 15 de la Genèse, il lui : « Je suis le Dieu qui t’ai fait sortir de Ur en Chaldée ». Abraham n’est pas un hébreu d’origine mais un Chaldéen (un Irakien dirait-on aujourd’hui). Dieu n’est pas seulement le Créateur des Cieux et de la Terre, mais aussi le Libérateur : il fait sortir Abraham de Chaldée, comme plus tard Il fera sortir les enfants d’Israël du pays d’Egypte.

Dans une lecture midrachique Ur désigne une fournaise, Our en hébreu. Le Midrach présente le roi de Babel, Nemrod (qui veut dire « Rebelle ») jetant Abraham dans une fournaise ardente, mais grâce à l’intervention de l’ange Gabriel, le patriarche sort indemne de l’épreuve et part pour Canaan.

Le Midrach peut être entendu comme un conte… pour adulte ou comme une réflexion sur l’identité juive. Ici, comment comprendre la haine contre Abraham, contre Israël, contre les juifs, au point que l’acharnement a été jusqu’à détruire le corps de nos ancêtres ?

Les réponses sont multiples, méditons celle-ci : le peuple juif avec son Dieu unique n’est pas seulement porteur d’une religion, mais d’une morale religieuse.

Finalement pour se convertir aux autres religions il suffit d’adhérer à un crédo dogmatique. Pour le judaïsme, les conditions de foi sont secondaires par rapport à l’exercice d’une éthique de vie vécue au nom de Dieu.

En rejetant le peuple juif, les haineux veulent rejeter son Dieu, et l’exigeante morale qu’il réclame de tout homme pour qu’il assume pleinement son humanité de créature

Philippe HADDAD

 

 

Paracha Hayé Sarah : La prière

 

"Yitzhaq était sorti dans les champs pour prier, à l’approche du soir" (Berechith 24,63) N’avait-il pas une maison ou un autre endroit où prier ? En fait, il s'agit du champ qu’Abraham avait acquis près du caveau de Makhpela. Yitzhaq y respirait comme un parfum de paradis et y percevait la proximité de la Chekhina (Présence divine). Selon Rabbi Schim’on, ce fut donc vers le tombeau de sa mère que Yitzhaq alla pour se recueillir avant de prendre la plus importante décision de sa vie, celle de prendre femme.

Nos patriarches avaient spontanément découvert la nécessité et la puissance de la prière, dans les moments heureux comme au milieu des épreuves. Se basant sur la signification particulière des mots employés dans la Torah à propos des Patriarches, nos Sages en déduisent que les trois prières quotidiennes ont été instituées dès cette époque. Ainsi, la prière du matin, Chaharith, fut instituée par Abraham ainsi qu’il est dit (ib.22,3) : Et Abraham se leva de bon matin : sous-entendu, pour prier comme il avait l'habitude de le faire.

Yitzhaq institua la prière de Min'ha, comme le suggère le texte cité ci-dessus (ib.24,63). Quant à Yaakov, c’est le mot "il heurta l'endroit" expression de prière, qui fait de lui le père de la prière du soir, Maariv ou Arvith...

Rabbi Yéhouda Halévy considère que l’heure de la prière constitue pour l'homme pieux le noyau et le fruit de son temps, les autres moments de la journée n’étant que les chemins qui l’y conduisent. Le temps de la prière quotidienne est le fruit du jour et de la nuit, à l’image du Chabbath, fruit de la semaine. Cette disposition est à l'âme ce que le système nutritif est au corps : la bénédiction émanant de la prière se prolonge jusqu'au moment de la prière suivante, de même que les effets du repas de midi se prolongent jusqu’au repas du soir (Kouzari). La prière est une nécessité comme nourriture de l'âme, mais elle est aussi le canal par lequel l’âme se rattache à sa source. La prière conduit donc l'homme par degrés vers le lieu où se trouve la bénédiction. Nous avons la ferme conviction que l'homme n'est rien sans le soutien du souffle divin et de la protection divine. L'Eternel se délecte de la prière des justes, bien qu’il connaisse par avance les besoins de l'homme avant même qu'ils ne soient exprimés.

