Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
23 avril 2009 4 23 /04 /avril /2009 09:45

TAZRIA METSORAH

 

Commentaire de la Torah :

Outre les lois de pureté concernant la femme dont il est question dans la première paracha, celle de TAZRIA, où l’on nous parle également de la circoncision, la seconde paracha, celle de METSORAH, nous entretient de certaines maladies, telles que différentes sortes de lèpres, dont nous entendons encore parler de nos jours. De nos jours encore, et pour autant qu’il s’agisse de la même maladie, celle-ci n’a pas été totalement éradiquée dans certains pays d’Afrique. Nous sommes annuellement sollicités pour faire des dons destinés à soigner les personnes qui en sont frappées. Il convient en général de répondre favorablement à toutes les causes humanitaires qui nous sont présentées.

 

Pour en revenir à la question essentielle soulevée dans notre paracha relative au cas du lépreux, rappelons ici que le Talmud fait un jeu de mots à partir du vocabulaire employé. . Le terme "METSORA - lépreux", est lu comme s’il était écrit "MOTSI RA - faire sortir le mal". En effet, à l’époque de la Bible, ces maladies étaient considérées comme relevant de trois sortes de comportements mauvais, méritant châtiment de la part de D.ieu.

 

Tout d’abord, il y avait la "calomnie". Nous devons ainsi savoir que le mal causé par celui qui dit du mal de son prochain peut avoir des conséquences fâcheuses. Pour montrer à tous la méchanceté du calomniateur, la maladie que lui infligeait D.ieu était donc destinée à l’obliger durant un certain temps, à vivre à l’extérieur du camp, à l’écart de la communauté et de ses voisins habituels. Par cette sorte de punition, la Torah tenait à montrer combien peut être dangereux pour la société, l’individu qui se prête à la médisance.

 

On pourrait rapprocher cela de ce que nous connaissons de nos jours à propos de la désinformation, de la volonté de nuire, soit aux juifs individuellement, soit à l’Etat d’Israël, par des propos volontairement déformés ou pervers. Mais cela est également valable pour toutes sortes de propos diffamatoires pouvant discréditer une personne ou un groupe. Rappelons ici combien nos Maîtres ont tenu à nous mettre en garde contre le LACHONE HARAA. Ils disent en effet, que c’est bien la calomnie et la haine gratuite qui furent la cause de la destruction du second Temple. Même une quelconque forme de propagande ou de publicité mensongère pourrait à la limite s’apparenter à une sorte de calomnie que nos Sages tiennent à dénoncer. Aussi, en nous référant à l’époque biblique qui pourrait servir de référence, il faut savoir que le coupable, lorsqu’il était mis à l’écart, devait méditer sur les mauvais effets de sa conduite. De ce fait, il était contraint par son état d’impureté à se remettre en question pour parvenir à un total repentir de son comportement.

 

La seconde cause de lèpre pouvait être la conséquence de l’orgueil dont avait fait preuve un individu. Là encore, pareille attitude pouvait gêner l’entourage de celui qui se laissait aller à un tel excès. C’est notamment ce que dénonce le psalmiste en disant : "Des yeux hautains et un coeur enflé d’orgueil, je ne puis le supporter." (Psaumes CI, 5). Après l’éloignement dont faisait l’objet celui qui avait commis ce genre de faute, il lui fallait apporter en expiation deux pigeons, une branche de cèdre et de l’hysope. Le cèdre, par sa hauteur, symbolisait l’orgueil. Si l’homme s’était enorgueilli et dressé droit comme un cèdre, il devait se repentir et se sentir aussi petit que l’hysope. De nos jours encore, trop de personnes donnent l’impression de se croire à l’abri de toute forme de déracinement, du fait de leur fortune ou de leur situation privilégiée. Cela peut expliquer les difficultés que connaît notre société, liées aux conflits de classe dont nous sommes régulièrement témoins, tant au niveau des individus que des groupes sociaux.

 

Enfin, une dernière cause de lèpre pouvait être provoquée par la convoitise contre laquelle le Décalogue nous avait déjà mis en garde. Pour avoir manifesté un tel défaut, le coupable se voyait parfois contraint de démolir sa maison, frappée de décoloration, perdant ainsi une partie de sa fortune tout en étant signalé à l’attention des autres. Nous avons déjà dit plus haut que ces maladies ne semblent plus être actuelles. Et pourtant, malgré le décalage historique, les enseignements tirés de notre paracha devraient nous donner à réfléchir.

Car,les trois défauts que nous venons d’énumérer, la médisance, l’orgueil et la convoitise, restent des péchés ou des fautes qui nous guettent à chaque instant et que nous cessons de commettre. Nous devons donc lutter contre nous-mêmes, pour ne pas nous laisser dominer par ce genre de travers. Ils constituent une entrave à l’harmonie qui doit régner dans une société.

Rappelons-nous toujours, que la vie d’un juif doit être marquée par une volonté de perfectionnement, et que toute notre Loi n’a que ce seul but : nous faire prendre conscience de nos défauts et nous inciter à les surmonter pour mieux vivre en harmonie avec nos contemporains, ou du moins, ceux que nous côtoyons quotidiennement.

 

csicsic@aol.com

Partager cet article

Repost 0

commentaires

Présentation

  • : Le blog de Claude SICSIC
  • Le blog de Claude SICSIC
  • : La vie d'une communauté
  • Contact

Profil

  • Claude SICSIC
  • Responsable communautaire, j'ai souhaité créer, avec ce blog, le lien humain et amical qui nous fait tant défaut dans ce monde égoïste
  • Responsable communautaire, j'ai souhaité créer, avec ce blog, le lien humain et amical qui nous fait tant défaut dans ce monde égoïste

Recherche

Archives