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23 août 2012 4 23 /08 /août /2012 15:26

choftim

 « Tu institueras des juges et des policiers dans toutes tes villes » (Devarim 16, 18)

Il y a lieu de comprendre ce que la Torah nous apporte ici de nouveau : il est clair et évident que tout état, pour fonctionner correctement, doit comporter des juges et des policiers pour faire régner l’ordre, et que tous les habitants doivent se plier aux lois et aux règles du pays. Comme l’a dit le Tanna (Avot 3, 2) : « Veillez à maintenir la paix dans le royaume, car sans la crainte de ce dernier, les hommes s’entretueraient. » Ainsi, la logique implique obligatoirement l’institution de juges et de policiers : pourquoi donc la Torah a-t-elle jugé nécessaire de l’ordonner ?

Il me semble que la Torah nous met ici en garde contre notre mauvais penchant. Elle nous demande de fixer des juges et des policiers pour nous-mêmes, pour nous éviter de suivre le conseil de notre yetser hara. En effet, si nous ne plaçons pas de juges pour nos désirs et n’inhibons pas nos plaisirs, nous risquons de nous laisser entraîner par le courant des envies et de tomber au fond de l’abîme.

En effet, le mauvais penchant nous entraîne par la ruse dans le mauvais chemin et introduit en nous le sentiment qu’il n’y a pas lieu de s’inquiéter ni de crainte à avoir. Usant de paroles doucereuses, il nous conduit de manière imperceptible à notre perte. Puis lorsque nous émergeons de notre torpeur et voulons nous repentir, il est déjà trop tard : nous sommes déjà enfoncés dans le monde matériel, submergés de désirs dont il nous est difficile de nous séparer. C’est pourquoi la Torah demande « Tu institueras des juges et des policiers » : ils veilleront sur nous et nous aideront à garder la lucidité afin de ne pas tomber dans les filets du yetser hara et de ses stratagèmes.

A présent, nous pouvons également expliquer le verset (ibid. 17, 15) « Tu te donneras certainement un roi. » La sainte Torah est appelée « roi », elle est la couronne de la Création. Hachem exige que la Torah éclaire nos pas : elle devra nous guider dans toutes nos voies, être notre roi et notre gouverneur. Pour cela, il nous faut placer des juges et des policiers et ne pas laisser le mauvais penchant nous approcher. Voici l’interprétation proposée par Rabbi ‘Haïm Vital sur le verset « Tu institueras des juges et des policiers dans toutes tes villes » : « Nous disposons de plusieurs portes ouvertes sur le monde ; celle de la vue qui correspond aux yeux, celle de l’odorat qui correspond au nez, celle de l’ouïe qui correspond aux oreilles et celle de la parole qui correspond à la bouche. Nous devons verrouiller ces portes-là, en y plaçant des « juges et des policiers ». Il nous faut poser des barrières à chacune de nos entrées : que nos yeux ne voient pas de scènes interdites, que nos oreilles n’entendent pas des paroles de colportage et de médisance, que notre nez ne sente pas des  parfums de débauche, et que notre bouche ne profère pas de propos interdits et légers. Enfin, nous devrons surveiller tous nos actes et n’aller à aucun endroit qui puisse entraîner une transgression. Quiconque agit ainsi et place des juges et des policiers pour préserver tous ses membres de la faute sera concerné par le verset « Ouvrez les portes et que vienne un peuple juste. » D. agira mesure pour mesure avec l’homme : tout comme ce dernier a placé des policiers pour contrôler ses entrées, Hachem lui ouvrira les portes du Ciel, les 310 mondes. »

