Mercredi 16 mai 2012 3 16 /05 /Mai /2012 10:28

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L'ANNEE DE LA CHEMITA (Année Sabbatique)

Dans la paracha, (section) de Behar, la Torah présente une des idées essentielles de la Torah, à savoir le principe de la chemita, l'année sabbatique.

Il est écrit dans le Lévitique (25/3) : "Six semaines tu ensemenceras ton champ, six années tu travailleras la vigne et tu récolteras le produit mais la septième année tu accorderas une année de chômage absolu à la terre, un Chabbat pour l'Eternel."

Pendant cette septième année la Torah nous interdit donc tout travail agricole.
Quelle peut-être notre appréciation rationnelle de ce commandement ?

Certains ont voulu se contenter de voir ici une loi d'intérêt agricole, afin de laisser la terre se reposer et se régénérer. S'il en était ainsi, pourquoi la Torah aurait imposé à tous les agriculteurs de laisser leur champs en friche exactement en même temps ce qui fera certainement perdre à l'économie plus de ce que la terre gagne en repos...

Une idée maîtresse qu'on trouve chez beaucoup de commentaires est le fait que la Torah interdit au propriétaire du champ de labourer son propre terrain pendant toute une année, lui rappelant ainsi qu'il n'est pas vraiment le patron absolu mais qu'il y a une puissance suprême à laquelle il est, lui même, soumis.

Ainsi, de la même façon que celui qui observe le Chabbat proclame sa foi en D. qui a créé le ciel et la terre en six jours et S'est "reposé" le septième jour ; de même, celui qui s'abstient de travailler son champ la septième année proclame par ce repos que la terre appartient à D.

Cependant, on entend souvent des gens poser la question : "Pourquoi doit on faire les mitsvoth ? Est-ce que, vraiment, celui qui va laisser son champ en friche pendant un an croira plus en D; que celui qui l'aura travaillé ?"

C'est que l'homme doit aspirer à sentir la présence divine en permanence et surtout concrètement. Et un des aspects des mitsvoth est justement à permettre de l'individu de rendre possible la perception la proximité de D.

La Michna nous enseigne dans les Maximes des Pères (2/1) "Regarde trois choses et tu ne tomberas pas dans le péché : sache qu'il y a au dessus de toi un oeil qui voit tout, une oreille qui entend tout et n'oublie pas que toutes tes actions sont inscrites dans le livre."

L'homme qui vit avec cette conscience ne fautera point. Celui qui accomplit les mitsvoth d'une façon suivie, sachant qu'il les fait pour D. se trouvera dans une relation permanente avec Lui.
Rav Moché Isserlis, dit le "Rema", coauteur du Choul'han Arouh, relève au début de cette oeuvre le fait que l'homme ne se comporte pas de la même façon s'il est tout seul et lorsqu'il est en présence de quelqu'un d'autre. Et plus cette autre personne sera importante, plus il fera attention à son comportement. - A plus forte raison si l'homme se sait en présence de son Créateur !

M. Carmi Teboul

 

Par Claude SICSIC
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Vendredi 11 mai 2012 5 11 /05 /Mai /2012 15:16

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Le Consistoire Central de France remercie le Président de la République sortant, M. Nicolas Sarkozy, pour son écoute, sa disponibilité et son action permanente dans tous les domaines de préoccupation de la communauté juive, notamment dans la lutte contre toutes les formes d'antisémitisme en France.

Le Consistoire Central de France adresse ses chaleureuses félicitations au nouveau Président de la République Française, M. François Hollande, pour son élection à la plus haute fonction de l’Etat et lui souhaite de réussir pleinement dans l’exercice de ses nouvelles responsabilités au service de tous les Français.

Face aux défis immenses que la France s’apprête à relever, les choix et les décisions du nouveau Président de la République seront essentiels pour tous les Français.

Conformément à sa tradition bicentenaire de dialogue et d’ouverture, au nom des communautés juives de France, le Consistoire Central continuera de défendre les valeurs de la communauté nationale dans la logique républicaine de Liberté, d’Egalité et de Fraternité chère à tous les juifs français.

La communauté juive française - durement éprouvée par l’ignoble attentat antisémite de Toulouse- ne doute pas que le nouveau gouvernement formé par le Chef de l’Etat se montrera inflexible sur les questions de sécurité et de libre exercice du culte des minorités religieuses.

