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27 février 2013 3 27 /02 /février /2013 11:24

Ki Tissa

La paracha Ki Tissa relate l'épisode du veau d'or.

Parallèlement à ceci, la haftara nous rapporte l'action d'Eliahou Hanavi (le prophète Eli) à l'encontre des juifs qui se rapprochaient du culte idolâtre de Baal.

Il rassembla les prophètes de Baal et tous les juifs et leur dit : "Ad matay atem pes'him al chetei haseifim ?" ce qui signifie : "Jusqu'à quand sauterez-vous entre deux partis?" Paradoxalement, il leur reproche ici leur hésitation, et non leur engagement dans la voie de l'idolâtrie.

Essayons donc de comprendre la différence qui existe entre ces deux attitudes.

L'origine de l'idolâtrie provient de l'erreur des hommes à l'époque d'Enoch, qui pensèrent qu'il était positif d'adorer les intermédiaires de la création, comme le soleil ou la lune, par rapport au fait que D-ieu les honore en leur  accordant un rôle bénéfique pour l'humanité. Plus tard cette idée s'est généralisée, et les hommes ont fabriqué des idoles en les imaginant dotées de pouvoirs bénéfiques ou maléfiques. Servir l'idole avait pour but de s'attirer des influences positives. Nous comprenons de ceci que l'idolâtrie est motivée par un intérêt personnel.

Contrairement à ceci, le service de D-ieu n'a pas pour seul but la satisfaction de ses besoins propres. La soumission à D-ieu permet de s'attacher à Lui du profond de son cœur, de manière désintéressée.

Il est donc concevable que les juifs aient pu passer d'un culte à l'autre, même sans conviction permanente envers le culte idolâtre. Ils servaient Baal de temps en temps dans l'espoir d'améliorer leur condition de vie, tout en servant D-ieu parallèlement.

Pour autant, il s'agit bien là d'idolâtrie, qui est la transgression la plus grave de la Torah. Ceci est l'attitude hésitante. L'attitude de l'engagement dans l'idolâtrie est par contre de considérer sincèrement, avec conviction, que le service de l'idole ne peut que lui apporter les bénédictions matérielles dont il a besoin.

Ceci est à priori plus grave, puisqu'il provoque une relation permanente avec la faute. Et pourtant, c'est contre l'attitude hésitante que s'est insurgé le prophète. Et de fait, c'est l'attitude qui parait la plus éloignée du service de D-ieu qui l'est potentiellement le moins. Car alors que l'"engage" peut facilement revenir de son erreur et faire techouva, par la simple prise de conscience de cette erreur, ce n'est pas le cas de l'"hésitant". Celui-ci se dira au contraire qu'il ne s'est en fait jamais écarté de la croyance en D-ieu, et il lui sera donc très difficile de parvenir à une techouva entière. De même, en associant la divinité et l'idolâtrie, il mélange entièrement les valeurs et se sépare de toute recherche du spirituel.

Sa techouva ne serait donc dictée que par la recherche de la satisfaction de ses besoins, et ne serait donc pas sincère. De même, celui dont l'attitude est mitigée peut entrainer d'autres juifs à le suivre, par cela qu'il ne se sépare pas de la croyance en D-ieu. Et entrainer l'autre à la faute est une des attitudes les plus fortement condamnées par la Torah.

La Guemara explique que le yetser hara (penchant au mal) incitant à servir les idoles a été affaibli. Cependant, ce même type de comportement peut être vécu dans notre vie de tous les jours.

Il est possible aujourd'hui de mettre de coté, même parfois provisoirement, pour quelques jours, certaines règles de la vie juive, dans le but d'acquérir de l'argent ou l'honneur que l'on pense mériter. Ceci, certes, va a l'encontre de la confiance en D-ieu, et remet en cause l'origine divine de toutes les bénédictions. Mais particulièrement, ceci rejoint ce qui a été dit par rapport a notre haftara, tous les problèmes lies a la techouva sur une conduite mitigée, la perte de spiritualité et le fait d'entrainer d'autres personnes a fauter.

Ceci est particulièrement vrai lorsque l'on construit des raisonnements afin de se donner bonne conscience.

La solution nous est donnée dans la suite de notre haftara. Tout le peuple s'est écrié : "Ha-chem hou Haelokim, Ha-chem hou haelokim";"Ha-chem est le D-ieu, Ha-chem est le d-ieu".

Le fait d'avoir répété deux fois cette parole est une indication sur l'intensité de la techouva qu'ils ont mis en œuvre à ce moment.

Il existe une "lumière" collective à tout le peuple juif. Une techouva intense peut, par le biais de cette lumière, avoir un effet même sur d'autres personnes, et ainsi également sur des personnes qui ont été entrainées à fauter, et provoquer leur propre techouva.

 

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