Nous devons également placer des policiers face à nos mauvaises midot afin de ne pas nous enorgueillir ni nous sentir supérieurs, car l’orgueil est honni de D. D’ailleurs, quiconque agit avec suffisance n’est pas accepté parmi les autres, et même ses plus proches ne l’apprécient pas. Il s’agit d’un grand principe dans le domaine de la paix conjugale : si l’homme se sent fier et au-dessus de sa femme, s’il se considère comme un supérieur à qui tout le monde doit obéir, il détériore la paix de son foyer et détruit sa propre personne. Mais s’il a la sagesse de se comporter avec humilité avec son épouse et de lui pardonner même quand elle le blesse, il établit sa demeure et construit sa résidence. Dans ce dernier cas, D. aussi est content et S’installe parmi eux, comme il est dit (Sota 17a) : « Si un homme et une femme sont méritants, la présence divine réside parmi eux et le nom de D. ‘youd-hé’ réside en leur sein. » A ce sujet, au mariage de mon cher fils Rabbi Moché Aharon, j’ai trouvé la réponse à une question que je me posais. Lorsque nous avons récité la bénédiction « dans le palais duquel réside la joie », je me suis demandé : pourquoi se réjouit-on dans le Ciel lorsque quelqu’un se marie ? Pour quelle raison la joie réside-t-elle alors dans la demeure de D. ? Je pense pouvoir répondre qu’il y a réellement de quoi se réjouir : en effet, la nature humaine incite à vouloir gouverner et dominer les autres. Or au moment d’un mariage, lorsque l’homme déclare à sa femme « Voici, tu m’es consacrée par cette bague », elle devient immédiatement soumise à son mari, rentre sous sa protection et lui appartient. A ce moment précis, elle devient interdite à tous les autres hommes pour ne plus appartenir qu’à son mari : il n’existe pas de plus grande soumission et de plus important don de soi que cela. En effet, elle s’annule et se soumet à son époux. De même, lorsque le marié brise le verre et dit « Si je t’oublie, Jérusalem, que ma droite m’oublie », il se souvient de la destruction du Temple causée par la haine gratuite et en tire l’enseignement suivant : s’il veut préserver l’intégrité de son foyer afin qu’il ne soit jamais détruit, il doit adopter envers sa femme une conduite humble et modeste, et s’éloigner de l’orgueil et de la haine. Même s’il arrive qu’elle le blesse, il doit s’efforcer de rester humble, de céder, de pardonner, de se dépasser et de ne garder ni rancune ni haine. Lorsque dans le Ciel on constate que l’un cède devant l’autre, que les deux font des concessions et acceptent de vivre dans l’amour, la fraternité, la paix et l’amitié, une grande joie naît dans les cieux et se multiplie dans les mondes supérieurs... car la paix est essentielle pour D. C’est pourquoi lors d’une ‘houpa on récite la bénédiction « dans le palais duquel réside la joie ».

Rabbi David Hanania Pinto Chelita

 

 

Haftarath paracha Choftim –

 L’annonciateur de bonnes nouvelles

«  Combien sont beaux sur les montagnes les pieds de l’annonciateur, le héraut de la paix, l’annonciateur de bonnes nouvelles, le héraut du salut, celui qui dit à Sion : Ton Dieu est roi ! » (Isaïe 51, 7).

Pour expliquer ce verset, Malbim se réfère à un autre passage du livre d’Isaïe, que nous avons lu dans la haftara de la parachath Waeth‘hanan  : « Sur une haute montagne, monte, toi, annonciatrice de Sion, élève avec force ta voix, annonciatrice de Jérusalem, élève, ne frémis pas, dis aux villes de Juda : “Voici votre Dieu !” » (40, 9).

L’annonciateur de bonnes nouvelles, pour être mieux entendu, commencera par se poster au sommet d’une montagne. Son premier message sera celui de la paix, de celle que l’on conclura avec l’ennemi. Puis il annoncera le bien, ce bien suprême que sera la construction du Sanctuaire et la restauration de la dynastie de David « quand Hachem retournera à Sion » (51, 8). Il nous fera ensuite l’annonce du salut, du rassemblement des exilés auquel fait allusion le verset 9. Et enfin « il dira à Sion : “Ton Dieu est roi !” », préfigurant ainsi la révélation du règne divin sur toute la terre et auprès de tous les peuples, lorsque «  Hachem mettra à nu le bras de Sa sainteté aux yeux de toutes les nations ; et tous les bouts de la terre verront le salut de notre Dieu » (51, 10).

 

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