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2 juillet 2009 4 02 /07 /juillet /2009 14:41

HOUKAT - BALAK

 

Cette semaine, nous lisons deux parachioth : Houkat et Balak. Sous un certain angle, elles sont « antinomiques ». L’amour de la vie contre l’amour de la haine.

 

Se purifier, c’est choisir la vie :

 

La première traite des lois de la vache rousse, prescription qui n’est plus appliquée depuis la destruction du Temple (comme pratiquement toutes les lois concernant la pureté et l’impureté). Retenons que la Torah propose des rituels de purification, c’est-à-dire des cérémonials pour se couper de la mort, et pour choisir la vie.

 

La Torah est obsédée par la vie, par l’existence ici-bas, comme seul espace du service de Dieu (avodat Hahem). « Une heure de téchouva-repentir- et de bonnes actions vaut tout le monde à venir » enseignent les Pirkey Avoth. On ne peut plus clair.

 

Comprenons que l’impureté ne renvoie pas à une quelconque salissure ou souillure physiologique, mais à une notion purement religieuse liée à l’expérience de la mort. La mort est une réalité, une certitude humaine. Elle signifie la fin des projets, la fin des informations, transmises ou reçues. L’existentialisme biblique nous oblige, à travers les mitsvoth, à choisir la vie. Un Cohen qui normalement n’avait pas le droit d’entrer en contact avec un mort (entrer dans un cimetière, par exemple), devait préparer les cendres de la vache rousse, et réaliser le rituel de purification. Le Cohen devait donc se rendre impur pour purifier l’impur. Belle idée de solidarité humaine n’est-ce pas !

 

 

 

Maudire, dire le mal :

 

Dans la seconde paracha, nous lisons l’épisode de Bilam, le devin (kossem). Il apparaît comme un professionnel de la médisance. On le paie cher pour qu’il maudisse. Maudire = Dire le mal ; Bénir = Dire le bien. Son but : détruire par les mots. Faire jouir son auditoire de paroles fielleuses, venimeuses et haineuses. Dieu l’en empêchera, mais l’intention demeurera.

 

En ce sens, les deux parachioth (sidroth) sont antithétiques. Pendant qu’Israël s’occupe à purifier l’impur, à redistiller de la vie, là où se trouve la mort, Bilaam injecte du poison dans les corps vivants.

 

Un texte qui nous parle encore :

 

Sur le plan symbolique, cet enseignement nous parle encore. Nous sommes une génération sortie des cendres d’Auschwitz. Et si Hitler n’avait pas été défait, nous et nos enfants et petits enfants, nous aurions été les esclaves de sa folie barbare et meurtrière. Avec l’Etat d’Israël, le peuple juif a voulu renouer avec la vie. Que nous vivions en Israël ou en diaspora ne change rien, car nous sentons bien, intimement, que notre destin en tant que peuple ou communauté est lié à cet Etat, par delà les clivages politiques. Face à ce projet, qui appelle évidemment pour nous une redécouverte de la dimension profonde de la judéité, des Bilam se lèvent, orateurs haineux, pourvoyeurs de propagandes.

 

L’histoire d’aujourd’hui ressemble à celle d’hier, nous pouvons alors penser que les espérances d’hier deviendront les réalités de demain. Avec l’aide de Dieu…

 

Philippe HADDAD

 

 

 

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