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30 juillet 2009 4 30 /07 /juillet /2009 09:03

TICHA BEAV : ENSEMBLE POUR TOUJOURS

 

Si les deux premiers Temples ont été détruits, et que le troisième n’a pas encore été construit, c’est que nous devons réfléchir à notre action pour en provoquer l’édification. Et ce travail nous apportera le bonheur, chassant la haine de notre cœur…

 

Le Talmud (Taanith 26b) nous apprend que la date du 9 av commémore cinq événements dramatiques de l’histoire du peuple juif : l’épisode tristement célèbre des explorateurs, qui entraîna le décret par lequel les Juifs ne purent entrer en Erets Israël ; la prise de la ville de Bétar, grande ville de Torah de l’époque, dont tous les habitants furent assassinés ; l’anéantissement de Jérusalem, qui fut rasée, ses assaillants ne laissant qu’un terrain labouré ; la destruction des premier et second Temples.

 

Nos Sages (Yoma 9b), soulignent une différence dans les raisons qui ont causé les destructions successives des Temples. Le premier Temple fut rasé parce que les Juifs avaient commis les trois pêchés capitaux : l’idolâtrie, les relations interdites et le meurtre (avoda zara, gilouï arayot, chefi’houth damime).

 

Les trois pêchés capitaux

 

Ces trois pêchés capitaux se caractérisent par le fait que, même sous la menace, un Juif doit préférer perdre la vie plutôt que de commettre ces délits. A l’époque du Temple, les hommes avaient fauté de manière volontaire, sans pression extérieure, aggravant ainsi leur faute.

 

Le Maharal de Prague, dans Netsa’h Israël (chapitre 4), explique que la caractéristique du premier Temple était d’abriter la Présence divine (che’hina). Les trois pêchés capitaux, pour leur part, représentent l’impureté (touma) : ils ont littéralement chassé la présence de D.ieu de l’enceinte du Temple.

 

Nos Sages poursuivent en expliquant que la destruction du second Temple était due, quant à elle, à la haine gratuite (sinat ‘hinam). Notons que si la haine gratuite a pu causer le même désastre que les trois pêchés capitaux, c’est que la haine entre deux Juifs est aussi grave que l’idolâtrie, l’adultère, et le meurtre réunis. Le Maharal (idem) explique que la dimension qui fut dégradée à l’époque du deuxième Temple, fut la notion d’unicité. Car le Temple était le lieu de la réunion d’un peuple uni dans un objectif commun : révérer son Créateur. En effet, il y avait un seul Cohen Gadol, un seul Autel (misbéa’h), un seul Temple, un seul peuple pour un seul D.ieu.

 

Pendant la conquête d’Israël par Yéochoua, la Torah permettait la construction d’Autels « particuliers » (héter habamoth). Mais lorsque le Temple fut érigé, il devint le lieu unique des sacrifices (Zeva’him 112b).

 

L’amour chasse la haine

 

Cependant, en ressentant de la haine gratuite envers leurs frères, les Bné Israël foulèrent du pied ce qui était incarné par le Temple. Le Temple ne pouvait réunir que des personnes qui souhaitaient se rassembler. Mais lorsqu’on ressent de la haine les uns pour les autres, le Temple n’a plus de raison d’être.

« Toute génération qui ne peut jouir de la reconstruction du Temple, doit considérer qu’il a été détruit de son temps » (Sefer haz’hout p.61). Selon cet enseignement de nos Sages, nous n’avons pas le droit de considérer nos ancêtres, contemporains de la destruction du Temple, comme coupables, nous considérant nous-mêmes comme « non-concernés » par cet événement. Le Temple n’est pas reconstruit de nos jours : cela a la même signification que s’il avait été détruit de nos jours. Toute génération qui ne provoque pas cette reconstruction est considérée comme responsable.

 

Pour espérer faire la réparation du second Temple et amener la venue du Machia’h bimhéra beyaménou, nous avons l’obligation de travailler sur les points qui ont causé sa destruction : chercher à se rassembler autour d’un seul Cohen, autour d’un seul Autel, pour une même cause. Peut-être faut-il voir, dans les événements qui, tout au long de notre histoire et encore aujourd’hui, arrivent à l’approche du 9 av, l’occasion de se sensibiliser tous ensemble ; de redéfinir nos priorités ; de retrouver le sens de l’essentiel ; et de se sentir un peuple uni lorsque les Juifs sont touchés en Israël et en diaspora.

 

Noter unité amènera, nous l’espérons, la réparation (tikoun) de la haine gratuite (sinath ‘hinam). En travaillant sur l’amour et le respect, nous parviendrons à éradiquer les mauvais sentiments que nous ressentons. Le 9 av, en dehors de sa connotation de recueillement, est aussi la date de naissance du Messie. Il apporte l’espoir que le peuple juif pourra se rassembler autour d’un même lieu pour recevoir la présence divine. C’est notre vocation et notre raison d’être : s’unir pour accomplir la volonté de Dieu.

 

Chabbat Chalom

 

 

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