Par Claude SICSIC
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Jeudi 10 mai 2012 4 10 /05 /Mai /2012 15:51

Emor

"Ne profanez pas mon saint nom, afin que je sois sanctifié au milieu des enfants d'Israël, moi, l'Eternel qui vous sanctifie".

(Lévitique, 22, 32)

 Lorsque nous parlons de nos martyrs, de ceux qui sont morts, assassinés, uniquement parce qu'ils étaient juifs, tout au long de notre douloureuse histoire, plus particulièrement, lorsque nous évoquons le souvenir des six millions de juifs assassinés par les nazis dans les fours crématoires, nous avons l'habitude de dire qu'ils sont morts en sanctifiant le nom de Dieu,

Le fait qu'ils soient morts en tant que juifs conscients, proclame à la face du monde qu'ils considéraient Dieu comme saint, Le reconnaissaient et Le vénéraient.

Par leur mort, tous ces juifs ont donc observé ce commandement: l'obligation de sanctifier le nom de Dieu et l'interdiction de le profaner et de le déshonorer. Mais tout le monde, Dieu merci, n'est pas obligé de mourir pour observer cette MITSVAH. Bien au contraire, c'est durant toute notre vie, dans les conditions les plus quotidiennes, que nous devons et pouvons, nous aussi, sanctifier le nom de D.ieu.

De quelle façon ?

Tout d'abord simplement, en vivant selon la volonté de Dieu, en montrant à notre entourage que notre vie est réglée par les grands principes de la Torah et que nous ne nous en écartons sous aucun prétexte.

Agir ainsi, c'est se faire respecter, mais surtout montrer combien à nos yeux la parole de Dieu est respectable et l'Eternel saint.

Mais, de plus, c'est à travers le respect de notre prochain, à travers une honnêteté scrupuleuse, une affabilité sereine, une serviabilité constante, bref à travers l'amour qui se dégagera de notre contact quotidien avec les hommes, que nous nous ferons, plus que tout, le champion de la sainteté de Dieu.

C'est dans ce côté terre à terre des contacts humains que l'autre sera appelé à juger si pour nous véritablement Dieu est saint et apprendra à le sanctifier à son tour.

Si, par contre, nous devions dans ces rapports humains, avoir pour guide, l'égoïsme, la facilité, la haine, l'absence de loyauté, nous nous déshonorerions en même temps que nous profanerions le nom de Dieu.

Lamed

 

Par Claude SICSIC
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Mercredi 9 mai 2012 3 09 /05 /Mai /2012 15:10

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Les rendez-vous de Dieu

 

L’un des thèmes de notre paracha est celui des fêtes du calendrier hébraïque. Ces fêtes sont dites en hébreu moâdim (sing. moêd) qui signifie « rendez-vous ». Les fêtes sont entendues comme des rendez-vous avec Dieu, et aussi avec la communauté. Tout rendez-vous implique une rencontre, un échange et donc un enrichissement.

 

Valeur des fêtes juives :

 

L’une des caractéristiques communes à toutes les fêtes de la Torah (Shabbath, fêtes de pèlerinage, Roch Hashana ou Kippour) sont leur caractère chômé. On n’y travaille pas, c’est-à-dire que l’on sort durant un temps du circuit de production économique. Ne pas travailler ne signifie pas que les jours de fêtes soient des moments de loisirs pour faire ses courses ou repasser la deuxième couche de peinture dans sa maison. A priori, ils sont offerts pour vivre une journée plus spirituelle, pour se souvenir des bienfaits de l’Eternel et se ressourcer physiquement, moralement et spirituellement. Les repas, la prière et l’étude auront ici une place centrale.

 

Ecoutons le prophète Isaïe (LVIII, 13 et 14) dont les paroles sont toujours d’actualité :

 

« Si le Chabbat tu retiens ton pied pour ne point faire ton désir, dans Mon jour de sainteté, et si tu appelles mon Chabbat « délice », pour la sainteté de l’Eternel, jour honoré, et si tu l’honores en ne suivant point tes chemins, ne saisissant point l’occasion des affaires, et en ne prononçant aucune parole (profane), alors tu te délecteras devant l’Eternel, Je te ferai chevaucher sur les hauteurs de la terre, je te nourrirai de l’héritage de Jacob ton père, car c’est la bouche de l’Eternel qui la déclaré ».

