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17 février 2009 2 17 /02 /février /2009 23:41



Le rab de Tlemcen

 

   Le Rabb Ehraïm Aln'Kaoua qui est inhumé à Tlemcen, est l'un des rabbins les plus prestigieux du judaïsme algérien. Par la noblesse de ses sentiments, l'étendue de son savoir, la fascination qu'il exerçait sur sa communauté, il a été considéré en son temps comme " la lumière d'Israël " et, après plusieurs siècles sa mémoire est toujours évoquée avec vénération. Quand on jurait  "Sur le rabb de Tlemcen!" c'était au dessus de tout.

     Né en 1359, à Tolède, Ephraïm Aln'Kaoua est le descendant d'une lignée de rabbins. Mais après la Reconquista, entretenues par l'Inquisition, des flambées d'antisémitisme contraignirent bien des juifs à la conversion ou à l'exil. En 1390 l'archidiacre du diocèse de Séville, lança l'ordre de démolir les synagogues. A Séville aussi, en 1391, une émeute populaire entraîna la mort de deux mille personnes. Le père du Rabb, Rabbi Israël, grand rabbin de Tolède, fut arrêté, jugé et brûlé vif. Pour échapper à la persécution, le Rabb Ephraïm abandonna l'Espagne et, par le Maroc et  Hanaïm, port où aboutissait la route de l'or et des esclaves mettant en relation le Soudan à Tlemcen, il arriva dans cette ville en 1391. La légende  précise que mourant de fatigue, un lion accepta de le prendre en croupe et deux serpents servirent de licol. Il acquit vite une réputation de médecin et de sage.

    Bien que présents dès le premier siècle avant notre ère, les Juifs de la région de Tlemcen n'avaient pas le droit de cité dans cette capitale des rois Beni-zeyâne. Ils devaient séjourner seulement en banlieue, à Agadir. La réputation du rab arriva jusqu'au sultan Abou Tachfine dont la fille se trouvait dans un état désespéré et qu'aucun médecin n'arrivait à guérir.  Le Rabb la guérit miraculeusement, et sollicita pour ses coreligionnaires la possibilité d'édifier la première synagogue d'El Khessaline et l'autorisation de séjour pour des juifs d'Espagne, de Majorque, du Maroc. La communauté juive s'installa alors et prospéra.

     Entouré de la vénération générale de la population de Tlemcen, après avoir répandu des marques de sagesse et de sainteté, le Rabb Ephraïm Aln'Kaoua s'éteignit en 1442 à quatre-vingt deux ans. Il repose en un lieu de rêve, prédestiné pour traverser l'éternité, au milieu des jardins où l'on ne peut entrer sans émotion, dans un silence à peine troublé par le piaillement des oiseaux. Au bout d'une allée bordée d'arbres, sur une longue pierre tombale blanchie à la chaux est gravée une vieille épitaphe en hébreu : " Ici repose celui qui fut notre orgueil, notre couronne, la lumière d'Israël, notre chef et maître, versé dans les choses divines, homme miraculeux, le Grand Rabbin Ephraïm Aln'Kaoua. Que son mérite nous protège ".



csicsic@aol.com   

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commentaires

maurice fisbein 18/02/2009 07:59

SOUVENIR....
tiré de quel livre ??
de quel auteur???

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