Toute la Bible est traversée par la prière, prière de reconnaissance, d'actions de grâces, de mortification, d'appel au secours du milieu de la détresse. La prière est libération de l'âme, explosion de joie, épanchement du cœur. A travers les mots exprimés, la prière est toujours une projection de soi vers l'extérieur. C'est pourquoi il est affirmé à juste titre, que les hommes de notre siècle ne savent plus prier, car ils sont incapables de libérer leur âme de la résignation paralysante du quotidien, de la lourde charge des soucis et du charme funeste du rationalisme et du progrès matérialiste. La prière est représentée par l'image de l'échelle de Jacob qui relie Terre au Ciel, avec tout ce que cette symbolique représente pour l'esprit humain.

                                                          Efficacité de la prière

Comment la prière peut-elle changer une situation, et faire passer de l'angoisse vers l'espérance ? Les exemples peuvent être cités à l'infini : des situations dramatiques, inextricables débouchent sur un ciel serein où l'homme retrouve espérance et joie de vivre. Jonas, dans le ventre du poisson, voit sa prière exaucée. Il est aussitôt rejeté sur la terre ferme. Hanna n'a pas d'enfants. Dans une prière poignante, elle demande un fils. Sa prière est entendue. Nos ancêtres en Egypte élèvent leur clameur vers le ciel du milieu de leur dure servitude. L'Eternel entend, se souvient de sa promesse et leur dépêche un libérateur.

Le mécanisme de la prière n'est pas simple. Il ne suffit pas de prier pour voir ses désirs réalisés. Parfois, les gens sont déçus de l'échec de leur prière, de son inanité à atteindre le but. On pense surtout aux malades. Leur prière ou celle de leurs proches leur apparaît vaine, puisqu'elle ne débouche pas toujours sur une guérison. Et quand l'issue est fatale, alors se manifeste un sentiment de révolte: à quoi notre prière a-t-elle servi ?

En fait, une prière est toujours utile. Dite du fond du cœur, elle engage tout son être et atteint toujours son but, celui que l'Eternel juge le meilleur pour nous.

Abraham a compris ainsi le sens de la prière. Rabbi Nahum Gamzou disait : "Tout ce qui nous arrive est pour le bien" Cette affirmation est à comprendre ainsi: "toute réponse de la part de l'Eternel, même si nous n'en saisissons pas le sens, est pour notre bien". Si Abraham a triomphé de toutes les épreuves, c'est parce qu'il avait une foi inconditionnelle en la bonté de l'Eternel. La prière part également de ce principe. Elle porte devant l'Eternel notre problème, notre interrogation, et notre angoisse ou alors notre joie et notre satisfaction. A l'image de l'échelle de Jacob sur laquelle montaient et descendaient des anges, nos paroles de prières relient la terre au ciel, portent nos préoccupations devant D. et nous rapportent la réponse divine. D'après les noms qu’elle porte, la prière exprime l'idée d’une remise en question, d'un dialogue ou d'une rencontre avec l'Eternel (Lassouah, vayifga) ou encore d'une tension, d'une aspiration profonde et urgente (vayachkem).

La prière est en définitive un exercice difficile. Les anciens Hassidims se préparaient longuement à la prière, avant d'épancher leur cœur devant le Saint béni soit-Il. En tout cas, la prière véritable est celle dont on sort transformé. La prière élève l’âme et confère la sérénité au cœur. L'homme après la prière authentique n'est plus le même qu'auparavant.

                                                                                                     Grand Rabbin Jacques Ouaknin.

 

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commentaires

martine 31/10/2010 11:44



En rejetant le peuple juif, les haineux veulent rejeter son Dieu, et l’exigeante morale qu’il réclame de tout homme pour qu’il assume pleinement son humanité de créature


Merci ! C’est juste et tellement révélateur de problème des hommes de notre temps qui refusent d'assumer leur humanité.......  Et préfèrent s'enfermer dans leurs idées de
l’homme, leurs philosophies de la créature. Le fondement de l'homme est "responsabilité et service" qu'as tu fais de ton frère ???? Caïn tua Abel  alors D.ieu donna Seth celui qui porte, ou
supporte ! L'homme doit être responsable et porter, supporter  sa faute mais aussi celle de l'humanité pour qu'elle soit « enlevée effacée pardonnée...... »Je vois  la
prêtrise d'Israël pour l'humanité appelant le Messie pour l’accomplissement de ce service. Shalom


 



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