 

Ces versets, qui sont lus au kiddouch du samedi matin, ainsi que durant la haftara du matin de Kippour, s’appliquent bien sûr au Shabbath, mais par extension aux jours de fêtes qui sont aussi appelés Shabbath (jour de cessation – du travail -).

Le prophète demande de distinguer ces solennités par une conduite différente de celle de la semaine. Le mot raglékha ("ton pied"), peut aussi être entendu en hébreu, comme « ton habitude », on dirait aujourd’hui « se libérer de ses conditionnements ». Selon Isaïe, il s’agit de se construire un nouvel univers où les soucis matériels sont mis entre parenthèses afin de vivre autant que faire se peut, cette proximité avec Dieu, et se reconnaître fils ou fille de notre patriarche Jacob - Israël.

 

Temps de la nature – temps de l’Histoire :

 

Dans la Tora, les fêtes ont un double caractère : un caractère agricole et un caractère historique. Cela est remarquable particulièrement avec les fêtes de pèlerinage.

  • Pessah qui est « la fête du printemps » rappelle la sortie d’Egypte.
  • Shavouoth qui est « la fête des moissons » rappelle le don des Dix Commandements.
  • Souccoth « la fête de l’engrangement » d’automne rappelle la traversée du désert.

En reliant ces moments, la Torah marque une rupture avec les cultes païens qui exprimaient une adoration des forces de la nature pour elle-mêmes. En Egypte, le Nil était déifié, et c’est en son nom, que le Pharaon sacrifia des milliers d’enfants hébreux. En Canaan, Moloch, Baal ou Astarté étaient adorés ; cela entraînait des sacrifices humains ou de la prostitution sacrée.

 

L’un des grands messages prophétiques s’exprime ainsi : le Dieu qui crée la nature est le même Dieu qui délivre l’homme, afin qu’à son tour l’homme utilise la nature pour délivrer son frère de l’oppression et de l’aliénation.

Philippe HADDAD

 

Par Claude SICSIC
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Samedi 5 mai 2012 6 05 /05 /Mai /2012 15:55

 

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Suivant les sources rabbiniques, le 33e jour de l’Omer (Lag = 33) l’épidémie mortelle qui a tué 24000 élèves de Rabbi Akiva s’est arrêtée. En fait, il s’agirait plutôt d’une allusion à la révolte de Bar Kochba contre les Romains en 135 qui s’est terminée par un bain de sang et l’abandon d’un rêve d’autonomie politique. Rabbi Akiva, qui avait soutenu de son autorité morale la rébellion contre les occupants romains, a trouvé la mort avec nombre de ses disciples.

Depuis, la tradition a fixé que les trente-trois premiers jours de l’Omer seraient des jours de deuil où il est interdit de se marier, de se couper les cheveux, de se raser la barbe, d'écouter de la musique, etc. Le 33e jour du Omer où "l’épidémie s’est arrêtée" est devenu un jour où l’on peut à nouveau se réjouir.

Une seconde tradition liée à Rabbi Shimon Bar Yohaï, disciple de Rabbi Akiva, viendra se greffer sur la première et la supplanter. Le 33e jour du Omer est devenu, à partir du 16e siècle, lorsque des juifs expulsés d’Espagne rejoignent la Terre d’Israël et s’installent en Galilée, le jour anniversaire de la mort de Shimon Bar Yohaï.

La tradition l’appelle la Hilloula de Rabbi Shimon Bar Yohaï. Le terme de Hilloula n’est attribué qu’aux grands maîtres qui sont vénérés comme des saints. Shimon Bar Yohaï est considéré comme l’auteur du livre du Zohar (livre de la Splendeur), ouvrage fondamental de la Kabbale que certains cercles religieux considèrent comme un livre saint au même rang que la Bible et le Talmud. Ecrit en araméen, le livre fut en fait rédigé au 13e siècle par Moise de Léon qui, pour lui conférer une autorité, l’a attribué au grand maître du 2ème siècle. Le livre connut un succès fulgurant et le mouvement cabbalistique prit de l’ampleur. L’ouvrage s’ouvre par le récit de la mort de Shimon Bar Yohaï (le 33e jour de l’Omer) qui réunit ses disciples autour de lui et leur révèle les secrets de la Torah. Ces secrets sont contenus dans le livre du Zohar.

