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27 mai 2010 4 27 /05 /mai /2010 10:05

menoraoliv

 

La ménorah pour éclairer le visage

 Je proposerai cette semaine un enseignement glané chez Rabbi Nahman de Braslaw (1772 - 1811, un grand mystique du monde hassidique, qui fut à l'origine du mouvement Braslaw. Vus de loin, les Braslawer se distinguent par le chapeau noir (comme les Bretons), par leurs papillotes (comme les Anglaises), par leurs redingotes sombres (comme l'aristocratie polonaise du XVIIIème siècle). Pour beaucoup de Juifs aujourd'hui, ce monde semble étranger, voire étrange, même extrémiste.

Nous poserons que l'extrémisme commence par la violence physique, l'atteinte au corps, violence qui traduit un discours haineux exprimant la négation de l'autre. Tant que ces conditions ne sont pas remplies, alors nous restons dans l'humain, pourquoi pas dans l'exotisme ?

Après tout, quelle différence entre un hassid genre "Rabbi Jacob" et un Rasta de Jamaïque, genre "Bob Marley", ne sont-ils pas aussi "étonnants" pour notre culture occidentale ? Certes, le signe "Rabbi Jacob" est plus surligné, dans un univers christiano-musulman pour des raisons historiques, d'antijudaïsme et d'antisémitisme. Mais pour un extraterrestre, l'un et l'autre exprimeront des couleurs culturelles.

Je me souviens de cette enseignement d’un rabbin, à la belle barbe blanche qui lorsqu'il alla témoigner du judaïsme dans une école brésilienne fut accueilli par « Petit papa Noël » (je tiens l'info de sa bouche).

Ce petit laïus posé, revenons à notre Rabbi Nahman qui fut, par ailleurs, un personnage hors norme. Dans l'un de ses enseignements, il parle de la ménorah, le chandelier à sept branches. Mais partant du principe que le véritable temple de l'Eternel n'est pas extérieur à l'homme, mais intérieur à lui-même, il cherche ce chandelier dans le corps humain.

 Ce principe trouve sa source dans cette interprétation du verset biblique :

« Ils (les enfants d'Israël) me feront pas sanctuaire, et Je résiderai au milieu d'eux. » (Ex XXV, 8) Il n'est pas écrit au milieu de lui (du sanctuaire), mais au milieu d'eux, c'est-à-dire dans le cœur de chacun d'eux. »[1]

Il le trouve dans les sept orifices du visage : deux oreilles, deux yeux, deux nez et une bouche. Un(e) artiste pourrait alors représenter un chandelier sur un visage.

A partir de cet enseignement, nous pouvons proposer une lecture de type éthique de notre verset introductif, puisqu'il est question de ménorah, du chandelier à sept branches. Les sens du visage (quatre sur cinq) permettent de recevoir les informations du monde. D'un point de vue religieux, ils n'ont d'autre finalité que de survivre pour servir Dieu (cf.. Huit chapitres de Maïmonide, début du chapitre 5). Toute utilisation de nos sens à des fins malveillantes (entendre la médisance, jouir de la vision du mal, médire, maudire, etc..) est une négation de notre projet humain, confié par le Créateur à Adam et à ses descendants.

Celui ou celle qui aurait évacué, autant que faire se peut, ces conduites qui détruisent le lien social, et dans une certaine mesure l'humanité de l'homme, trouverait son chandelier personnel brillant en dignité. Le feu brûle, mais il peut éclairer aussi.

L'idée que l'homme est lui-même un feu (ech) n'est pas étrangère à la pensée biblique. L'homme est un ich, la femme une ichah. La racine peut être ici ECH = FEU, une énergie.

L’Homme comme être passionnel. Le youd qui se trouve dans le mot ich et le hé dans le mot ichah constituent deux lettres du nom divin.

Faire briller son candélabre, c'est révéler Dieu dans existence. Au plan de la foi, notre rôle serait alors d'être un Temple mobile pour la gloire divine.

 

Philippe HADDAD

 

 

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commentaires

Jacqueline D. 27/05/2010 19:44



Ce texte, d'une grande richesse, nous rappelle, me semble-t-il, ce que nous ignorons ou oublions trop souvent : le grand honneur qui nous est fait par notre D.ieu, de venir faire sa
demeure en nous.


Nous devenons "Temple",  nous sommes "Lumière" ! Comment pouvons-nous oublier cela ?


Bien sûr, D.ieu ne s'impose pas, Il est la brise légère, le murmure, la douce lumière de la ménorah... MAIS IL EST LA VIE ET CETTE VIE NE PEUT RESTER CACHEE : elle sourit sur nos visages pour
éclairer d'autres visages, elle illumine les regards, elle révèle le Créateur à qui ne le connaît pas...


Alors nous disons "MERCI" à notre D.ieu et nous sommes dans la joie parce qu'Il a bien voulu que nous soyons de petites flammes qui éclairent de Sa Lumière !


Amical Shabbat Shalom à tous.


J.D.



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