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2 février 2012 4 02 /02 /février /2012 09:42

Bechallah

Peu après avoir laissé les Enfants d’Israël quitter l’Égypte, Pharaon les pourchasse pour les forcer à revenir et les Israélites se retrouvent pris au piège entre les armées égyptiennes et la mer. D.ieu ordonne à Moïse d’élever son bâton au-dessus des eaux. La mer s’ouvre pour laisser passer les Israélites et se referme sur les poursuivants égyptiens. Moïse et les Enfants d'Israël entonnent un cantique de louanges et de reconnaissance à D.ieu.

Dans le désert, le peuple souffre de soif et de faim et se plaint à plusieurs reprises auprès de Moïse et d’Aharon. D.ieu adoucit miraculeusement les eaux amères de Marah, et, plus tard, fait couler de l’eau d’un rocher en demandant à Moïse de le frapper avec son bâton. Il fait tomber de la manne chaque matin avant l’aube et des cailles apparaissent dans le camp hébreu chaque soir.

Il est commandé aux Enfants d’Israël de récolter une double portion de manne chaque vendredi, car celle-ci ne tombera pas le Chabbat, le jour de repos décrété par D.ieu. Certains désobéissent et partent récolter de la manne le septième jour, mais ne trouvent rien. Aharon préserve une petite quantité de manne dans une jarre, en témoignage pour les générations futures.

À Réfidim, les Enfants d’Israël sont attaqués par les Amalécites, qui sont vaincus par les prières de Moïse et une armée levée par Yéhochoua.

 

 

 

Tou bichvaT, la fête sioniste des kabbalistes

 

Tou bichvath est mentionné dans la Mishna Roch Hashana comme « le nouvel an des arbres ». Une discussion entre Hillel et Shamaï aboutit à la conclusion que ce Roch Hachana sera commémoré le 15 du mois de chvath. Non, nous ne sommes pas dans Alice au pays des merveilles, mais pour la tradition juive, les arbres ont aussi leur Roch Hashana comme les humains. Si l'homme est jugé le 1er tichri, sa nourriture originelle, le fruit, le sera quel mois plus tard. Bien entendu dans la Mishna, ce Tou bichvath s'entendait comme un jour lié à la terre d'Israël et aux mitsvoth qui lui étaient liées (dîmes, et autres).

 

Pourtant, à l'époque où la Mishna fut rédigée, ces mitsvoth avaient été réduites à une peau de chagrin (c'est le cas de le dire), puisque le Temple et Jérusalem avaient été détruits, et que l'empire romain imposait sa totale puissance sur les Juifs, rescapés de la catastrophe.

La nostalgie du retour fut incontestablement l'un des moteurs de la survie du peuple juif dans l'exil. Un jour Dieu se souviendrait de son peuple, comme des Hébreux en Egypte, Il enverrait un nouveau Moïse pour poser un terme à cette dispersion.

Certains maitres, plus que d'autres, furent sensibles aux signes de l'Histoire. Ce furent les kabbalistes. Déjà Juda Halévy dans son Kouzari fait de l'historiosophie juive une preuve de l'existence de Dieu : Israël devenait le cœur (au sens organique du terme) de l'histoire universelle ; l’exil et le retour représentaient les battements de ce cœur qui bat. Israël en exil transportait la Shékhina, la Présence divine dans ses malheurs. Ce malheur trouva l'un de ses points d'orgue dans l'Inquisition et l'expulsion des Juifs en 1492.

A cette époque la Kabbale avait élaboré ses idées maîtresses. Cette expulsion, devenait pour les mystiques le signe du retour. Les « étincelles de sainteté » (nétsoutsoth hakédousha) aspiraient à retourner à leur source. Langage hermétique sans doute qui signifiait concrètement retour en Israël (Palestine à l'époque). Jérusalem, depuis 70 et depuis les terribles Croisades, était interdit aux fils de notre peuple.

Mais cette domination ne put diminuer l'espérance dans le retour à une souveraineté juive sur le pays des ancêtres. De l’Espagne ingrate, quelques maîtres et leurs disciples partirent pour la terre des promesses. Jérusalem fermé, ils se dirigèrent vers Safed (Tsfat) en Galilée, là où quelques siècles auparavant, le Talmud de Jérusalem avait vu le jour.

Il n’est pas faux de parler d’un authentique esprit sioniste. Ces mystiques (Rabbi Moshé Cordovéro, Rabbi Yossef Caro, Rabbi Chlomo Elkabetz, Rabbi Isaac Louria Ashkénazi, …) avaient vu dans l’expulsion d’Espagne, le doigt de Dieu, et ce « doigt » faisait le signe du retour. [Ci-dessous la ville de Safed]

Il fallait trouver une fête à caractère religieux (le sioniste laïque ou socialiste était inconcevable à l’époque) qui soulignerait cet esprit de retour, cet attachement à la terre d’Israël. Ce fut Tou bichvath qui fut élu, « jour de l’Indépendance ». Manger les fruits du pays (blé, orge, le raisin, la grenade, la figue, la datte, l’olive) en récitant la bénédiction idoine, planter des arbres sur le sol ancestral, autant d’actes qui prenaient un caractère cosmique.

Nous devons être reconnaissants à ces maîtres d’avoir donné une telle ampleur, qui dans les textes talmudiques ne représentaient qu’une date dans le calendrier. La « date » devint « datte »…

 

Philippe Haddad

 

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