La première mention de la Hilloula de Rabbi Shimon Bar Yohaï se trouve dans le livre Shaar haKavanot attribué à Rabbi Isaac Louria, de la fin du 16e siècle. Ce n’est qu’au 18e siècle que le 33e jour du Omer devient une fête de plus en plus marquée par certains courants religieux. Les traditions se multiplient et se transportent dans les communautés juives du monde entier y compris les communautés d’Afrique du Nord qui vont particulièrement célèbrer ce jour.

La coutume la plus répandue est d’allumer des feux de joie pour rappeler que Shimon Bar Yohaï a transmis les secrets de la Torah qui est un feu qui brûle et réjouit. Elle est une lumière dans la nuit.

On se rend en pèlerinage sur la tombe de Rabbi Shimon Bar Yohaï, située à Méron, petite bourgade de Galilée, à 15 km environ au nord-ouest du lac de Tibériade et à quelques kilomètres seulement de la ville de Safed, haut-lieu de la Kabbale.            

            Les festivités commencent la veille à midi où depuis 162 ans des milliers de fidèles vont chercher un rouleau de la Torah datant de l’expulsion d’Espagne et qui se trouve dans la synagogue d’Abouhav dans la veille ville de Safed. De là, ils processionnent jusqu’à Méron. Le soir, à l’apparition des étoiles, des centaines de feu sont allumés et les hassidim dansent en farandole jusqu’à l’aurore.

A partir de minuit et la journée du lendemain, on coupe pour la première fois les cheveux des garçons qui ont atteint l’âge de 3 ans.

Après avoir abattu rituellement un animal, les fidèles ont pour habitude de manger et de boire le plus près possible de la tombe et de lui faire des prières et des demandes. Certaines coutumes se mélangent à des pratiques plus ou moins superstitieuses que certains rabbins ne voient pas toujours d’un très bon œil.

Rabbi Shimon Bar Yohaï

Rabbi Shimon Bar Yohaï est l’un des hommes les plus remarquables qui aient jamais vécu, et il y en a très peu à qui les contemporains aussi bien que la postérité aient accordé autant de considération.

Dans Yérouchalmi on relève que Rabbi Akiva refusa de recevoir Rabbi Shimon parmi ses disciples, et qu’il ne l’a fait qu’après lui avoir fait passer un examen. Son père Yohaï était du coté de Romains pendant l’époque terrible des persécutions d’Adrien. C’est probablement la raison pour laquelle Rabbi Akiva refusa de prendre le jeune Rabbi Shimon parmi ses disciples. Mais celui-ci réussit tout de même à s’imposer, et fut, avec ses compagnons Rabbi José, Rabbi Meïr, Rabbi Yéhouda et Rabbi Néhemya, l’un des piliers de la Torah.

Contrairement à son père, Rabbi Shimon fut poursuivi par les Romains et condamné à mort, si bien qu’il dut se cacher, avec son fils Rabbi Eléazar, dans une caverne pendant treize ans et où il étudia la Torah.

Après la mort de l'empereur romain, les Sages envoyèrent une délégation à Rome et choisirent Rabbi Chimon bar Yo'hai pour la conduire. En arrivant à Rome, ils apprirent que la fille de l'Empereur romain était atteinte d'une grave maladie et que personne ne pouvait la guérir. Après quelques jours de traitement, la princesse fut guérie par Rabbi Chimon bar Yo'hai. L'Empereur désirant se montrer reconnaissant, lui proposa de choisir la chose la plus précieuse du trésor romain. Rabbi Chimon y trouva les décrets relatifs aux persécutions ordonnées contre les Juifs. Il les demanda en récompense de ses services. C'est ainsi qu'il réussi à écarter le danger qui planait sur les Juifs à cette époque.

Rabbi Chimon bar Yo'haï mourut à Mérone, un petit village près de Safed, en Israël. Nombreux sont ceux qui se rendent chaque année à Lag Baomer (le 18 Iyar), anniversaire de sa mort, en pèlerinage sur son tombeau, où ils allument des bougies et récitent des prières.

 

Par Claude SICSIC
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